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La résidence permanente au Canada

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J’ai officiellement obtenu la résidence permanente au Canada un samedi de septembre, dans le sud du Manitoba, après 23 mois de démarches, 2,5 ans de présence sur le territoire canadien et deux permis de travail : un PVT et un permis ouvert transitoire.

Combien ça coûte la résidence permanente au Canada ? Pourquoi cela a pris deux ans ? Je vais vous expliquer toutes les démarches que j’ai faites pour obtenir la résidence permanente au Manitoba dans cet article !

Entrée Express ou PCM ?

La première décision à prendre quand on veut vivre au Canada, c’est le programme de résidence permanente auquel postuler : par Entrée Express, le programme fédéral, ou par le programme de Candidats des Provinces (le PCM) ? Le Québec a aussi ses propres programmes, mais je ne souhaitais pas vivre au Québec donc je n’en parlerai pas.

Je suis arrivée au Manitoba en avril 2017, avec un PVT de deux ans et un job comme professeur de français pour adultes. Pour pouvoir postuler à la résidence permanente, peu importe le programme, il faut travailler au moins 30 heures par semaine, ce qui n’est pas le cas pour un formateur pour adultes : en général seules les heures en classe sont comptabilisées et payées. Il fallait donc que je fasse en sorte que mon contrat de travail soit éligible et je me suis assurée avant de commencer qu’il soit bien écrit « 30h de travail » dessus.

Je commence à réfléchir dès le départ : comment obtenir ma résidence permanente ? Est-ce que je devrais postuler comme candidate de la province ou par Entrée Express ? Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients, que je vous résume ci-dessous. Ceci est valable pour 2017-2019, mais bien sûr il y a des changements tout le temps dans les programmes d’immigration et les conditions sont modifiées très régulièrement.

 

Entree Express ou candidat des provinces ?

Je préfère jouer la sécurité, je sais que ma résidence permanente via le Manitoba sera forcément acceptée. Je travaillais depuis 8 ans mais toujours à temps partiel (normal pour un prof de FLE) alors cela n’aurait pas suffi et je ne voulais pas passer le TEF, le test de français. Je choisis donc de demander ma résidence permanente via la province.

La résidence permanente dans les autres provinces canadiennes

Vous avez un PVT et vous voulez immigrer au Canada ? Petit tour d’horizon des programmes PNP (Provincial Nominee Program en anglais) des différentes provinces canadiennes pour les travailleurs déjà présents au Canada.

Ontario, il faut un emploi de catégorie 0, A ou B, deux ans d’expérience à cet emploi, dans une entreprise avec au moins 3 ou 5 employés canadiens avec 500 000 $ ou un million de dollars de revenus, 1 500 ou 2 000 $ de frais.
Alberta, la majorité des jobs sont acceptés sauf ceux d’une liste sur le site, un test de langue, 12 mois d’expérience à cet emploi en Alberta ou 24 mois partout dans le monde. Gratuit.
Saskatchewanon peut postuler dès 6 mois de travail dans un emploi 0, A ou B, dans une liste de professions désignées ou dans l’hospitalité. Frais de 300 $.
Colombie-Britannique, professions 0, A ou B, avec deux ans d’expérience dans le domaine. Pour les jobs de catégorie Cou D il faut attendre 9 mois avant de pouvoir postuler, test de langue obligatoire pour les professions B, C, D, et il faut donner une preuve de fonds. 550 $.
Nouvelle-Écosse, tous les emplois acceptés, un an d’expérience pour les jobs 0, A ou B et six mois d’emploi pour les catégories C ou D, test de langue obligatoire pour les professions C ou D, gratuit mais l’employeur doit prouver au gouvernement pourquoi il embauche un étranger et pas un Canadien.
Nouveau-Brunswick, test de langue obligatoire, étude comparative de diplôme obligatoire, toutes les professions semblent acceptées, 250 $
Yukon, il faut que l’employeur n’ai pas trouvé de Canadien à embaucher pour le job, toutes les professions sont acceptées mais il faut 6 ou 12 mois d’expérience à ce poste selon le degré de qualification, test de langue obligatoire.
Terre-Neuve, tous les jobs ont l’air d’être acceptés mais il y a peu de détails, 250 $
Île du Prince-Édouard, jobs de catégorie O, A ou B et avoir fait deux ans d’études post-secondaires, ou camionneur, préposé au service à la clientèle, ouvrier, serveur (nourriture et boissons) ou préposé à l’entretien ménager avec test de langue, 300 $
les Territoires du Nord-Ouest, 6 à 12 mois d’expérience selon la catégorie de l’emploi, test de langue obligatoire, en poste depuis 6 mois pour les jobs de catégorie C ou D.

