Brandon

O Canada, our home and (native) land

Article mis à jour le

O Canada, tu m’as accueillie à bras ouverts, au bout du téléphone en avril, pour de vrai à l’aéroport de Winnipeg fin août. Pourtant, je n’étais pas sûre de vouloir te rejoindre, ni d’y arriver.

Canada Flag

Tu étais un peu lointain, là-bas de l’autre côté de l’océan. Quand j’ai rempli ton dossier de candidature en décembre, je ne voulais pas trop une nouvelle vie, j’étais bien sur mon rocher anglais. En lisant la lettre de recommandation de ma chef, je me suis demandé si j’avais raison de vouloir quitter une aussi bonne école pour toi. Mais après un entretien en grippe et en pyjama, le prof d’anglais – qui parlait tellement mal que ma licence LLCE s’est retournée dans sa tombe des papiers administratifs – m’a souhaité de partir, et c’est devenu un peu plus réel.

Quand on m’a dit ‘Manitoba » je n’ai pas flanché, et j’ai ouvert Google Maps. Quand on s’est moqué de moi, la princesse parisienne, la presque-anglaise aux petites robes et cocktails, j’ai haussé les épaules. J’encaissais déjà pour toi, alors que je ne te connaissais pas encore.

canadian polar bear

Et puis à Montréal ta douane était comme une publicité Benetton et tu m’a laissée entrer, même si l’agent a eu du mal à trouver ma ville sur son ordinateur. J’ai essayé de ne pas décider si c’était bon ou mauvais signe.

Au début tu m’as joué des tours, avec ton fuseau horaire central à sept heures de la France, ton anglais mi-américain mi-canadien, la machine à café cassée et tes rues en block. Et puis tu as mis sur mon chemin Sam, Amy, et les autres. Tu m’as montré ce que ça fait d’être intégrée dans un groupe de locaux, si peu de temps après être arrivée.

Canadian bears

Tu m’as fait goûter la poutine, les perogies, et les Caesars, regarder le hockey et la Grey Cup, tu améliores mon vocabulaire des mots de l’hiver, tu me donnes déjà froid avec tes ressentis moins trente. Et tu es déjà devenu un peu ma maison, dans ce coin de Manitoba qui n’intéresse personne.

Pour toi je lis le forum des Pvtistes et je m’arrache souvent les cheveux. A cause de l’attraction que tu exerces, je ne trouverai probablement pas de poste de prof pour rester, te connaître mieux et plus longtemps. Pourtant, j’aime bien les défis, et tu le mérites, donc j’ai repris mes formules de politesse et mes beaux mots pour envoyer un CV et toute ma motivation là-bas, du côté du Pacifique.

On va voir si tu m’aimes autant que je t’aime.

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14 commentaires

  • jaime beaucoup ta façon d’ecrire, c’est fluide, on veut lire jusqu’au bout et pas en diagonale comme pour certain 🙂
    Tu tentes ta chance du cote de Vancouver c’est ca ? J’espere que ca marchera ! Et bravo pour ton intégration 🙂
    C’est un peu moins difficile tous les jours, ça fait 15 mois pour moi ! Bisous

  • Ça faisait longtemps que je n’étais pas passée par ici… Et en pleine période « mhh, où est-ce que je vais bien pouvoir aller me balader l’année prochaine ??? » (avec le Canada qui clignote dans ma tête), je suis contente d’avoir de la lecture !
    Ce début sonne un peu comme un « je t’aime, moi non plus », j’espère que ça continuera mieux, et de mieux en mieux 🙂

  • Un très joli texte qui me touche beaucoup. J’ai vécu 6 mois à Falcon Lake au Manitoba et j’ai pas mal trainé mes guêtres à Winnipeg. J’étais en PVT et j’ai pas mal bougé dans le pays et 6 mois plus tard je vis maintenant dans les Alpes en France, c’est magnifique mais je prévois déjà de retourner au Canada à l’automne…

  • Ça fait bizarre de voir quelqu’un qui aime autant cette aventure d’expatriée, au bout de si peu de temps… bon j’avoue que le problème vient de moi :-p en tout cas bon courage pour tes cv 🙂

  • j’espère que tu auras une réponse positive alors 🙂
    j’aime beaucoup ton style, et par cet article, on devine que tu es en train de vivre une formidable expérience 🙂

  • J’aime beaucoup… je te souhaite de pouvoir y rester 🙂
    Pour les PVT j’ai l’impression que tout le monde se concentre sur Montreal, toi tu compterais rester dans le Manitoba ?

    • Cette année, j’ai un permis de travail… ce qui explique aussi pourquoi je n’ai pas choisi le Manitba 🙂 et non, il n’y a pas de travail par ici pour une prof de FLE, je vise Vancouver ! Mais oui, tout le monde va à Montréal, et sur Hellocoton je pars de temps en temps en croisade anti-généralités le Québec n’est pas le Canada !

  • C’est un chouette texte et j’espere qu’il t’aime autant qu’il t’aime. On sait jamais si on prend la bonne decision : on sait ce que l’on perd mais pas ce que l’on gagne 😉 En tout cas, tu as l’air de t’epanouir ! Je quitte Haiti bientot avec hate et sans hate. Je ne me verrais pas y vivre et je crois pas que je me vois rester, mais je sens deja le pincement au coeur, les picotements dans le ventre et les larmes aux bord des yeux …
    (Mais par contre, maintenant tout de suite, arretez de me donner envie de venir poser mes valises par chez vous !! :D)