Bilans, Hongrie

Un an comme professeur de FLE en Hongrie

La Hongrie, c’est fini. Je tape ces mots dans l’avion qui me ramène à Paris mais je les publie plus tard, quand mon contrat est fini. Je n’avais jamais lancé de bonjour aussi franc au steward ni autant souri à l’annonce de la destination. Normalement, je pleure un peu en partant, j’ai le coeur serré et parfois atterrir à Roissy me fait mal, réentendre du français partout m’énerve et je redeviens la râleuse française que je suis au fond. 

Là c’est tout l’inverse. Je me suis retournée en quittant mon appartement, c’est tout. Les adieux ont été plus ou moins francs, plus ou moins honnêtes, plus ou moins… nécessaires. C’est terminé et j’espère vraiment ne plus jamais avoir à vivre une année pareille.

Pourquoi Budapest ?

Reposons les bases. Je suis donc partie enseigner le français en Hongrie, au sein d’une fondation. Il y a vingt postes dans tout le pays, dans des contextes divers : lycées publics, lycées bilingues, universités.

J’avais choisi de venir en Hongrie pour plusieurs raisons : après avoir enchaîné une année au Canada et une autre en Australie, je voulais me rapprocher de la France. C’est trop difficile de ne voir ses amis qu’une fois par an, deux heures comptant, entre un déjeuner et un thé. Je voulais également savoir si je pouvais relever le challenge d’enseigner à des étudiants dont je ne parle pas la langue. Cela m’était déjà brièvement arrivé, quand j’avais travaillé dans une école asiatique près du quartier d’Opéra, mais je ne faisais que quelques ateliers et je débutais dans l’enseignement. Après cinq ans en pays anglophones, j’avais besoin de redynamiser ma façon de travailler. J’avais demandé un poste en école bilingue, car les élèves y sont plus motivés et plus doués en langues. On m’a alors proposé le sud de la Hongrie. Après avoir vécu deux ans à Jersey et à Brandon, Manitoba, ville de 40,000 habitants, j’ai donné niveau petites villes. Je voulais Budapest ou rien.

Les conditions

J’ai donc été placée dans trois collèges-lycées publics hongrois. J’ai tout de suite discuté avec la fille que j’allais remplacer et son bilan était idyllique. Elle m’a décrit un appartement spacieux et bien équipé, des élèves talentueux, une ville dynamique et vivante. Tout ceci est très subjectif. Elle n’a pas mentionné les problèmes, réels ou nouveaux, inhérents à la vétusté de l’appartement, au système scolaire lui-même, aux gens ici. J’avais des doutes, j’avais peur de m’ennuyer, de ne pas m’épanouir dans un cadre aussi fermé qu’un collège avec des élèves pas motivés. La question de l’argent s’est aussi posée.

Le salaire est de 300 euros mensuels pour 17h de cours hebdomadaires, sachant qu’une heure en Hongrie représente 45 minutes. Je pensais que ça irait. Mais non. Il est impossible d’évaluer le coût de la vie dans un pays avant d’y avoir mis les pieds. Le logement ainsi que les charges et la carte de transport sont payés par diverses institutions. Il y a donc 300 euros pour manger, téléphoner, sortir, se cultiver, se vêtir, s’amuser, et éventuellement voyager. Tout dépend du niveau de vie et de la qualité que l’on souhaite mais ce n’est pas assez. Certes, c’est le seuil de pauvreté hongrois pour des gens qui ont bien moins que nous. Mais en venant de pays occidentaux, diplômés d’un master, c’est trop peu. D’ailleurs, tous les enseignants touchent le même salaire, peu importe le nombre d’heures de cours qu’ils donnent. C’est complètement injuste quand vos 17h vous rapportent autant que quelqu’un qui n’en fait que 4. Ça a été une année de précarité, un achat un peu important à 50 euros devient tout de suite un-sixième de salaire, c’est énorme. Il est possible de compléter un peu mais les gens sont pauvres, ils n’ont pas les moyens de se payer des cours particuliers et les écoles de langue demandent un statut de freelance complètement inintéressant. Mes voyages ont été réalisés avec mes économies, puisqu’il faut plus de trois cents forints pour faire un euro, la monnaie hongroise ne permet pas vraiment de sortir de Hongrie.