Le dossier provincial

Le 17 octobre 2017, après exactement 6 mois de travail sur le sol canadien, je m’inscris dans le bassin des candidats du Manitoba. Il y a un questionnaire à remplir et les réponses attribuent un certain nombre de points. Avoir un emploi au Manitoba assure 500 points, ce qui garantit au candidat d’être dans le prochain tirage au sort mensuel. Il faut bien sauvegarder sa déclaration parce qu’il n’y a plus moyen d’y avoir accès ensuite. Cette étape est gratuite.

Le 31 octobre 2017, il y a un tirage au sort et je reçois l’invitation à présenter une demande complète. J’ai deux mois pour justifier tout ce que j’avais déclaré : âge, situation familiale, niveau d’études, expériences professionnelles, etc. C’est long, c’est compliqué, il faut énormément de papiers.

Je finis par envoyer toute ma vie de façon numérique :

  • des attestations de travail (heureusement j’en avais eu besoin pour le calcul de ma rémunération en Australie donc j’avais des documents prêts, je ne me voyais pas courir après mes anciens employeurs qui ont tous changé de poste pour leur demander de tels documents)
  • un récapitulatif de toutes les expériences professionnelles exercées
  • une attestation de mon travail au Manitoba
  • mes diplômes, du bac au master
  • mes permis de travail, copie de passeport, acte de naissance, etc.
  • mon livret scolaire de lycée pour justifier que j’ai étudié en français
  • les coordonnées de trois relations au Manitoba (purement informatif, ils ne les contactent pas)
  • et le plan d’établissement.

Le plan d’établissement, c’est un questionnaire à remplir sur notre avenir au Manitoba. Pourquoi avoir choisi le Manitoba ? Quel emploi compte-t-on occuper ? Comment y parvenir ? Quelles autres options seraient possibles ? Faut-il une certification particulière ? Cette étape n’est pas vraiment pertinente pour les candidats à l’immigration qui vivent déjà au Manitoba mais malheureusement les questions sont les mêmes pour tout le monde, pour ceux qui y travaillent déjà comme pour ceux qui n’y ont jamais mis les pieds.

Le même problème de standardisation se pose pour la question financière : habiter déjà au Manitoba permet normalement d’être dispensé.e des fonds requis (et c’est normal, on est déjà sur place, on n’a pas besoin de ce coussin financier d’installation qu’on a déjà utilisé) mais le site est le même pour tout le monde et la question apparaît comme obligatoire. J’ai donc aussi ajouté des relevés de compte.

J’ai envoyé ma demande le 28 décembre, soit juste avant la limite des deux mois, et j’ai payé 500 dollars.

Ensuite, on attend que la province traite la demande. Les délais à ce moment-là étaient d’environ trois mois. J’ai reçu ma lettre de désignation du gouvernement du Manitoba le 23 mars 2018. En gros, la lettre de désignation, c’est un papier qui affirme qu’ils sponsorisent ma demande de résidence permanente. Cette lettre est valable seulement 6 mois et le dossier de résidence permanente fédéral doit être envoyé avant cette limite.

Le dossier fédéral

Là, j’ai perdu du temps. La tâche m’apparaissait compliquée, je travaillais 50h par semaine, je déménageais, je me battais contre mon ancien propriétaire qui essayait de m’arnaquer de ma caution, c’était une période pas vraiment évidente et je ne prenais pas le temps nécessaire pour remplir tous les formulaires. Parce que si le dossier est incomplet, il est rejeté et il faut tout recommencer à zéro. Il y a donc une certaine pression à tout bien faire du premier coup !

