Manitoba

Le musée de Fort la Reine

Le Manitoba est entré dans la Confédération Canadienne en 1870 : on fêtera l’année prochaine les 150 ans de la province. Beaucoup d’endroits un peu partout retracent l’histoire des pionniers et les premiers jours du Manitoba – comme le musée de Portage la Prairie dont on va parler aujourd’hui : Fort la Reine.

Tout le musée, soit 25 bâtiments, s’organise autour d’une grande aire centrale, après le centre d’informations qui accueille des expositions temporaires. Mais d’ailleurs, pourquoi ça s’appelle Fort la Reine ?

Parce que le site était un fort ! Si tout le monde connaît Jacques Cartier pour avoir exploré le Québec, à l’Ouest, d’autres explorateurs sont célèbres. Un des plus importants, c’est Pierre de la Vérendrye. Cet explorateur et marchand de fourrure a vécu entre 1685 et 1748 et a poussé toujours plus loin à l’ouest, en laissant des traces de son passage au Manitoba et en Saskatchewan… dont Fort la Reine. Le lieu a changé de nom et est devenu une ville qui s’appelle maintenant Portage la Prairie.

Le musée de Fort la Reine

Fort la Reine Museum

L’histoire des pionniers

On a trouvé des traces de présence humaine au Manitoba datant d’il y a six mille ans. La région a toujours été habitée, probablement grâce aux lacs et à l’abondance de ressources.

Paul House Fort-la-Reine

12 personnes vivaient dans cette toute petite maison.

Fort la Reine cabane trappeur

Fort Fort-la-Reine

Fort la Reine

Le fort était le coeur de la vie commerciale. C’était au fort que se faisaient les échanges de fourrures entre les trappeurs, les Autochtones et les colons, sous le seau d’approbation de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il y a plusieurs forts à visiter à Winnipeg et au Manitoba, notamment Fort Gibraltar, Fort Dauphin dans la ville de Dauphin (logique) et surtout Lower Fort Garry.


Les bâtiments historiques

Ce qui est bizarre dans ces musées canadiens, c’est que les bâtiments sont souvent d’origine mais ont été déplacés entièrement. Les maisons qu’on visite à la Fort la Reine ont vraiment existé, ont vraiment été habitées, des photos de famille ornent les murs. C’est comme pénétrer les gens à leur insu alors qu’ils sont sortis faire une course.

Living room Fort la Reine Manitoba

Library Fort la Reine Manitoba

Tapestry - Fort la Reine Manitoba

Passion tapisserie

Old telephone directory - Fort-la-Reine Manitoba

Il y avait deux autres maisons à visiter, dont celle d’un Premier Ministre, Douglas Campbell. Il a exercé la fonction entre 1948 et 1958. Toute la maison comportait leurs objets d’époque, leurs photos de famille et tout le premier étage était consacré à son activité de franc-maçon. Ce n’est pas quelque chose qu’on verrait en France !

Sewing room Fort la Reine

Quilt Fort la Reine

Newspaper 1911 Fort la Reine

Le problème cependant dans ce type de musées, c’est que ça ressemble vite à une brocante, à une collection d’objets et de bric-à-brac sans aucune explication de leur fonction ou de leur période. Les gens donnent beaucoup, donc la majorité des objets sont sûrement des donations de locaux qui ont trié leurs greniers/ont perdu un proche et le musée essaye de recréer l’ambiance de la décennie en ajoutant plein d’objets. Cela fait authentique, oui, mais aussi assez chargé.

Fort la Reine a aussi la plus grande collection au monde de tracteurs de la marque Allis-Chalmers, mais je suis désolée, je n’ai pas pris de photos !

L’étable

Les étables rouges sont partout au Manitoba et dans les Prairies. Fort la Reine allait évidemment en avoir une aussi.

Barn Fort la Reine

Barn Fort la Reine

Old Manitoba licence plates

L’église orthodoxe

Autre bâtiment très commun dans les Prairies : les églises orthodoxes rutilantes, parfois au milieu de nulle part. Elles sont de toutes les tailles, en général très belles et ont une centaine d’années. Difficile d’imaginer la vie de ces immigrants venus d’Ukraine ou de Russie dans les conditions difficiles d’il y a un siècle.

Ukrainian Church Fort la Reine

Inside Ukrainian Church, Fort la Reine

Le village

Le magasin général, l’école, le cabinet du dentiste, de l’avocat, le barbier… Tout y passe pour reconstituer la vie dans un petit village de campagne.

General store Fort la Reine

notary office Fort la Reine

Si vous me suivez très attentivement, vous reconnaîtrez la photo du train. En effet, j’étais déjà allée à Fort la Reine au mois de  mai, pour faire un escape game dans ce wagon de train historique de 1880. Le reste du musée était fermé au public car on était encore en hiver, mais ce que j’en ai aperçu m’a donné envie de le visiter, ce qui explique pourquoi j’y suis retournée !

