S’expatrier sans parler la langue, le hongrois et moi

Ne pas parler la langue de mon pays d’expatriation était ma plus grande crainte en arrivant en Hongrie. Professionnellement, l’idée ne me gênait pas : je suis prof de français, je voulais justement ne pas pouvoir communiquer avec mes élèves pour qu’on utilise la langue cible en classe. Dans les faits, on parle anglais, tant pis. Par contre dans la vie de tous les jours, j’avais peur que ne pas parler hongrois soit un obstacle. Et en effet, ça l’est.

Les premiers jours, il a fallu me faire accompagner partout d’un peu officiel, à la banque, au bureau d’immigration, à la poste. Attendre qu’une collègue parle pour nous, écoute la réponse, nous la traduise avec des pertes d’informations au milieu, on dit ce qu’on a à dire et le ballet croisé recommence. Vous vous en doutez, c’est un peu pénible.

S'expatrier sans parler la langue
Le hongrois.

Bien sûr, je me disais, mais Budapest, c’est une capitale, les gens parlent anglais ! Oui et non. Certains le parlent, des guichets spéciaux sont mis en place dans les banques ou services. D’autres le comprennent mais refusent de prononcer un mot. Quand on sort du centre-ville, le reste de la population, les caissiers de mon supermarché, les employés au guichet du métro ou de la poste, le personnel non enseignant de l’école, les gens qui demandent des directions dans la rue, la boulangère, mes voisins, ils ne parlent pas anglais. Russe peut-être pour certains après le communisme, mais c’est tout (et je parle pas russe). La plupart des Hongrois ne parle que le hongrois.

Et le hongrois… c’est une des langues les plus difficiles du monde. C’est une langue finno-ougrienne, qui appartient au même groupe que le finnois et l’estonien et étrangement le basque, et qui franchement sort un peu de nulle part, les linguistes ne comprennent pas comment ces groupes isolés de population ont pu développer (et maintenir !) leur langue au milieu de toutes les influences autour.

Déjà, pour commencer, l’alphabet hongrois a 44 lettres. 44. Tous les sons sont représentés, donc au moins quand on apprend à lire on peut presque prononcer correctement n’importe quel mot. J’ai mis deux mois à différencier c, s, sc, cs, zs. Les voyelles, on les prononce courtes ou longues en fonction de l’accent qui les orne et certains sons n’existent qu’en hongrois. Démonstration :

S'expatrier sans parler la langue - Alphabet hongrois


Le hongrois, c’est une langue agglutinante, c’est à-dire qu’on accole des suffixes et en plus on doit les décliner, comme en latin, à l’accusatif, au datif… mais la déclinaison change selon les voyelles contenues à l’intérieur du mot. Par exemple, à l’accusatif, le mot peut prendre cinq terminaisons différentes, sans compter les exceptions. Tomates va devenir paradiscomot mais café kávét et beurre vajat. Il y a au moins 18 groupes de verbes différents et en classe, on ne nous a appris à conjuguer que les trois premières personnes, je n’ose même pas imaginer les autres !

Une autre difficulté, c’est que les gens ne sont pas habitués à entendre du mauvais hongrois, même dans les endroits touristiques. Une fois ou deux, j’ai cherché mon mot toute fière sur mon traducteur, je l’ai déclamé mais si je n’avais pas assez allongé la voyelle ou si je m’étais emmêlée les pinceaux, ils ne comprenaient pas du tout. Alors penaude je sors mon téléphone et je montre le mot, ou une image de ce que je veux tout en disant le mot en anglais, mon interlocuteur souvent aussi gêné que moi.

Prendre des cours de langue.

