Prof de FLE : les aspects négatifs

Aujourd’hui, j’ai reçu deux mails me demandant des conseils pour devenir prof de FLE et j’ai passé professionnellement une mauvaise journée. Donc, même si j’ai quand même l’impression d’être franche ici et d’évoquer tous les côtés du métier, je crois qu’il est temps d’insister longuement sur les aspects négatifs que rencontre un prof de FLE dans son choix de sa carrière : la précarité, les salaires et toutes les autres contraintes auxquelles on ne pense pas forcément.

Prof de FLE : les aspects négatifs.

On va commencer par ma situation personnelle : je rêve de retourner au Canada, vous le savez. Mais je ne peux pas. Parce que le Canada pratique l’immigration choisie : pour qu’une entreprise puisse embaucher un travailleur étranger, il leur faut prouver que personne sur leur sol ne fait l’affaire et ne peut effectuer ce travail. C’est le système qui est utilisé dans la plupart des pays anglo-saxons et certains autres, en Australie, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, au Brésil. Sauf qu’au Canada, il y a les Québécois qui peuvent donc enseigner le français, d’accord, c’est normal. Mais comme dans tous les autres pays du monde, il y a des tas de Français qui sont déjà sur place pour x ou y raisons et qui sont titulaires de l’autorisation de travailler légalement et de vivre dans ce pays. Donc vous, qui avez tous vos diplômes et êtes enseignant de métier, vous ne pourrez jamais trouver du travail à distance car les écoles, qu’elle soient publiques ou privées, pour adultes ou de l’éducation nationale locale, préféreront embaucher quelqu’un de disponible et déjà présent, même sans qualifications sous prétexte qu’il parle la langue et que ça leur évite coûts et paperasse. Bien sûr je généralise et il y a des exceptions. Mais soyez conscients qu’une partie de la planète vous est interdite d’accès et les offres d’emploi le précisent : Toronto, Chicago, Sydney, New York, Rio… vous devez déjà être titulaire d’un permis de travail, de la résidence permanente ou de la carte verte est écrit noir sur blanc sur les annonces.

Mettons qu’une école accepte de sponsoriser votre visa de travail ou bien que vous décrochiez un emploi sur un permis vacances-travail comme ça avait été mon cas en Australie. Tout est à vos frais : le coût du visa, les visites médicales (oui car ces pays protègent leur habitants… en Australie par exemple il n’y a pas de tuberculose et tous ceux qui déclarent qu’ils travailleront avec des enfants doivent passer une radio des poumons, c’est pareil au Canada pour pouvoir travailler auprès d’enfants, la visite entièrement à votre charge coûte 220), le billet d’avion, l’assurance santé car en général vous ne pouvez pas cotiser à la sécurité sociale de votre pays d’accueil, vos frais de logement, caution et premier loyers, des meubles parfois, vos titres de transports… Pour mon départ à Melbourne, j’en étais à $300 de visa, 500€ de billets d’avion pour un aller simple, 50€ de radio, environ 350€ pour un an d’assurance-santé, $1200 pour mon logement (premier loyer + caution) qui était plus que bon marché et j’ai eu la chance de faire du couchsurfing, donc être logée gratuitement à mon arrivée. Ça signifie donc qu’avant d’accepter une mission, il faut être capable de la financer…

D’ailleurs, trouver des missions se fait de plus en plus difficile. D’après les chiffres que j’ai pu lire sur Internet, 60 à 70% des offres d’emploi ne sont jamais publiées sur les quelques sites officiels qu’on consulte tous. Ces offres sont diffusées par piston, par réseau, on obtient un job par candidature spontanée, en étant au bon endroit au bon moment, parce qu’on connaît quelqu’un. Moi, j’ai eu deux de mes postes via un programme d’échange (le Canada par le CIEP et la Hongrie par la Fondation franco-hongroise), trois sur fle.fr et un par recommandation.

Mais vous avez réussi, ça y est, vous êtes parti. Vous arrivez dans votre nouveau pays, vous êtes super content, vous découvrez un nouveau système éducatif, rencontrez plein de monde, avez des étudiants gentils et motivés. En général, vous allez être payé à l’heure travaillée. Si vous êtes malade et que vous ne faites pas votre cours, vous ne toucherez rien. Si votre établissement est ouvert tout le temps, prendre des vacances équivaut à perdre en salaire. Pas de sécurité sociale, pas de cotisations retraites, pas de congés payés. Si l’école ferme pour Noël, vous ne gagnez rien. En plus, si c’est un gros établissement, il va y avoir extrêmement de concurrence entre les profs. Ceux qui ont un master regarderont d’un mauvais oeil ceux qui n’ont aucune qualification (dans certains endroits, les salaires sont ajustés selon les diplômes et le niveau d’expérience, mais ce n’est pas toujours le cas) et tous se jalouseront. Pourquoi certains ont plein de cours particuliers et d’autres aucun ? Pourquoi machin a une nouvelle classe à chaque session ? Pourquoi après la fermeture de ma classe je n’en récupère pas une nouvelle ? C’est un ballet arbitraire. Vous ne saurez pas pourquoi vous n’avez que 4h de cours par semaine alors que ce collègue en a 12h. Être payé à l’heure, ça veut dire qu’il faut donner un certain nombre de cours pour gagner décemment sa vie. Si cette école ne vous donne que quatre heures, il va falloir que vous alliez démarcher ailleurs et fassiez partie de l’équipe enseignante de deux, trois voire quatre écoles en même temps, sans compter les éventuels cours particuliers que vous donnerez sous le manteau.

Même si vous vous plaisez dans votre école, si vous êtes en visa temporaire, il est très rare de se voir offrir un poste permanent et un visa de séjour longue durée. C’est évidemment possible mais c’est loin d’être systématique. Donc à la fin du contrat, tout recommence à l’envers : vous rendez votre logement, vous faites les démarches de départ (payer vos impôts, parfois récupérer de l’argent, signaler aux les autorités locales que vous quittez le pays) et vous rentrez en France.

Prof de FLE les aspects négatifs

Vous avez un grand sourire en atterrissant à Roissy car vous pensez à toutes les bonnes choses que vous allez manger… et puis une fois le coma gustatif passé, il faut revenir à la réalité. Vous n’avez pas cotisé pour votre retraite pendant ce temps passé à l’étranger. Parfois vous revenez avec des économies, grâce à toutes ces heures travaillées, mais parfois non. Mais surtout, vous n’avez plus de sécurité sociale… Pour l’administration française, vous n’existez plus. J’ai la chance d’être toujours domiciliée chez mes parents, ce qui simplifie pas mal de procédures administratives. Mais cet été par exemple, j’ai dû me déclarer comme ayant-droit de ma mère car je ne pouvais pas récupérer la sécurité sociale. J’ai été sans couverture dans mon propre pays pendant un bon mois… avec la peur de me casser quelque chose, d’être malade (et je l’ai été, j’ai fait une intoxication alimentaire après mon vol de retour) et des risques encourus au quotidien. Pour se réinscrire à  la sécurité sociale, il faut travailler ou être demandeur d’emploi. Mais pour s’inscrire à Pole Emploi, il faut une sécu valide et vice versa. Vous pourrez vous inscrire après trois mois de carence d’ailleurs, donc vous serez sans sécurité sociale pendant tout ce temps, plus celui du traitement de votre demande d’ouverture de droits (cinq-six semaines).

