Prof de FLE

Pourquoi j’arrête le FLE

Article mis à jour le

En octobre, j’aurais pu fêter mes 10 ans de carrière comme prof de FLE, dans 6 pays différents. Entre l’Angleterre, Jersey, le Canada, la Hongrie, la France et l’Australie. J’ai enseigné dans trois Alliances Françaises, deux universités, trois écoles primaires, cinq écoles secondaires, deux camps de vacances et trois écoles de langues. J’ai eu des milliers d’élèves, des bambins en crèche à des personnes retraitées. Et pourtant, j’ai choisi d’arrêter d’enseigner le FLE. À vrai dire, j’ai même décidé d’arrêter d’enseigner tout court.

J’ai aimé mon travail. Être prof de FLE, cela m’a permis :

  • de m’expatrier partout où je le souhaitais,
  • de voyager,
  • de ne pas rentrer dans le moule du système scolaire français. Pourtant, j’ai fini par faire une incursion dans l’Éducation Nationale comme contractuelle en anglais et cela m’a plu, mais probablement grâce aux « avantages », qu’un prof de FLE n’a pas (les vacances payées, un salaire fixe),
  • de rencontrer beaucoup de monde, profs et étudiants,
  • de partager cette passion pour le français que j’avais dès l’école primaire.

Ma vie aurait été très différente si je n’avais pas commencé un master de FLE après ma première année d’assistanat CIEP en Angleterre. J’aurais passé le CAPES de lettres et je n’aurais sûrement jamais quitté la France. Au contraire, grâce au FLE, j’en suis à ma neuvième année de vie à l’étranger et le Canada, c’est maintenant chez moi. Je n’aurais jamais mis les pieds au Manitoba sans le CIEP et mon année de lectrice à l’université.

Sans le FLE, j’aurais adoré Budapest comme tout le monde, le temps d’un week-end, sans expérimenter en profondeur et de l’intérieur les rouages rouillés de la société hongroise – mon année comme professeur de FLE à Budapest a été une des pires de ma vie. Sans le FLE, je n’aurais pas pu découvrir tous ces pays et leurs systèmes scolaires, les uniformes en Angleterre, les frais de scolarité à des milliers de dollars au Canada et en Australie, le français pour fonctionnaires fédéraux canadiens, le bal des rubans hongrois.

arrêter d'enseigner le FLE

Mais au contraire, j’ai vécu tout ça et bien plus encore. Et pourtant, j’arrête d’enseigner le FLE et le FLE tout court. Pendant ces dix ans, j’ai eu des élèves géniaux et d’autres qui l’étaient beaucoup moins. J’ai connu la frustration des salles de classe remplies d’adolescents qu’on force à être là, des failles de systèmes, des notes truquées et tronquées, des racontars et jalousies.

J’ai souvent eu une figure d’outsider. La première fois que je me suis fait recruter dans une grande école parisienne, je n’avais pas encore commencé mon master. Quand je suis arrivée en Australie, j’avais un minimum d’heures garanties, ce qui ne plaisait pas à tout le monde. Le FLE, c’est un domaine où règnent beaucoup de rivalités.

Et le FLE, c’est surtout un domaine où règne la précarité. C’est la raison principale qui me fait arrêter d’enseigner aujourd’hui. Je n’en pouvais plus de recevoir un salaire à l’heure pas calibré sur le coût de la vie, avec tout à ma charge à chaque nouveau contrat. Billets d’avion, frais de visa, assurance santé. En dix ans, je n’ai jamais eu de prime, jamais de bonus, jamais rien d’autre que le strict minimum dû, souvent en devant le réclamer – j’ai dû faire intervenir l’URSAFF une fois car l’école parisienne pour laquelle je travaillais oubliait de payer les remboursements pourtant obligatoires de carte de transport. Il y a beaucoup d’abus dans le FLE à Paris.