Budapest Parlement Danube


Le travail à l’école

Sans écouter les mises en garde, j’y suis allée. Et je n’aurais pas dû accepter. J’ai été sur un poste d’assistante de langue dans environ la moitié de mes heures de cours. C’est-à-dire que le prof titulaire de la classe me disait quoi faire, restait dans les parages, me demandait de traiter telle double page, tel point de grammaire, tel exercice de traduction (sans parler hongrois, super). J’écrivais la date au tableau et appuyais sur le bouton play du magnétophone. Certains élèves n’ont presque jamais entendu le son de ma voix, le prof hongrois faisant tout. Je ne m’étais plus autant ennuyée depuis des années, alors que c’était ma sixième année d’enseignement.

L’autre moitié du temps, j’étais la prof, je faisais ce que je voulais, de préférence dans le but de leur faire travailler l’oral, l’écoute et la production. Je me suis heurtée à d’autres difficultés : le manque total d’équipements – quota de photocopies, imprimantes souvent en panne, salles parfois sans tableaux, deux heures sur dix-sept avec accès à des ordinateurs – et des inadéquations pédagogiques. Le français était leur deuxième langue, le niveau était très faible. J’aime beaucoup les débutants, c’est mon public préféré, mais ça empêchait toute interaction avec les élèves. Pour avoir un rapport plus amical avec eux, il fallait parler anglais… ou hongrois. Et de toutes façons, en ne voyant les élèves qu’une fois par semaine, il est presque impossible de tisser des liens avec eux. Pareil au quotidien, la barrière de la langue et de la culture est insurmontable. Malgré des interactions de base en hongrois, les gens sont froids, borderline impolis. On m’a ignorée de nombreuses fois quand je posais une question, servie n’importe comment, crié ou râlé dessus ouvertement. Quand je décrochais mon téléphone au milieu du supermarché, tout le monde autour se retournait d’un bloc pour vérifier qui était l’étrangère. Ils ont plusieurs fois refusé de me vendre des trucs pour cette même raison. Racisme ordinaire.

Au sein des écoles, je n’ai pas du tout été intégrée. Les professeurs de français me parlaient, mais même pas tous, et les autres ne m’adressaient pas la parole. Chaque enseignant est censé avoir un B2 en langue, et entre le hongrois, l’anglais, l’allemand, l’espagnol et l’italien, je suis capable de discuter assez pour tenir une conversation polie basique. Pas eux. Je n’ai été que dédaignée toute l’année, quand je ne me suis pas pris des portes à la figure (authentique).

Donc, après une demi-journée à l’école sans réelle interaction, à monologuer avec moi-même et ruminer dans la salle des profs, je rentrais chez moi. Sans n’avoir rien à faire. Je n’ai pas réussi à trouver de cours de sport à la fois abordables et à des horaires qui me convenaient. Car je commençais l’école entre 7h15 et 8h tous les jours. L’après-midi, je n’avais pas cours, mais j’étais épuisée par ce rythme qui ne me convenait pas du tout. Ça, c’est personnel, certains plus matinaux n’en souffriront pas. Il y a assez peu de films en version originale à Budapest, et pour plusieurs raisons je n’ai pas réussi à avoir une vie sociale digne de ce nom – l’argent a été une de ces causes. Il y a un peu de culture, mais assez onéreuse, et bien que les profs aient la gratuité de la culture en Hongrie, notre statut n’est pas reconnu et nous devons payer. J’ai préféré utiliser mes salaires pour payer des voyages plutôt que des bières.

Seule, dépitée, désoeuvrée. J’ai mangé pour compenser et ai pris une dizaine de kilos. J’ai regardé des dizaines de séries télé et j’ai lu aussi, enfermée chez moi la plupart du temps, coincée dans une routine maison – école – maison.

