Peu de gens le savent, mais j’ai posé mes valises sur l’île de Jersey pendant deux ans. C’est un endroit assez fascinant : géographiquement, on se croirait en Normandie, mais l’ambiance y est purement britannique, avec ses livres sterling et sa conduite à gauche. Mon installation là-bas, en septembre 2011, s’est faite un peu sur un coup de tête. À mon retour d’Angleterre, je ne tenais plus en place et je cherchais à tout prix une opportunité pour repartir. Je suis tombée sur l’offre d’emploi idéale. Un billet de TGV direction Saint-Malo, un coup de ferry, et une heure plus tard, je débarquais à Saint-Hélier.
Ces deux années ont été riches en contrastes, avec des hauts et des bas. Pourtant, Saint-Hélier est rapidement devenue ma ville. Je me suis fondue dans le décor, j’ai fini par prendre l’accent du coin, je bossais, je faisais mes courses au milieu des locaux, sans plus du tout prêter attention aux touristes. Je n’ai presque pas gardé de photos de cette époque, mais j’ai en tête une foule de bonnes adresses. Saint-Hélier se prête merveilleusement bien aux balades, aux escales gourmandes et au shopping, même le temps d’une seule journée.

Le grand attrait de Jersey reste son statut de zone franche. Dans l’artère commerçante de King Street, les enseignes nationales se succèdent. L’absence de taxe sur la valeur ajoutée rend l’achat de parfums, de produits de beauté ou de prêt-à-porter particulièrement avantageux. Pour les produits de soin courants ou le paracétamol à prix dérisoire, la pharmacie Boots reste incontournable.
Mais mon vrai bon plan concerne les boutiques solidaires tenues par des œuvres caritatives (Oxfam, Barnardo’s, Jersey Hospice). Rien à voir avec l’image que l’on peut avoir de certaines friperies en France : là-bas, c’est une véritable mine d’or. Comme une grande partie de la population locale travaille dans le secteur de la finance et dispose de revenus confortables, les habitantes se séparent très facilement de vêtements de marque à peine portés, voire neufs. J’y passais toutes les semaines. J’y ai dégoté une robe de créateur pour seulement cinq livres, alors qu’elle en valait plus de trois cents en magasin.

Dès que le soleil pointe le bout de son nez, direction le littoral. La plage de Havre des Pas possède une magnifique piscine d’eau de mer qui se remplit au gré des marées. À marée basse, l’estran se transforme en un paysage presque lunaire. Côté culture, je recommande sans hésiter le très ludique Musée maritime (en revanche, je n’ai jamais mis les pieds au Musée de Jersey en deux ans). Ne manquez pas non plus le château d’Elizabeth, cette forteresse historique plantée sur son îlot rocheux qui protégeait autrefois l’île des incursions françaises.
Si vous avez un véhicule ou un peu de temps, quittez Saint-Hélier pour explorer le reste de l’île. C’est là que se cachent les plus beaux trésors : le parc zoologique fondé par Gerald Durrell, le saisissant musée souterrain consacré à l’occupation allemande, et les sentiers de randonnée qui serpentent au sommet des falaises.
Le trajet est très simple depuis les côtes françaises. Au départ de Saint-Malo, des navettes régulières sont assurées par la compagnie Condor Ferries. Les liaisons depuis la Normandie sont également possibles, bien que moins fréquentes, grâce aux navires de Manche Îles Express.
Si vous avez vous aussi séjourné à Saint-Hélier et que vous gardez en mémoire des coins secrets ou de bonnes tables, n’hésitez pas à laisser vos suggestions en commentaire !