États-Unis

Road-trip USA – Savannah, Scarlett et vieux chênes

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Savannah et Charleston sont deux villes rivales, situées dans deux Etats différents – Géorgie et Caroline du Nord – et elles se battent encore pour le titre de Reine du Vieux Sud. Moins de deux cents kilomètres les séparent mais il a fallu faire un choix et Savannah a gagné, escale d’exactement 24h pour casser la longue remontée entre Miami et Washington DC.

Couchsurfing encore et toujours

Arriver de nuit dans une ville inconnue sans adresse au préalable, à la gare routière qui se trouve dans un quartier qui craint et sans transports publics puisque c’est dimanche soir devient presque routinier. Quelques sms et un taxi plus tard, je débarque chez Lauri, qui accueille des couchsurfers tout le temps et les emmène systématiquement au crappy bar du coin parce qu’il y a soirée karaoké… tous les soirs. La veille j’étais à Miami, au milieu de la techno et du culte des apparences dans une boîte de nuit à South Beach… on se demande ce qui est préférable !

Une nuit, veille de lundi, est trop peu pour apprendre à connaître son host. J’ai vraiment eu l’impression d’être de passage, j’aurais aimé rester davantage et passer plus de temps avec elle. Mais encore une fois la confiance et la générosité des Américains m’éblouit, elle part travailler et me laisse seule chez elle en disant simplement « claque la porte quand tu pars ».

Parenthèse : j’en ai profité pour prendre une douche trop longue et me laver les cheveux. Je ne regrette pas d’avoir fait ce voyage en hiver, malgré le froid, parce que je n’ai pas eu accès à une douche tous les jours, alors que les Américains sont obsédés par les odeurs corporelles et la propreté. Certains hosts en font une règle d’honneur chez eux et pour les Français c’est un cliché tenace : on pue. Mais après un lever à l’aube, quinze, vingt heures de bus et en venant de Floride, c’est normal !

J’ai une journée et mon Lonely Planet ne mentionne rien de spécial à visiter mais mon téléphone lui ne reconnaît plus ma carte sim. Je n’ai aucun moyen de remercier Lauri, contacter mon hôte du lendemain, prendre des nouvelles de mes amis et je suis perdue au milieu de la banlieue avec un bus qui ne vient pas mais un vieux papi édenté qui m’a proposé pour deux dollars de m’emmener downtown. Non merci.

Ce voyage m’a appris à relativiser. Une jeune femme m’aide et me conseille, je respire, après tout je n’ai pas besoin de téléphone, plutôt d’un café. Un peu de wifi et non, il n’y a pas de boutique AT&T à Savannah, et il est hors de question que je m’aventure au mall (perdu en banlieue, inaccessible en transports en commun, comme presque partout aux Etats-Unis) Tant pis, il fait suffisamment chaud pour être en t-shirt dans la rue, j’ai l’histoire à rattraper.

Savannah

Une très jolie ville

Savannah a une architecture très particulière : on retrouve les blocks à l’américaine, quadrillages immuables, mais ceux-ci ont un square au centre, avec des vieux chênes, de la mousse, une statue, une fontaine… Et pourtant le seul écureuil que j’ai vu grimpait à un palmier. Le Sud est doux.

Je déambule au hasard, la rue de la rivière est pavée, les bâtiments sont vieux. Je retrouve les traces du passé qui m’avaient tant manqué à Miami.

Savannah

Savannah

Savannah steamboat

En chemin vers la cathédrale St John the Baptist, une averse tombe… achat d’urgence : un parapluie ! Ca m’a rappelé l’Angleterre, la chaleur en plus. Je me réfugie dans un café et le serveur m’offre un cookie – ah ces Américains. Malheureusement le stress reprend le dessus, pas de nouvelles de l’host du lendemain, et il faut aussi que je m’occupe de trouver quelqu’un à New York.

Quand l’averse cesse je me force à sourire et découvre une cathédrale magnifique. Je ne suis pas religieuse, pas tellement croyante, mais tant de beauté, mon coeur a battu plus fort en entrant.

Savannah church

Savannah church

Le reste de l’après-midi, je le passe dans un café, pour échapper à la pluie et à l’angoisse, Miami et Savannah ont été l’étape « mon dieu qu’est-ce que je fais c’est quand que je rentre chez moi j’en ai marre quelle idée trop de problèmes je veux rentrer » du voyage. Deux heures en avance à la gare routière pour ne pas traverser de nuit le boulevard qui craint – et c’est le boulevard Martin Luther King… cartes postales et écriture de carnet. La nuit dans le bus sera affreuse, donc mémorable, la côte Est m’attend, Washington, Philadelphie, New York, Boston sont encore au programme !

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