Prof de FLE

Enseigner le FLE : les réponses à toutes vos questions

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Enseigner le FLE, c’est une carrière qui fait rêver. Pouvoir voyager tout en travaillant et en enseignant partout dans le monde, dans tous les pays sans aucune difficulté, qui ne signerait pas tout de suite ? Mais l’enseignement du FLE n’est pas une carrière vers laquelle on peut se tourner à la légère. Elle est semée d’embûches et demande beaucoup de calculs assez tôt dans le cursus universitaire.

Que vous soyez encore au lycée, à l’université ou souhaitiez effectuer une reconversion professionnelle en FLE, j’espère que ce petit guide de questions-réponses sur l’univers professionnel du FLE pourra vous aider !

Quelles études pour enseigner le FLE ?

Faut-il un diplôme pour enseigner le FLE ? Je suis natif, ça ne suffit pas ?
Ma réponse préférée à cette question, c’est comme si préparer à dîner tous les soirs vous rendait qualifié ou qualifiable pour candidater à un poste de chef dans un restaurant. Parler français ne suffit pas à être un bon enseignant : les études de FLE  permettent d’apprendre des aspects de didactique, de pédagogie, qui ne sont pas innés. Certes, certains diplômés sont aussi de mauvais enseignants, mais autant se former.

Faire un DU FLE ou un Master FLE quelle formation en FLE choisir ?
Le DU, diplôme universitaire, c’est l’équivalent de 8 heures de cours par semaine : c’est comme la philo si vous étiez en terminale L ou les maths en terminale S. C’est une base, une introduction, mais qui est insuffisante pour maîtriser tous les contenus inhérents à la profession de prof de FLE. Le DU est en général seulement un pré-requis pour entrer en master de FLE. Si vous avez déjà un master en enseignement pour le premier degré par exemple, le DU sera utile pour découvrir les problématiques de l’enseignement des langues. Mais si vous êtes sans expérience dans l’enseignement, faites le DU et continuez ensuite en Master.

Choisir entre le DAEFLE ou Master FLE ?
Je reçois souvent cette question. Je n’ai personnellement pas fait le DAEFLE mais je vous invite à lire le retour d’expérience d’Adrienne sur son blog. Je dirais que tout dépend de votre âge, de vos aptitudes et de votre but à long terme. Si vous êtes déjà trop qualifié.e, ou pas assez, et que vous ne voulez pas reprendre au moins trois ans d’études, le DAEFLE peut être une solution. Mais le diplôme est cher et peu concurrentiel, puisqu’ouvert à tous profils et toutes nationalités. J’ai eu quelques collègues diplômé.e.s du DAEFLE, mais pas beaucoup, parce qu’un enseignant avec master sera presque systématiquement préféré. Dans certains pays, notamment ceux d’Asie du Sud-Est ou en Chine, le DAEFLE ne permet pas d’obtenir un visa de travail, seul le master est reconnu par les autorités locales.

S’arrêter en M1 ou continuer en M2 de FLE ?
J’ai souhaité, comme beaucoup, arrêter après le M1 qui suffit sur le papier pour enseigner le FLE. Mais je suis contente de ne pas l’avoir fait : le M2 est un peu inutile mais permet de postuler à plus d’emplois dans le FLE, d’évoluer vers d’autres postes et parfois même de commencer avec une rémunération plus importante.

Quelles sont les meilleures études à suivre pour enseigner le FLE ?
De tous les profs que j’ai côtoyés, ceux qui avaient suivi une formation en lettres étaient de meilleurs enseignants, en tous cas en ce qui concerne les « pourquoi ? » que demandent tout le temps les étudiants (pourquoi quatre-vingt, pourquoi soixante-et-onze mais pas quatre-vingt-et-un, l’origine du quatre-vingts justement, les valeurs des temps etc). Donc au niveau licence, je pense qu’une licence de lettres modernes avec un gros focus sur la linguistique ne sera que bénéfique. Si vous savez déjà dans quelle zone géographique vous voudriez aller en priorité, faites aussi une LLCE. J’ai les deux licences, lettres et LLCE anglais et je pense que cela m’a donné toutes les clés pour répondre aux étudiants originaires des pays anglophones et m’adapter au contexte éducatif et linguistique des pays où j’ai enseigné. Faire deux licences est lourd en temps et en investissement (ça m’a pris cinq ans) mais beaucoup d’universités ont maintenant des parcours avec des doubles licences intégrées, ce qui peut être une option intéressante.