Il fallait envoyer :

  • 2 photos (18 dollars) 
  • la lettre de désignation de la province,
  • le formulaire sur la famille, celui qu’on doit remplir tout le temps,
  • le formulaire dans lequel on s’engage à vivre dans la province qui nous a désigné,
  • un formulaire et son annexe avec des informations assez basiques (langues, adresses, emplois etc),
  • et j’ai dû ajouter mes 20 adresses et emplois sur des documents word séparés car le formulaire n’a que quelques lignes à chaque fois,
  • 10 ans de listes des voyages effectués hors de son pays de citoyenneté (beaucoup dans mon cas, mais je n’ai déclaré que les voyages hors Europe, erreur dont je reparlerais plus bas),
  • la liste de contrôle des documents,
  • copie du passeport, de tous les tampons, et du permis de travail actuel,
  • des casiers judiciaires de tous les pays où on vécu plus de 6 mois, soit dans mon cas Australie, Hongrie, Royaume-Uni et France. Cela coûte très cher : plus de 300 dollars. J’avais ajouté une lettre explicative, qui rappelait mes dates de séjour dans chaque pays et disait que je n’y étais pas retournée après les avoir quittés et donc que les certificats étaient toujours valides.
  • et enfin le reçu de paiement des frais de résidence permanente : 1 040 dollars par personne.

J’ai envoyé tout cela par la poste, puisque le dossier doit être papier, pour 12 dollars 55.

Et là, la très longue attente a commencé. Mon dossier fédéral est arrivé au bureau de CIC de Sydney, en Nouvelle-Écosse, le 28 juin 2018 et j’ai reçu l’accusé de réception officiel le 17 août 2018.

Il ne s’est rien passé sur mon dossier de résidence permanente jusqu’en mai 2019. Entre temps, une jauge de temps avait été ajoutée et les mois s’envolaient. Le délai de 12 mois au moment où j’avais commencé les démarches a augmenté progressivement jusqu’à atteindre 19 mois d’attente. C’est long, trop long. Je n’en voyais pas la fin, chaque mois ajoutait un nouveau mois d’attente et d’incertitudes. Mon PVT s’approchait de sa fin également et je ne savais pas trop quoi faire.

Résidence permanente Canada

Un autre permis de travail

Il me fallait un autre permis, un autre statut pour pouvoir rester au Canada. Mon PVT expirait le 8 avril 2019. Le 4 janvier 2019, j’ai envoyé une demande de permis de travail ouvert transitoire. C’est un permis de travail ouvert réservé aux gens hors Québec qui sont en cours de demande de résidence permanente. Cela m’a coûté 255 dollars + 12 dollars 55 de frais postaux.

Il n’y a pas d’accusé de réception pour ce type de demande et le bureau qui s’occupe des prolongations est débordé à cause de tous les Pvtistes qui veulent gruger le système et gagner 3 mois de présence sur le territoire – alors qu’ils viennent déjà de passer 24 mois au Canada – et font des demandes de prolongation qui seront refusées. En attendant, le système est engorgé et les gens qui sont vraiment en galère attendent 3 voire 4 mois pour pouvoir avoir une réponse à leurs demandes légitimes et reprendre une vie normale.

J’ai eu beau avoir envoyé ma demande trois mois avant l’expiration de mon permis, j’ai été sans statut pendant dix jours. C’était une situation vraiment très difficile à vivre car j’avais un déplacement professionnel à faire aux États-Unis une semaine avant la fin de mon PVT et ce n’est pas une bonne idée de vouloir à la fois entrer aux US à ce moment-là ni rentrer au Canada avec aussi peu de temps restant. J’ai stressé pendant des mois. Et si la demande de permis avait été refusée, j’aurais dû arrêter de travailler sur le champ. Je raconte cette expérience assez stressante dans l’article ci-dessous, qui fait le point sur mes demandes d’immigration et de permis.