Il y a du travail comme prof de FLE en France. Mais les conditions sont encore pires qu’à l’étranger. Les contrats saisonniers fleurissent : la plupart sont des CDD d’usage. Ça veut dire pas de prime de précarité, un salaire horaire, pas de remboursement partiel du titre de transport. Il y a des offres à 11€ brut de l’heure, avec expérience et master exigés. C’est tout simplement pathétique. Mais par contre, avant ou après l’été… il n’y a pas de travail dans le FLE en hiver et j’en fais les frais actuellement. Il y a quelques offres de bénévolat, d’accompagnement car on est autant prof qu’assistant social. Il faut enseigner aux gens le français, quand il ne s’agit pas d’alphabétisation – apprendre à lire et écrire – et après il faut les accompagner à la CAF, aux impôts, à la mairie. On est loin du cours devant les tableaux du Louvre ou au pied de la Tour Eiffel.

Les postes de FLE dans l’Éducation Nationale sont réservés aux titulaires des concours, en primaire comme en collège. Il existe une certification spéciale qui permet d’obtenir une mutation en classe d’accueil pour les élèves nouvellement arrivés qui ne parlent pas français, mais il n’y a pas assez de profs titulaires de cette certification et ce sont des profs lambda qui sont placés sur ces postes. Le prof de FLE dont c’est le métier n’y a pas accès. Certains choisissent donc de faire des remplacements de leur discipline de licence, alors qu’ils sont moins qualifiés à enseigner l’anglais ou les lettres que le FLE.

Si vous choisissez de repartir, vous repassez par les étapes de recherche, candidatures, réponses, préparations, arrivée pour quelques mois avant de devoir tout recommencer. Je vis actuellement ma cinquième expérience et j’en ai assez. J’en ai marre de repartir de zéro à chaque fois, de devoir faire des compromis pour trouver un poste qui me satisfasse, de ne pas gagner un salaire à la hauteur de mes compétences et expériences (300€ mensuels en ce moment), de répondre aux éternelles questions mais tu ne veux pas te poser ? parce que je n’ai pas la réponse. Je commence à me lasser de ne recevoir aucune considération, ni de la France, ni des pays où je travaille et de devoir faire de savants calculs pour équilibrer mes comptes.

Beaucoup se reconvertissent après quelques années de voyages. Certains parviennent à faire leur trou dans le pays qu’ils ont choisi, surtout en Europe où les contraintes de visa ne s’appliquent pas. Une autre solution est de passer l’équivalent du CAPES du pays voulu – après avoir avancé des sommes proches de dix milles livres au Royaume-Uni ou de trente mille dollars canadiens. Ou de rentrer en France et passer les concours si l’on souhaite toujours enseigner.

Je ne sais pas encore ce que je vais faire, je suis pleine de doutes pour l’an prochain… j’ai pour l’instant lancé le plan A, B, en attendant que le calendrier avance pour le plan C et place un retour en France à la lettre D. Je vous ferai part de mes avancées. Je m’excuse pour cet article coup de gueule mais qui avait besoin de sortir, et je m’excuse aussi si je vous vexe parce que vous êtes dans cette situation d’avoir été au bon endroit au bon moment. Si vous avez saisi l’opportunité mais avez aussi commencé à vous former via un master ou le DAEFLE afin d’assurer votre légitimité, je n’y vois aucun mal. Il n’y a pas non plus que des aspects négatifs, je ne voudrais pas changer de métier… seulement l’exercer dans de meilleures conditions.

Pour en lire un peu plus…
pourquoi il ne faut pas aller enseigner en Hongrie
une rubrique d’interviews de profs de FLE à travers le monde
un article sur chercher du travail
mon parcours complet 

65 Commentaires

  1. 29 janvier 2016 / 21h37

    Je croise les doigts pour que ton plan A marche .

    • 30 janvier 2016 / 9h01

      Merci Pomdepin ! le plan A du coeur c’est le PVT Canada, donc ce n’est pas du tout réaliste, mais j’y crois quand même un peu, il faut 🙂

    • Jesssie
      31 janvier 2016 / 10h27

      Bonjour Kenza,

      J’ai découvert ton blog récemment et je le trouve vraiment sympa, continue comme ça 😉
      Cet article est très intéressant, merci de l’avoir partagé dans le groupe des assistants. C’est vrai que sur papier c’est un peu le métier de rêve (entre enseignement, voyage et découverte de nouvelles cultures) mais on ne voit pas forcément ce côté parcours du combattant. J’espère que tu obtiendras ce que tu souhaites. Et au moins tu as une richesse que personne ne pourra t’enlever 😉
      Je suis moi même en train de considérer le FLE mais avec quelques réserves. J’ai fait une année d’assistanat à Londres et fini mon master recherche d’anglais (qui soit dit en passant ne me sert à rien) et je suis en année off pour perfectionner mon espagnol. J’ai postulé à des PGCE en Angleterre et PGDE en Ecosse (en espérant être prise quelque part) mais j’aimerais également beaucoup vivre dans d’autres pays, c’est pourquoi j’envisageais le FLE également. Je trouve que les diplômes français ne sont pas trop reconnus à l’étranger et c’est bien dommage..(je dois faire le PGCE mais mes amis espagnols n’en ont pas besoin car eux ils ont une équivalence avec leur master par exemple).
      Bon courage en tout cas 🙂

      • 1 février 2016 / 10h37

        Bienvenue Jessie ! n’hésite pas à t’abonner au blog pour lire la suite !
        Le PGCE est un sésame pour voyager aussi, puisqu’il y a des écoles britanniques partout dans le monde. Il te suffira d’attendre de gagner en expérience et en statut (finir ton NQT, etc) et tu pourras postuler librement où tu veux. A mon avis, les écoles sont même demandeuses de profs et offrent des packages avec billets d’avion, logement etc (un coup d’oeil sur TES le confirmerait !)

  2. 29 janvier 2016 / 23h23

    Dieu que cet article résonne en moi ! A mi-chemin dans le M2 FLE pour l’instant, et je suis très heureuse que mon université propose depuis cette année un partenariat avec des universités anglaises pour aller passer le PGCE là-bas, parce qu’au plus on avance dans le Master, au plus on entend parler les autres… Au plus on se dit que c’est impossible de juste survivre avec le Master FLE. (Et ça, les profs se taisent bien de nous le dire quand on débarque, évidemment !) Cette année, je cumule autant que possible les formations pour avoir pls d’une flèche à mon arc (et plus d’une ligne sur mon CV) pour avoir un profil un peu plus prometteur, mais les journées n’ont toujours que 24 heures et on sature très rapidement…

    Je te souhaite bon courage, en tous cas !