Faut-il prendre l’option FLE en licence ?
Oui, si possible, pour éviter ensuite de devoir perdre un an à faire le DU de FLE. L’option FLE en L3 n’est pas forcément compatible avec Erasmus, mais à mon sens il y a de bien meilleurs programmes qu’Erasmus quand on veut partir à l’étranger enseigner le FLE. Mieux vaut rester en France en L3 et partir en assistanat l’année suivante : partir comme apprenti enseignant avec un vrai salaire plutôt qu’en Erasmus sera bien plus valorisant sur votre CV et dans votre recherche d’emploi.

Faire un Master FLE ou Master MEEF ?
Les deux masters n’ont pas du tout la même finalité. Avec le master MEEF, vous vous préparez à enseigner en primaire ou en secondaire, vous passez un concours, vous devenez fonctionnaire en France avec les obligations de service que cela engendre. Avec un master FLE, il n’y a pas de concours et vous êtes livré à vous-même en ce qui concerne la recherche d’emploi, vous sortez du système français, aucun avantage social n’est reconnu. Tout dépend de la carrière immédiate (à cinq ans) dans laquelle vous souhaitez vous lancer.

Quelles sont les meilleures universités pour les masters de FLE ?
Les universités aux masters de FLE les plus réputés sont Paris III Sorbonne-Nouvelle et Grenoble. Je pense que Le Mans-Angers-Tours est également une bonne université, mais les autres ne le sont pas vraiment. Les exigences sont beaucoup plus basses. Cela pourrait ne pas sembler important mais ça l’est, j’ai obtenu un de mes postes spécifiquement parce que j’avais étudié à la Sorbonne.

Faire son master à distance ou en présentiel ?
J’ai fait tout mon master de FLE à distance avec l’université de Paris III et je pense que ça a été l’une des meilleures décisions que j’ai prises de ma carrière. Étudier à distance m’a permis de pouvoir travailler à temps plein dans l’enseignement pendant trois ans (j’ai dû redoubler l’année de M2 justement à cause de la charge de travail), ce qui est incomparable par rapport aux stages pas toujours suffisants que demandent les universités en cursus normal.

Comment chercher un travail de prof de FLE ?

Quels programmes sont intéressants avec un statut d’étudiant ?
C’est une excellente idée de profiter du statut d’étudiant pour partir enseigner le FLE dans des programmes de façon encadrée. Les conditions vont différer pour chaque programme, parfois même au sein de chaque pays. Le meilleur, c’est le CIEP, avec qui je suis personnellement partie en Angleterre et au Canada, pour devenir assistant de français à l’étranger. Les stages Campus France sont assez bien vus sur un CV. Si vous voulez partir aux États-Unis, regardez du côté d’Amity ou de Fulbright.

Où trouver des annonces d’emploi FLE ?
Il faut être honnête sur le fait qu’énormément d’offres d’emploi dans le FLE ne sont jamais postées et sont pourvues par piston ou candidature spontanée. Les sites officiels d’emploi FLE sont ceux de fle.fr, du Français dans le monde et de la Fondation Alliance Française. Certaines Ambassades de France, notamment celle en Chine, postent aussi beaucoup d’offres. Des annonces peuvent parfois circuler sur Linkedin et Facebook aussi.

Comment améliorer mon CV ou mes candidatures ?
J’ai eu la chance de pouvoir passer de l’autre côté de la barrière et recruter mes futur.e.s collègues. Un CV doit être clair, propre, sans fioritures et lisible. Les expériences non pertinentes ou trop anciennes (comme votre stage de 3e) peuvent être enlevées. Attention à la photo. La lettre de motivation doit être sans faute et de préférence adressée nominativement à la personne qui va la recevoir. Une lettre avec un mauvais copier-coller de ville ou de pays quitte la pile des candidatures immédiatement. Et vous êtes prof de FLE, donc si vous indiquez vos niveaux en langues autrement qu’avec le CECR, vous perdez pas mal de crédibilité.

Faut-il vraiment l’habilitation de correcteur DELF-DALF ?
J’aurais dit oui jusqu’à il y a un certain temps, mais finalement les opportunités de passer la certification peuvent arriver assez souvent, tout dépend de si l’institution que vous voulez rejoindre a un formateur sur place. Cela dépend donc aussi des besoins institutionnels. C’est un plus, c’est sûr, mais ce n’est pas discriminant dans une grosse structure. Cela pourrait l’être par contre dans une plus petite avec moins d’examinateurs disponibles ou qui devraient pouvoir être opérationnels tout de suite.