Le 19 avril 2019, j’ai reçu par email l’approbation de ce nouveau permis et il est arrivé chez moi par la poste le 29 avril. Il avait une validité d’un an, renouvelable si besoin.

Déblocage de la situation

Avec ce nouveau permis, je pouvais sereinement reprendre le cours de ma vie. Et à ce moment-là, il s’est aussi passé un truc plus large : c’est le même bureau qui traite les dossiers d’immigration du Québec et du reste du Canada. Le gouvernement québécois a imposé des quotas et les fonctionnaires fédéraux ont arrêté de traiter les dossiers du Québec. Leurs délais à eux se sont encore allongés alors que le traitement des dossiers hors Québec s’est subitement accéléré.

Le 2 mai 2019, j’ai reçu l’invitation à passer la visite médicale. J’ai tout de suite décroché mon téléphone et appelé par un ordre de distance et de praticité les cabinets médicaux habilités de Winnipeg. Au bout d’une dizaine d’appels, j’ai obtenu un rendez-vous pour le mercredi suivant. Il n’y a que trente jours pour faire la visite médicale, et un docteur m’a dit au téléphone avoir reçu plus de 300 appels ce matin-là. C’est un peu la course.

La visite médicale est assez basique, dure environ deux heures avec toutes les étapes et m’a coûté 325 dollars. Pas besoin d’envoyer quoique ce soit à l’immigration canadienne si le docteur est équipé du système de transmission automatisée. Mon dossier en ligne a été mis à jour avec la mention « visite médicale favorable » le 18 mai 2019.

Le 24 mai 2019, je reçois un message. Je n’avais pas déclaré mes voyages en Europe sur le formulaire des voyages, seulement ceux qui avaient occasionné un tampon sur mon passeport. Mais l’agent qui traite mon dossier veut que je fournisse une déclaration exhaustive. En fait, j’avais mal géré : avant de quitter la France, j’avais noté toutes mes dates de voyage, parce que j’ai une énorme boîte chez mes parents avec tous mes tickets de bus/train/avion depuis que j’ai commencé à voyager. J’ai tout gardé. Mais au moment de remplir le formulaire, je n’ai plus trouvé le document où j’avais noté toutes ces dates (la réponse est : sur Google Drive). Donc un an plus tard, il m’a été facile de le remplir enfin complètement le formulaire (qui a fait sept pages). Je me suis un peu maudit en disant que cette maladresse allait ajouter du retard au traitement de mon dossier.

Le lendemain, le 25 mai 2019, j’ai reçu la LSAA, « Lettre des Services avant arrivée ». C’est une page qui présente les différents programmes accessibles à distance pour préparer son arrivée au Canada. Mais je suis déjà au Canada, cela ne me concerne pas vraiment, donc je ne suis pas sûre d’avoir lu vraiment le pdf !

Le 30 mai 2019, une notification affiche que le formulaire que j’ai renvoyé est en cours de traitement. Et c’est tout.

Décision prise

Le 13 août 2019, après dix jours de vacances dans les Maritimes, je suis à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Je me prépare pour une expérience qui va changer ma vie : la Mobilisation Jeunesse du Centre de la Francophonie des Amériques.


Mon copain va se diriger vers l’aéroport et moi vers 4 jours de francophonie, de conférences et de socialisation. On s’apprête à partir quand je remarque une petite icône rouge sur l’enveloppe de la boîte mail. C’est le Prêt pour Visa. Le traitement de ma demande de résidence permanente est terminée. C’est fini. On ne me demandera plus de mises à jour, de nouveaux certificats de police, d’ajouts, de précisions, de modifications. Le dossier est presque clos.

J’ai trouvé que c’était une très jolie coïncidence de recevoir ce message le matin même de cette semaine consacrée à l’engagement et à la francophonie. Le Canada m’accepte juste avant de participer à cette formation pour les jeunes leaders francophones. J’ai donc sûrement un rôle à jouer quelque part dans le grand engrenage de la francophonie canadienne !