J’ai mis à peu près un mois à me décider et j’ai finalement choisi de prendre des cours, à l’université, avec des étudiants Erasmus. J’y suis vraiment allée à reculons… étant prof depuis maintenant six ans, les formations que je peux suivre ponctuellement me rappellent à quel point je déteste repasser de l’autre côté et être assise sur une chaise à écouter quelqu’un d’autre parler. En tant que prof de langue, j’avais aussi peur d’être nulle, de ne pas y arriver, d’avoir un blocage. Mais en fait non… je suis la première de la classe (#ego). C’est sûrement grâce à ma formation linguistique, à toutes les langues que j’ai apprises (puis oubliées : anglais, espagnol, italien, latin, arabe, néerlandais, allemand) et au fait que les étudiants Erasmus vivent en vase clos et en anglais alors que j’entends du hongrois toute la journée autour de moi. On ne va pas vite et on ne fait pas de grammaire, puisque c’est à la mode dans l’enseignement des langues, mais ça me booste le moral.

Et surtout, prendre des cours m’aide au quotidien. Je suis maintenant capable d’acheter du pain, des viennoiseries, un billet de bus pour un jour et une heure précise, une bouteille de vin, un truc sans ordonnance à la pharmacie, et avoir des conversations très basiques avec une grammaire limitée si mes interlocuteurs miment ou parlent lentement comme quand j’ai passé un week-end en immersion dans une famille hongroise. Par contre, j’en arrive au point où je peux commander quelque chose ou poser une question sans difficultés, mais mon interlocuteur va à son tour me demander quelque chose, répondre ou compléter et là je ne suis plus, je panique, et tous les efforts tombent à l’eau. Et j’ai aussi bien sûr des moments ridicules : j’ai souhaité bon après-midi pendant un mois à toute heure du jour et de la nuit avant d’apprendre les salutations appropriées et j’ai demandé à une élève si elle avait des seins au lieu d’un chat à une voyelle près…

Certains autour de moi pratiquent l’échange linguistique pour progresser dans la langue de leur pays d’accueil. Moi, je ne veux pas, mais c’est un point de vue personnel : je suis prof donc je n’ai pas envie d’aider quelqu’un à apprendre le français gratuitement sur mon temps libre car j’aurais trop l’impression d’être au travail. En plus, je serais très critique envers cette personne non formée à enseigner et à expliquer sa langue maternelle aux étrangers, c’est plus difficile qu’il n’y parait. Après, je reconnais que ça dynamiserait un peu ma vie sociale et me permettrait de rencontrer de nouvelles personnes, locales qui plus est, intéressées par les langues étrangères.

J’adore impressionner les élèves. Ils pensent que je ne comprends pas, mais tout à l’heure, j’ai été plus vite qu’eux à leur traduire un mot. Je ne dévoile qu’à certaines classes que je comprends un peu, ça les rend tout fiers, ils me bombardent de questions sur ce que je sais dire, me font prononcer des trucs (probablement des mots cochons d’ailleurs), trouvent ça trop mignon. C’était important pour moi de faire ce pas vers eux et maintenant que j’ai un premier aperçu de leur système linguistique, je peux mieux appréhender (et corriger) les difficultés qu’ils auront en français.

Magyarul tanulok. J’apprends le hongrois. Dans les commentaires, venez me raconter si ça vous dirait de vous expatrier dans un pays à la langue impossible ou si vous l’avez fait, comment vous avez vécu ça au quotidien !

Edit du 11 décembre : nous avons eu le test de fin de semestre…

38 Commentaires

  1. 26 novembre 2015 / 21h22

    J’ai toujours dit qu’un jour j’apprendrai l’hébreu. J’aime les sonorités et je trouve l’écriture magnifique.
    De plus en plus grâce au travail, je m’intéresse au turc. La communauté turque est importante dans la ville où je travaille et ça me simplifierait la vie si je pouvais le parler plutôt que de montrer des mots traduits par GoogleTrad pour faire avancer un entretien. Il faudrait que je me lance mais apprendre une langue, c’est chronophage et en ce moment, mon temps hors du travail est précieux.

  2. 26 novembre 2015 / 21h42

    Ça ne doit pas être facile du tout…c’est vrai que je suis comme toi, je pense qu’avec l’anglais on s’en sort partout. C’est une erreur! Franchement, je n’aurais jamais osé faire comme rit et parie dans un pays où je ne comprends pas un mot.