Dois-je parler la langue du pays ?
Question importante ! Cela dépend du pays et des besoins, si vous allez enseigner aux adultes, en université ou aux enfants. Pour moi, il faut quand même un B2, pour s’en sortir en classe mais aussi en dehors de la classe dans la vie quotidienne. Sauf que parfois, on décide de partir dans des pays aux langues compliquées ou rares, ou bien on part pour un contrat court, alors ça ne vaut pas forcément la peine de s’investir beaucoup linguistiquement. J’ai quand même essayé d’apprendre le hongrois quand j’ai enseigné à Budapest, mais cela n’a pas amélioré mon expérience sur place.


Comment sortir du lot ?

Pour sortir du lot au moment de la recherche d’emploi dans le FLE, outre d’avoir déjà de l’expérience acquise en stage long ou en assistanat, je dirais qu’aujourd’hui, c’est d’avoir de l’expérience avec un public jeune qui fait la différence. Peu de professeurs acceptent d’enseigner aux enfants ou aux adolescents. C’est une compétence et une appétence recherchée par les employeurs.

Je rêve de partir enseigner au Japon / Australie / États-Unis / Canada / Corée du Sud etc. 
Ces pays, et plusieurs autres, pratiquent une politique migratoire très sévère et la priorité sera toujours donnée aux gens déjà sur place, qui pourront enseigner sans diplôme de FLE, car c’est moins compliqué que de faire des visas de travail. L’immense majorité des institutions de FLE dans les pays susmentionnés ne sponsorisent pas les visas. Donc si c’est votre rêve, il va vous falloir un plan B : aller étudier sur place, passer le diplôme de professeur local, obtenir un statut permanent par diverses voies.

Je ne suis pas française mais j’ai le DALF C1-C2, puis-je trouver un poste ?
Vos chances de trouver un emploi de professeur de FLE vont dépendre probablement de votre situation légale dans le pays que vous convoitez. Si vous avez déjà l’autorisation de travailler dans le pays, vous devrez arriver à vous faire embaucher si vous avez un DALF et une formation dans l’enseignement du français, qu’il s’agisse du DAEFLE ou d’un master en pédagogique, de votre pays d’origine ou de France. Par contre, pour trouver un travail à distance, cela sera beaucoup plus difficile.

Enseigner le FLE questions réponses

Avant d’accepter un emploi à l’étranger

Que dois-je payer ?
Avant d’accepter un emploi de professeur de FLE, il faut toujours calculer les frais réels : le billet d’avion, le visa, les éventuelles visites médicales, les casiers judiciaires, l’assurance santé, les frais pour un logement, la caution, parfois de quoi acheter des meubles… Les dépenses peuvent vite grimper et rares sont les institutions à prendre en charge certains de ces frais. Je pense que les universités en Chine sont parmi les plus généreuses. Si, au contraire, on vous parle de retenue de salaire pour payer votre visa de travail, il faut réfléchir à deux fois à la moralité et à l’éthique de l’employeur…

Comment ça se passe niveau retraite française ?
Tout dépend tout d’abord du pays où vous aller enseigner le FLE. Si c’est en Europe ou dans un pays qui a signé un accord avec la France, les années de travail passées à l’étranger compteront. Si c’est dans un pays avec lequel il n’existe pas d’accord, votre temps de travail ne comptera pas. Vous pouvez trouver la liste des pays sur le site du gouvernement sur la retraite.

Comment ça se passe niveau sécurité sociale française ?
Vous avez deux options : soit maintenir vos droits en cotisant à la CFE, ce qui a un certain coût, soit les annuler et galérer à les récupérer à votre retour ou entre deux contrats. Les lois changent souvent mais en 2019, pour ouvrir ses droits en France, il faut travailler ou bien s’inscrire à la protection universelle maladie (source).

Comment évaluer si le salaire est correct par rapport du coût de la vie ?
L’immense majorité des contrats d’enseignants de FLE sont des contrats locaux donc calculés sur le coût de la vie locale. Cela varie du tout au tout selon la destination mais il arrive que le salaire soit à peine suffisant pour vivre décemment. J’aime bien me renseigner avant d’accepter une offre d’emploi dans le FLE en traînant sur les blogs d’expatriés, sur Expat.com, sur les groupes Facebook d’expatriés.