Van Horne cart Fort la Reine

Et enfin, l’école, parce j’adore les vielles écoles.

School Fort la Reine

Country schools

Toutes les écoles de campagne qui existaient !

School

Visiter Fort la Reine : informations pratiques


Le musée de Fort la Reine se trouve dans la ville de Portage la Prairie, à environ une heure de route de Winnipeg ou 1h20 de Brandon. Le musée se trouve juste à l’entrée de la ville quand on vient de Winnipeg.
En 2019, l’entrée pour un adulte est à 10 dollars taxes incluses et 5 pour un enfant. Des réductions sont disponibles.
La visite vous prendra entre une et trois heures selon le temps que vous souhaitez y passer !

Mais attention, le musée n’est ouvert que quelques mois par an ! Toutes les informations pratiques se trouvent sur le site officiel de Fort la Reine. 

J’ai beaucoup aimé mon après-midi à Fort la Reine. Et il y a un bonus aussi : le musée a un chat !

Un commentaire ?

12 commentaires

  • Quoi ? Que lis-je? Pas de photo des tracteurs? franchement t’abuses, là.
    C’est marrant que voir les plaques d’immatriculation qui sont passées de « sunny » à « friendly » Manitoba!
    Et pour la maison, celle dans laquelle habitaient 12 personnes, en lisant le descriptif je me suis dit que c’est pas vraiment un mal : ils se gardaient chaud !

  • Très belle église orthodoxe, en effet !

    Te serait-il possible d’en dire plus sur ce qui est exposé au 1er étage de la maison de Douglas Campbell ? Je suis curieuse d’en voir/savoir plus sur son activité de FM. C’est sûr que ce n’est pas en France que l’on verrait ça ^^

    Petite question (bête peut-être) : comment sont entretenus ces bâtiments durant l’hiver ? Car j’imagine qu’ils ne sont pas chauffés; du coup, je me demandais comment ils (ainsi que leur contenu) pouvaient être aussi bien conservés au fil des ans.

    Merci !

    • Salut! Alors, il y avait des photos, plusieurs Bibles et livres saints, la chaise de « Grand Master », des costumes, des registres des membres de la loge pendant presque cent ans… Ils sont vraiment ouverts sur la question des francs-maçons ici, ce n’est pas un secret comme en France. J’avais visité la loge de Winnipeg pendant l’équivalent des journées du patrimoine et c’était vraiment intéressant !

      Pour l’entretien, tu me poses une colle. Je pense que si, les bâtiments sont chauffés au minimum histoire de ne pas les détériorer plus, ça serait trop compliqué sinon. Je me renseigne et je te dis !

      • Merci pour ces précisions 🙂

        Wow, des registres de presque 100 ans !
        Est-ce qu’au Canada, les FM œuvrent plus ou moins publiquement, comme en UK ?

        Si ils chauffent les bâtiments en hiver, avec vos -40°C, ce doit faire une sacrée facture au bout de quelques années. Après, c’est sûr que pour les conserver en bon état, il ne doit pas y avoir beaucoup d’autres solutions avec de tels hivers.
        J’imagine qu’ils déplacent quand même les livres et autres objets fragiles ailleurs, lors de la fermeture hivernale..?

        • J’ai ta réponse, de la directrice du musée 🙂
          « In the winter the buildings are closed, though they are not heated. The artefacts are changed in rotation so that the same artifacts are not exposed to the changing climate all of the time. Like most small pioneer villages, we are limited to the resources to climate control our exhibits and heritage buildings. Every spring we do a massive condition report process to assess any damages to the buildings and artefacts »

  • L’eglise orthodoxe est vraiment belle, c’est vrai que j’avais vu des musees similaires en Alberta, avec toute un village reconstitue.
    Ils abordent el sujets des Autochtones et des consequences de la colonisation? Ou juste le « trade » et un tippee?

    • Touché… La question des Autochtones est gérée très très différemment ici par rapport à la Colombie Britannique. C’est tabou, surtout à la campagne (ce musée est au rural). Je crois que c’est abordé seulement au Musée des Droits de la Personne.

      • Merci C’est intéressant pour moi car j’ai vraiment vu la progression ici de quelque chose qui était tabou à un sujet proéminent et qui fait maintenant parti de beaucoup de décisions prises par le gouvernement et qui a des répercussions (positives) sur mon travail. Mais je dois dire que j’ai souvent été choquée par les commentaires de certains amis venant justement du Saskatchewan (j’ai épelé ca correctement du premier coup ! :O )
        Bref, j’espère que c’est un débat qui fera aussi son chemin vers le reste du Canada. C’est après tout une partie primordiale de l’histoire canadienne.