Je n’en pouvais plus non plus des horaires que ce métier implique. Il faut se rendre disponible quand les gens ne travaillent pas et ont le temps pour suivre des cours de français : le soir après 17h et le samedi, voire le dimanche même dans certains centres (à Melbourne je travaillais le dimanche, sans prime, évidemment). Prof de FLE en école de langue, c’est une vie à contre-courant de la société, amenant des obstacles à une vie sociale, culturelle, normale.

Je vis au Canada, un pays qui prône le bien-être et l’équilibre au travail. Ici, en général, les heures supplémentaires sont réglementées, les horaires de travail respectés et il est normal d’avoir une vie après 17h quand on quitte le travail. Dans le FLE, c’est normal de passer 12h au travail, de 9h à 21h, payé moins de huit heures, car les trous entre les cours ne sont évidemment pas rémunérés. Seules les heures de contact comptent, les heures en classe. Cela devenait très frustrant de discuter des conditions idylliques de tous ces employés qui étaient souvent payés pour venir apprendre le français car je ne pouvais pas m’empêcher de comparer avec mes propres conditions, à des kilomètres des leurs.

Vous allez me demander pourquoi je ne suis pas partie enseigner dans le système scolaire canadien, pour avoir un meilleur équilibre de vie et une meilleure rémunération. Je n’en avais pas vraiment envie, à la fois par ce que j’en ai vu, et surtout parce que c’était compliqué. J’ai passé huit ans à la Sorbonne, j’ai deux licences, une en lettres, une en anglais, en plus d’un master en didactique des langues. Mais cela n’aurait pas suffi, il aurait fallu que je reprenne mes études pendant un an ou deux. Mon master de FLE n’est pas reconnu tel quel, pas plus que mon expérience plus que concrète sur le terrain. Impossible même de travailler comme remplaçant.e ici au Manitoba.

Il y a un gros travail à faire de la part des autorités canadiennes et françaises pour une meilleure reconnaissance des diplômes et la fin des publicités mensongères. Oui, il y a une pénurie d’enseignants francophones, et pourtant, des gens avec mon parcours et mes diplômes n’ont pas le droit d’enseigner. Ce n’est pas normal. J’aimerais des passerelles pour les enseignants qui n’ont pas de diplôme canadien, avec un cours ou deux à suivre bien sûr, pour s’adapter aux réalités locales et comprendre les enjeux, un petit stage, et c’est tout. Je n’ai pas besoin qu’on m’apprenne à faire un cours ou faire étudier une oeuvre littéraire, pour onze mille dollars l’année.


Le FLE est un domaine injuste. C’est tellement frustrant de ne pas pouvoir enseigner quelque part quand on a les diplômes, l’expérience et les compétences. Toute une partie de la planète est inaccessible (le Canada, les États-Unis, le Japon, et j’en oublie) car les recruteurs n’iront pas faire des visas de travail. Ils prendront le premier francophone qui passe et qui a le droit légal de travailler dans ce pays, avec ou sans sens de la pédagogie.

Il y a trop de candidats pour pas assez de postes en FLE et les conditions de travail se précarisent de plus en plus. Si je commençais ma carrière aujourd’hui, il me faudrait un statut d’auto-entrepreneur, avec les abus que cela implique. L’immense majorité des offres d’emploi en France ne sont justement pas des emplois – énormément de cours sont enseignés sur la base du bénévolat. Le master de FLE n’a aucune valeur, l’Éducation Nationale ne le reconnaît pas, les administrations non plus. Et pourtant, il n’y a pas de quotas dans les masters et des légions entières d’étudiants vont enseigner un stage ou deux et arrêter. C’est dommage.

Donc il est temps pour moi d’arrêter d’enseigner le FLE. Je ne ferme pas la porte définitivement, je reviendrai peut-être à l’enseignement un jour, je ne sais pas si cela me manquera. Le FLE m’a apporté la vie que j’ai aujourd’hui et j’étais une très bonne prof. La rubrique des entretiens de profs de FLE sur le blog continuera encore un peu. Mais pour moi, il est temps d’entamer un nouveau chapitre dans un tout autre domaine !