Les points positifs, quand même

Mais j’ai beaucoup voyagé, premier point positif de cette année. Je voulais utiliser Budapest comme base pour bouger dans tous ces pays où je n’étais jamais allée. Mission accomplie : je suis allée à Cracovie, Vienne, Bratislava, Athènes, Berlin, Prague, Belgrade, Florence, Bologne, Milan et je suis rentrée à Paris lors des vacances de Noël. J’ai aussi pris le temps de voir la Hongrie, sortir de la capitale. J’ai parcouru Budapest dans tous les sens, Szentendre, Visegrad, Miskolc et ses thermes dans des grottes, Lillafured, Debrecen, le petit village d’origine de mon amie hongroise, et Eger. Je ne suis pas allée ni à l’est ni au sud.

En Hongrie, il y a les thermes, autre aspect positif de mon année. J’ai pu y passer des heures, dans chaque ville, et refaire le monde en bonne compagnie. J’ai aimé les viennoiseries aussi, j’ai rencontré des personnes vraiment attachantes que je reverrai ici ou là car le FLE est un petit monde et surtout j’ai pu passer du temps avec ma famille et mes amies. Vous, les copines avec qui on ne fait que se croiser, on a enfin pu découvrir un autre quotidien, voir ma ville et ma vie après avoir habité si loin, manger des gâteaux et des trucs hongrois alors que vous preniez l’air poli pour écouter mes leçons d’histoire/civi/linguistique hongroise parce que je ne sais pas ne pas être prof dans la vie quotidienne aussi. Merci ♥︎

Partir ou rester ?

J’ai pensé à démissionner fin janvier. L’hiver ne finissait pas, je ne voyais aucune évolution de la situation, perso comme pro. Je m’ennuyais à l’école, ne rencontrais pas de nouvelles personnes, m’enfonçais dans les affres de la routine et de la solitude. Je ne l’ai pas fait. Je n’aime pas abandonner tout d’abord, j’aime mener les choses à leur terme afin de corriger et améliorer ce qui est possible avant de renoncer. Ensuite, je ne voulais pas laisser tomber les élèves, qui presque tous ne m’ont rien fait et ont été adorables toute l’année. Enfin, je ne voulais pas annoncer à chacune de ces amies ravies de venir hé désolée je pars tu perds l’argent de ton billet d’avion. Moi aussi je me réfugiais dans l’achat compulsifs de billets, je partais une fois par mois au minimum, et je ne voulais pas perdre tout ça. C’est trivial mais cela a compté. À tort ou à raison, je ne sais pas.

Les derniers jours, la situation a explosé et chaque collègue un par un est venu m’expliquer ce que j’avais échoué cette année et quelles erreurs j’avais commises (on est d’accord que c’est moyennement poli ?). Pour certains, c’était de ne pas parler hongrois – alors que si, je me débrouille, mais je me voyais mal faire irruption au milieu des conversations de salle des profs pour me vanter de mes compétences linguistiques –  pour d’autres, c’était mon côté solitaire, mon manque total de communication et mon renfermement (sic.) mais ma raison préférée est digne du XIXe siècle : si j’ai passé une mauvaise année, c’est parce que je n’ai pas de petit ami. Tout s’explique.

L’année a été vraiment difficile. J’en sors meurtrie, j’ai perdu confiance en moi sur plusieurs plans, j’ai presque frôlé la dépression plusieurs fois. Ça ne m’a pas plu. Et même si certaines raisons sont purement personnelles et que c’était une histoire de personnalité, d’autres sont pourtant objectives. C’est un abus du FLE que de payer des diplômés – encore plus s’ils sont expérimentés – 300 euros en les plaçant sur des postes inintéressants sans veiller à leur intégration linguistique et culturelle dans un pays pas si loin mais pourtant très différent. Si vous lisez ceci parce que vous allez vivre en Hongrie ou comptez postuler, vous pouvez me contacter mais sachez que je vous le déconseille fortement. Mais si au contraire vous n’êtes pas d’accord avec ce que je raconte et avez aussi d’autres excellentes raisons pour expliquer cet échec, vous pouvez vous en priver, j’ai bien assez de regrets sans qu’on vienne me refaire la morale.

J’ai retenu la leçon, je sais ce qui me convient et ne me convient pas. Si vous avez vécu un dilemme un peu semblable, racontez-moi ! Vous avez tenu jusqu’au bout ou êtes parti avant ? Il n’y a pas une solution miracle et je suppose que seuls les bons souvenirs resteront mais… je veux mettre tout cela derrière moi.