  3. 26 novembre 2015 / 22h12

    Idem quand on est parti en Chine !
    Au début, ça nous paraissait vraiment insurmontable… Et puis au bout de quelques mois, c’est comme si qqch c’était débloqué dans notre cerveau… bizarre. Et quel fierté de comprendre ne serait que quelques bribes de conversation.
    Félicitations à toi ! c’est très courageux en tout cas de prendre des cours 🙂

  4. 26 novembre 2015 / 22h42

    Ici aux Pays-Bas c’est plus simple, tout le monde parle anglais !
    Bon, ça motive pas forcément à apprendre la langue locale du coup.

    • 16 mars 2016 / 20h47

      eh ben justement moi je viens de m’y installer a rotterderm, cela fait 3 mois ,je galere toujours a m’madapter ici, et c’ést cher de se permettre des cours je sais pas si tu peux m »aider en me filant des conseils pour la langue , des endroits …..jen prends tt merci d avance.

  5. 26 novembre 2015 / 22h49

    J’ai passe 2 mois au Bresil il y a quelques annees, et du coup j’avais appris quelques mots. Mais c’est vrai que le hongrois, c’est quand meme plus complique!
    Et moi qui pensais avoir un bon niveau en anglais, ca m’a fait un sacre choc quand je suis partie en Ecosse, je ne comprenais rien avec leur accent lol

  6. 26 novembre 2015 / 23h28

    Je suis contente que tu t’y sois mise et que tu progresses ! L’échange linguistique ça permet aussi de faire des rencontres. Les filles que j’ai rencontré comme ça voulaient surtout rencontrer une Française et me parler de la France et de Paris avant leur voyage en Europe. Ce sont devenues des copines avec qui je ne parle que anglais. Mais je comprends que ton côté prof ne puisse pas s’empêcher de prendre le dessus 🙂

  7. 26 novembre 2015 / 23h53

    Comme Sophie je me suis mise au chinois, et si le hongrois et ses 44 lettres font peur, imagine un peu le chinois et ses 150 000 caractères (oui, 150 000 ! Heureusement il n’en faut « que » 2500 pour pouvoir lire le journal…). D’enthousiasmes en moments de découragement j’avance petit à petit dans cette langue, c’est un élément important pour faire un pas vers l’autre mais comme toi j’en suis au moment où ce que je sais dire laisse l’autre croire qu’on peut tenir une conversation, mais j’en suis encore bien loin. Un pas après l’autre…

  8. 27 novembre 2015 / 2h14

    Haha je vois qu’on partage la passion des langues. J’ai aussi appris l’anglais, allemand, italien, russe, polonais, espagnol, cantonais, mandarin et hebreu. Fiou!! Mais je ne garde que l’anglais italien espagnol dans mon CV…
    Sinon, tu as bien du courage de l’apprendre (un mal necessaire??) ca me rappelle un peu le polonais ou je frisais le suicide grammatical.
    Pour ce qui est d’etre dans un pays dont on ne connais pas la langue, hmm il y a bien eu Hong-Kong et Singapour dont les langues officielles sont chinois ET anglais. J’avais appris a parler (ni ecrire ni lire) le cantonais et ca se passait bien, mais ensuite pour le mandarin avec les ideogrammes… c’est une langue tres imagee et poetique mais c’est juste trop dur ! J’ai donc abandonne apres 6 mois…
    Sok szerencsét (??) et tiens nous au courant !!

