Winnipeg

Bilan de mon PVT Canada : 2 ans à Winnipeg

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Ça y est, mon PVT est officiellement terminé ! Il est temps de faire le bilan de ce PVT Canada et de ces deux années passées à Winnipeg.

Chronologie des démarches pour le PVT Canada

  • L’envie de partir en PVT est arrivée en mai 2014, après avoir quitté le Canada où j’avais passé un an en permis de travail fermé.
  • Le projet PVT Canada a vu le jour en décembre 2015 lorsque je me suis inscrite sur le site du gouvernement canadien. 
  • J’ai refusé de trop espérer puisqu’il s’agit d’un tirage au sort avec trop de candidats et pas assez de places…
  • Jusqu’au matin de mai 2016 où j’ai reçu l’invitation à présenter une demande.
  • J’ai reçu ma lettre d’introduction fin juin 2016.  
  • Et j’ai pris le temps de préparer mon départ, notamment en travaillant pour économiser, pour finalement atterrir à Winnipeg via Toronto le 9 avril 2017.


Dans le bilan à six mois, je dressais un portrait très administratif de la situation et du combo loyer – travail – carte de crédit. J’expliquais la déception de mes amis de 2013-2014 qui m’ont complètement oubliée et que mon copain était apparu dans ma vie.

Dans le bilan des un an de PVT, je faisais la liste des choses auxquelles je m’attendais (l’hiver, l’absence de congés) et celles auxquelles je ne m’attendais pas du tout (faire autant de week-ends à l’extérieur, une promotion au travail).

Et dans le bilan à 18 mois de PVT, je faisais surtout la liste des choses qui ont rythmé mon quotidien et le constat que je suis bien ici.

bilan PVT Canada Winnipeg

Et Winnipeg ?

Je suis toujours d’accord avec ce que je disais il y a quelques temps. Je suis bien à Winnipeg et je ne regrette pas mon choix de ville. Je ne m’ennuie pas à Winnipeg, je n’en ai pas fait le tour et j’ai encore beaucoup de choses à découvrir. La ville a beaucoup de défauts mais elle sait se réinventer, il y a toujours quelque chose à faire, à l’extérieur comme en culture. Expos, sorties, attractions, restos à tester, ma liste d’endroits où aller est encore longue.

J’aime vivre dans une ville moins connue, plus décriée. La vie est tranquille ici et abordable, même si les loyers commencent à augmenter de plus en plus. Je suis allée à Toronto en août dernier, ville dans laquelle j’avais aussi envisagé de m’installer, et mon séjour m’a conforté dans mon choix. J’aime les Prairies. Et pour en savoir plus sur les conditions pratiques de la vie à Winnipeg, ce dossier sur le PVT à Winnipeg que j’ai écrit pour le site de Pvtistes vous fournira plein d’informations !


Dans cette deuxième année de PVT au Canada, je voulais un peu plus de stabilité, la première ayant pas mal été consacrée à l’adaptation – au pays, mais aussi dans ma vie personnelle et professionnelle. Mais cette année a été en dents de scie. Tout n’est pas rose ici et ma liste de points négatifs est récurrente.

Bilan : les points négatifs du PVT Canada

Ma vie sociale n’a pas évolué. J’ai dû dire au revoir à des amies, des collègues, des copines. Certaines savaient qu’elles partaient parce qu’elles étaient venues pour un stage, alors que pour d’autres c’était une surprise. Je suis pour la première fois de ma vie celle qui reste. J’avais toujours le beau rôle : celle qui refait ses valises après six, dix, douze mois. Maintenant, c’est moi qui vois partir les gens et ce n’est pas un sentiment agréable.

C’est plus profond aussi : j’avais choisi de m’installer quelque part parce que j’en avais assez de la vie sociale éphémère de mes contrats temporaires. C’était trop d’effort d’apprendre à connaître des gens, à les trouver même, pour partir quelques mois plus tard. C’était plus simple de rester seule. Mais finalement, même sans date de départ, ce sont les autres qui ont le droit de partir. Et cela ne m’incite pas à m’investir dans de nouvelles relations sociales. L’isolement guette de plus en plus et c’est vraiment un point négatif de ce bilan de PVT Canada.


Deux choses qui n’aident pas à sortir de l’isolement et avoir une vie sociale ultra développée, c’est le travail et l’hiver. Je savais pourquoi je signais en venant ici, mais six mois d’hiver, c’est long, des moins cinquante degrés c’est inhumain et le ciel bleu promis par les 320 jours d’ensoleillement par an n’était pas toujours là. Au niveau du travail, cela devient difficile de passer plus de 50h par semaine sur son lieu de travail six jours sur sept au détriment d’un temps libre précieux et d’un équilibre vie personne- vie professionnelle tant prisé au Canada.

J’aurais dû / pu saisir plus d’opportunités pour le blog, que je dois souvent refuser à cause de mon travail. J’aurais aussi aimé ne pas subir une tentative d’arnaque de la part d’un propriétaire malhonnête qui a essayé de me voler ma caution – heureusement, il y a des organismes de protections des locataires qui aident dans de tels cas et j’ai pu récupérer tout mon argent.