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46 Commentaires

  • Répondre Isa

    Wow… Effectivement, quelle année difficile… J’ai peur qu’il te faille un moment pour te remettre ! Mais dès que tu seras devant de nouveaux petits élèves canadiens, je suis sûre que ça ira mieux 😉 Tu as eu du cran de ne pas démissionner. Après une expérience malheureuse comme la tienne (pas en FLE, cependant), je me suis jurée de ne pas persévérer : la santé c’est trop important. La prochaine fois, je démissionnerai !

    4 juillet 2016 à 8h35
    • Répondre Kenza

      Ca va déjà mieux maintenant, avec des petits élèves internationaux et des collègues géniaux ! C’est vrai que le dilemme travail ou santé ne devrait même pas se poser…

      10 juillet 2016 à 13h13
  • Répondre Marion

    Et beh dis donc… j’avais hate de lire ton bilan, et je dois dire que je suis vraiment scotchée… que ce soit concernant ton poste mais aussi les remarques qu’on a pu te faire, et j’en passe… comme tu dis dans ta conclusion: mets tout ça derrière toi 😉 et puis le Canada arrive bientôt!!!

    4 juillet 2016 à 8h46
    • Répondre Kenza

      Je commence déjà à oublier un peu, « reconstruire » même si le mot paraît un peu exagéré l’idée est bien là. Du coup si tu as des camarades fleutistes qui veulent aller en Hongrie, je compte sur toi pour leur faire lire ça !

      10 juillet 2016 à 13h17
  • Répondre ifeelblue

    punaise mais tes collègues qui sont venus t’enfoncer, j’en reviens pas qu’on ose faire ça! vous vous étiez ouvertement pris la tête pour qu’ils te balancent ces trucs, ou alors spontanément ils ont cru bon de venir te faire la morale? ça me sidère en tout cas!

    4 juillet 2016 à 9h28
    • Répondre Kenza

      Non, non, c’était spontané, lors des derniers jours… gratuit. Je ne me suis pris la tête qu’avec ma tutrice quand on lui a fait lire mon bilan supposé confidentiel où je critiquais ses méthodes de travail.

      10 juillet 2016 à 13h18
  • Répondre Revan

    Donc pour eux, qui savaient que tu ne parlais pas hongrois à ton arrivée, c’est toi qui aurais dû faire davantage d’efforts pour sociabiliser avec des gens suffisamment peu curieux pour ne même pas t’adresser la parole ? C’est grotesque !

    S’ils étaient tant attachés à la communication, ils auraient tenté de discuter avec toi en mélangeant vos aptitudes respectives en langue étrangère >___> Ah que c’est pénible ce type de personnes.

    J’espère que le Canada te fera vite oublier cette mésaventure et qu’en attendant tu pourras profiter de vacances amplement méritées !

    4 juillet 2016 à 9h33
    • Répondre Kenza

      Merci beaucoup Revan ! j’avais un peu peur de me victimiser mais effectivement, d’un point de vue complètement objectif, il y a des trucs aberrants dans cette histoire…

      10 juillet 2016 à 13h18
  • Répondre LadySo

    Aie aie, pas facile cette année effectivement. En plus, avec ce que tu nous dis, les reproches sont quand même à faire de leur côté, pas tellement du tien. Forcément qu’en un an, tu as appris le Hongrois. Et puis, comment veulent-ils que tu nous des liens si eux-même ne t’ont jamais vraiment laisser la chance de le faire?
    En tout cas, c’est certes une mauvaise expérience, mais il faut voir le bon côté des choses : Ça t’a permis d’en apprendre un peu plus sur toi. Tu sais mieux ce qui te convient et ce qui ne te convient pas. Si mes souvenirs sont bons, ton bilan en Australie était assez mitigé déjà, bien que largement mieux que Budapest du coup. En tout cas, le Canada revient à très très grand pas, tu vas pouvoir te poser, te retrouver !