  9. 27 novembre 2015 / 2h36

    Ca me rappelle mon été en Pologne! j’avais appris à dire les bases, mais après plusieurs semaines on m’avait fait la remarque que la prononciation, ou la déclinaison, était fausse, grrrrrr….
    Sinon concernant les échanges linguistiques : l’an dernier j’ai du passer 6 mois en France, j’étais prof, et j’en ai profité pour me remettre à l’espagnol : j’ai proposé à une de mes étudiantes hispanophones de faire un échange linguistique… qui s’est rapidement transformé en beuverie bilingue!!! On se voyait une fois par semaine et toujours avec un verre, ou 2, ou 3, c’était juste trop drole, et que de la conversation, pas un vrai cours, c’est pour ca que c’était si cool!!! je ne me sentais pas du tout comme étant en train de travailler!!! Tu devrais essayer, même s’il s’avère que finalement ca ne te plait vraiment pas! On ne sait jamais!!

  10. 27 novembre 2015 / 2h45

    J’ai passé deux jours à Budapest l’été dernier et j’ai trouvé qu’on s’y débrouille sans problème quand on y est en tant que touriste et qu’on parle anglais. Pour le reste, ça me fait penser à mon séjour en Islande où j’ai bataillé avec les déclinaisons, les trois genres et surtout la prononciation ! Mon niveau A1 est maintenant bien loin…
    Heureusement que tout le monde (ou presque) là-bas parlait anglais.
    Bon courage pour l’apprentissage du hongrois !

  11. 27 novembre 2015 / 9h14

    Merci pour ce billet dans lequel je me suis reconnue et vais me reconnaître encore l’année prochaine !
    Déjà, chapeau bas pour le hongrois, c’est l’une des langues qui m’effraie du point de vue grammaticale (avec les langues du Caucase qui ont l’air bien balèzes aussi).
    J’ai passé 3 semaines au Japon en septembre avec mon copain (japonais qui apprend le français avec moi en France) et c’était tellement frustrant de ne presque rien comprendre. Je comprenais seulement de quoi on parlait mais pas plus. Il faisait la traduction et je le pressais toujours d’un « quoi ? qu’est-ce qu’il dit ? vous parlez de quoi ? ». J’étais de l’autre côté puisque c’est son quotidien à lui en France.
    Je ne me fais pas de soucis pour toi pour l’apprentissage du hongrois. Plus on apprend des langues, plus vite on en apprend :).
    Je crois que je n’ai jamais aussi bien compris la grammaire en étudiant le russe. Maintenant, c’est au tour du japonais !

  12. 27 novembre 2015 / 9h29

    Bon courage pour l’apprentissage. Je suis nulle pour les accents et bataille deja avec certains mots belges et anglais niveau prononciation donc chapeau Miss!!!

  13. 27 novembre 2015 / 10h21

    Mon Dieu, le hongrois, rien qu’au nom, ça sent la langue impossible à piger pour mon cerveau. Je m’en sors bien avec l’anglais (binge-watchage de séries télé en VO sous-titrée, merci les copains), j’ai jamais réussi avec l’espagnol (comment ai-je pu tenir une demi-heure au bac reste un mystère)(bouuh, c’est loin) et le latin m’avait donné des envies de suicide (même si on le parle pas, faut apprendre les déclinaisons et tutti quantti)(l’angoisse). Bref, les langues et moi, on est pas copines du tout. Je t’admire en silence de partir dans un pays dont tu ne maîtrises pas la langue & où on ne parle pas vraiment beaucoup anglais. Je pense sincèrement que ça me ferait choisir une autre destination, illico presto. Je me sens pas encore capable de mimer que je cherche des toilettes, un taxi ou un bon hamburger-frites… 🙂

    P.S. : Premier commentaire que je me décide à laisser ici (faut croire que le hongrois m’inspire). J’aime beaucoup tout ce que tu racontes ici, et la manière dont tu le racontes. C’est simple & c’est chouette. Quand je t’ai découvert, c’était un peu comme si j’étais tombée sur une p’tite pépite !