Et pour en savoir plus, ces liens sur le blog satisferont votre curiosité :
tous les articles sur le FLE avec des billets d’humeur sur les étudiants
– mon job d’assistante à l’université au Canada avec le CIEP
– mon job comme assistante de français au Royaume-Uni
– un article sur le système scolaire hongrois.
– un coup de gueule sur les aspects négatifs du métier.
– salaires et conditions de travail dans le FLE à Paris
– des témoignages de profs de FLE en Australie, en Équateur, à Amsterdam, en Irlande, à Beijing, au Japon, en Corée du Sud.

Un commentaire ?

52 commentaires

  • Bonjour,
    Je suis complètement d’accord avec ce que tu dis…Et j’ai moi même quitté le FLE avec le cœur gros mais trop d’injustices sont liés à cet emploi et trop de servitudes pour continuer. Je suis devenue contractuelle pour l’Education Nationale et ce n’est pas mieux!!!
    Qu’as-tu choisi comme voie secondaire?

  • Bonjour,

    Je ne commente pas souvent tes articles mais les lis régulièrement et je suis complètement d’accord avec toi.
    Je suis titulaire d’un M2 en FLE et je ne peux pas travailler à plein temps dans ce domaine en Belgique. J’ai un autre travail à côté à temps plein et je donne cours le soir et le week-end car les conditions (horaires, salaire, …) ne me permettraient pas d’en vivre malheureusement. En Belgique, il y a beaucoup d’offres mais le plus souvent ce sont des bénévolats ou alors payées 5 €/h, je trouve cela affligeant. De plus, tu es obligée de t’inscrire en tant que freelance et les contrats ne sont que pour des courtes périodes (d’octobre à décembre par exemple) donc tu ne sais pas faire des projets pour l’avenir. C’est un métier extrêmement précaire et je suis très déçue du manque de considération pour le diplôme car c’est quand même un M2.
    Maintenant, j’ai décidé de commencer un doctorat (à distance) car je pense que cela me donnerait l’opportunité d’enseigner à l’université. Pourquoi ne ferais-tu pas un doctorat?
    Encore merci pour cet article qui résume parfaitement ce que vivent les professeurs de FLE.
    P.S: j’espère que tu continueras le blog même si les sujets changent 😉

  • Je te félicite pour ton courage pour une reconversion pro, j’espère qu’elle te rendra plus heureuse et te permettra d’avoir ce que tu recherches. C’est beau ton parcours en tout cas, tu peux être fière de toi

  • Je dois dire que je suis vraiment surprise, car j’avais cru comprendre que tu avais bien évolué dans l’AF où tu bossais, vu que tu t’occupais par exemple du recrutement, mais jamais je n’aurais imaginé que tu passais tant de temps au travail tout en étant dans la précarité… Les AF, c’est comme les universités, on se dit que c’est l’élite et une chance d’y travailler… et en fait non, c’est dommage…
    Tous les jours je me dis que mes conditions de travail en France sont difficiles, mais je les accepte car ce n’est pas ma seule source de revenus et mes cours sur Skype rapportent bien. C’est pour ça que je m’accroche, mais bon si un jour je veux une vie de famille ce ne sera probablement plus possible comme ça…
    Bref, je te souhaite une bonne continuation dans ton nouveau job (tu feras un article sur le sujet?) et surtout continue à bien profier du Canada <3

    • En effet, j’avais monté les échelons mais ça n’empêche pas les salaires horaires et la précarité !
      Tu as bien fait de diversifier les sources de revenus je pense.
      Par contre, mon nouveau travail, ça restera perso, j’ai signé des accords de confidentialité 🙂