    Et tu as des potes exceptionnel. Je suis en Irlande depuis 2 ans, donc finalement, encore plus près de la France que toi quand tu était à Budapest, et avant j’étais même à Londres….et il n’y a que mes parents qui sont venus me voir. C’est sans doute pour ça que je commence à être attirée par le Canada aussi, les seules vrais attachent que j’ai en France sont mes parents, et je les sais tout à fait capable de venir me voir si je devais aller au Canada (enfin, si je devais y aller, ça ne serait pas tout de suite. Le chéri est un Portugais de 33 ans, il ne peut pas prétendre au PVT ¯\_(ツ)_/¯)

    4 juillet 2016 à 9h34
    • Répondre Frenchie au Canada

      @LadySo, je me permets de te repondre. Pour le Canada il y a moyen d’avoir un visa travail pour l’epoux ou le conjoint de fait d’une personne qui fait un PVT. C’est peut-etre une piste pour vous deux 🙂

      4 juillet 2016 à 16h29
      • Répondre LadySo

        Ouh, je prend note !! Il faut que je regarde ça de plus près. Merci 🙂

        6 juillet 2016 à 8h38
        • Répondre Aurélie

          et puis il me semble que les PVT canada sont jusqu’à 35 ans non ?

          6 juillet 2016 à 16h05
          • LadySo

            Ça dépend des pays en fait. J’ai vu que pour certains pays, c’était 30 ans la limite. Pour le Canada, c’est bien 35 pour les Français.

            9 juillet 2016 à 20h11
      • Répondre Isa

        Hello !
        Plus d’infos ici (ce n’est pas simple à obtenir 🙁 ) : http://pvtistes.net/permis-de-travail-ouvert-conjoint-de-fait-canada/

        6 juillet 2016 à 8h44
        • Répondre LadySo

          Oh merci :3. C’est trop gentil. Je vais garder ce lien précieusement :). Merci merci !!

          9 juillet 2016 à 20h11
    • Répondre Kenza

      C’est triste, l’Irlande c’est pas loin, il y a plein de vols pas chers… ça permet de se rapprocher de voir ses amis sous un autre jour, dans leur quotidien, en plus de l’aspect pratique « vacances pas chères logement fourni ». C’est dommage 🙁

      Mais je me suis fait la même remarque, en fait l’Australie était super cool à côté de la Hongrie ! il est temps de prendre une pause.

      10 juillet 2016 à 13h21
  • Répondre Eleanor

    Quel courage tu as eu de ne pas abandonner au milieu de l’année, vraiment ! Tu peux en être fière, oui, parce que je pense que ça montre que tu es une fille bien, sérieuse, et sacrément déterminée et courageuse. Je suis très choquée par ce que tu racontes sur tes collègues et leur attitude à la fin de l’année notamment. Surtout, de quel droit se permettent-ils de formuler des jugements sur ton travail, ou pire, de parler de ta vie privée ? C’est lamentable…

    TU sais, ce que tu racontes sur l’isolement quand on ne parle pas la langue du pays, ça me parle tellement ! Ce n’est pas facile de se retrouver dans un environnement dont on ne parle pas la langue, surtout quand tu sens que les personnes autour de toi ne font pas d’efforts pour essayer de te comprendre quand tu arrives à sortir quelques mots / phrases…

    Profite de cet été en France et des prochains mois pour te remettre de cette expérience, et le meilleur reste à venir 😉
    Bises <3

    4 juillet 2016 à 9h40
    • Répondre Kenza

      Merci beaucoup ! Je ne sais pas si c’est du courage, ça peut aussi être vu comme une forme de lâcheté finalement, mais j’estimais que les élèves qui eux ne m’avaient rien fait et avaient un comportement acceptable (d’ados !) ne méritaient pas une désertion. Courage pour la langue, j’espère que ça va s’améliorer cette année pour toi ! bisous

      6 août 2016 à 10h18
  • Répondre Mariel

    La vache! sacrée année! Tu mérites mieux que ca!
    tu es une survivor, le meilleur est pour demain 🙂

    4 juillet 2016 à 10h14
  • Répondre Pomdepin

    Tu peux aussi être fière de toi parce que tu as tenu, tu n’as pas abandonnée, et tu en as appris sur toi, comme tu dis, tu sais ce qui te convient ou pas maintenant. Et puis c’est fini!!!
    Xxx