    • 30 janvier 2016 / 9h03

      Je suis contente que cet article t’ait sortir de l’anonymat ! je voulais toucher justement les étudiants et les gens qui souhaitent se reconvertir, je reçois énormément de mails chaque semaine.
      Tu as raison de cumuler formation et expériences, c’est ce qui me permet de me distinguer des nombreux autres candidats. Et au fond je suppose aussi que tu as raison pour le PGCE ! J’ai été deux assistantes donc je ne crois que je ne pourrai jamais enseigner le GCSE, mais c’est une solution que je ne dois pas rejeter en bloc, on sait jamais…

  3. 30 janvier 2016 / 2h16

    C’est effectivement compliqué comme situation, je comprends tout à fait que tu en aie marre! Bon courage en tout cas pour tes plans A, B, C, D ou encore E 🙂

    • 30 janvier 2016 / 16h26

      Merci pour tes encouragements ! 🙂

  4. chinesekoalas
    30 janvier 2016 / 4h02

    Si la Chine te tente, c’est plutot facile d’avoir un visa de travail, une amie travaille a Shanghai University et ils recrutent chaque annee, et je sais que c’est le cas dans de nombreuses universites ^^

    • 30 janvier 2016 / 16h28

      J’avais pas mal postulé en Chine il y a deux ans mais là, je vis un tel choc culturel en Hongrie que je ne crois que je ne serais pas capable d’y vivre. Par contre, c’est l’un des rares pays où ils sont honnêtes avec leurs enseignants : remboursement du billet d’avion, souvent du logement, prise en charge du visa etc…

  5. 30 janvier 2016 / 8h11

    Pas evident mais tu as beaucoup de volonté. JE ne souhaite que le meilleur!

  6. 30 janvier 2016 / 9h25

    Tu as le droit d’en avoir marre, surtout dans les conditions dans lesquelles tu enseignes, qui sont précaires à ce que je vois 🙁

    • 30 janvier 2016 / 16h35

      Oui ! heureusement, dans certains pays comme en Australie, le coût de la vie est important mais la reconnaissance du métier d’enseignant l’est aussi donc j’ai beaucoup travaillé et fait des économies. Ca me permet de voir un peu venir.

  7. Lucile
    30 janvier 2016 / 9h26

    Une petite précision les postes dans l’éducation nationale sont des postes de FLS et non de FLE (différence subtile mais réelle). Les enseignants qui ont ses classes en charges sont titulaires de la certification sinon la classe n’ ouvre pas (et c’est un problème ). Pour ce qui est de la sécurité sociale c’est rageant je l’ai vécu aussi en rentrant d’Angleterre puis du Canada. Bon courage pour tes projets. Bisous

    • 30 janvier 2016 / 16h37

      Merci pour la précision. J’ai déjà vu des CLA (de primaire, je sais pas si c’est le même nom en secondaire ?) ouvrir avec des profs sans la certification par contre. J’imagine bien les problèmes que peuvent engendrer la non-ouverture des classes… j’avais eu un cours de master dessus, je te le montrerai si tu veux !

  8. 30 janvier 2016 / 10h53

    Je suis exactement dans la même situation que toi pour la cinquième fois consécutive. J’ai changé 5 fois de pays. Le fait de ne pas avoir de congés payés, de rater une heure de cours et de ne pas être payée, je connais parfaitement cette situation.

    Le mois de juin est souvent synonyme de stress car on ne sait jamais ce qu’on va faire, on a peur de tomber malade et on ne peut même pas aller chez le médecin dans notre propre pays. Cela fait 5 ans que je suis stagiaire en FLE, à gagner moins de 600 euros par mois, en ayant deux masters. Alors on est censé représenté la France à l’étranger, mais la France ne nous donne aucun statut dans notre propre pays. Bien sûr, on a des avantages dans notre travail comme une certaine liberté et le fait de pouvoir voyager énormément.

    Mais les points négatifs sont certains, on le sait tous, mais tu les as ici parfaitement présentés. Un article que j’aurai aimé écrire vraiment. Merci 🙂 Quels sont tes plans pour l’an prochain? Moi je ne sais pas encore, mais je suis comme toi, assez fatiguée de la situation. Peut être qu’un jour on aura un CAPES FLE qui sait…

    • 1 février 2016 / 10h33

      Je suis « contente » que tu t’y reconnaisses, ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule à ressentir ce ras-le-bol. Heureusement j’ai aussi eu de vrais contrats et les salaires en Australie étaient élevés. Par contre, je ne serai pas intéressée par un CAPES de FLE je crois, je ne veux toujours pas enseigner en France !

  9. Any Holy Idea ?
    30 janvier 2016 / 11h37

    En lisant ton texte, cela m’a fait penser à mes amies françaises ici (Allemagne) qui donne des cours de Français. Elles ne sont pas prof FLE mais rencontrent également les mêmes problèmes. Juste une variante : pour être payées (et potentiellement données des cours), elles doivent avoir un nombre minimum d’élèves dans la classe (8 personnes). Sans cela pas de cours. J’était assez abasourdie parce que je pensais qu’elles étaient payées à l’heure. Donc, c’est la course aux nombres d’élèves… Ton texte donne un petit « pincement au coeur » parce que le fait de devoir « prouver que tu es Française » dans ton propre pays… la sécu… parce que c’est ça en fait : lorsque tu es expatriée, on a vite fait de t’oublier !!! J’ai pu le constater de mon côté !! Mais en tout cas, je croise les doigts !!! Hâte de lire la suite !!

    • 1 février 2016 / 10h35

      C’est « normal » pour le nombre d’élèves – il faut que ce soit rentable pour l’administration. S’il n’y a qu’un ou deux élèves dans le groupe, ça ne fait que payer le salaire du prof, la marge de profit est diminuée. Les écoles sont là pour faire du chiffre plus que pour veiller à la diffusion du français… mais du coup en Allemagne, ils embauchent donc des non-qualifiés ? j’espère que la suite sera plus positive, on verra bien 🙂

  10. 30 janvier 2016 / 12h14

    Tout est vrai malheureusement 🙁 Certains jours je me demandais vraiment pourquoi j’avais choisi cette voie..
    Il y a toujours beaucoup de postes en Chine, ce n’est pas pour tout le monde, mais certains s’y plaisent beaucoup (une amie FLEriste y est depuis presque 4 ans!)
    Et certains se mettent à leur compte avec succès, mais c’est aussi un grand investissement personnel.

    Bon courage, je croise les doigts pour le PVT!

    • 1 février 2016 / 10h40

      Tu me rassures, j’avais peur d’être très négative ! Je ne sais pas toi mais moi je ne suis pas prête à me mettre à mon compte, j’y vois trop de contraintes, surtout l’aspect marketing/pub… peut-être que je changerai d’avis plus tard mais maintenant c’est non, comme pour les cours sur Skype !