      • Haha ok, bonne continuation alors!
        Aujourd’hui j’ai publié une FAQ sur mon statut de Freelance, mais dans trois semaines je prévois d’en publier une autre spécialement sur le FLE (ne t’inquiète pas, mon article sera très différent de celui qu tu as publié il y a quelques temps 😉 )
        Tu ne vois pas d’inconvénient à ce que je mette dans ma FAQ un lien vers ton article sur pourquoi tu arrêtes? Car tu décris très bien tous les défauts du métier XD

          • Coucou! J’ai publié ma FAQ spéciale enseignement du FLE aujourd’hui, et j’ai mis un lien vers ton article! Je t’ai un peu cité, notamment quand tu parles de tous les frais à la charge du Prof lors de chaque nouvelle expatriation, et à coté de ça : pas de prime, pas de bonus… Si l’article te plait, n’hésite pas à le partager! 😉
            Comment ça va sinon à Winnipeg? Pas trop froid? Xx

  • En effet, tout cela est bien vrai. J’en est fait l’expérience. Je vous souhaite de retrouver une nouvelle voie. Tout le chemin parcouru n’est cependant jamais perdu, l’important est de savoir rebondir lorsque l’occasion se présente. Qui cherche trouve ! C’est ce qu’on dit, sans rappeler le travail de fond que cela représente.

  • C’est tellement la roulette russe pour obtenir un poste dans le FLE ; je suis satisfaite de ma situation actuelle mais je crois que j’ai mis la barre assez haute pour le futur … et surtout je ne compte pas m’arrêter là, je veux progresser, et gagner en salaire/bénéfices donc je sais pas si je vais droit dans le mur.
    Surtout quand je jette un oeil sur les offres en Europe, c’est assez déprimant. Je me demande comment des employeurs peuvent s’imaginer qu’un prof de FLE vit ! surement d’amour et d’eau fraiche en dehors de la classe >< et je crois qu'on est dans un cercle vicieux où si les gens continuent d'accepter des contrats pareils y'aura pas moyen de redonner de la valeur à nos diplômes et nos compétences … Dans mon master on nous a bien bourré le crane à base de "n'accepter pas n'importe quoi où vous tuerez votre propre travail" mais la réalité est un peu différente.
    C'est chouette que tu aies trouvé de quoi entreprendre un changement de carrière 🙂

    • Ta seule façon de progresser en salaire et en bénéfices, c’est de devenir coordinatrice pédagogique je pense, ou bien de rentrer dans une université. Et je suis d’accord avec toi sur l’idée du cercle vicieux. C’est sans fin.

  • Cet article devrait apparaître sur les brochures des masters de FLE… Personnellement si c’était à refaire je ne ferais pas ce ce master-là, et je déconseillerais à quiconque de s’y lancer. Même si la France fait des efforts pour concocter des masters de qualité, dignes d’une formation bac +5, elle ne contrôle pas ce qu’il se passe à l’étranger, où nos diplômes ne sont pas reconnus et où les abus sont courants. Ton texte est très bien écrit, il n’y a rien à rajouter.

    • Merci Ernestine ! Je t’avoue que oui c’est un peu la mission cachée que je me suis donnée, avertir les prochaines générations. Je pense que la situation par contre est tout aussi déplorable en France et dans l’Education Nationale (vu récemment : un poste d’auxiliaire avec charge de cours dans un collège pour 600 euros mensuels, master obligatoire).

  • Comme je te comprends. Cela me manque d’enseigner, d’être dans une école, face à une classe. Depuis mon départ avorté en Chine, j’ai régulièrement consulté les offres, mais impossible d’envisager une vie avec ce qui est proposée. Et aujourd’hui je ne cherche pas (seulement) à vivre à l’étranger, j’ai une famille qui a besoin de plus que de dépaysement.
    Du coup, je fais des cours privés, en ligne ou non, mais comme tu le dis avec le statut d’auto-entrepreneur. Et c’est tellement peu intéressant, que je limite pour avoir une autre activité à côté, plus rémunératrice (et je regarde les offres de temps en temps…)
    J’espère en tout cas que tu te plairas dans ta reconversion.