On pourrait croire que c’est terminé, mais ça ne l’est pas. Il y a une dernière étape :

  • envoyer une copie de son passeport (encore) ou son passeport pour les gens qui ont besoin d’un visa pour se rendre au Canada
  • envoyer 2 photos (parce qu’il s’est écoulé tellement de temps dans le traitement du dossier, j’ai changé de tête)
  • envoyer un formulaire avec son adresse à jour
  • et une enveloppe retour.

Je passe la semaine à Moncton, je reviens à Winnipeg et j’envoie tout le lundi 19 août 2019 à un bureau à Ottawa. Cela me coûte 22 dollars 39 pour les photos et 46,52 dollars pour la poste (l’envoi en express + l’enveloppe de retour en express aussi). J’avais lu sur Pvtistes que le bureau qui s’occupe des confirmations de résidence permanente ne faisaient les envois que le vendredi. Un premier vendredi passe, rien ne bouge. Un second et toujours rien. Et finalement, j’ai reçu un email un mercredi soir, disant que mon compte CIC avait été mis à jour. Demande de résidence permanente approuvée. Ce bureau travaille donc tous les jours ! L’enveloppe est arrivée chez moi à Winnipeg le lendemain, jeudi 5 octobre, avec deux confirmations de résidence permanente, une des photos et la photocopie du passeport.

Le tour du poteau

Il reste l’ultime étape : la validation de la résidence permanente. Il semblerait qu’un système de validation dans des bureaux soit en train d’être mis en place, mais le plus rapide et le plus simple, c’est d’aller à la frontière. Je n’avais jamais eu à faire de tour de poteau : cela consiste à se voir refuser l’entrée aux États-Unis, faire demi-tour sur le parking, contourner le poste frontière et entrer au Canada. Parce que pour valider permis ou résidence permanente, il faut avoir quitté le Canada…

L’expérience était un peu stressante. Même si c’est l’étape finale et que tout est en ordre, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Les douaniers américains étaient adorables, les agents canadiens un peu plus froids. On ne m’a demandé aucun papier, même si je les avais avec moi, et toute l’aventure route + douane américaine + immigration canadienne a duré presque 5 heures. Bienvenue au Canada.

Le 7 septembre 2019, le jour des 50 ans de la loi sur les langues officielles (une autre belle coïncidence), je suis devenue résidence permanente du Canada.

Et il y a un super spot à photos juste derrière la douane à Emerson.

residence permanente manitoba

Injustices et inégalités

Ces deux ans de démarches et de procédures m’ont causé beaucoup de stress et d’inquiétudes, parce que rien n’est jamais certain.

L’étape provinciale de demande de résidence permanente était gratuite jusqu’en 2016. C’est maintenant payant au Manitoba et ces 500 dollars sont censés financer les services aux nouveaux arrivants. Une fois ma RP validée, je suis une nouvelle arrivante aux yeux de l’immigration et du pays, même si je vis ici depuis plus de deux ans. Pourtant à part à des cours d’anglais qui ont une liste d’attente de plus d’un an et sont insuffisants pour mon niveau bilingue de toutes façons, je n’ai droit à rien. Il y a un certain décalage entre ces coûts et les services fournis en contrepartie.

Le manque de communication est assez dur à vivre aussi. Pas de nouvelles bonnes nouvelles, mais qu’il s’écoule presque un an sans aucun mouvement sur le dossier, c’est long. D’ailleurs, une fois la résidence permanente accordée, on peut voir les dates précises de traitement de chaque étape. Tout a été fait en mai 2019 dans mon cas.

Et enfin il n’est pas juste non plus de payer plus qu’un candidat à Entrée Express et attendre 4 fois plus longtemps pour obtenir sa résidence permanente. J’ai l’impression que les provinces se fichent un peu des délais de traitement pour les candidats qu’elles sponsorisent, peut-être parce qu’ainsi ils restent plus longtemps dans la province en question.