  11. 30 janvier 2016 / 12h32

    Je suis ravie de voir un tel article sur la blogosphère, ça change de l’image un peu lisse que l’on voit souvent ! Dans tous les cas, je te souhaite très sincèrement que le plan A marche, parce que tu le mérites ! 🙂 xx

  12. Anaïs
    30 janvier 2016 / 16h11

    Je sais plus ou moins ce que tu vis pour avoir vécu cette incertitude temporairement, mais je ne peux pas imaginer la vivre chaque année (ou presque)… J’espère tellement que tes projets se concrétiseront parce que tu le mérites; tu as bossé dur pour et tu as la passion de ton métier, ce qu’on ne voit malheureusement pas suffisamment.

    • 5 février 2016 / 10h27

      Merci pour ces beaux compliments <3 mais j’ai l’impression que la passion s’essouffle un peu, je ne sais pas si c’est à cause des ados ou de la lassitude…

  13. Eleanor
    30 janvier 2016 / 9h18

    Quel parcours du combattant ! Je t’avoue que je n’avais pas idée à quel point la situation du FLE était précaire… Ta note est donc très intéressante et instructive.
    Je réfléchis à passer le DAEFLE à vrai dire, pour ouvrir mes perspectives de travail ici, mais le prix me rebute pas mal, et surtout, parce que je ne suis pas sûre qu’au final les débouchés avec le fameux DAEFLE soient si importants que ça au regard de l’investissement financier (plus de 1000 euros la formation quand même…)
    En tout cas, je croise les doigts pour toi et j’espère que tes conditions de travail seront plus sereines l’an prochain <3

    • 30 janvier 2016 / 16h34

      Si vous restez dans ce pays un certain temps, je ne suis pas sûre que ça te soit utile. Tu as pu trouver du travail sans… le DAEFLE n’est que partiellement reconnu (seulement par les Alliances Françaises) et n’est pas de niveau universitaire. Et comme tu dis, le coût est un frein. Pour une initiation si tu veux apprendre de nouvelles choses, je te conseillerais plutôt un DU, de niveau L3.

  14. lauween
    30 janvier 2016 / 10h20

    Article très réaliste et très intéressant ! J’avais envisagé de faire le PGCE, mais pas pour enseigner le GCSE (NO THANK YOU!!), mais pour les Early Years et pour avoir accès éventuellement aux écoles primaires qui ont l’obligation dorénavant d’enseigner une langue étrangère, sauf que le PGCE pour le primaire est encore différent des EY. Mais après un master MEEF useless et un FLE, (et vu le prix du PGCE), j’ai dit merde. Comme tu dis, faut être au bon endroit au bon moment, et les expatriés sans qualifications qui enseignent, ça me fait rager, même si y’en a une dans ma famille éloignée !

    • 30 janvier 2016 / 18h42

      Oui, le GCSE me bloque beaucoup, j’adore les Sixth Forms mais dans l’état actuel de l’enseignement des langues non… Early Years j’y ai pensé aussi (il existait un PGCE spécial dans le Yorkshire) mais comme les réformes changent tous les deux ans, un coup la langue étrangère est obligatoire en primaire et puis elle ne l’est plus, c’est super difficile.

  15. Odile
    31 janvier 2016 / 5h37

    Hello,

    Merci pour ton post super intéressant ! Moi qui ne suis qu’en formation master 1, qui ait la chance d’aimer cette nouvelle expérience , et qui fait cela pour l’instant plus pour mon CV que pour réellement gagner ma vie, j’observe déjà ces effets pour moi ou pour mes collègues présentes ici en UK.
    Je rebondis sur 2 points :
    -1- devenir prof de langues en College/ lycée coûte cher en investissement personnel et argent, mais c’est sûrement une solution intéressante pour stabiliser sa situation. De plus même si les classes de 30 à l’âge du College ne sont pas fun fun, les cours particuliers qui peuvent découler des contacts établis sont eux plus intéressants !
    -2- en UK, les écoles primaires doivent désormais enseigner le français dans le C ….. Ok mais ce n’est pas encore totalement passé dans les Moeurs et le temps que la réforme passe, je ne suis pas certaine que cela s’améliore beaucoup ! On m’a proposé 4 heures / semaine en primaire (state school) a 7£ de l’heure dans mon porte monnaie…… Pas d’assistante, classe de 30, institutrice non présente dans la classe ! J’ai tenu 2 mois et demie …. Hier j’ai vu ma remplaçante par hasard : après un mois, elle a rendu son tablier. Pourtant elle a beaucoup plus d’expérience que moi en club notamment !

    Donc il n’y pas de solution idéale ….. Et oui ce métier reste quand même très précaire. C’est dur d’être en permanence en recherche de nouveaux clients de tutoring privé!
    Un bon compromis peut être le travail ou la  » création  » d’une petite école » française en coordination avec d’autres ! Je ne sais pas ce que cela implique d’un point de vue administratif et je sais que tu y passes ta vie…. Au moins c’est « ton » choix !

    Merci pour tes partages engagés Kenza !
    Bon courage,
    O

    • 5 février 2016 / 10h29

      7 livres de l’heure, c’est de l’abus… pas étonnant qu’il y ait un tel turnover ! les réformes sur les langues obligatoires en primaire changent tous les ans. Depuis mon passage en Angleterre en 2009, il y a eu trois ou quatre variations… je garde cette idée dans un coin de ma tête.

  16. Odile
    31 janvier 2016 / 5h39

    PS : qq a posté ce post dans le groupe fB de master ! Ça circule !

  17. 31 janvier 2016 / 13h09

    Je n’avais pas pensé au souci du salaire vis-à-vis du nombre d’heures de cours enseignées. En tourisme/hébergement on est au contraire très contents dans les pays anglo-saxons parce qu’en France les entreprises font souvent tout pour ne pas payer/déclarer les nombreuses heures sup’ : rattrapage, paiement du supplément travaillé au noir, etc. … Quand j’ai vu la pointeuse à Londres (même si je n’étais que stagiaire) puis à Wellington j’étais contente.

    Concernant le Canada ne pourrais-tu pas essayé de demander directement la résidence à distance via le programme des travailleurs qualifiés ? Fait peut-être la demande pour ensuite voir si tu es éligible pour atterrir dans le « bassin » des entrée express. Ça ne coûte rien pour la première étape je crois : http://www.cic.gc.ca/francais/immigrer/qualifie/demande-qui.asp … Mais peut-être t’es-tu déjà renseignée sur ce sujet ?