    • Je pense systématiquement à toi en écrivant mes articles un peu dénonciateurs et oui j’aurais dû l’ajouter, je parle en tant que femme célibataire, avec une famille la donne est tout autre (et pire).

  • Je n’ai pas eu tes dix ans de carrière, seulement quatre et uniquement au Canada, mais c’est aussi la précarité qui m’a fait changer de voix. Marre d’avoir mon emploi du temps le vendredi pour le lundi, d’angoisser parce que je n’avais pas assez d’heures à certaines périodes et trop à d’autres, et puis un salaire à l’heure qui stagnait. J’adorais enseigner et je trouve que c’est un métier épanouissant et important. Mais… « &?%$ you, pay me! » comme le disent les précaires…

  • Tu peux être vraiment fière de ton parcours en tout cas ! J’ai aussi tendance à penser que personne n’est fait pour faire 40 ans le même métier, même si c’était une vocation à la base. 10 ans c’est génial et je suis sûr que tu vas beaucoup t’épanouir dans tes nouvelles missions. En tout cas de ce que tu m’as dit ça a l’air bien cool ! 🙂

  • Je trouve qu’il est bon de changer de job (ou au-moins de poste) de temps en temps, afin de voir autre chose et de s’aérer l’esprit. Perso, c’est ce que j’ai fait à plusieurs reprises (postes et jobs), et je ne le regrette pas. Cela m’a permis de voir pas mal de choses, et m’a instruite. On élargit ainsi nos connaissances, on diversifie nos acquis et on développe de nouvelles compétences.

    J’ai commencé, cet été, à lire des livres d’un prof d’anglais, américain, qui vit et travaille à l’étranger depuis plusieurs décennies, et il y décrit les mêmes réalités que toi.

    En ce qui concerne l’ambiance dans le milieu du FLE, est-ce vraiment si différent de d’autres milieux pro ? Car la compétition et la jalousie sont des caractéristiques assez universelles, mais peut-être y en a-t-il plus dans le FLE, du fait de la précarité..?

    Je ne pense que des stats existent sur le nombre de diplômés en FLE et ceux exerçant par la suite et sur combien d’années. C’est vraiment dommage car cela permettrait de donner une certaine visibilité aux intéressés, avant de faire le grand saut dans le monde du FLE.

    En tout cas, j’adore tes entretiens de profs de FLE, j’espère que cette rubrique continuera encore longtemps !

    C’est clair que ce n’est pas normal qu’il n’existe pas de passerelles entre les formations universitaires et pro en FLE et le système éducatif canadien, surtout si il y a un manque de profs de français. C’est d’ailleurs un peu étonnant que rien ne soit fait pour ne pas laisser cette situation pourrir. Cela aurait fait un bon sujet de conversation avec Justin Trudeau 😉

    Te serait-il possible, un jour, de faire un article (je n’en ai pas trouvé sur ce sujet il me semble) sur tes méthodes de travail, ton organisation, etc. de lorsque tu étais prof de FLE ?
    Je me suis mise à Evernote, pour m’aider dans mes cours notamment. Je trouve cet outil puissant.

    • Tes commentaires sont toujours riches 😀

      – je n’ai jamais travaillé que dans le FLE pour l’instant (si tu retires quelques jobs étudiants) mais le système canadien est plus objectif que le système français en ce qui concerne le mérite, les promotions et les occasions, donc j’ai assez confiance de ce point de vue là niveau jalousie et racontars.

      – ma fac nous avait envoyé des enquêtes à remplir à un an et trois ans post diplôme je crois, c’est vrai que j’aurais aimé la même chose cette année à cinq ans (j’ai fini mon master en 2014) mais je viens de chercher, ils ne le font plus (!)