    (Enfin bref. A bientôt ~)

  14. 27 novembre 2015 / 12h24

    Très honnêtement, je ne pense pas être capable de m’expatrier dans un pays où la langue me serait totalement inconnue. Je suis de nature assez angoissée, et si je n’ai pas au moins l’avantage de la langue, j’ai peur d’être complètement paniquée. Tu es franchement super courageuse d’avoir fait ce pas, surtout après être passée par tant de pays anglophones ! xx

  15. 27 novembre 2015 / 14h50

    L’apprentissage du cambodgien même juste la base a été une de mes plus grandes fiertés car c’est un alphabet complètement different du notre et aussi une manière de pensée différente (beaucoup plus imagée). La prononciation était mon gros point faible mais du moment que je me se faisais comprendre (et plus arnaquer), l’essentiel était là. Je me rappelle le nombre de fois où je faisais rire mes collègues à dire un truc complètement opposé à ce que je voulais dire à cause de la prononciation. Cela m’a été utile pour le marché, les transports et ce cours était beaucoup trop drôle pour ne pas y aller. Tu es dans une bonne démarche et je crois que c’est essentiel quand on veut s’intégrer parmi une population, dans une culture notamment quand on reste longtemps. Par contre, l’avantage c’est que quasiment partout, les cambodgiens parlaient anglais, les cafés, les restaurants, les musées, l’administration et sinon j’avais des collègues, quelle épopée de récupérer mon linge perdu surtout d’en parler à la petite dame qui ne parlait pas un mot d’anglais, mais ça a donné des situations qui aujourd’hui me font rire encore, moins sur le moment haha. Bon courage <3

  16. Elé
    27 novembre 2015 / 16h48

    Après avoir vu Lilo et Stitch, j’ai voulu apprendre la langue hawaiienne. Voilà.
    Le Polonais est très compliqué aussi, apparemment. J’ai un peu appris à prononcer, ce qui est pas une mince affaire au départ. A l’hôpital en attendant qu’on me pose mon plâtre à ma dernière visite en Pologne, j’ai lu deux pages d’article en Polonais écrites tout petit ! Je reconnais les difficultés avec les cz, zs, etc… et j’aurai probablement tout oublié d’ici ma prochaine visite. Rien que le mot « déclinaisons » me décourage à apprendre une langue. De mauvais souvenirs du latin !

  17. 27 novembre 2015 / 17h36

    Alors bravo !!! Tu fais bien de prendre des cours quel enrichissement ! J’avais pareil que toi, 2 mois en Chine, je prenais 6h de cours de chinois par semaine et très rapidement j’étais capable de faire mes courses prendre le taxi etc… et on se sent fière 🙂 courage et surtout prends ton pied !

  18. 27 novembre 2015 / 19h04

    Toujours aussi admirative, partir dans un pays étranger est devenu ton quotidien, mais le faire dans une langue même pas effleurée, c’est vraiment courageux !
    Et courage courage pour les prochaines découvertes de déclinaison 😉

  19. 28 novembre 2015 / 15h41

    Je troue que tu es très courageuse, je ne sais pas si j’oserai m’expatrier dans un pays avec une langue qui m’est vraiment étrangère, surtout comme le hongrois par ex lol

  20. 28 novembre 2015 / 18h54

    C’est justement pour moi un des freins à mon envie d’expatriation … Je suis déjà frustrée de ne pas être bilingue … Alors aller dans un pays dont je ne connais et ne maîtrise pas un minimum la langue … Je ne pourrais pas ! Et j’admire tous ceux qui le font 😉
    Pour avoir passé plusieurs semaines en Hongrie, c’est vrai que cette langue est vraiment bizarre ! Moi, petite, elle me faisait marrer 😉

  21. 29 novembre 2015 / 12h07

    Coucou, je me reconnais bien dans ton post. Je suis actuellement en Lettonie, et j’ai hésité longuement à prendre des cours de letton. Mais bon, le letton c’est assez difficile et surtout quand on pense que si peu de personnes le parlent. Donc bon, je vis au jour le jour sans pouvoir communiquer, c’est pas évident, juste  » bonjour, merci, au revoir », mais je suis dit que le russe serait plus « utile » peut être. Ceci dit ton article m’a fait plaisir, je me sens moins seule 🙂

  22. 30 novembre 2015 / 13h08

    Tu sais ce que j’en pense, j’ai beaucoup galéré en Hongrie sans le hongrois. Mais lorsque je vois la complexité de la langue, je me dis que pour les quelques mois passés là-bas ça ne m’aurait que moyennement avancée. Chapeau en tout cas pour toutes ces langues apprises, même si certaines sont aujourd’hui cachée dans le fin fond de ton esprit.