    La difficulté lorsqu’on ne veut pas revenir en France est en effet de passer l’étape d’après les programmes stage/études et working holiday visa : résidence / work visa. D’après des témoignages divers il me semble que l’éligibilité à ce type de démarche peut être plus facile parfois que ce que l’on croit. Tenter une région peu demandée, recontacter ses anciens responsables, essayer un job nouveau quelques temps ou demander une résidence à distance sans job sur place peut se faire (ça prendra plus de temps c’est sûr)…

    Sinon pour le retour en France je m’inscris toujours chez Pôle Emploi. Maintenant que je connais c’est rapide et sans encombres (oui tu as bien lu dès fois en France ça fonctionne ^^). Sinon je fais en sorte de travailler 60h pour ré-ouvrir mes droits. J’essaie de me protéger au max.
    La retraite bon ben on l’aura dans le baba mais je sais que je serai heureuse de ces années nomades pleines d’expérimentations… Même si tu as raison sur un point : le fait de rechercher de nouveau un appart’, un job, et une petite vie sympa peut devenir fatigant chaque année surtout si quelques difficultés s’ajoutent.

    • 5 février 2016 / 10h31

      Merci Perrine ! J’aime bien ta remarque mais oui la France ça marche bien parfois 🙂 même mon rattachement à la sécu s’est faite (presque) sans encombres. Pour le Canada, effectivement il y a la liste des professions qualifiées, mais professeur n’en fait pas partie, seulement professeur d’université avec un PHD.

  18. 31 janvier 2016 / 17h59

    Merci pour cet article, réaliste et qui peut vraiment aider beaucoup de monde !
    J’enseigne le FLE au Canada depuis 3 mois, sans formation, car je suis sur place et que j’ai déjà un permis de travail. J’ai été formée par mon employeur, ça coûte moins cher que de faire venir quelqu’un. Mais cela ne représente que 50% de mon emploi du temps. J’enseigne aussi dans le programme d’alphabétisation, français et maths aux francophones. Le pire dans tout ça c’est que, dans ma région, il est super dur de trouver de bons profs, qualifiés, mais on fait avec ce qu’il y a sur place.
    Enseigner le FLE en tant que « conjoint d’expat » est beaucoup plus simple, il faut le reconnaître, mais je ne pense pas que mon choix se serait porté vers ça si j’avais été seule. Après je gagne quand même plutôt bien ma vie grâce à ces deux contrats qui ne me prennent finalement que 3 jours dans la semaine. Je pourrais facilement compléter avec un autre mi-temps.
    Je ne sais pas où tu voudrais aller au Canada, mais l’Ontario est vraiment en pleine expansion en termes de francophonie, et dans les années à venir, les recrutement vont s’intensifier. Ottawa est en voie de devenir 100% bilingue et Toronto planche sur l’ouverture d’une université francophone. Le problème reste effectivement le visa. A moins d’épouser un Canadien, les voies sont très limitées ! Si ça t’intéresse, je peux me renseigner sur place ! N’hésite pas si tu as des questions précises 🙂
    Bon courage !!
    Elisa

    • 5 février 2016 / 10h35

      Justement Elisa, je crois que tu as mal compris mon article. L’opportunité que tu as eue dépend uniquement de ton statut légal au Canada. Tu n’es pas professeur, et combien d’heures ton établissement t’a-t-il formée ? En master de FLE, on est en moyenne à 220 heures de cours pour la première année et une autre centaine pour le master 2, sans compter les stages. D’ailleurs au Canada, on ne parle pas de français langue étrangère mais de français langue seconde vu le bilinguisme d’État.

      • Elisa
        8 février 2016 / 2h32

        J’ai très bien compris ton article, je voulais juste apporter un peu d’optimisme c’est tout 🙂 Je ne me suis pas comptée dans ce que j’appelle « de bons profs qualifiés » justement et c’est pour ça que je pense qu’il est possible d’intégrer des postes en venant de l’extérieur. J’enseigne dans un Collège Ontarien de formation continue qui enseigne le Français Seconde Langue effectivement, on ne dit pas FLE ici mais FSL, mais je ne voulais pas entrer dans les détails, c’est juste une appellation, les étudiants sont des adultes qui ne parlent pas du tout français.
        Je sais bien que j’ai pu avoir cette opportunité grâce à mon statut, et je l’ai précisé dans mon commentaire. Je remarque que c’est un sujet délicat, je voulais juste partager mon expérience et en aucun cas mettre le feu aux poudres. Après 3 mois de formation, je suis en train de préparer le dossier pour obtenir le Master par correspondance, pour justifier ce que je fais, simplement car je veux faire du travail de qualité et éviter ce genre de remarques. Il est clair que c’est difficile comme filière et je comprends le sentiment d’injustice. Je voulais juste t’envoyer du soutien et du courage, rien de plus.

        • Elisa
          8 février 2016 / 3h05

          Et désolée si mon premier commentaire était maladroit, vraiment.

  19. 1 février 2016 / 22h00

    Comme d’habitude, j’aime bien ta franchise sur tous les sujets. J’avais pense a une epoque devenir prof FLE pour ouvoir voyager mais finalement le manque de stabilite a long terme m’avait rebute. Si plan A se realise (ce que je te souhaite chaudement) tu pourras certainement quand meme trouver du boulot au Canada. Pas forcement en temps que prof FLE, mais je suis volontaire dans une assoc qui promeut l’alphabetisation des adultes et ils cherchent des gens comme toi. Ou encore au niveau universitaires, tu pourrai donner des cours du soir aux adultes. Ce genre de chose pour complementer quoi. Bon courage a toi en tous cas

    • 5 février 2016 / 10h36

      Il y a du travail au Canada ! Je pense avoir vu passer trois ou quatre annonces récemment mais qui se concluent toutes par « vous devez déjà posséder une autorisation de travail ». Avec un visa adéquat, je n’aurais aucun souci pour me faire embaucher n’importe où.

  20. Marie
    4 février 2016 / 14h53

    Bonjour,

    Je suis complètement d’accord avec toi et cette situation me dérange (pour ne pas dire, m’énerve!) depuis quelques mois déjà.
    Je travaille à temps plein dans un tout autre domaine et suis le master fle à côté. Déjà rien que pour trouver un stage, c’est horrible! Ce n’est que par piston, j’ai eu droit à des centaines de réponses (nous avons des partenariats avec telle unif,… – mais bon j’ai enfin trouvé!). Puis, je reçois des propositions d’emploi pour des cours d’alpha ou de fle à 5€/2 heures (soit bénévolat!). Bref, comment veux-tu subsister avec si peu? Je trouve que ce métier est dévalorisé et c’est vraiment dommage parce qu’on essaie de le faire de la meilleure façon, de bien préparer les cours, … mais je perds peu à peu l’envie et c’est triste!

    • 5 février 2016 / 10h37

      Bonjour Marie ! Je n’ai jamais effectué de stage obligatoire, j’avais la chance de travailler dans le FLE à côté et obtenir des dispenses de stage mais je suis effarée par ce que tu me dépeins, je ne pensais pas… c’est triste si le piston prévaut déjà au niveau du stage. 5 euros les deux heures, j’espère que tu refuses ! bon courage pour la suite, n’hésite pas à me contacter pour retrouver un peu de motivation 🙂

      • Marie
        9 février 2016 / 9h32

        Merci beaucoup pour ta réponse!

