Canada

Qu’est-ce qu’on mange au Canada ?

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Me ne détestez pas si vous êtes Canadien-ne, mais je ne pense pas qu’il n’y ait vraiment de gastronomie canadienne.

Si je vivais encore à Melbourne, je vous aurais parlé dans cet article de café et de toasts à l’avocat. Si j’étais restée en Angleterre, j’aurais évoqué le pub, ses plats, ses boissons et certains desserts. En Hongrie, on trouve aussi beaucoup de pâtisseries, héritées de l’empire austro-hongrois, des ragoûts et de la soupe, le fameux goulash.

Mais au Canada… On a la poutine. OK, mais encore ? À part ça qu’est-ce qu’on mange au Canada ?

D’ailleurs, la poutine, ce n’est pas un truc qu’on consomme tout le temps. C’est plutôt un plat d’hiver. J’en mange très occasionnellement, une ou deux fois par an maximum. Il y a des restaurants spécialisés au Québec et une rivalité intense entre Montréal et la ville de Québec pour savoir qui a la meilleure poutine mais cette dispute n’est pas arrivée à l’ouest. On peut trouver dans certains restaurants à Winnipeg, un a d’ailleurs construit sa carte sur la poutine, mais ce n’est pas du tout un mets gourmet.

 

Les spécialités culinaires canadiennes

Il existe quelques spécialités qui sont vraiment canadiennes. La pizza hawaïenne, celle avec de l’ananas dessus, a été inventée en Ontario. Les nanaimo bars sont originaires de Nanaimo, en Colombie Britannique : ce sont des carrés avec une couche de biscuit et de noix de coco, une couche de crème et une couche de chocolat. Les queues de castor sont des beignets frits avec une garniture par-dessus, on en trouve beaucoup au Québec ou en Ontario mais je n’en ai jamais goûté (maintenant si : c’est bon mais c’est gras !)

Queue de castor Canada

Au niveau boissons, les Canadiens à l’ouest ne jurent que par le Caesar. C’est un cocktail où il y a à la fois à boire et à manger, avec : de la vodka, de la sauce piquante, de la sauce Worcestershire et du jus de clamato. Le jus de clamato, c’est un mélange de jus de palourdes (clam) et de tomates (ato). Le Caesar est servi avec du poivre autour du verre et un brin de céleri dedans. J’ai goûté… et j’ai détesté !

On peut aussi trouver du ice wine, le vin de glace, un vin qui ne pouvait être inventé qu’ici : les raisons sont vendangés gelés. C’est délicieux, très sucré… et très cher. Au Québec, on trouve beaucoup de Caribou, une liqueur forte à base de vin rouge, whisky et sirop d’érable. C’est servi dans un verre de glace, parce que pourquoi pas, au moins c’est bon pour la planète !

Hiver comme été, on détient un super record à Winnipeg : on est la capitale mondiale du slurpee. Mais qu’est-ce qu’un slurpee ? Un espèce de granité très chimique aux couleurs fluorescentes. Pour ça aussi, je passe mon tour…


Ce qu’on mange aussi au Canada

Le Canada est un pays multiculturel et il y a des restaurants de toutes les cuisines partout dans les grandes villes. On mange de tout au Canada. Plus une communauté est présente et plus l’influence culinaire se fait sentir : on consomme par exemple dans les Prairies énormément de perogies, des raviolis d’origine polonaise ou ukrainienne, ils sont passés dans les habitudes alimentaires.

En ce qui concerne l’héritage autochtone, on trouve du bannock, le pain traditionnel, et la viande de bison est très répandue, la plupart des restaurants proposeront du bison au menu, même dans les hamburgers. J’ai déjà mangé du caribou, mais pour des raisons sanitaires, la viande ne se commercialise pas, il faut connaître un chasseur pour pouvoir obtenir du gibier. Les baies sont aussi omniprésentes, notamment les bleuets (des myrtilles) et les amélanches (Saskatoon berries). Et juste pour le fun, les Canadiens adorent les trempettes : les sauces pour accompagner des légumes crus à grignoter.

Les soupers d’automne

À l’automne au Manitoba, chaque petite ville, village, hameau organise son souper d’automne. Pour un prix fixe, en général moins de vingt dollars, il est possible de manger un repas complet et l’argent sert à financer les activités communautaires du village.