  23. Tameï
    30 novembre 2015 / 14h16

    J’en parlais avec d’autres Erasmus il y a quelques semaines. Je pensais que le polonais, tchèque et hongrois se ressemblaient et on m’a expliqué que pas du tout, le hongrois était à part. C’est fou qu’à Budapest, capitale quand même, si peu de gens parlent anglais. Même à Wroclaw, 4ème ville de Pologne par son nombre d’habitants, il n’est pas trop dur de trouver des gens avec des bases d’anglais (notamment, beaucoup de jeunes ont un bon niveau).

  24. 30 novembre 2015 / 19h44

    J’aimerais beaucoup m’expatrier au Japon, mais bien entendu je ne parle pas japonais. Cet article me donne néanmoins plein d’espoir sur mon adaptation 🙂 si tu peux arriver à apprendre le hongrois et ses 18 groupes verbaux, je peux bien apprendre 2000 Kanjis:p

  25. 30 novembre 2015 / 23h57

    Je ne sais pas si j’aurai envie de partir dans un pays dont je ne connais pas la langue. Me connaissant, j’aurai essayé de savoir dire quelques trucs avant de partir. Après, je dis ça mais quand on est partis à Bali, je ne me suis pas posé de question ^^ (bon, c’était pour 10 jours ^^).
    En tout cas, je te trouve très courageuse <3

    A.

  26. 1 décembre 2015 / 7h49

    Bonjour !

    J’ai eu une expérience un petit peu similaire, mais à moindre échelle. J’ai fait un stage de deux mois en Inde, et je me suis aperçue que les seuls Indiens qui parlaient anglais étaient ceux des classes privilégiés… Les cadres, etc. Mais les vendeurs, les chauffeurs, les voisins, parlaient tous Gujarati (la langue du Gujarat, où je me trouvais), et certains ne parlaient même pas l’hindi, la langue la plus parlée du pays.
    Merci en tout cas pour cette lecture, votre blog m’a été recommandé par ma sœur qui est prof de français elle aussi (mais non expatriée), et je prends plaisir à lire vos intéressantes expériences 🙂
    Bonne continuation !

  27. Aurélie
    1 décembre 2015 / 10h01

    J’avais appris des mots chinois à Pékin parce que c’était beaucoup plus simple et agréable que de chercher quelqu’un qui parle anglais… et en plus les locaux sont hyper contents ! mais c’est vrai que je ne pouvais pas vraiment converser.
    J’aurais du prendre des cours pour ça et je n’ai fais que échanges linguistiques. Je comprends que ça te plaise moyen vu que c’est ton boulot, pareil pour moi j’ai horreur qu’on me demande des conseils juridiques au détour d’une conversation ou en we…

    bisous et bravo !

  28. Choux Roses
    1 décembre 2015 / 23h19

    « j’ai demandé à une élève si elle avait des seins au lieu d’un chat à une voyelle près » de quoi me faire hurler de rire ! 😀
    je suis une expat en France, ce n’est pas ma langue maternelle. Et le français est très dur aussi !