      – c’est compliqué les histoires d’équivalence car l’éducation est un domaine provincial. Justin n’aurait pas pu m’aider !

      – et pour mes méthodes, oh là là, rien d’extraordinaire. Evernote je l’utilise pour ma vie perso mais sinon à part un agenda papier, je n’ai pas de secret ni de miracle !

  • Salut,
    Très bon article, je suis aussi professeure de FLE et je suis au Canada. Je suis vraiment d’accord avec toi et les points que tu abordes sont souvent des sujets de discussion que j’ai avec d’autres collègues. Pour ma part, j’ai la chance d’avoir été recruté par une AF qui propose des contrats salariés à temps plein ce qui me permet d’avoir une vrai stabilité avec un vrai salaire et c’est une grande chance dans le FLE. Mais comment faire pour faire avancer les choses dans le FLE ? Je me pose souvent ma question car finalement peu de personnes essayent de changer ce manque de reconnaissance et les recrutements abusifs avec des conditions precaires. Bonne chance pour ta nouvelle vie que vas-tu faire maintenant ?

    • Je fais du marketing 🙂
      Je ne sais pas, il y a des questions de pétitions qui reviennent souvent, mais sans aucun avenir je crois malheureusement. Comme dit Clarisse, il faudrait que personne n’accepte ces postes honteux mais il y aura toujours des candidats désespérés alors ça ne finira jamais.

  • Mon dieu, 10 ans pour moi aussi de Fle en Espagne et en plein brouillard, je suis complètement dégouté par la précarité les horaires, les exigences des uns et des autres que je voudrais arrêter, mais quel futur… comment se reconvertir….

    • La question de la reconversion m’effrayait aussi mais j’ai la chance d’être dans un pays où parler français est une compétence très recherchée. Creusez peut-être de ce côté-là ?

  • ça alors ! J’ai souvent lu ton blog… et cette réflexion sur la précarité revenait souvent… Bonne continuation !
    En tout cas, cet article arrive pour moi à un moment clé où j’hésite cruellement à arrêter ou poursuivre mon M2 de Fle … pour ces raisons principalement (je connais pleins de gens qui ont fait du fle, et arrêté.)
    Je me dis que quitte à partir 6 mois ou 1 an pour enseigner (surement en statut de stagiaire, faut pas se leurrer je n’ai pas d’expérience) je ne vois pas pourquoi investir tant d’argent et d’énergie dans une année de fac supplémentaire… Des avis les amis ?

    • Ah je suis désolée de radoter 😀 mais sérieux, quand tu gagnes 300 euros net par mois alors que tu as un master ou bien que ton école n’a augmenté les salaires que de 50 centimes en dix ans, il y a de quoi péter un câble et se plaindre !

      On peut échanger par email plus en détails si tu veux ! Je pars du principe qu’il vaut mieux avoir un M2 complet que pas fini, ça fait une vraie différence à l’embauche (et c’est moi qui recrutais les profs dans mon AF la dernière année)
      Mais partir et étudier à distance est une solution !

      • Bonjour Kenza, merci de ta réponse ! J’ai décidé d’aller au bout de mon master finalement… C’est parti !
        Bonne continuation au Canada 😉

  • Bonjour,

    Ton article tombe à pic! Je suis dans la même situation: je souhaite arrêter d’enseigner le FLE, du moins le mettre de côté pour aller faire autre chose (quoi? je suis encore en questionnement!) . Ton témoignage fait du bien car je trouve qu’il y en a peu sur les conditions réelles en France et à l’étranger! Ce qui me pèse le plus, c’est la précarité et les conditions de travail lorsqu’on est prof de FLE en France… Impression que rien n’avance depuis 10 ans que je pratique! Et pourtant, il y a une forte de demande ! En tout cas, je te souhaite de t’épanouir dans ce que tu entreprendras!