Est-ce possible d’économiser avec un travail de prof de FLE?
Encore une fois, tout dépend du pays et du salaire. Parfois oui, vous reviendrez plus riche que vous n’étiez parti, parfois non. Cela dépend également de votre mode de vie : adaptation aux coutumes locales, notamment dans les courses et l’alimentation, ou bien mode de vie plus européen, si vous buvez ou fumez, si vous voyagez beaucoup…

Quels sont les pièges à éviter ?

Si vous enseignez le FLE en France

Le statut d’auto entrepreneur est-il nécessaire ?
La question du statut de l’enseignant a beaucoup changé depuis ma dernière expérience comme professeur de FLE à Paris en 2016. Il y avait encore des contrats salariés disponibles – mal payés, mais cela existait. Mais j’ai l’impression que maintenant, l’immense majorité des recruteurs demandent que le professeur soit à son compte avec le statut d’auto-entrepreneur. Ce genre d’annonces me faisait fuir, si une école ne veut pas s’engager à payer les charges obligatoires pour leurs salariés, c’est que les conditions de travail ne sont sûrement pas très bonnes.

C’est quoi un CDD d’usage ?
Le CDD d’usage c’est le type de CDD qui est pratiqué dans les rares écoles de FLE françaises qui ne demandent pas encore de statut d’auto-entrepreneur à leurs enseignants. C’est une arnaque pour l’employé.e car il n’y a pas de paiement de prime de précarité à la fin, il n’y a pas de délai de carence et il n’y a même parfois pas de date de fin sur le contrat ! C’est un CDI déguisé pour les besoins opérationnels de l’institution. D’ailleurs, beaucoup d’écoles essayeront à Paris de ne pas payer les cotisations obligatoires pour les transports en commun mais elles le sont quelque soit le type de contrat et le nombre d’heures travaillées au prorata.

Si vous enseignez le FLE à l’étranger

Quel sera mon statut sur place ?
Certains pays sont plus permissifs ou restrictifs que d’autres. Pour le Canada par exemple, vous serez lié à votre employeur et ne pourrez pas chercher un autre emploi, qu’il soit dans le FLE ou dans n’importe quel domaine. Votre statut dans le pays étant lié à votre travail, il y a notamment des délais à respecter entre la fin du contrat de travail et le départ du pays.

Combien d’heures devrais-je enseigner ? Avec quel contrat ?
CDD ou CDI ? Si c’est un CDD, sera-t-il possible de le prolonger ? En Australie par exemple, la réponse est non si vous n’avez pas de statut dans le pays. Combien d’heures devez-vous enseigner ? Combien d’heures doivent être faites ? Que représentera votre salaire ? Et les impôts, sont-il à la source ou faut-il les déclarer ?

Une fois en poste

Quelles seront les opportunités de formation ?
Si vous ne l’avez pas encore, demandez s’il est possible d’obtenir la certification DELF-DALF, ou bien de devenir examinateur du TEF ou du TCF. Demandez si les Alliances du réseau organisent des rencontres et s’il serait possible d’y participer. Faites une veille sur ce qui se fait en matière d’enseignement du FLE dans votre zone géographique pour assister à des colloques ou à des conférences. Renouvelez vos attestations si elles arrivent à expiration. Tenez-vous informé des nouveautés pédagogiques, feuilletez les spécimens des nouvelles méthodes de FLE que la majorité des institutions reçoivent.

Est-ce que je pourrais dire non ?
Je sais que c’est difficile, mais parfois il le faut. Les enseignants de FLE peuvent parfois avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête, à cause de leur visa, à cause de leurs conditions de travail, mais la santé est plus importante qu’un job.

Est-ce que je pourrais partir enseigner dans le système scolaire local ?
La réponse varie selon les pays ! Mais en général, il faudra faire une équivalence de diplôme ou bien retourner à l’université sur place pour obtenir l’équivalent du CAPES.

Quels sont les autres débouchés après un master de FLE ?
Vous pouvez vous orienter vers des postes de coordination pédagogique ou de direction si cela vous intéresse… Et c’est malheureusement à peu près tout. J’ai des collègues croisées partout dans le monde qui ont pu écrire des livres ou concevoir des manuels mais j’ignore comment elles s’y sont pris.

J’espère que ce long article de questions-réponses sur les différentes façons d’enseigner le FLE vous aura été utile ! Si vous avez des précisions à apporter ou des questions supplémentaires à poser, faites-le en commentaire pour que tout le monde puisse en bénéficier avant que ce soit ajouté à l’article !

