Cambodge – le village flottant de Kompong Chhnang

En février dernier, je suis allée en Asie pour la première fois : douze jours au Cambodge et trois en Malaisie. Il est donc temps de donner un nouveau virage aux articles du blog et de varier un peu des récits australiens (même si je suis en train de préparer mon bilan exhaustif de cette année). Ce voyage et ces pays n’ont ressemblé à rien de ce que je connaissais et cela m’a ouvert les yeux sur pas mal de choses. Il faut d’abord que je vous explique pourquoi je suis allée de ce côté-là de la planète et je vais ensuite procéder par ordre chronologique, la première étape étant le village flottant de Kompong Chhnang.

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Pourquoi je suis allée au Cambodge.

Tout commence au printemps 2014. Je cherche du travail et je guette les offres en Asie. Je postule pas mal en Chine, j’ai un entretien manqué pour Hong Kong, Singapour me rejette et tout se joue entre Melbourne et Kuala Lumpur. Avoir obtenu le poste en Australie me permet de reculer pour peut-être mieux sauter. Malgré mes envies d’Asie, je ne sais pas si cela me plairait ni comment je le vivrais au quotidien. Je pars donc en Australie.

La toute première personne qui a su que j’avais eu le job en Australie, parce que je la voyais pour un café l’après-midi où l’email est arrivé, c’est Fabienne. Lecture mutuelle de blogs et plusieurs messages plus tard on a passé quelques heures au Starbucks. On s’est bien entendues et après son propre départ au Cambodge, on a commencé à discuter de plus en plus. Et j’ai été lasse de lancer un énième « j’aimerais bien venir te voir » alors que mes propres amis me l’ont trop dit.

En octobre-novembre, je ne supportais plus de vivre en Australie mais début décembre on m’a offert un poste en or comme chargée de TD à l’université. J’allais donc rester, mais pour mieux revenir il fallait partir. J’ai donc franchi le pas et après quatre semaines de road-trip le long de la côte est, j’allais aller en Asie, pour la voir.

C’était un pari : passer deux semaines avec une presque-inconnue que vous connaissez quand même un peu par claviers interposés. Qu’elle m’accueille dans son quotidien, dans sa vie, dans ses habitudes. Mais ça a réussi, comme ça avait réussi avec Jasmin qui m’avait ouvert les portes de chez elle à Toronto (merci).

Enfin bref, les blogs c’est cool et j’ai pris mes billets d’avion. Il me semble que j’en ai eu pour huit cents dollars pour faire Sydney – Phnom Penh puis Phnom-Penh – Kuala Lumpur et Kuala Lumpur – Melbourne en deux billets séparés. C’était un budget, surtout en ayant volé avec Air Asia. Les compagnies non low-cost étaient hors de prix.

Une arrivée un peu surréaliste.

Après huit heures d’avion, il est 7h du matin et je débarque à l’aéroport de Phnom Penh. Au Cambodge il y a besoin d’un visa mais qui peut se faire à l’arrivée contre trente dollars américains et une photo d’identité. Oui, la monnaie officielle du pays est le dollar US, sauf pour les centimes qui se comptent en riels. Un dollar vaut quatre mille riels. Il n’y a pas de pièces, uniquement des billets. Je fais trois fois la mauvaise queue, écrasée par la moiteur lourde qui règne dans l’aéroport. Je finis par prendre les files dans le bon ordre et moins d’une demi-heure après, j’ai mon visa.

Si je peux raconter mes voyages avec plusieurs mois de décalage, c’est parce que je tiens un carnet presque au quotidien quand je pars. Pour me citer :

J’attendais Fabienne et je souriais du joyeux bordel à la sortie de l’aéroport. Le sourire est passé.

Le sourire est passé parce que ce premier jour au Cambodge a été une vraie claque. On a été dans l’un des coins les plus pauvres du pays directement après mon arrivée, traversant juste Phnom Penh pour attraper le bus qui nous emmenait à Battambang via Kompong Chhnang. Passer du luxe et de la société de consommation australienne à un endroit où les gens n’ont rien m’a fait très bizarre.

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Kompong Chhnang.

Le bus nous a larguées à une intersection. On ne sait ni quand ni comment on va repartir mais on veut aller voir le village flottant. J’ai mon sac à dos de douze kilos sur le dos, il n’y a aucun tuktuk à l’horizon et pas un passant ne peut (ou ne veut) nous indiquer ce qu’on cherche. Ca ne commence pas très bien.

Mais en suivant la route principale on finit par voir de l’eau, on s’approche du but. Un homme nous aborde et nous propose un tour en bateau. On accepte – et on y va.

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Affublées de deux gilets de sauvetage orange fluo, on commence la balade. Ce village sur l’eau comporte des rues, des magasins, des taxis, les maisons ont des antennes télé et les habitants font la sieste dans leurs hamacs. La barque tangue, il faut parfois déloger d’autres bateaux ou des bouts de bois, et on se voit tomber dans l’eau sale du Tonlé Sap. Mais on a survécu !

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La balade est d’une beauté triste. Nous sommes les seules touristes de Kompong Chhnang, repérables à des kilomètres. Et pourtant… jeunes ou vieux, tous manient les barques et vaquent à leurs occupations. On s’immisce dans leurs vies en jetant des coups d’oeil pour essayer d’apercevoir l’intérieur de leurs maisons flottantes. J’ignorais que ce genre d’habitations existait. Je savais que des gens pouvaient survivre avec rien ou pas grand-chose mais je n’avais jamais vu d’enfants jouer nus dans les ordures. Difficile de ne pas se sentir comme un riche touriste blanc un peu voyeur à ce moment-là.