    • Merci pour ton message, je savais qu’on était nombreux.ses à ressentir les mêmes choses. La question de la reconversion a été assez facile, j’ai de la chance de vivre au Canada pour ça, mais en France cela aurait été bien compliqué – voire impossible je crois. Bonne chance !

  • D’un côté, ce bilan me fait de la peine car on voit que c’est mûrement réfléchi et que tu as pris du temps avant de prendre ta décision. D’un autre, je suis contente pour toi car on voit que tu as fait la paix avec ta situation. Comme tu dis, ce n’est pas terminé, et tu laisses la porte ouverte. Le FLE ne te définit pas, tout comme il ne définit pas ton blog. J’ai hâte de découvrir tes nouvelles aventures!
    A bientôt,
    Maëva

    • Exactement, c’était une décision réfléchie qui arrive au bout moment (la résidence permanente, pas de contraintes, etc). Merci pour tes encouragements, surtout sur la « définition », car c’est quelque chose que je craignais !

  • Bravo pour celà ! Beaucoup de gens ont peur d’arrêter mais toi tu le fais!
    Tout fraîchement diplômée Master FLE je te comprends… Et pourtant je n’ai même pas un an d’enseignement a mon actif…
    Je suis partie en Afrique du Sud pour un stage du MEAE et j’ai été dégoûtée… Non pas part les gens mais par le système, les systèmes… Alors je me laisse encore un an pour voir et sinon ce sera direction le CAPES d’anglais sûrement.

    • Bonjour,

      J’ai vu des annonces de stages du MEAE, et je m’étais dit que ce pouvait être une bonne expérience (je suis en M1 FLE). Mais votre commentaire ne va pas forcément dans ce sens. Vous serait-il possible de détailler un peu ce qui vous a déplu ?

      • Salut!

        En fait, principalement ce qui m’a déplu avec le MEAE, c’est l’encadrement. Ils font tout à la dernière minute, ne te brifent pas forcément… On te balance un peu dans la nature… Comme je l’ai dit je suis partie en Afrique Sud, c’est déjà un contexte très différent de la France et de l’Europe mais c’est aussi des comportements très différents.
        Je ne peux pas parler aux noms de tous les stagiaires MEAE, je sais que certains ont vécu de très bonnes expériences.
        Je pense que ça dépend des pays, des encadrants et des structures dans lesquelles on évolue.
        C’est surtout la partie coopération culturelle qui m’a fortement déplue… On va dire que passer 10h/s enfermée dans un bureau, à envoyer des mails ou passer des coups de fils c’est pas trop ça…
        Si tu as d’autres questions, n’hésite pas à m’écrire : chloeponcelet@live.com

  • Je comprend ton raisonnement et ta décision, en effet le monde du FLE est très précaire et à la longue ça devient dure…Bonne chance pour la suite! Tu sais déjà ce que tu aimerais faire au lieu d’enseigner?

  • Félicitations et, bien que je ne sois pas prof de FLE, je ne peux que te comprendre. Je te souhaite beaucoup de succès dans ta reconversion mais je suis sure que tout ira bien ❤️

  • Coucou ! Je n’ai enseigné qu’un an et demi en tant que professeur de français au Japon, et je me reconnais totalement dans tout ce que tu décris. La précarité, les conditions de travail ( les moments que tu passes à préparer des cours ou les trous ou tu n’as pas d’élèves qui ne sont pas payés), les avantages inexistants (pas de congés payés, pas de primes, pas de sécurité sociale pour ma part…), Les horaires du soir etc. J’ai pourtant adoré enseigne aux élèves, mais pour les raisons ci dessus je me suis dit stop, c’est plus possible, je me fais exploiter… Et ce n’était qu’un an et demi xD. En tout cas j’ai adoré lire tes articles de profs de FLE, je te souhaite que du bonheur dans la nouvelle voie que tu prendras !