Un commentaire ?

17 commentaires

  • Bonjour,

    Merci pour cette page d’information sur le FLE, elle m’a beaucoup aidé pour mon orientation.

    J’aimerais te poser une question. Connaîtrais-tu un site où l’on peut justement trouver un classement des masters FLE en France? En fait, je n’ai aucune expérience de L3 dans le FLE si ce n’est une période de bénévolat d’un mois dans un organisme. Seulement, une petite université du Sud m’a accepté dans un master FLE avec option études interculturelles, mais j’hésite à confirmer ce choix et me demande si je ne devrais pas faire un DU à la place et ensuite essayer de candidater pour un master plus valorisant sur les débouchés l’année suivante.

    Merci encore pour ce blog trés enrichissant!

    Fanny

    • Hello! Je pense qu’il n’existe pas de classement formel. C’est plus basé sur mon expérience de terrain. Après, un master est un master, et les débouchés sont quasiment existants. Si tu lis correctement le guide, tu verras qu’il vaut mieux faire son master à distance, quelque soit l’université, et enseigner en même temps pour s’en sortir ensuite professionnellement. Après si cette fac est sérieuse, ils te demanderont de rattraper des UE. A toi de voir !

  • Je te remercie pour ton retour.

    Du coup, sais-tu pourquoi l’enseignement auprès des enfants et adolescents n’attire pas grand-monde ?

    Merci encore.

    • Probablement pour la raison pour laquelle ils ne t’attirent pas personnellement toi ! Méconnaissance du public, des enjeux, idée qu’il faut faire de la discipline (ce qui n’est pas du tout le cas dans un contexte institutionnel), manque de formation, etc.

  • Je te remercie pour ton retour.

    Du coup, sais-tu pourquoi l’enseignement auprès des enfants et adolescents n’attire pas grand-monde ?

    Merci encore.

  • Merci pour cet article très riche.

    Personnellement, j’adore enseigner et c’est le métier qui me correspond. Néanmoins dans certains pays, le statut de prof de FLE est si précaire qu´il est difficilement viable. C´est le cas en Allemagne ou les CDD/CDI sont quasi inexistants, les charges sociales élevées, la loi fiscale si opaque qu’elle peut être interprétée différemment d´une région à une autre plongeant l’auto-entrepreneur en insécurité et la remémuration à l’heure trop faible. Je ne parle pas non plus des cours annulés à la dernière minute, des contrats qui peuvent se terminer d´un jour à l’autre ou de la difficulté d’être payé à temps ou même d’être payé tout court dans certaines structures.

    En conséquence, le métier de prof de FLE devient soit un boulot d’appoint exercé de manière occasionnelle, soit un métier sous pression ou il faut courir après le cours. En conséquence, les centres de langues ont du mal à recruter des profs lorsque les étudiants affluent et au contraire, c’est la guerre entre profs lorsque ‘étudiant se fait rare.

    Je sais que tu avais très longuement déjà parlé des cotés négatifs du métier dans plusieurs articles mais ça me semblait encore nécessaire de le préciser car la déception peut être rude si on mise tout sur ces longues études.

    En Allemagne par exemple, il vaut mieux avoir un statut de prof de lettres en France et s’engager dans une longue bataille administrative pour y faire reconnaitre son diplôme pour obtenir une équivalence qui permet d’enseigner dans le système public avec un statut stable plutôt que d’arriver avec un diplôme de prof de FLE qui nous forcerait à reprendre des études pour 5 ans à l’université.

    Pour ma part, j’ai décidé d´abandonner cette activité à contre-cœur, l’exerçant seulement occasionnellement.

    • Merci pour ton témoignage très intéressant, je ne savais pas que ça se passait ainsi en Allemagne. Cette guerre entre profs est par contre bien universelle.

    • Bonjour, dans quelle région travailles-tu?
      Je réfléchis à faire un DU puis un Master de FLE à distance pour me reconvertir et travailler à Karlsruhe (J’ai un master d’école de commerce). Mais d’après ce que j’ai lu, le job semble quand même assez précaire… Pas possible du tout de travailler en Gymnasium après un Master de FLE?
      Comme le francais est obligatoire dans les lycées du Baden Würtemberg je pensais qu’il y avait pas mal d’offres d’emploi…
      Merci

  • Je crois que je redirigerai toutes les personnes qui m’envoient un e-mail en pensant que je suis Conseillère d’orientation vers cet article 🙂 et j’adore la comparaison du chef cuisinier ahah, je la ressortirai !