        Je vis en Belgique et c’est malheureusement la situation ici.

  21. Marion
    5 février 2016 / 12h12

    Bonjour Kenza,

    Je suis ton blog depuis pas mal d’années déjà, je l’ai découvert lorsque je recherchais des infos sur l’assistanat en Angleterre que j’ai effectué en 2012.
    Je n’ai jamais commenté tes articles mais celui-ci me parle beaucoup. J’ai obtenu mon Master FLE en 2014 et ai effectué un VIA dans un Institut français. Je suis maintenant rentrée en France depuis quelques mois. J’ai d’abord cherché à repartir à l’étranger mais très clairement les offres proposées sont loin d’être intéressantes financièrement parlant. Je crois qu’il n’y a que les AF en Chine qui payent le visa, l’assurance maladie et parfois le billet d’avion, pour le reste du monde c’est tout à la charge du prof et je trouve cela honteux. Surtout quand le salaire n’atteint même pas 500€ pour un temps plein! En plus je connais bien comment fonctionnent les AF et les IF et nous savons très bien qu’ils demandent beaucoup d’investissement de la part du professeur (travail le weekend, en soirée, participation aux examens, aux activités culturelles, etc).
    J’ai fini par envoyer mon CV dans quelques pays d’Europe mais aussi en France et dans ma région, dans des AF maus aussi des écoles de langue. Les réponses que j’ai eu étaient « nous pouvons vous proposer 4h de cours par semaine ». Autant dire que ce n’est pas suffisant pour vivre!
    Les postes permanents et à temps plein sont quasi inexistants dans le FLE ou alors il faut vraiment tomber au bon endroit au bon moment. Les profs de FLE sont donc condamnés à du boulot instable, à enchainer les contrats, à multiplier les employeurs et à courir après les heures de cours pour gagner de quoi vivre. Autant dire qu’avec un job aussi instable on peut dire adieu aux projets à long termes.

    Bref, j’en arrive aux mêmes conclusions que toi exactement au même moment et la désillusion est grande. Personellement, je ne pense pas avoir autant de courage que toi, et même si j’adore le FLE je n’ai l’envie de m’acharner dans un milieu où notre travail n’est pas apprécié à sa juste valeur, je cherche donc à me réorienter.

    J’espère en tout cas que ton plan A marchera! Bon courage!

    • 6 février 2016 / 18h55

      Merci Marion ! Je suis « contente » que tu sois sortie de ton anonymat pour venir commenter pour la première fois, même si j’aurais aimé que ce soit sous de meilleures auspices ! Ce que tu dis m’attriste, je n’ai jamais fait de VI car je ne suis jamais assez longtemps à Paris pour les entretiens et je pensais (donc naïvement ?) que ce type de contrat permet de sortir du lot mais tu es la deuxième personne cette semaine à me confirmer que non. Pour le reste, je suis plus que d’accord avec tes analyses. Et c’est tellement dommage… courage à toi aussi ! et à bientôt en commentaires d’accord ? 😀

      • Marion
        9 février 2016 / 14h49

        Je tâcherai en effet de poster des commentaires plus souvent! 😉

        Je pense que le VI est un bon + sur un cv, j’ai d’ailleurs reçu beaucoup de réponses à mes candidatures (ce qui n’est pas le cas de beaucoup de mes camarades de promo pour qui c’est le silence radio quand ils postulent quelque part), le problème c’est surtout qu’il n’y a pas ou très peu de postes intéressants! Alors à chaque fois qu’on me contacte c’est pour me proposer des minuscules contrats qui ne mènent à rien :/
        Personnellement je pensais que le VI me permettrait d’avoir des contacts avec les AF et IF et donc peut-être de retrouver un poste + facilement par la suite mais très clairement je pense que ce sont des milieux très fermés et si tu ne connais pas la bonne personne qui peut parler de toi au recruteur, tu n’as aucune chance.
        C’est vraiment dommage tout ça, quand je lis les commentaires je me dis qu’il y a des tonnes de gens qui aiment le fle et qui aimeraient s’investir mais à quel prix?

  22. 5 février 2016 / 16h51

    Je suis sidérée par ce que tu dis, j’étais loin d’imaginer que la réalité des profs de FLE ressemblait à cela… Sur le papier cela ressemble un peu à un job de rêve mais je vois qu’en pratique les choses sont bien différentes. Merci pour cet article très intéressant en tout cas, et je croise les doigts pour que ton plan A ou B se réalise 🙂

    • 6 février 2016 / 18h56

      Merci Aurélie pour tes encouragements ! Vivement la suite de votre périple, vous ne devez pas beaucoup avoir Internet, mais j’attends impatiemment, j’espère que tout se passe bien 🙂

  23. Olga
    7 février 2016 / 17h13

    Je suis très touchée par cet article aussi. Il me montre à quel point j’ai eu raison de fuir il y a quelques années de cela ! Ca a été très dur pour moi d’accepter que ce rêve n’était en fait qu’une trop dure réalité. J’aurais pu tenir quelques années si j’avais été plus jeune lorsque j’ai commencé mais pour un adulte en recherche de stabilité il faut être conscient que c’est un vrai cauchemar. Je suis très remontée contre ces formations qui vendent ce rêve et outrée que personne ne dise rien… Je ne vois même pas comment des profs de master FLE en France peuvent se regarder dans le miroir sachant que 90% de leur promo va au casse-pipe chaque année. Et les discours comme quoi il faut être au bon endroit au bon moment pour trouver un job stable sont insupportables, on n’est pas des pions de loterie avec des gagnants et des perdants, on est des humains et des professionnels ! Moi j’ai arrêté parce qu’on m’a donné 28 heures de cours dès le premier contrat alors que je n’avais jamais enseigné de ma vie. Avec les 40 degrés du Mexique, sans clim, la maison de rêve gratuite sans clim aussi, sans chauffage où tu es obligé de vivre avec tous tes collègues, les élèves qui te draguent de tous les côtés et l’absence d’aide autour, j’ai pété un câble et je suis rentrée ! J’ai eu tellement de chagrin que ce rêve s’efface comme ça, mais aujourd’hui, quand je lis ça, je sais ce que j’ai fui et je sais que j’ai bien fait car dans les conditions extrêmes où j’étais j’y aurais laissé des plumes, c’est sûr. Bref, le FLE est une déception ou une expérience douloureuse pour beaucoup et il faut que ça se sache. Et je voudrais qu’il y ait une grève des profs de FLE ou une manifestation contre ces conditions indignes qui épuisent des gens (il faut se méfier de cet épuisement, ne pas aller au-delà de ses limites et peut-être même savoir s’arrêter à temps). Bref, on est encore loin du rêve sur papier glacé auquel on a tous cru, c’est énervant et décevant. Mais que peut-on faire pour que les choses bougent ?! Moi je suis même tombée dans un établissement qui devenait une entreprise de prof, avec des profs au rendement, où ça devenait un sprint de cours hebdomadaire pour avoir un max de fric, bref, du délire total. Et tout ça dans un truc qui porte le nom de Alliance Française. Lol.