Mes dates en résumé

Obtenir la résidence permanente au Canada aura pris dex

Volet provincial
Inscription bassin : 17 octobre 2017
Tirage au sort invitation : 31 octobre 2017
Envoi PCM : 28 décembre 2017
Evaluation en cours : 2 mars 2018
Evaluation finalisée : 25 mars 2018
Désignation de la province : 26 mars

Volet fédéral
DF : 28 juin 2018
ARDF : 17 août 2018
IVM : 2 mai 2019
VM : 8 mai 2019
VM favorable : 18 mai 2019
Demande MAJ IMM5562 : 24 mai 2019
Lettres services nouveaux arrivants : 25 mai 2019
Maj reçue en cours de traitement : 30 mai 2019
Prêt pour Visa – décision prise : 13 août 2019
Envoi des documents : 19 août 2019
Clôture du dossier : 4 septembre 2019
Réception CRP : 5 septembre 2019
Résidente permanente : 7 septembre 2019

Si on additionne tous les prix listés dans cet article, obtenir la résidence permanente au Canada m’aura coûté 2 532 dollars, soit 1 750 euros.

Et la suite ?

J’ai signé un papier qui m’engageait à vivre au Manitoba, donc je reste ici, je ne profite pas du système pour déménager dans une autre province. J’ai été obtenir mon numéro d’assurance sociale permanent et je suis enfin éligible à 100% à l’assurance provinciale manitobaine. J’ai reçu ma carte de résidence permanente trois semaines après la validation à la frontière, les délais étant de 15 jours en ce moment – mais cela peut prendre jusqu’à six semaines selon les périodes.

Si la loi ne change pas d’ici là, la prochaine étape sera de demander la nationalité canadienne dans deux ans, seulement !

Un commentaire ?

17 commentaires

  • La nationalité canadienne: par envie ou pour simplifier la vie au quotidien ?
    En tous cas, toutes mes félicitations pour l’heureuse conclusion de cette looongue étape! Et contente de voir à travers tes lignes que tu as trouvé ton chez-toi au Canada ♥

  • J’ai vraiment vécu les mêmes étapes (ou presque vu que je suis au Québec) que toi. Dans mon cas, avec le programme de l’expérience québécoise, qui est le programme le plus rapide au Québec, cela m’aura tout de même pris 22 mois ! Et merci au gouvernement québécois pour les délais supplémentaires cette année, et le stress quand j’ai cru qu’ils allaient annulé toutes les demandes en cours !!
    Félicitations ! Nous voilà résidente permanente !!

  • Salut quand tu as fait ta demande de casier australien comment as tu obtenu ton cheque en devise australienne? J’ai souvent lu que c’etait assez galere d’obtenir ce fameux casier judiciaire. Quelles ont été tes démarches pour celui la? as tu demandé ton casier directement quand tu as commencer tes demarches de RP ou as tu attendu qu’on te demande tout ca?

    • Pas eu besoin de chèque en dollars australiens pour le casier judiciaire, j’ai juste payé par carte bancaire en ligne.. et la demande du road certificate du Victoria était gratuite.

  • Félicitations !! Depuis que je suis à Montréal la question de l’immigration et de la RP revient très souvent et clairement c’est prise de tête pour pas mal de personne !

  • Super intéressant ! Et félicitations de nouveau. J’ai un article de ce type en préparation pour la Colombie Britannique. Ici c’est different car pour les candidats de la province selon la qualification de l’emploi on peut postuler soit à 3 mois soit à 9 mois de travail. Puis il faut faire le test de langue quoi qu’il arrive. Et les diplômes peuvent ajouter des points. Et ici la province traite les demande en 2, 3 ou 4 mois le plus souvent, mais l’étape fédérale est trèèès longue comme pour toi. J’avais hésité avec le programme de la province mais l’entrée express s’était bien mise en place en 2017-2018 alors je suis entrée dans ce process. Ma résidence m’aura coûté environ le même prix que la tienne. Je crois que tout le monde débourse à peu près cette somme.

    • Tu me diras quand l’article est prêt, on pourra lier ces articles mutuellement 🙂
      Si la province ne m’avait pas coûté 500 dollars, c’aurait été plus intéressant financièrement ! Mais 400 de test de langue + 150 d’évaluation de diplômes, oui, on retombe sur les mêmes sommes environ.