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Et pourtant, l’appareil photo est sorti pour voler à la dérobée quelques portraits et des images. Il m’a fallu une bonne journée pour ne plus ressentir ce malaise, ne plus être overwhelmed. Et je regrette pas cette promenade en bateau à Kompong Chhnang, ce Cambodge moins touristique loin des temples d’Angkor et de l’ostentation d’endroits comme le Palais Royal de Phnom Penh.

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Y aller : Kompong Chhnang est entre Phnom Penh et Battambang. Les bus ne s’arrêteront que si vous le demandez et vous devrez payer tout le trajet (8 dollars il me semble).

En partir :  on s’est mises à l’endroit où le bus nous avait déposées et on a attendu qu’un bus passe tout en négociant le prix du trajet sans qu’il s’arrête et montant presque en marche.

Le tour en bateau : la balade en barque se négocie à cinq dollars pour une heure.

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16 Commentaires

  1. 15 juillet 2015 / 8h53

    J’adore ce genre de découverte, même si je pense que j’aurais eu le même sentiment de gêne. Merci, j’ai hâte de découvrir la suite !

    • 16 juillet 2015 / 10h01

      Mais de rien Florence, ça arrive <3

  2. 15 juillet 2015 / 12h54

    J’aime beaucoup les photos ainsi que le récit. J’imagine assez bien ce que tu as pu ressentir en te promenant comme ça, au milieu de ces populations pauvres – ou du moins, j’essaye d’imaginer. L’idée du carnet dans lequel tu notes tout est excellente, ça évite d’oublier ce qu’on a ressenti au moment du voyage.

    Bref, vivement la suite du récit de ton voyage en Asie ! xx

    • 16 juillet 2015 / 10h01

      La suite est un plus joyeuse, plus positive, plus bordélique aussi haha ! A bientôt !

  3. 19 juillet 2015 / 4h19

    J’ai hate de lire tout ce que tu as fait au Cambodge ! je devrais y passer en janvier/fevrier prochain… ca va me donner des idees et du courage 🙂

    • 19 juillet 2015 / 15h22

      J’espère que d’ici là j’aurais tout raconté 😀 je te mettrai en relation avec ma copine Fabienne si tu veux, elle te donnera plein de tuyaux. Et je t’assure, tu n’as pas besoin de courage, juste d’ouvrir grand les yeux !

  4. 19 juillet 2015 / 21h14

    Oh quelle surprise tu es passée dans mon pays d’origine ! J’ai de plus en plus d’amis qui s’aventurent à visiter d’autres coins moins touristiques et ça leur a fichu une bonne claque aussi… et si on peut dire ‘dans le bon sens du terme’. J’adore profondément ce pays et les gens là-bas… j’attends la suite avec impatience !

    • 21 juillet 2015 / 19h38

      Coucou Thea ! Oui j’ai passé douze jours au Cambodge pour rendre visite à une amie qui y habite un an. J’ai adoré tout en étant à la fois super surprise et dépaysée. J’ai hâte que tu lises la suite pour me dire ce que tu en penses !

  5. 3 août 2015 / 13h37

    Je ne connais pas du tout l’Asie. Je suis contente de la découvrir ici.

  6. Elé
    10 août 2015 / 16h23

    Et comment j’avais loupé cet article ?Ca me rappelle l’épisode de Rendez-vous en terre inconnue en Indonésie, aussi des villages flottants. Jolies photos 😉

  7. 2 octobre 2015 / 3h17

    Coucou Kenza !! Et bien j’ai ENFIN un peu de temps pour lire tes récits sur le Cambodge. Je les attendais avec impatience !! Et je ne suis pas déçue, surtout des photos, elles sont magnifiques et me font revivre pleinement mes moments passés là-bas… merci pour ça. Honnêtement j’en suis émue tellement ce pays me manque… Un ami très proche a eu les mêmes ressentis que toi lors de son voyage là bas. Lui, français de souche qui n’avait lhabitude que de voyager aux etats-unis, europe et autres pays ‘riches’ hahah il a reçu une bonne claque, et maintenant il est beaucoup moins matérialiste qu’avant. Une beauté triste, c’est tout à fait ça… Dire qu’avant le génocide, ce pays était l’un des royaumes les plus puissants de l’Asie de l’est… Merci pour cet article 🙂

  8. MIET
    2 mars 2016 / 21h40

    Bonjour merci pour ces photos du CAMBODGE (KOMPONG chnang)je vais DS ce village avec l un de mes beaux fils et de amis (es)au mois d avril NOUS y allons pour installer des filtres a eau etc….merci encore

  9. 15 octobre 2017 / 15h18

    J’ai deux ans de retard et tu n’as même pas fini de tout raconter. Je ne sais pas ce qui m’attend au Cambodge, j’ai hâte d’y être et je suis très ambivalente sur la découverte des villages flottants. Je n’aime pas le tourisme de la misère. Mais je sais que si j’avais un voyage prévu aux Pays-Bas, j’irai voir ce quartier complètement construit sur l’eau (je ne sais plus dans quel coin), car les vies différentes m’attirent comme un aimant. Enfin, j’ai encore quelques jours pour me décider (je prends l’avion samedi). En attendant je vais lire tes autres articles.

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