    4 juillet 2016 à 10h35
    • Répondre Kenza

      C’est un soulagement. Il y a encore des petites « séquelles » mais qui commencent à passer. J’espère seulement que les futurs postulants tomberont ici et réfléchiront à deux fois…

      6 août 2016 à 10h19
  • Répondre travelligpetitpain

    Wow! Quel article!
    Je me doutais que ça n’allait pas tip top en Hongrie mais n’avait pas idée de tout ce que cela impliqué.
    Je suis sincèrement désolée que ton année ne se soit pas passée comme prévue. Tu as eu beaucoup de courage de continuer malgré tout, pas mal de gens auraient jeté l’éponge, moi la première (j’ai d’ailleurs quitté mon poste en janvier quand toi aussi tu avais des doutes). 300€ pour un prof diplômée, c’est honteux… et venir te faire des réflexions sur ta vie perso l’est tout autant!

    ça peut paraître bête, mais je pense que du négatif sort toujours du positif. Peut-être pas dans l’immédiat, mais cette expérience te servira plus tard, j’en suis sûre.

    Je te souhaite de bien profiter des vacances d’été en France et félicitations encore pour ton PVT au Canada 🙂

    4 juillet 2016 à 10h56
    • Répondre Kenza

      Merci d’avoir partagé ton ressenti aussi… c’est vraiment la grosse question, aurait-il fallu partir ou rester. Mais il n’est plus temps de se la poser 🙂

      6 août 2016 à 10h21
  • Répondre platinegirl

    J’ai envie d’applaudir car j’ai l’impression que tu viens de faire et gagner ta propre version de Koh Lanta, vu les obstacles que tu as du franchir au quotidien. Bravo, je suis ravie de savoir que cette expérience t’aura permis de comprendre encore mieux ce qui te convient… et de te battre pour l’obtenir.

    4 juillet 2016 à 11h05
    • Répondre Kenza

      On rigolait souvent avec mes copains en disant qu’on vivait Koh Lanta justement 😀 ponctué de Pékin Express quand on finissait le mois avec quelques centimes… !

      6 août 2016 à 10h21
  • Répondre Tamia

    Tu as eu une année difficile effectivement ! Ton bilan me laisse bouche bée ! Je comprends ton envie d’aller jusqu’au bout et de ne pas mettre en difficulté financière tes amis qui avaient planifier leur venue, mais tu as eu du courage de rester… Comme tu le dis, c’est derrière toi. Prends le temps de reconstruire ta confiance en toi avec des expériences plus positives.

    4 juillet 2016 à 11h30
  • Répondre Lucie

    Le coup des collègues qui viennent t’expliquer un par un pourquoi ça n’a pas marché, c’est quand même fort. J’ai jamais vu ça. En même temps, on ne peut pas s’attendre à ce qu’un étranger parle couramment hongrois – anglais oui mais pas hongrois. Et puis tu as quand même fait l’effort de l’apprendre cette langue difficile.

    A l’époque où j’étais en Roumanie, j’avais eu cette impression que certains hongrois se croyaient supérieurs (il y a une grande communauté hongroise en Roumanie), un peu en mode « nan mais l’Empire Austro-Hongrois c’était quand même cool et on est mieux que les roumains et mieux que tout le monde en fait ». Je bossais avec une roumaine « de nationalité » mais d’origine hongroise qui ne voulait que parler hongrois et se croyait en Hongrie en Transylvanie. Elle me parlait quand même, j’imagine parce que j’étais française. La plupart (pas tous non plus) des hongrois rencontrés en Roumanie étaient comme elle mais j’ai mis ça sur le compte du « pas de bol, je tombe sur les mauvais » plutôt que sur le manque d’ouverture d’esprit. Du coup ton retour d’expérience me laisse penser que j’ai été un peu naïve à l’époque. Désolée de voir que ça a été une mauvaise expérience à ce point…

    4 juillet 2016 à 12h34
  • Répondre Ophélie G.