  24. Laure
    18 février 2016 / 14h51

    Coucou Kenza,

    Je suis tombée par hasard sur ton blog et c’est une jolie surprise !
    Grand week end de 4 jours sur Szentes, de quoi prendre le temps de se remettre en question et cet article tombe à point. Ces derniers jours, je tourne entre grande motivation à continuer dans le FLE et grand désespoir à cause de tous ces aspects négatifs dont tu parles. C’est sûr que ce n’est malheureusement pas tout rose tous les jours. Mon plus grand problème c’est que je n’ai qu’un gros plan A très générale (le FLE) et j’ai beau me creuser la cervelle, aucun petit plan B à l’horizon, et je pense que ça fait encore plus peur que les mauvaises conditions du FLE.
    Donc bon, je profite de la Hongrie tant que j’y suis en espérant que nos plans A se réalisent 🙂

    • 18 février 2016 / 16h20

      Ah, je suis découverte ! Non, tu es trop jeune pour abandonner si vite… En tous cas, tu sais où me trouver si tu as besoin de conseils. A bientôt !

      • Laure
        19 février 2016 / 12h03

        Merci. Pareil pour toi, si tu as besoin/envie d’un petit week end au calme à la « campagne », n’hésite pas !

  25. hélène
    1 mars 2016 / 16h31

    Salut ma chère!
    je m’appelle Hélène:)
    Je suis français et je vis a Montréal depuis 10 ans… je me prépare en ce moment pour le DAEFLE pour pouvoir aller vivre et enseigner en Colombie:)
    C’est certain que je vais être un peu plus chanceuse pour le visa car mon copain est colombien et mon fils de 3 a la triple nationalité… donc en tant que mère et compagne de colombiens ça va pas mal me faciliter les choses 🙂
    Mais j’avoue que je stresse un peu pour trouver du travail sur place…
    je me demande pourquoi tu n’appliques pas directement pour la résidence permanente pour le canada….
    ce n’est pas très compliqué!
    en plus, tu as déjà une expérience sur le territoire… ça te donne des points de plus!
    Tu as vraiment toutes les chances pour toi!
    Moi je n’avais rien en arrivant ici…
    Je travaillais en restauration… et juste un PVT.
    Après j’ai tout de suite appliqué pour la résidence…
    je te conseille de faire la demande avant de partir!
    tu économiseras temps et argent..
    Si tu as des questions, ça me fera plaisir de t’aider:)

  26. 4 mars 2016 / 10h25

    Je te lis dans le désordre et j’ai envie d’ajouter un dernier point après avoir lu la plupart des commentaires;
    La Chine ressort souvent et comme tu le sais, j’ai eu un poste et je n’y suis jamais allée. Car dans cette course à un salaire décent et un visa, il est difficile d’avoir une vie de famille. Obtenir un visa pour 1 personne est difficile. Alors pour un couple, avec enfant !!! Alors même que les conditions de vie en Chine nous permettait de vivre à trois sur un salaire.
    Pour l’instant je donne toujours des cours (uniquement privé), mais je ne cherche rien de plus, car je ne suis pas du tout convaincu des suites possibles. La question se posera dans un an.
    Mais tout ça est plus démoralisant qu’autre chose.

  27. Rousse Cecile
    29 mars 2016 / 11h58

    Merci beaucoup pour avoir partagé tes expériences. Je t’ai lue avec beaucoup de plaisir et d’intérêt.

  28. Patrick
    30 mars 2016 / 16h40

    Ok, je lis le désenchantement. Il faut dire aussi que tu cherches les destinations les plus courues (Angleterre, Canada, Australie). Il y a des centaines de postes en Inde, Chine et d’autres pays et très bien payés. Par exemple je travaille au Mexique dans une ville de 2 millions d’habitants et j’ai du boulot à en perdre la tête. Et je suis arrivé il y a 3 ans sans rien. De plus tu ne pourras jamais te faire connaitre si tu ne restes qu’une année dans chaque pays, il faut être logique, le bouche à oreille et le piston sont les clés dans ce domaine et tu ne l’utilises jamais. Il faut arrêter d’etre réveur et savoir que le monde du travail est le même pour tous. On ne rentre pas en France tous les ans pour claquer ses économies. On prend une sécurité sociale privée et on cotise en France (perso je ne vois pas l’intérêt de cotiser). Je vis très bien (laregemtn plus qu’un salaire moyen) et je peux voyager 3 fois par an pendant les vacances. Je précise que je n’ai pas de diplome FLE mais 2 masters en droit mais que je sais me vendre et j’ai démarché tous les établissements de la ville. C’est comme ça que ça marche.

    • 30 mars 2016 / 16h59

      Bonjour Patrick,
      Sache que je suis partie en Angleterre, Australie et au Canada en ayant un emploi qui m’attendait sur place. Toujours d’ailleurs, même en Hongrie. Je me donne le choix de sélectionner où je pars, mon CV me le permet quand l’immigration elle ne me le permet pas toujours. On ne peut pas toujours rester où et quand on le souhaite. Je voyage aussi, je n’ai jamais été au chômage et j’ai des diplômes. Cet article se voulait être une mise au garde pour tous les aspirants profs, ils seront rassurés en voyant ton commentaire…

  29. grégory
    4 avril 2016 / 14h46

    Bonjour Kenza,

    Merci pour ce blog plein de richesses et de sincérité. Cet article a effectivement le don de remettre les choses à leur place. Je crois qu’on a naturellement tendance à rêver les choses à défaut de les connaître.

    Je me pose en ce moment la question d’étudier à nouveau le FLE, plus précisément de passer un DAEFLE ou un master 1. Il y a plus de 10 ans j’ai obtenu une licence d’allemand mention FLE. Je n’en ai rien fait depuis puisque la vie m’a emmenée vers d’autres horizons. Mais la vie change et le besoin de partir à l’étranger se fait de plus en plus présent.

    Ton retour d’expérience est riche d’enseignement pour ceux et celles qui te lisent. En tout cas, cela me permet de reconsidérer les choses sous un autre angle.