  • Merci pour cet article très intéressant !
    Venant d’être acceptée en M1 FLE à distance, je l’ai lu avec grand plaisir et intérêt.

    Je rebondis sur ce que tu as écrit : « Peu de professeurs acceptent d’enseigner aux enfants ou aux adolescents. C’est une compétence et une appétence recherchée par les employeurs. »

    Pour ma part, il est vrai que je souhaite privilégier l’enseignement auprès d’étudiants et d’adultes, mais je n’imaginais pas que c’était en fait le cas pour la majorité des profs de FLE ! En connais-tu la ou les raisons ? Ils ne veulent pas faire office de garderie ? Ou bien ce type de publics n’est pas intéressant sur le plan intellectuel ?

    J’avais également une autre question sur les profs de FLE pour qui ce métier est une reconversion. J’imagine que tu as dû en croiser. J’ai vu, ça et là, des personnes, déjà titulaires d’un master et avec plusieurs années d’expérience dans un domaine particulier, candidaté pour des masters FLE, dans le cadre d’une reconversion professionnelle donc. Aurais-tu une idée de leur proportion, approximative bien-sûr, parmi les profs de FLE ? J’ai l’impression qu’ils ne sont pas une exception. Sais-tu si ils sont bien perçus par les recruteurs ?

    Je suis dans ce cas de reconversion pro. J’ai un master en management et biologie, et j’ai travaillé dans l’aéronautique au Ministère de la défense. J’ai repris mes études depuis 2 ans, je viens de valider mon 2ème DEUG, en arts plastiques, à la Sorbonne. Je vais également faire une L2 d’anglais à distance, toujours utile quand on veut travailler à l’étranger.

    J’ai vu passer quelques annonces pour enseigner le français dans des académies militaires. Aurais-tu des infos, des retours d’expérience, sur ces postes ?

    Merci bien !

    • Les profs de FLE en reconversion, je les ai croisés dans des programmes qui acceptent un peu n’importe qui (la Hongrie) ou dans des pays où ils avaient une autorisation légale de vie sur place. Pour des postes et des pays plus compétitifs, tout le monde avait une carrière linéaire. Et je n’ai jamais recruté des gens dans cette situation, puisqu’ils n’ont pas d’expérience en classe, il y avait toujours un meilleur CV à choisir.

      Enseigner aux enfants, ce n’est pas « faire de la garderie », si tu raisonnes ainsi, tu vas te fermer beaucoup de portes. Et sur le plan intellectuel… dans ta future carrière, tu auras probablement plus de 80% de A1 et 0,05% de C1-C2. Donc bon, niveau stimulation, on peut en reparler !

      Pour les militaires, je ne sais pas, désolée !

  • Je crois que j’ai vu passer une coquille! Un ER au lieu d’un EZ quelque part 😉
    Aussi, drole de timing, j’ai prévu un article Q and A prochainement sur mon blog, mais ne t’inquiète pas ce ne sera pas spécifique au FLE (je pense) et il ne sera pas publié avant aout 😉
    Super intéressant ton article en tout cas, merci pour le partage de toutes ces infos! Même avec maintenant 9 ans d’experience, ça me fait toujours du bien de lire ce type d’articles avec les infos qui en plus évoluent constamment!

  • Super article riche en informations, je penserai à le faire passer quand on se tournera vers moi pour des questions. Ton article est super clair.
    Si je peux ajouter, je recommande Numbeo ( https://www.numbeo.com/cost-of-living/ ) pour se faire une idée du cout de la vie ; c’est super détaillé, on peut changer les devises, faire des comparaisons et je trouve les chiffres plutôt raccord avec la réalité (pour le Japon et la Corée du Sud notamment).

    En ce qui concerne l’arrêt après le M1 ou le M2 je pense qu’il est désormais compliqué de ne pas terminer son master. On attend des nouveaux diplômés un M2, le M1 n’étant accepté que pour les « anciens » qui obtenaient un diplôme après la première année et ont depuis l’expérience nécessaire pour ne pas avoir besoin de compléter leur cursus. Le M2 est aussi un fort avantage pour l’obtention des visas, encore une fois pour le fait que le M1 ne corresponde à aucun diplôme, et que certains pays requièrent un niveau plus haut que la licence (la Chine notamment comme tu mentionnes concernant le DAEFLE).