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Les coutumes canadiennes que j’ai adoptées

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Nouveau mois = nouveau rendez-vous des #HistoiresExpatriées ! C’est Maëlle du blog Océane’s Family a choisi le thème d’avril : les coutumes ou habitudes qui sont devenues les tiennes. Je me focaliserai pour cet épisode que sur le Canada, parce que même si comme mon accent anglais, ma personnalité a hérité de toutes mes expatriations, c’est plus simple et bien plus tangible au quotidien.

Les habitudes que j’ai adoptées

  • Se déchausser

Les Canadiens se déchaussent systématiquement en entrant chez quelqu’un, été comme hiver. C’est déjà quelque chose que je pratique depuis enfant donc ce n’est pas une nouvelle coutume pour moi mais c’est tellement agréable de ne pas avoir à dire aux gens de retirer leurs chaussures lorsqu’ils entrent chez vous.

  • Côté argent

Certaines habitudes sont à prendre rapidement et automatiquement au Canada du point de vue financier :
– les prix sont affichés hors taxes, il faut donc ajouter les montants (8% pour la taxe provinciale au Manitoba et 5% pour la taxe fédérale) en passant en caisse,
– donner du pourboire à la fin d’un repas au restaurant mais aussi parfois pour un café ou un repas à emporter est socialement, normativement obligatoire
– il faut annoncer son mode de paiement à la caisse, visa, debit, cash
– et il faut payer chaque mois la facture de sa carte de crédit, qui fonctionne un peu comme une carte française à débit différé.

  • Tenir la porte

Ca paraît bête mais il est très important de tenir la porte, même si la personne derrière soi est encore à plusieurs mètres de distance. Sauf en hiver à la limite, parce qu’il fait froid, l’inverse est toléré. Mais je déteste me prendre une porte dans la figure, c’est un manque complet de savoir-vivre pour moi maintenant.

  • Abandonner le parfum

Autre point un peu étrange, le Canada vit dans un monde olfactivement neutre : dans la plupart des bureaux du gouvernement et des bâtiment publics, les parfums sont strictement interdits. Je me suis fait une fois escorter partout car mon pull sentait trop fort l’adoucissant et je courais le risque de me faire réprimander (true story). Il ne faut pas sentir ni en bien ni en mal, il ne faut rien porter de parfumé, des affiches rappellent partout de respecter son prochain et à force de vivre dans ce monde désodorisé, je suis devenue à mon tour super sensible à tous les parfums un peu trop forts. On peut acheter des enveloppes protégeant contre les odeurs à la poste aussi. Par contre c’est pratique, le parfum permet de reconnaître un Français d’un Canadien dans une pièce fermée (on accueille les permanences consulaires à l’Alliance, et ces jours-là, c’est bien un coin de France au Manitoba).

  • Veiller aux allergies

Toujours dans cet esprit de respect de l’autre, il n’est pas rare d’entendre des gens demander à la cantonade si personne n’est allergique aux noix / cacahouètes / etc. en mangeant un snack en public. Les allergies alimentaires sont très courantes. Le jour où j’ai demandé avant d’ouvrir ma barre de céréales devant un groupe d’étudiants si personne n’avait d’allergies, j’ai eu l’impression de faire un bond puissance mille vers l’intégration culturelle.

  • Amener sa propre boisson à une fête

Et enfin toujours du point de vue social, en allant à une fête, on amène son propre alcool et on ne partage pas. On ramène ensuite ce qu’on a pas bu chez soi. La conception du partage n’est pas la même, à cause des coûts, et d’un certain côté individualiste aussi. Au restaurant, on ne divise pas l’addition par le nombre de convives, chacun demande la sienne et paye sa part.

coutumes canadiennes à adopter

Les habitudes que je suis en train d’adopter

  • Poser des lapins (mauvaise habitude)

Les Canadiens ne sont pas très fiables socialement. Poser des lapins sans prévenir est très courant et c’est normal d’inventer des prétextes quand on ne veut plus se rendre quelque part ou honorer la promesse d’un rendez-vous. Et si vous êtes à une fête, il suffit de glisser à l’hôte que vous partez si vous êtes poli, mais vous pouvez tout simplement vous éclipser sans dire au revoir, personne n’en sera offusqué.

  • Porter des leggings pour sortir 

J’ai un vieil article sur mon blog où je disais que je pensais que je ne mettrai jamais de leggings. Et bien, depuis que je vis au Canada, j’ai pris cette mauvaise habitude. Au début, c’était seulement pour aller faire du sport. Maintenant c’est aussi pour aller me promener… le leggings envahit ma vie.

  • Être obsédée par la météo 

Je regarde la météo tout le temps… au moins trois ou quatre fois par jour. C’est nécessaire, tout change tellement rapidement, en ce moment on a du ressenti négatif le matin et plus 15 l’après-midi. S’habiller est difficile en toutes saisons (sauf en été, où il fait très chaud). Les applications intégrées aux téléphones ne sont pas suffisantes pour gérer la météo canadienne; les ressentis éoliens et les nuances de sens (il y a cent cinquante expressions rien que pour décrire la neige) donc il faut une app locale : Météo Média / Weather Channel.

  • Manger à 18h 

Habitude très anglo-saxonne que je décriais quand je vivais en Angleterre mais en vieillissant, en fait, c’est pas si mal de manger tôt ! Ça évite de grignoter, ça permet de gagner du temps sur la soirée… Quand je peux, j’aime bien. Ce n’est pas souvent parce qu’en général je finis le travail à 20h30 mais le week-end cela nous arrive de plus en plus de dîner aussi tôt.

