Winnipeg

Le retour au Canada.

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C’est passé lentement, puis vite, puis j’ai perdu la notion du temps. Mais ça y est : ce que j’attendais depuis presque trois ans s’est enfin réalisé. Je suis de retour au Canada. Je vous raconte ? 

Dimanche matin, Paris

Deux valises, un sac cabine, un sac à dos, un manteau. J’ai passé des heures à faire mes bagages et à les peser toutes les cinq minutes. Ma technique, c’est de sortir tout ce que je voudrais emmener, emballer, et peser. Et ensuite si c’est trop lourd, retirer au fur et à mesure. J’ai dû le faire pour une valise, j’ai joué à Tétris, et la balance a indiqué deux fois 22,8 kilos. J’ai croisé les doigts.

Mes parents m’ont accompagnée à l’aéroport, une bise rapide pour mon père, comme d’habitude alors qu’il s’éloignait déjà. Son « ah oui tu t’en vas j’ai oublié » a un peu résonné. Se voir au quotidien était redevenu habituel. So 2011.

Il y avait beaucoup de queue à l’enregistrement d’Icelandair et je croisais encore plus les doigts. L’employée de la compagnie m’a posé beaucoup (trop) de questions. Vous avez votre AVE ? (note : c’est l’équivalent canadien de l’ESTA). Montrez-moi la preuve. On va vérifier. Vous restez combien de temps au Canada ? Vous avez un billet de retour ? Non ? Montrez-moi votre visa. Et puis quand elle a été satisfaite, elle m’a laissé mettre les valises sur le tapis. 22,5 et 22,5. Je n’avais pas enlevé mon sac à dos et j’avais laissé mon sac cabine légèrement sur le côté, donc elle ne les a pas pesés…

Au revoir avec ma maman. Escalator. Et c’était parti.


Dimanche après-midi, vers l’Islande

L’avion est flambant neuf, j’ai embarqué parmi les premiers, je suis toute impatiente. Les 3h et quelques de vol passent assez vite, je fais des photos et je regarde Fantastic Beasts, qui m’a beaucoup plu. Je déchiffre l’islandais qui se trouve autour et on est déjà arrivés.

 

L’Islande me fascine des cieux comme la toute première fois. Je crois qu’inconsciemment c’est pour ça que j’ai choisi cette compagnie aérienne aussi : pour faire à l’envers le trajet qui m’a fait quitter le Canada. Boucler la boucle.


Dimanche soir, en Islande

La correspondance est très courte : 1h30. C’est le temps qu’il faut pour descendre de l’avion, enfiler un manteau (température extérieure 1 degré, il faisait 24 à Paris), passer un contrôle de passeports où le douanier me dit merci beaucoup en français dans le texte, acheter un Skyr, attraper un formulaire de déclaration de douane et malgré moi réussir à griller toute la queue dans l’embarquement du vol pour Toronto.

Quand j’entends mon premier eh je commence un peu à réaliser. Ce sera le premier de cette longue liste de choses tellement canadiennes que j’ai oubliées mais qui me reviennent presque instantanément. Il commence à neiger.

Il y a plus ou moins 5h30 de vol. L’avion est vieux, les sièges sont inconfortables, le son de mon accoudoir ne marche pas. Tant pis. Je regarde Trapped sur ma tablette pour rester dans la thématique islandaise, en alternant avec des passages du tome 3 de l’Amie prodigieuse. La nuit en Europe avance mais alors qu’on traverse les fuseaux horaires, le ciel est radieux, le soleil brille. Impossible de dormir. Et je commence à me dire qu’arriver à Toronto à 19h heure locale, soit 1h du matin, ce n’était pas une décision très habile, entre le décalage et la fatigue. On va voir !


Dimanche soir, Toronto

OK. Quand l’avion a atterri, que j’ai vu les drapeaux canadiens, j’ai eu les larmes aux yeux. I was back. Le destin, le hasard, m’ont permis de revenir finir ce que j’avais commencé. Et j’ai eu la chance de vivre dans tous ces endroits, de voyager beaucoup, mais il manquait toujours je-ne-sais-quoi. Il me manquait le Canada je crois.

Le passage à l’immigration a été épique pour plein de raisons. J’avais 4 heures pour tout faire : passer le premier douanier, établir mon PVT avec le second, récupérer mes valises les ré-enregistrer, trouver mon dernier vol. D’abord, arriver à Toronto est une mauvaise idée. Après des centaines de mètres de couloir (j’avais oublié que tous les panneaux étaient bilingues) tout l’avion débarqué s’est heurté à un cordon de sécurité. Veuillez patienter. On attend presque une demi-heure et on nous laisse accéder à la salle, qui déborde de monde. Un côté est pour les Canadiens, l’autre pour les étrangers. J’ai fait la queue une heure. OK, second bureau.

Dans le second bureau, il y avait la queue aussi. Des nouveaux immigrants, quelques Pvtistes (pas français), des étudiants, et surtout plein de touristes chinois qui avaient coché n’importe quoi sur leur formulaire de déclaration et qui devaient être questionnés. Après une bonne demi-heure, ça a été mon tour. Et je crois que le douanier a été ravi de discuter avec quelqu’un qui comprenait l’anglais.

Hello sir, I am coming to start my working holiday visa. 
Oh you got one? Well done you! et il me tend son poing pour me faire un fist bump. Un douanier. Un policier aux frontières. Surréaliste, comme le reste de notre discussion. Il a nonchalamment posé les questions requises (notamment sur la somme d’argent que je possédais) mais sans demander à voir les justificatifs. J’ai eu mon visa, je peux travailler avec des enfants, et il m’a conseillé d’apporter du fromage la prochaine fois, d’aller voir un match de hockey et d’aller visiter les bords du Lake Ontario. Et surtout, surtout il a dit et redit welcome back. Et ça, tout le monde me le dit depuis lundi et ça remplit mon petit coeur de joie mais ça sera l’objet d’un autre article !



Je sors, je récupère mes sacs, je passe le dernier contrôle, je me débarrasse de mes valises, je repasse la sécurité. ll est 21h et quelques heure de Toronto, 5h heure française mais le voyage n’est pas terminé. Le premier truc que je m’étais promis de faire, c’était d’aller chercher un French Vanilla de chez Tim Hortons. Il avait le même goût qu’il y a 4 ans. I was back.

Bon après la suite est nettement moins glamour : mon avion pour Winnipeg avait une heure de retard, j’ai dormi comme une masse tout du long, et puis je suis arrivée, l’aéroport n’a pas changé, ma copine était là (coucou) et voilà, je suis bien arrivée.

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