Enseigner le français à l’étranger #4 : en Australie

Ce mois-ci, c’est Marion qui participe à la rubrique d’enseigner le FLE à l’étranger. On a un parcours similaire elle et moi : elle a pas mal bougé jusqu’à ce qu’elle trouve l’endroit qui lui convienne. J’étais particulièrement curieuse d’avoir son opinion sur l’Australie, puisque j’y ai aussi vécu pendant un an et exercé deux fois comme prof de FLE. Ça me fascine de lire les expériences de gens qui ont réussi leur expatriation dans un endroit avec lequel j’ai eu plus de mal.


Dans quels pays tu as habité, enseigné ? Lequel tu as préféré ?

Ma première expatriation remonte à l’année scolaire 2008-2009, lorsque je suis partie en Irlande comme fille au pair pour pratiquer mon anglais pour ensuite mieux réussir ma licence d’anglais. Quant à ma première expatriation liée au monde du FLE, elle date de 2011, lorsque je suis partie le temps d’un été en stage dans une association à Cracovie en Pologne, entre mes deux années de Master !

Après un passage en France pour un semestre de cours à la fac pour mon Master 2 de FLE, je suis partie début 2012 enseigner pour mon dernier semestre en tant qu’étudiante stagiaire dans une Alliance Française au Canada. J’étais alors basée à Halifax, dans les provinces maritimes.

Puis je suis repassée par la France pour finir mon Mémoire, faire ma soutenance, enfin finir mes études, et je suis immédiatement repartie enseigner à l’étranger ! Je me suis retrouvée, pour l’année scolaire 2012-2013, dans la campagne anglaise du Suffolk, où j’étais assistante de français dans l’un des collèges de la ville de Lowestoft.

Puis je suis partie en Australie ! Pour la première fois, juste après mon année en Angleterre, avec un Working Holiday Visa, il y a bientôt quatre ans, et j’y habite de façon permanente grâce au Visa De Facto depuis maintenant plus de deux ans ! J’étais venue la première fois en WHV parce que j’avais envie d’explorer le pays et cette partie du globe, voir de nouveaux paysages, tout en parlant anglais, langue que j’adore ! Je ne comptais pas forcément enseigner le français.

Puis j’ai rencontré mon chéri qui est australien pendant mon année en WHV. Et après une parenthèse de six mois en France où j’ai enseigné le FLE dans une école de Toulouse, maintenant nous habitons ensemble depuis plus de deux ans, en Australie, dans la région de Margaret River, dans le sud-ouest du pays. Et je me suis mise à mon compte : je suis donc désormais prof de français freelance en Australie !

J’ai adoré vivre dans chaque pays où je me suis expatriée ! C’est vraiment difficile de dire quel pays a été mon préféré, chaque pays a ses qualités et ses défauts, mais vraiment chaque expérience a été positive et je n’ai jamais eu de mauvaises surprises.

Et chaque expérience dans le FLE a été très différente et diversifiée. Mon experience actuelle en tant que freelance est vraiment mon experience préférée grâce à toutes les libertés que le statut d’auto-entrepreneur me permet d’avoir, et le fait d’être mon propre patron !


Comment tu es tombée dans le FLE ?

Je suis tombée dans le FLE un peu par hasard en fait. Lorsque j’ai eu mon bac littéraire, je ne savais pas du tout quoi faire ! Je savais juste que je voulais pratiquer les langues étrangères. J’ai donc fait une année en LEA anglais-espagnol qui fut une catastrophe : les seuls cours qui me plaisaient étaient les cours d’anglais, je me suis donc réorientée en licence LLCE anglais.

Puis je me suis expatriée pour la première fois pendant ma licence et je suis partie comme fille au pair en Irlande, et ce fut la révélation : j’ai adoré parler anglais au quotidien, et surtout j’ai adoré vivre à l’étranger !

Une fois revenue en France, je ne pensais qu’à une chose : repartir ! Mais comment ? Et là, une amie de fac m’a parlé par hasard de l’option FLE pouvant être suivie pendant la dernière année de licence d’anglais, je me suis alors inscrite à cette option par curiosité. Et j’ai juste adoré ! J’ai alors intégré le Master FLE dans le but de devenir professeur de français, et idéalement en pays anglophone.

Et après mes différentes expériences, je me retrouve donc aujourd’hui comme prof de français à mon compte en Australie !

enseigner français australie


L’enseignement en Australie, ça donne quoi ?

 

Ne travaillant pas dans l’Éducation Nationale australienne, je ne peux pas vraiment parler des spécificités de leur système éducatif. Tout ce que je peux dire, c’est que le français n’est en général enseigné que dans les grandes écoles des grandes villes. Dans la campagne où je vis, peu d’écoles proposent l’apprentissage de langues étrangères, et si elles en proposent, ce sera pour apprendre l’indonésien ou d’autres langues asiatiques !

Il m’était impossible de trouver du travail comme professeur de français dans une école de cette région : le français n’y est pas enseigné, et de toute façon mon diplôme français n’est pas reconnu (oui oui, on parle bien d’un Master ! Si vous voulez travailler dans l’Éducation Nationale australienne, vous devez avoir fait vos études en Australie) (Note : le PGCE britannique est aussi reconnu, mais après avoir payé une équivalence à plusieurs centaines de dollars).