    Sacrée aventure que tu as vécu cette année. Tes collègues ont été d’une impolitesse incroyable en venant te parler de ce que tu avais mal fait, surtout en fin d’année, quand tu ne peux plus rien faire. Mais tu ne leur dois rien. C’est fini maintenant, et tu vas vite tourner la page sur quelque chose de bien plus positif. Je pense que ce que tu dois retenir de tout ça, c’est que maintenant que tu as vécu le pire, tout ne peut qu’être mieux, non ? xx

    4 juillet 2016 à 12h52
  • Répondre Cécile

    Les profs ont attendu la fin de l’année pour te faire des reproches ? Pas très pédagogique.
    Ça a été une année rude mais il y a quelques trucs positifs, alors ne garde que ça en tête !
    J’espère que tes deux années au Canada seront plus sereines et intéressantes professionnellement !

    4 juillet 2016 à 13h53
  • Répondre carrie4myself

    Je suis sidérée du peu de consideration.
    Et je reste tres étonnée, vu que me semis hongrois, vivant en GB, sont hyper ouverts, sympas etc.
    Mais c’est le passe! Look for a brighter future 🙂

    4 juillet 2016 à 15h31
  • Répondre Frenchie au Canada

    Je suis désolée que ça se soit aussi mal passé. J’ai vécu une expérience similaire à une époque mais finalement les choses se sont arrangées. En tout cas tu as plein de supporter avec tes lecteurs 😉
    Profite de tes vacances pour prendre soin de toi, et vivement le Canada alors 😉

    4 juillet 2016 à 16h32
  • Répondre Nina

    Je suis tellement contente que tu puisses passer a autre chose maintenant. Tout ne peut qu aller bien apres cette experience horrible. Tes ex collegues sont horribles, j en reviens pas de lire ca.

    Je te souhaite plein de jolies choses pour cet ete et pour la suite. Tu es vachement courageuse Kenza <3

    4 juillet 2016 à 17h15
  • Répondre lolli15

    Le salaire est une honte je suis choquée !! Et je suis heureuse que tu sois rentrée en France tu vas pouvoir tourner la page et passer à autre chose qui sera forcément mieux. Bises

    4 juillet 2016 à 18h30
  • Répondre Wala

    J’ai super mal au cœur pour toi, ça a dû être une année horrible et c’est un miracle que tu n’aies pas sombré dans la dépression. Je comprends ce que tu as pu ressentir dans certaines situations, je reconnais un peu Prague à certains niveaux (les gens exécrables ou qui te traitent comme un phénomène de foire). Ta joie de quitter Budapest est tout à fait compréhensible. Au moins la prochaine étape ne peut que mieux se passer, tu vas savourer le Canada d’autant plus! Le cauchemar est derrière toi!

    4 juillet 2016 à 22h14
  • Répondre L.

    J’ai lu avec beaucoup de tristesse ce bilan à Budapest et je ne peux que te féliciter moi aussi pour ton courage et ta persévérance. Je reste sans voix face à la réaction de tes « collègues »…
    Je te souhaite que le meilleur pour ton retour au Canada !

    5 juillet 2016 à 21h43
  • Répondre Aurélie

    Idem, scotchée par tes collègues, j’espère que tu les as envoyé bouler… C’est dingue ça. Je suis sûre qu’avec le temps tu ne garderas que le meilleur de cette expérience, en attendant profite bien de la perspective du Canada ! 🙂
    De mon côté j’avoue que tes articles sur la Hongrie ont augmenté mon envie d’aller découvrir ce pays, vraiment pas pour y bosser mais en tant que touriste… En 2017 peut-être ?

    6 juillet 2016 à 16h07
  • Répondre Audreycologne

    Sacré année! Ça me rappelle mon année d’assistante de français, pareil, le fait d’être célibataire avait soi-disant était un point négatif … Courage, tu en ressortiras plus forte de cette expérience 🙂

    6 juillet 2016 à 20h13
  • Répondre mademoiselle a

    Desole que tu es passee une annee si catastrophique. Je n’imagine pas comment tu as resiste a tout ca.j’espere que les nouveaux plans se passeront mieux.