    • 1 décembre 2015 / 23h23

      arf je ne sais pas pourquoi, mais quand on clique sur mon pseudo, mon ancien blog qui a été supprimé s’affiche encore 🙁

      • 2 décembre 2015 / 11h50

        C’est sûrement à cause de ton compte WordPress.com qui y est toujours associé, ou bien ton compte Gravatar 🙂 mais non, c’est pas si dur le français, parole de prof ! c’est la perfection qui est difficile à atteindre 🙂

  29. tiphanya
    2 décembre 2015 / 15h54

    Je trouve que l’échange linguistique est une bonne chose quand on n’est plus totalement débutant. Je l’ai fait en Sicile dans le but de faire de l’oral et travailler des points de vocabulaire précis. Bon j’ai fait ça avec une prof d’anglais, mais c’était sympa. On allait au marché et on nommait tout ce qu’on voyait en italien et en français, avançant tout doucement.
    Bon courage, j’adore les deux accents sur le o et le u !

  30. Anna
    10 décembre 2015 / 22h11

    Jó napot, kenza! (Most, Jó estet! )
    Én is, francia vagyok, magyarul tanulok, egy kicsi, és magyaországon élek, Budapest mellett.
    A magyarul nyelv nehéz de, gyönyörü …
    Excuse mon hongrois approximatif, mais moi aussi je débute…C’est comme ça que j’ai trouvé ton blog et toutes tes aventures, grâce à l’apprentissage du hongrois.
    Trés chouette, une trés jolie découverte!
    J’ai de la chance d’avoir un « traducteur » personnel, alors c’est plus facile pour la vie quotidienne, mais parfois c’est pas désagréable de ne pas comprendre la langue, (métro, bus…) juste écouter sa mélodie.
    Merci pour tes jolis mots, de Budapest et d’ailleurs, tu es très courageuse.
    Sok batorság!
    Szia

  31. 16 décembre 2015 / 16h59

    Bonjour,
    C’est en passant sur la photo du mois, que je lis que tu habites dans un endroit où j’ai dans le passé tellement rêvé de m’établir, à cause des danses folkloriques, des chants et de tous les contacts que nous avions tissés là-bas, grâce à un Belge habitant Bruxelles et d’origine Hongroise. Il est actuellement à Gödöllö, du moins dans les environs. L’endroit où se trouve le château de Sissi ou Elisabeth d’Autriche 🙂
    J’ai appris le Hongrois de manière phonétique, avec un peu d’aide au début pour pouvoir le chanter. Il semblerait que j’aie eu la même voix que les paysannes de là-bas. Pendant deux ans, j’ai appris avec mon lecteur de cassettes à l’époque, celui de mon installation hi-fi. Tuner, deck-cassettes, et tourne-disque. A force un jour il a rendu l’âme, tant je l’ai utilisé. J’ai dansé, j’ai chanté en groupe sur scène en Belgique où j’habitais à l’époque. Ce furent des années extraordinaires de rencontres aussi. Quant à la langue, je ne savais dire que bonjour, à ta santé, la feuille, mon amour, 🙂
    L’épouse du moniteur qui était parisienne a eu toutes les peines du monde à s’habituer dans ce pays, en tant que violoniste. Le couple n’a pas marché et elle est rentrée à Paris avec les deux filles. Trop de difficultés d’intégrations etc…
    En ce qui me concerne, je connaissais pas mal de chants traditionnels par coeur, et à ce jour, je connais encore toute la phonétique des mots l’un à après l’autre. Le par coeur est parti, j’ai gardé les textes. Et il est vrai que c’est très compliqué. Il existe une école à Bruxelles pour apprendre le Hongrois et j’ai failli m’y rendre pour m’expatrier là-bas. J’avais dans la quarantaine, cela fait plus de vingt ans. Que de bons souvenirs lorsque je te lis. Hélas, la culture d’origine des musiques Hongroises ne veulent plus être transmises par les jeunes. Ces derniers préférant de loin, les musiques modernes et actuelles, surtout celles venant des E.U. ou autres. Je ne sais si tu as vu le film le Patient Anglais ? Dans ce film, Martha Sebestyen une grande figure de la musique, chantait une version très arrangée d’une chanson folklorique hongroise : Szerelem. J’espère ne pas m’être trompée de mémoire entre le « s » et le « z », mais à y réfléchir, je ne pense pas. 🙂
    https://www.youtube.com/watch?v=QBoOa3PzPg8&w=400
    Elle a beaucoup chanté avec le groupe Muzsikas dont j’ai encore pas mal de manifestations appelés « bals » en hongrois. J’en ai oublié le nom.
    https://www.youtube.com/watch?v=RNU2rTn161w&w=400
    Cette danse et chanson, je viens de la rechanter en lisant les paroles et j’ai bien ri. Bah, il suffirait de s’y remettre. J’en connais encore par cœur que j’ai d’ailleurs enregistré sur mon Ipad 🙂 Histoire encore de m’illusionner.
    Il m’avait été conseillé à l’époque d’aller enseigner le Français, alors que je ne suis pas du tout professeur. Le fait d’avoir autant d’affinités avec le Hongrois, et je ne serais pas la seule, c’est parce que j’y retrouve pas mal de repères Néerlandais et Allemand. Deux langues que je sais très bien parler pour la première, c’est celle de mon père et la seconde étant fort identique, sauf les déclinaisons que j’ai apprises. Je puis encore pas mal me débrouiller, c’est l’essentiel. 🙂
    En tout cas, bravo pour ce courage de te lancer dans une telle aventure 🙂
    Je pense que cela doit être passionnant.
    Un bout de mon coeur est parti là-bas avec les chorégraphes, les musiciens et tout ce que j’ai vécu au niveau musical et culturel de cette Hongrie profonde. J’avais déjà plongé dans bien d’autres musiques et danses étrangères, avant de terminer par le chant Hongrois. Un vrai coup de coeur.
    Amitiés.