Et surtout, je souffre d’être considérée comme une immigrante de seconde classe, sans droit à l’assurance santé, sans droit à rien, sauf celui d’attendre en silence ma résidence permanente. La lenteur du système d’immigration m’apporte énormément de stress et d’inquiétudes. Après deux ans de PVT, je ne peux qu’attendre, il me reste encore au moins un an avant d’obtenir la RP.

 

Mais il y a quand même du positif !

La France ne me manque pas. Je ne suis pas retournée depuis deux ans, et pour différentes raisons, je n’ai pas de voyage à Paris de prévu. Au contraire, j’essaye d’explorer autour de moi autant que possible. On a découvert le geocaching avec mon copain, qui nous permet d’aller dans des endroits auxquels on n’aurait pas forcément pensé.

Le bilan voyage de ce PVT Canada est ultra positif : je suis retournée dans le parc de Riding Mountain, à Toronto, aux Chutes du Niagara mais j’ai aussi découvert la Saskatchewan avec Regina, Moose Jaw et le parc national des Prairies, une partie du parc du Whiteshell, Minneapolis, et surtout je suis allée deux semaines au Costa Rica !

Je n’ai pas utilisé ce PVT Canada comme façon de découvrir le pays, sac au dos, parce que je l’avais déjà fait pendant mon premier permis ici et pour moi, le PVT était la façon la plus simple pour immigrer ici. Je change donc de catégorie, je deviens une immigrante avec j’espère un tout petit plus d’avantages sociaux.

L’an trois à Winnipeg est pour l’instant plein de points d’interrogations et d’attentes. Mes trente ans qui approchent un peu trop vite à mon goût sont l’opportunité parfaite pour se poser des questions et décider de nouvelles directions. Et surtout, merci de continuer à me suivre ❤️

Un commentaire ?

13 commentaires

  • C’est fou que ça fasse déjà deux ans. J’ai l’impression que c’était il y a peu (un an au max) que tu avais publié l’annonce disant que tu allais habiter là-bas 😮

    En tous cas, je compte bien y passer un jour.
    Avec mon mari, nous prévoyons un road trip au Canada de trois semaines (voire un mois) en 2021, je pense qu’on passera par Manitoba ! 🙂

  • J’ai longtemps été celle qui partait et j’ai toujours eu conscience que c’était le bon côté. Je me suis installée au Qc en residence permanente et j’ai toujours eu du mal à m’intéresser aux gens en PVT, certainement parce que je me disais qu’ils allaient repartir. Je me souviens que le depart d’amis qui étaient pourtant aussi en RP m’a plongée dans un profond désarroi. Je te souhaite une 3e année socialement plus enrichissante (je pourrais rien faire pour la neige malheureusement ;))

  • 2 ans déjà ! Mon dieu le temps passe tellement vite… Je connais bien ce sentiment de voir partir des ami(e)s et d’être la seule à rester… Courage.

  • C’est dingue que ce soit si long pour la RP ! Ils se rendent pas compte que derrière ces papiers, il y a des gens. Je suis de tout cœur avec toi pour que ça le fasse au plus vite. En attendant, profite des beaux mois pour te balader encore plus et pas te poser trop de questions.

  • Une belle expérience, en tout cas, visiblement! Moi je te suis car #teamdesFrançaispasauQuébec 😉 Et je souhaite que tu entames l’an III avec la résidence permanente bientôt 😉

  • Superbe bilan. Tellement profond et vrai pour ce qui est des départs. Quand ce n’est pas nous, ce sont les autres. On sait vite reconnaître quels sont les amis avec qui on arrivera à garder contact puis ceux qui sont juste de passage.
    Bonne continuation dans ton aventure.

  • Un chouette bilan que celui-ci Kenza, malgré les demi-teintes. La vie sociale mise à mal, je connais ça aussi. A part les copains du PGCE que j’arrive à voir de temps en temps, et quelques copines (amies ?) du travail, je passe beaucoup de temps toute seule. Mais sans m’en plaindre, je suis du genre solitaire. Je croise les doigts pour que l’administration se bouge un peu et pour que tu reçoives ta RP au plus vite ! xx

      • Moi c’est pareil, je suis solitaire à la base et il est clair que les gens que tu connais qui partent non stop n’aident pas à avoir une vie sociale ! Du coup je m’y suis totalement faite et ça ne me fait ni chaud ni froid. Vu que je bosse de la maison, ma vie sociale se résume aussi a mes rdv clients ! (Assez peu souvent via webcam d’ailleurs) mais mes clients sont dans le même cas que moi pour la plupart et on s’y fait totalement je trouve.

        Enfin, comme toi, cela fait 2 ans que je ne suis pas rentrée et aucune envie de le faire. J’avais dit 2020 pour faire plaisir mais oups si je pars aux US, ça va être compliqué 😉

          • Ca ma pris plusieurs années pour m’y faire 😉 j’ai essayé plusieurs fois et finalement 2018 a été la bonne et je me verrais pas vraiment faire autrement désormais !