    7 juillet 2016 à 17h49
  • Répondre Few Miles Away

    Et beh. Tu as eu beaucoup de courage (et un gros mental) pour tenir autant de temps dans cette situation.
    Être dans un pays ou on ne parle pas la langue c’est déjà vraiment difficile, mais avec tout le reste en plus quelle galère. Tu as envoyé chier tes collègues avec leurs remarques à la con ?
    Profites de ton passage dans notre douce France pour te remettre de tes péripéties avec de bons petits plats et une bonne bouteille de vin… et surtout de tes amis/ta famille !
    Hâte de voir ton expérience future au Canada… 🙂

    24 juillet 2016 à 0h27
  • Répondre Elisa

    Révoltant, injuste et j’imagine, décourageant. Je t’envoie plein de courage et d’énergie pour te remettre de tout ça. Garde confiance en toi, tu as l’air d’être une personne forte et brillante. Je te souhaite plein de réussite pour l’année qui arrive 🙂

    2 août 2016 à 2h53
  • Répondre Cécile

    Salut Kenza! Cela fait un moment que je n’étais pas passée par ton blog!
    Il arrive parfois d’avoir des expériences moins bonnes que d’autres, surtout quand on a déjà eu de bonnes expériences et qu’on sait que c’est possible 🙂
    Tu as fait ce que tu devais faire de ton côté, le reste ne dépend pas de toi. Tu as fait ton année, tu as enseigné et c’était ça le but pour les enfants. Dans ce genre de situation il faut laisser faire le temps pour ne penser qu’au positif mais immédiatement mettre en avant ce que t’a permis cette année, et tu l’as très bien fait dans ton article. Chacun a ses raisons et toute expérience est constructrice, la preuve, j’ai cru voir que tu repars au Canada 🙂
    Bon courage!

    4 août 2016 à 14h14
  • Répondre Miryam

    Salut Kenza!
    Je suis désolée de lire tout ce qui t’es arrivé. C’est vraiment triste.
    Je pars en Autriche dans quelques semaines comme assistante de français, à Linz, avec le CIEP, et dans deux établissements.
    Ce n’est pas la Hongrie, mais je dois avouer que j’appréhende pas mal.
    Par contre, je confirme absolument la précarité du FLE. J’ai différents ami(e)s dans différents coins d’Europe qui me disent à quel point ce n’est pas évident. Je te tire mon chapeau pour avoir vécue ce que tu as vécue en Hongrie, personnellement je n’aurais pas pu supporter … Bonne chance pour la suite ! Et si jamais tu as des conseils pour moi, je suis preneuse !
    À très vite ! 🙂

    15 août 2016 à 19h53
  • Répondre Amandine

    Salut Kenza 🙂

    J’ai lu ton article et je suis désolée que ça se soit si mal passé :/ Je te confirme que tes collègues n’ont vraiment pas été sympas ! Mais c’est super que tu aies pu rebondir grâce au PVT et que tu puisses retourner au Manitoba 🙂 Et c’est tout à ton honneur d’être allée jusqu’au bout ! Pour ma part j’ai eu une très mauvaise expérience en tant que fille au pair en Italie il y a un peu plus de 5 ans, et j’ai décidé de partir au bout de deux mois alors que je devais rester 10 mois, parce que je sentais que ça n’était plus tenable, tant pour moi que pour la famille. Comme tes collègues, la mère de la famille m’a dit que c’était ma faute si ça n’avait pas fonctionné, et en plus elle a ajouté que je ne serais jamais capable de garder un travail… Enfin l’essentiel c’est que tout ça soit terminé maintenant 🙂

    8 février 2017 à 0h08
  • Répondre Eléonore

    Je te comprends, j’ai fait mon stage de FLE à Budapest mais dans une section bilingue. L’atmosphère était un peu mieux que ce que tu as vécu mais moi ça a été beaucoup plus court. Ils m’ont quand même payé un peu mais juste de quoi rembourser ma carte mensuelle de transport. Ils m’ont ensuite proposé un pose qui n’était pas à Budapest et pareil, avec ce salaire je savais que ça allait me bloquer dans le pays et j’ai refusé.

    30 juin 2017 à 20h31
    • Répondre Kenza

      Tu as bien fait de refuser ! je suis contente de voir que nous sommes beaucoup de « survivants » de la Hongrie !

      2 juillet 2017 à 18h52

    Un petit mot ?

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