Je me suis alors mise, de façon officielle et déclarée, à mon compte, et je donne des cours privés ou en petits groupes dans toute la région où j’habite ! Il n’y a pas dans ma campagne un public suffisamment grand pour monter une vraie école, avec des bureaux et des salles de classe par exemple. Mais je m’en sors finalement bien en travaillant seule et en proposant ce genre de cours, au domicile de mes étudiants. La région de Margaret River est une région viticole et une destination très prisée pour la retraite, mes étudiants sont donc en majorité des retraités adorables, des oenologues qui vont travailler en France, ou même des jeunes qui aiment voyager et qui veulent apprendre une autre langue ! J’ai un public très varié, très motivé, je suis mon propre patron, je fais les cours que je veux mais mes étudiants apprécient le fait que je construise des cours structurés comme en école linguistique et adaptés à leur niveaux et leurs besoins, l’ambiance est toujours très sympa et détendue… Bref, je m’éclate dans ce que je fais ! J’aime aussi le fait que je me diversifie, j’aime de temps en temps faire autre chose que préparer et donner mes cours, comme par exemple créer des jolis flyers ou encore faire la pub de mes cours sur le net et les réseaux sociaux !


Et la vie en Australie ?

Géniale ! J’ai toujours eu beaucoup de chance, je n’ai jamais eu de problème à m’intégrer ou à travailler en Australie. Mais lors de ma première année quand j’étais en WHV, j’ai dû faire quelques compromis : il peut être difficile de s’intégrer en étant en WHV car on est techniquement que de passage, et les conditions de travail pour les backpackers peuvent être juste horribles. Je savais que je ne trouverais probablement pas de travail dans le FLE donc pour commencer j’ai été au pair pour quelques mois, comme j’avais fait en Irlande, et je n’ai jamais regretté ce choix car il m’a permis de rencontrer de nombreux locaux, en plus de vivre la vie de backpacker !

Puis lorsque je suis revenue en Australie pour m’y installer avec mon homme avec le visa De Facto, m’intégrer et me faire des amis a été facile car je suis en couple avec un local, et j’habite dans un petit village vraiment sympa où il est très facile de s’intégrer (même pour un backpacker, c’est beaucoup plus facile que dans les grandes villes) Trouver du travail dans le FLE a été impossible mais mon petit business en freelance marche bien, donc tout va bien !


As-tu un blog, des réseaux sociaux, quelque chose à ajouter ?

J’ai créé mon blog Voyages de Prof lorsque je me suis installée en Australie, j’y parle de ma vie en Australie, de mon métier dans le FLE et ma vie en freelance, et aussi de mes anciens voyages et expériences d’expat ! Je suis également présente avec mon blog sur Instagram, Facebook, et Hellocoton sous le pseudo Voyages de Prof.

J’ai également un compte Instagram et une Page Facebook pour mon petit business, sous le pseudo South West French Lessons !

Et un grand merci à Kenza pour m’avoir invitée dans cette rubrique! 🙂 (mais de rien !)

11 Commentaires

  1. Caroline
    25 février 2017 / 13h31

    Très beau témoignage 🙂 (avec quelques similarités avec mon expérience « LLCE anglais, oh tiens, un parcours FLE en 3ème année, pourquoi pas ^^? » et l’expérience de jeune fille au pair en Irlande) Très belle continuation à toi !

    • 26 février 2017 / 19h06

      Je crois que vous avez toutes été au pair en Irlande à un moment ou à un autre :p

  2. 26 février 2017 / 16h54

    Très intéressant ce témoignage!!
    Cela me donne envie de me renseigner sur le master FLE, bien que je ne sache pas s’il m’est accessible (je suis en DUT Techniques de Commercialisation). Enseigner le français à l’étranger, c’est un bon moyen de voyager…
    Cela faisait un moment que je n’étais pas venue ici, je vais aller jeter un œil aux autres articles de cette rubrique.

    Des bisous,
    Lison

    • 26 février 2017 / 19h08

      Salut Lison ! non, déjà sans licence tu ne pourras pas accéder au master et il faut que cette licence ait une mention spécifique (FLE justement). Il y a un diplôme équivalent qui s’appelle un DU de FLE et qui permet d’entrer en master mais comme il est de niveau L3, je ne suis pas sûre que tu puisses le passer sans avoir de licence en cours ou terminée.

      • 27 février 2017 / 0h26

        Merci pour ta réponse, je sais effectivement qu’il faut valider une licence pour accéder au Master, de toutes façons je souhaite aller jusqu’à un niveau Master (en validant une l3), ceci dit je ne pense pas pouvoir accéder à une licence de langue avec la mention fle après mon dut, mais je vais me renseigner sur le DU aussi alors, on verra bien…

        • 28 février 2017 / 18h37

          Bonjour, je voulais juste revenir sur la mention FLE en L3 pour l’accès au Master. Certaines universités, comme celle de Tours, acceptent les candidatures des étudiants ayant une licence même sans cette option FLE. 2 cas de figures : vous avez une expérience (une année d’assistanat par exemple) et vous êtes un élève « normal » ou bien vous serez accepté dans le master mais devrait suivre un ou deux cours en plus (avec les L3 justement) pour rattraper ce petit manque au premier semestre de la formation. C’est l’université en question qui jugera ce qui est nécessaire dans votre cas spécifique.
          Je ne sais pas si cela s’appliquer à la situation de Lison et son DUT mais je voulais apporter ma petite pierre 🙂

          • 2 mars 2017 / 7h13

            Merci Clarisse pour ces infos !! Je ne sais pas si ça s’applique à mon cas effectivement mais ça vaut le coup de se renseigner quand même. Quand tu dis que l’option FLE n’a pas à être obligatoirement suivi en l3 suivant les cas de figure, une l3 en langue est tout de même nécessaire ou justement certaines universités acceptent des étudiants venant de d’autres licences ? (si on a un bon dossier et une éventuelle expérience d’assistanat comme tu l’as dis)

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