  • Dire que je suis en train de râler en faisant mon renouvellement de visa de travail ! C’est dingue ce parcours du combattant administratif pour le Canada ! Je suis heureuse que tu sois parvenu à ton but, bravo !

  • Quel bonheur ça à du être de recevoir ce mail après autant de temps d’attente !

    Je n’avais aucune idée réelle des critères pour la RP par le biais de la province, du coup je me demande pourquoi toutes les personnes  » non qualifiées  » pour entrée express ne passe pas par ce chemin ?

    Nous attendons pour notre part la réponse pour l’entrée express qui devrait arriver aux alentours du 5 janvier, notre visa se terminant le 29 janvier on pensait demander un permis ouvert transitoire tout comme toi. C’est vrai que je n’avais pas du tout pensé à tous ces pvtistes qui veulent rester au Québec plus que tout et qui cheat le système en envoyant une demande de reconduction de permis alors qu’ils savent très bien que ce n’est pas possible. Ils devraient vraiment mettre en place un amende ou un contrôle plus sévère de ce genre de pratique, parce que ça ralentit tout le monde et c’est angoissant. A croire que seul le Québec existe au Canada…

    Félicitation à toi, pour le nouveau job et la RP !

    • Mais un OUI franc et massif à tout ce que tu dis Floriane !
      Les gens sont un peu trop aveuglés par le Québec. Mais finalement oui, si tu as un emploi pas qualifié ou un parcours un peu hors normes comme le mien, tu as tout intérêt à faire le programme de candidats des provinces. On va voir si les changements prévus par le gouvernement québécois (test de valeurs, travailler 18 mois dans une liste de métiers bien précis pour pouvoir demander la RP) va permettre aux autres provinces de regagner un peu d’intérêt.

      J’ai mis un gros tutoriel sur Pvtistes sur ce permis ouvert 🙂 n’hésite pas si tu as des questions !

  • Félicitations !! C’est vraiment très très long… et j’imagine très stressant, et frustrant de devoir attendre si longtemps sans ne rien pouvoir y faire !
    J’ai pensé à la nationalité irlandaise pour ma part (l faut avoir résidé en Irlande 5 ans, donc je peux la demander depuis longtemps !), sauf qu’il faut payer 1000€, et que je n’en ai pas vraiment besoin, donc bon… En plus une nouvelle loi vient de s’ajouter : il ne faut pas avoir quitté le territoire irlandais au cours des 12 mois précédant le dossier. Euuuuh mais je rentre en France 3 à 4 fois par an, je voyage… c’est impossible ! Bref, pour le moment, cela attendra !

  • Salut,

    Merci pour cet article très détaillé, qui nous donne une bonne idée du process à suivre (/subir..?).
    En effet, le coût financier n’est pas négligeable !

    Tu as écrit « d’être dispensé.e des fonds requis » : le montant de ces fonds diffère-t-il selon les provinces ? Ce pourrait être un moyen pour celles-ci d’attirer, ou au contraire de freiner, l’arrivée d’immigrants en fonction de leurs besoins.

    Enfin, je me demandais si les documents demandés étaient les mêmes pour toutes les nationalités ? J’imagine un Afghan devoir demander tous ces docs dans son pays, vu l’état de l’administration locale (enfin, je suppose, je n’y suis pas pour confirmer !). Idem pour les autres pays/régions en guerre, et peu versés dans la pratique de l’archivage numérique des documents officiels.

    • À vrai dire, le douanier m’a donné un papier d’autorisation d’entrée. Mais dans la procédure du tour du poteau, il ne faut pas rentrer aux USA, ce n’est pas le but du voyage. C’est payant d’aller aux États-Unis (6 dollars) et parfois très compliqué pour les gens qui n’ont pas un passeport éligible à l’ESTA / au visa waiter. Donc les douaniers américains ne forcent pas les gens à entrer sur leur territoire alors qu’ils veulent juste sortir physiquement 10 minutes du territoire canadien.