    Bonne continuation à toi et bonne chance dans ton parcours

    Grégory

  30. 21 avril 2016 / 1h26

    Bonjour Kenza,
    Cet article est parfait, tout à fait le reflet de la réalité! J’ai un parcours similaire au tien, seulement quelques années de prof de FLE en moins. Je suis actuellement au Canada (par le CIEP), interdit de faire une deuxième année avec le CIEP, les postes en AF au Canada sont pour les profs expérimentés et ceux ayant déjà un permis de travail (mais un comment on fait quand notre PT nous permet de travailler que pour la fac? ben on recommence à 0 et là de suite les employeurs sont moins intéressés!!). Difficile de voir que des franco sans master FLE ont des postes d’instructeurs FLE dans des boîtes de langue quand nous avec notre master et un PT on ne veut pas nous sponsoriser… Bref place au plan B… finir le master FLE! Difficile de vouloir le finir quand on sait ce qui nous attend à la sortie (soit tout ce qui est dit dans sont article) que ce soit en France ou à l’étranger. Difficile de s’y remettre quand les profs du master oublie de nous faire une lettre de recommandation pour les Bourses FLE et nous empêchent ainsi de candidater… Plan C? Finir le master histoire de finir et puis.. en faire un autre?…
    De plus je voudrais souligner à quel point la situation des profs FLE en France est inadmissible, aucune reconnaissance de la part de l’Educ Nat! Et cette histoire de CAPES Lettres mention FLE!!!! Je ne comprends pas pourquoi les départements de DFLE dans les universités ne se bougent pas plus pour faire changer les choses pour faire valoriser la place des étudiants en FLE, et demander une vraie titularisation… Il en va de même pour les cours de FLE donnés dans les universités, qui les enseignent? Des titulaires de l’agreg Lettres ou des anciens qui ont fait leur trou! 0 étudiant qui sortent de master FLE. j’ai été attérée de voir l’année dernière qu’aux cours de FLE de Paris 3, seulement UNE enseignante sortait d’un parcours FLE… et après on nous y met pour faire des pseudo stage, quel intérêt si l’usine ne fait pas travailler les étudiants qu’elle a formés. C’est tristes de voir nos enseignants à l’université ne rien faire pour les étudiants. Tout ce que j’ai entendu c’est « vous êtes jeune alors passer le CAPES ça coûte rien! »…
    Aussi en Ecosse le PGDE (PGCE écossais) est presque gratuit pour les étudiants de l’UE (en fait les études undersgrad sont à £1800 mais possible d’être financé par le gouv écossais, faut voir ça en détail, mais quand j’y enseignais ça grouillait d’étudiants de L’UE car c’est gratuit me disait-on) donc une bonne alternative au PGCE hors de prix, si jamais tu veux un plan G 🙂
    EN tout cas bien que cet article mine un peu le moral je suis contente de le lire… On a pas choisi la voie la plus facile mais je suis sûre que tout ira bien à la fin 🙂
    Bon courage pour la suite Kenza!

    • 21 avril 2016 / 10h02

      Je suis tellement d’accord avec toi 🙂 désolée pour le coup de la lettre, les stages MAE sont en effet une bonne opportunité (et sont payés décemment, ça devient assez rare pour être souligné). Courage, profite bien de tes derniers instants au Canada !

    • Aurélie
      23 septembre 2016 / 21h18

      Steph ! Le hasard fait que je lis ton commentaire 🙂
      J’ai plus que le mémoire à rédiger (horrible…) pour le soutenir en juin.
      Comme je bosse dessus à temps plein et du coup je cherche un job à partir de janvier.
      « Nous n’avons pas de postes pour l’instant mais nous gardons votre CV au cas où », c’est la réponse unanime. Ou pas de réponse du tout…
      Mon plan B, stage MAE, plan C partir en PVT, plan D bah pas de plan D. Et il est HORS DE QUESTION que je passe le CAPES. Mais ton plan G est pas mal 😉 Good luck en Écosse 😀

      Kenza, merci pour cet article. Cela met les mots sur ce que l’on vit au quotidien.
      Bonne chance pour tes aventures au Canada !

  31. Joseph
    11 juillet 2016 / 15h36

    Bonjour,

    Je suis horriblement désorienté en ce moment (et depuis déjà un moment je crois), et l’envie féroce de partir à l’étranger, et pas simplement d’y partir en vacances me fait mouliner et mouliner encore dans ma tête des plans plus ou moins solides. Sans vouloir t’ennuyer en te racontant ma vie, voilà en gros: licence de lettres classiques à la Sorbonne (et oui la même petite Bobonne qui rend fou entre les mille bureaux, les étages F, G, escalier J et les amphis cachés), master recherche en littérature française, vaine tentative de préparer l’agrégation (un enfer), et master en littérature comparée que je vais terminer cette année (si j’y arrive) en même temps que je serai assistant dans une petite fac de Los Angeles.
    J’hésite entre postuler pour entrer en doctorat aux Etats-Unis (ce qui est loin d’être fait, vu le niveau et la concurrence) mais la perspective d’une thèse m’angoisse de plus en plus, ou passer le DAEFLE et vivre un peu ici et là. Mais le niveau de grammaire à l’agrégation m’a tellement rebuté et effrayé (en lettres classiques je n’en avais pas et je n’aime pas trop ça au départ) que je ne suis même pas certain d’avoir le niveau de grammaire pour réussir les modules du DAEFLE, et je ne trouve pas vraiment de description du contenu de ces modules, pour voir si le bosser un peu et l’avoir est envisageable ou si les analyses morphosyntaxiques et je ne sais quels autres diableries sont tellement poussées que c’est même pas la peine d’y penser.

    En gros je n’ai pas vraiment de question à poser si ce n’est déverser une angoisse pesante quelque part…j’espère ne pas trop polluer l’espace…

    En fin de compte, si, j’ai une question, mais elle sera peut-être hors-sujet, je ne connais pas les arcanes de ce milieu: les postes en Instituts français, genre « Responsable des événements culturels » (j’invente l’intitulé, mais on voit parfois ce type d’offres sur leur site) ou l’équivalent en Alliances françaises te sont inaccessibles après autant d’années d’expérience en FLE et de polyvalence, ou bien ce sont des responsabilités qui ne t’intéressent pas ?

    Joseph

    • 12 juillet 2016 / 20h29

      Bonjour ! Je ne pense pas que la grammaire au DAEFLE soit fondamentalement compliquée, surtout avec un bagage linguistique de la Sorbonne. Il ne faut pas oublier que ce diplôme est ouvert à tous, français ou étrangers, et même non-bacheliers. Il n’y a pas d’annales sur Internet ?
      Pour ta seconde question, non… je n’y ai pas accès. Ce genre de postes est rarissime, et réservé à des stagiaires d’écoles de commerce ou Sciences Po. Il y a peu d’embauches. Je n’ai pas le réseau ni les relations pour y arriver…

  32. Helene Blabla
    25 mars 2017 / 17h39

    Salut!
    Ton Blog est super! Petite question cependant : pourquoi tu n’as pas souscris à la cfe pour la sécurité sociale? Caisse des français de l’étranger. C’est à peu près 100€/ mois si tu gagnes moins de 19 000Euros sur l’année. Merci!

    • 29 mars 2017 / 11h19

      Bonjour Hélène ! Hé bien, pare que je n’avais pas souvent pas les moyens… quand je gagnais 300 euros par mois en Hongrie par exemple, 100 euros par mois est une somme bien trop conséquente. J’ai longtemps été étudiante pendant mes expatriations donc je gardais la sécurité sociale française, j’ai finalement passé que deux sans sans couverture française à moi mais il y avait d’autres solutions (me mettre comme ayant-droit, mais ce n’est plus possible aujourd’hui).

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