Brandon

Premières impressions canadiennes

Je crois que je revis. C’est très cliché mais je garde en tête les mots de la vice-principale, dans la salle des professeurs à moitié vide : you always had a smile on your face. Ici je peux recommencer, redécouvrir, redevenir celle que j’étais. Donc je souris, tout le temps, le soleil réchauffe les bancs et les coeurs, on me dit que j’ai bonne mine, les compliments fusent au hasard sur les trottoirs ou dans les files d’attente, et la voie est libre.

Les rues qui étaient si étranges avec leurs angles droits il y a quinze jours sont devenues la routine rassurante, les prairies qui semblaient irréelles la nuit sont déjà devenues familières. C’est incroyable à quel point on s’habitue à tout, comment on peut s’adapter en vingt jours à une nouvelle ville, un nouveau pays, une nouvelle vie.

Rencontrer des dizaines de gens, les langues se délient vite, les amitiés se créent rapidement. Expliquer d’où je viens et pourquoi je suis ici, parce que finalement Brandon m’a choisi, m’a pris sous son aile, m’a ouvert ses rues et ses habitants. Etre Française, ça peut vouloir dire être Québécois pour le milieu du Canada. Non, je viens d’un peu plus loin, de l’autre côté de l’océan. Parfois on me croit britannique et ça me fait sourire.

La gentillesse partout, tout le temps. Le partage. La simplicité de s’asseoir à une table, ou rester debout dans les cours de danse, et d’engager la conversation. Ca donnera des résultats, ou peut-être pas. Mais vendredi soir, en cercle dans le jardin, entourés de Canadiens, j’ai trouvé que je m’étais bien débrouillé.

Moose Canada

Après il y a eu des gratte-ciels, le téléphone qui n’est jamais silencieux, danser dans la rue, regarder des filles sur des patins, aller sur les sites de billets d’avion et avoir un pincement en voyant les prix, rêver à voyager, quand je suis allée chez Walmart l’autre jour c’est bête mais la petite ado qui a grandi avec les séries américaines ne l’aurait jamais imaginé.

Je papillonne dans les couloirs de l’université et je remplis l’agenda. J’ai même un nouveau surnom : trop saoul pour se rappeler mon nom, on m’a appelée Kinder Surprise, et ça reste, parce que je suis, comme le titre, small and sweet.

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