Jersey

The fool on the hill

Dans quinze jours, j’ai 23 ans, un M1 avec mention et j’espère un avis de passage en M2. Dans quinze jours je serai de retour à Paris, pour plus longtemps que de simples vacances scolaires, donc je pourrai enfin prendre le temps de ranger la valise et de ne pas vivre entre deux destinations. Dans quinze jours, je retrouve ma ville, mes amis, j’ai accepté d’enseigner à des ados, je veux faire un tour des musées et puis je pars pour les Pays-Bas et l’Espagne, et je reviens, et je refais le trajet devenu habituel, Paris – Rennes – Saint Malo – Saint Hélier.
L’année n’est pas encore tout à fait finie, il y a encore des fêtes, des évènements culturels ou sociaux, des ados en uniforme, des cours adultes et enfants, des gens à dire au revoir. C’est un peu bête mais j’ai l’impression d’avoir vraiment grandi, avec les difficultés, le travail, les responsabilités. La donne est complètement différente de l’année d’assistanat en Angleterre. D’abord parce que les huit mois ne s’étaient pas prolongés, parce que j’avais plein de raisons pour revenir aujourd’hui disparues, parce que j’étais dans un groupe de jeunes internationaux avec qui on partageait tout. Cette année, j’ai été beaucoup plus seule, mais j’ai aussi appris un peu comment “représenter” la France en travaillant dans une petite A*F où malgré la proximité géographique, être Française reste exotique. J’ai rencontré des dizaines de gens de dizaines de nationalité, ceux avec qui ça se passe bien, ceux avec qui non. J’ai appris la vie sur une île, où on voit la mer de partout, où on peut se sentir claustrophobe, où on vit parfois quelques jours sans aucune liaison aérienne ou maritime avec le continent. La pluie tout le temps, les pubs pour se réchauffer, et le culte des apparences.
Le gros point noir de cette année, celui qui m’empêche de vivre pleinement et me donne cet air préoccupé c’est mon logement, qui s’est avéré une immense déception. Je fais profil bas pour ne pas avoir d’ennuis avant de partir et récupérer ma caution intacte. Mais cette leçon aura été fondatrice, encore une fois les apparences ont été trompeuses.
J’ai vu des paysages magnifiques, qui changent au gré des saisons, des journées et des marées. J’ai bu des millions de cafés, et de Pimms. J’ai un peu dansé, beaucoup travaillé, pas assez étudié. J’ai parlé anglais, français, franglais. Des dizaines et des dizaines de cours qui m’apprennent à être une meilleur prof. Et ce n’est pas terminé, il y a encore beaucoup à faire et à découvrir avant de s’envoler loin, j’espère, pour le Canada.

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3 commentaires

  • Tout cela me semble bien positif! Même si j'ai l'impression d'avoir pas tout suivi, pas tout compris… Logement? Et du coup tu ne restes pas plus longtemps "on the rock"?On aura pas reussi à s'y voir… 🙁 Malgré tout, tu as l'air d'être contente de cette année alors je me dis que j'ai pas trop mal fait en te "vendant" cette petite île…

  • 23 ans??????????????????????????????????????????????????? Mais c'est un truc de ouf d'avoir fait tout ça à SEULEMENT 23 ans!!!!!!!!!J'aime aussi hein!!!!!! Mais qu'est-ce que j'aimerais revenir moi aussi à mes 23 ans!!!!Félicitations pour le Master et un gros mot de 5 lettres pour le canada!!!