Les habitudes que je n’adopterai pas (a priori)

  • Revisiter l’hymne national

C’est très winnipegois : l’équipe locale de hockey s’appelle les Jets, et toute la population les soutient fièrement. Le groupe propriétaire des Jets s’appelle True North. Et l’hymne national canadien contient ces mots, True North strong and free. Donc, lorsque l’hymne national est chanté avant un match des Jets, à domicile au centre Bell MTS mais aussi à l’extérieur, les spectateurs gueulent TRUE NORTH et se remettent ensuite à chanter normalement. Démonstration dans la vidéo Youtube ci-dessous.

  • Le bavardage avec des inconnus

Socialement encore, il faut absolument maîtriser l’art du chit chat, du small talk. Tout le monde veut tout le temps faire la conversation : un autre passager à l’arrêt de bus, une caissière, n’importe qui, tout le temps. Il faut parler de météo et de banalités au quotidien. D’ailleurs, quand on arrive à la caisse ou quand on a besoin d’interagir avec quelqu’un, on doit dire “how are you today ?” – la personne s’en fiche de la réponse, mais c’est juste normal. J’ai l’impression d’être tellement malpolie quand je pose directement une question sans m’embrasser de ces fausses politesses. Pareil au resto, quand vous mangez, le serveur – la serveuse viendront vous voir au moins deux fois pour demander si vous aimez votre plat et en payant ils vous demanderont ce que vous comptez faire pour le reste de la journée / la soirée / le week-end.

  • Chercher des connaissances en commun

Il y a une autre coutume sociale qui est je pense seulement winnipegoise : trouver les connections avec les gens. La règle des six degrés de séparation est réduite drastiquement à deux à Winnipeg, alors qu’on vit quand même dans une ville de près de 900,000 habitants. Tout le monde connaît tout le monde. Du coup il est fréquent lors du premier cours que j’entende les étudiants s’interroger sur leurs vies pour essayer de trouver leurs connaissances communes.


Cet article participe au rdv mensuel des #HistoiresExpatriées initié par l’Occhio di Lucie. Rejoignez-nous !

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11 commentaires

  • Le small talk est aussi présent à New York, cela m’avait surprise lors de mon séjour, alors même que les gens sur place m’expliquaient que les new-yorkais étaient rudes et malpoli car ils ne le faisaient quasiment jamais. J’avais du mal à concevoir ce que c’est que de le pratiquer vraiment.
    Mais j’avais que j’aime bien.
    Tu devrais te noter de revisiter ton article dans un an pour voir si tu as évolué !

  • Interessant, très similaire au Royaume Uni. Par contre le coup de poser des lapins c’est vraiment pas cool enfin si c’est accepte. D’un point de vue logistique ca doit quand même être assez frustrant si tu prévois par exemple une soiree pour 15 personnes et que la moitié ne vient pas au dernier moment. Ps: je mange aussi a 18h maintenant 🙂

  • Marrant tout ça ! Je pratique le déchaussage et mes amis savent qu’ils doivent le faire, mais la plupart des Français ne SUPPORTENT PAS. C’est viscéral. Ils ont l’impression que je leur demande d’être en slip. C’est pourtant de l’hygiène de base à mes yeux ! (surtout en France où les rues sont vraiment dégoûtantes)
    Je vois pas mal d’habitudes communes avec les Etats-Unis.
    Depuis que je vis en province, je parle plus facilement avec des inconnus, je ne sais pas si c’est la région où je vis ou juste “la province”, mais ça se fait bcp plus. Et j’aime relativement bien.
    Juste une chose… 😉 conneXion en français (tout le monde se trompe, c’est fou) !
    Bonne fin de semaine, Kenza

  • Ahlala cet article, j’adore! Je ne m’attendais pas du tout au truc du parfum, c’est fou, je n’avais pas remarqué.

    Par contre, dîner à 18h? Y’a pas moyen, j’y arriverais jamais. OK je crève la dalle en quittant le travail mais je préfère prendre un quatre-heures (truc bien belge quoi) et puis manger plus tard 😀 Au Portugal, je mangeais même à 23h des fois…

  • On me dit souvent le contraire, que se déchausser n’est pas une coutume canadienne! Chez nous on ne s’est jamais posé la question, ça me paraît inimaginable de garder des chaussures. On a toujours enlever les chaussures chez moi en France, idem pour Feng en Chine.

    Comme toi, j’ai finalement laissé tomber l’habitude de mettre du parfum. Oh, il y a bien… 10 ans? Ça date de quand je travaillais dans des bureaux. Je n’ai jamais eu de réflexion, mais j’avais l’impression de détonner dans un environnement sans odeurs.

    Impossible pour moi de manger à l’heure anglaise, par contre, je maîtrise le small talk 😉

  • Excellent article. Je trouve amusant que certaines coutumes qui sont nouvelles pour toi étaient déjà habituelles pour moi en France. Les différences culturelles ne sont pas seulement entre pays mais bien aussi au sein d’un même pays.

  • Super intéressant comme article (et comme thème) 🙂
    Je ne savais pas du tout que poser un lapin était courant ! Tu m’as fait rire pour le legging, je pense qu’on était nombreuses à se dire qu’on ne le porterait que chez soi… Pour se retrouver à finalement l’adopter au bout de plusieurs mois/années, histoire de se fondre dans le paysage et surtout parce qu’on en voit tellement (idem aussi ici, à Amsterdam) !
    Belle journée,
    xx