  32. 16 décembre 2015 / 17h01

    Je vois que les vidéos ne se sont pas affichées. Pour les retrouver, je te conseille d’ôter à partir du &w=400 de la fin du lien 🙂

  33. anne-sophie
    11 février 2016 / 13h14

    Super cet article ! Je me retrouve vraiment dans ta situation 🙂 Je vis en Lituanie et la langue est aussi très compliquée. C’est un système de déclinaison et tout change ! Même le nom des villes et les prénoms…
    Mais honte à moi, j’y suis restée 1 an en temps que volontaire et je ne suis repartie qu’avec les bases. Ils parlent tous plus ou moins anglais, alors je n’ai pas trop essayé de parler (c’est pas bien, mais je ne referais plus la même erreur^^) Maintenant que je suis revenue, objectif apprentissage du lituanien en 2 mois. Surtout qu’on vient de me proposer d’enseigner le français dans un collège… Affaire à suivre !
    En tout cas, merci pour l’article 🙂

  34. Elie
    17 février 2017 / 19h28

    Bonjour
    je suis un peu en retard au vue de l’age de l’article et de ces plus récents commentaires.
    Mais je viens ici en espérant trouver quelques réponses a mes questions , j’ai 22 ans ,je n’ai pas de diplôme, et je voudrais m’expatrier au Guatemala ou en Ecuador cela me traverse l’esprit depuis ma plus tendre enfance. n’ayant jamais appris l’espagnole j’ai peur de ne pas m’intégrer et de ne pas trouver de travail la bas. quelques petits conseil serait les bienvenue.
    merci

    • 18 février 2017 / 13h19

      Bonjour Elie ! Je crois que le plus important pour ces pays, avant la langue, c’est de s’assurer d’être en règle avec un visa adéquat. Malheureusement, ni le Guatemala ni l’Equateur n’ont d’accord de PVT, ça risque d’être difficile. Autrement, les Français peuvent partir sans conditions ou presque au Mexique, en Argentine, en Urugay et au Chili il me semble. L’apprentissage de l’espagnol viendra suite, surtout si tu es en immersion. Sinon pourquoi ne pas partir d’abord en Espagne, puisque c’est l’Europe et qu’on peut y travailler facilement ? tu pourrais faire fille au pair par exemple, ça te permettrait d’être logée et nourrie et te laisserait beaucoup de temps pour apprendre l’espagnol.

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