Je vais toujours dans le même village, St Joseph, et l’assiette ci-dessus comporte du boeuf, des salades, du blé d’Inde, de la tourtière (une tourte à la viande), de la crème aigre (l’héritage européen de l’est dont je parlais plus haut) et de la purée. En dessert, c’est une tarte. C’est moche, mais c’est délicieux.

Les habitudes alimentaires des Canadiens

Les Canadiens mangent à toute heure, les food courts sont plein tout le temps, les fast-foods ne désemplissent jamais. Les habitudes alimentaires des Canadiens font un peu hurler tous les Français : ils prennent leur petit déjeuner sur le pouce, en général dans la voiture ou au travail avec un café acheté à l’extérieur, ils déjeunent devant leur ordi alors que les enfants à l’école mangent des sandwiches et des aliments froids, même par températures négatives, et ils dînent à 17h30 ou 18h… Ce qui est très tôt. Trop tôt. La soirée se passe donc à grignoter devant la télé. Mais d’ailleurs, les repas s’appellent un peu différemment : quand on mange au Canada, on déjeune, on dîne, on soupe.

Le brunch se popularise de plus en plus. L’immense majorité des restaurants proposent un combo oeufs / pancakes / bacon / hash browns (pommes de terre sautées, râpées ou en cubes). Les oeufs bénédictines sont aussi une valeur sûre, avec plein de variantes possibles.

Et bien sûr, il y a du sirop partout, du sirop de table très sucré pour les restaurants plus abordables ou les chaînes, et du vrai sirop d’érable pour les endroits un peu plus haut de gamme. La tire d’érable ne se pratique pas vraiment à l’ouest, on peut le faire à seulement deux endroits au Manitoba : pendant le Festival de Voyageur et dans le village francophone de St-Pierre-Jolys.

Le cas Tim Hortons

Il faut vivre au Canada pour maîtriser le langage de Tim Hortons. Tim bits, double double, roll up, si vous n’êtes jamais venu ici, c’est tout un lexique qu’il faut acquérir ! Tim Hortons, c’est une énorme chaîne de cafés : il y en a 3 820 partout au pays et quelques un ailleurs dans le monde. Le tout premier restaurant a été fondé par un joueur de hockey en Ontario en 1964. Et depuis, c’est un monument canadien, au même titre que la poutine ou les Chutes du Niagara.

Tims de son petit nom est extrêmement populaire, probablement parce que les prix sont bas, parce que l’enseigne est canadienne contrairement à d’autres chaînes et parce qu’il y en a absolument partout, en ville, sur les routes, avec parking et drive souvent. Si je comptais le nombre de gobelets que j’aperçois en une journée, je pense que cela approcherait de la centaine, c’est dire si c’est répandu ! (Mais ok, il y en a un en face de mon travail).

Et alors ? Les timbits, ce sont des petits beignets ronds en format mini, le double double c’est un café avec double sucre et double crème et le roll-up, c’est une opération annuelle où en soulevant le rebord du gobelet, on découvre si on a gagné un prix !

Cet article participe au rendez-vous #HistoiresExpatriées de l’Occhio de Lucie, où des blogueurs expatriés partout dans le monde publient un article autour du même thème le 15 du mois. C’est Perrine qui vit aussi au Canada mais à Vancouver qui a voulu qu’on parle de cuisine. J’aurais aussi pu vous parler du coût des produits, de leur bonne ou mauvaise qualité, mais j’ai préféré brosser un tableau de ce qu’on mange au Canada plus positif et je l’espère un peu appétissant !

Un commentaire ?

23 commentaires

  • Oui pour les Pérogies je confirme j’en ai acheté des surgelés lol quand on a pas envie de cuisiner c’est pas mal et franchement c’est le comfort food ideal

  • Le vin des glaces existe aussi en Alsace. Mon plat « canadien » préféré c’est les perogies . Les queues de castor c’est bon mais grave fat

  • Euhhhhh
    Madame Kenza, t’as oublié un truc assez primordial à mon sens.
    Oui, oui. Tu as omis de mentionner notre cher, doux, tendre et merveilleux London Fog (c’est canadien en plus!!!)
    (sans parler du pain plastique de Tims :p mais c’est une toute autre histoire )
    J’oublierai jamais le souper d’automne !

  • Salut,
    Il y a la bière d’épinette aussi qui est typique… C’est un soda au sapin. Perso j’ai pas aimé du tout !
    Et au sujet de Tim Hortons, je trouve que le discours des gens est assez ambivalent, mais tout le monde a quelque chose a dire sur le sujet… J’entends régulièrement que ce n’est plus canadien (la chaine appartient a Burger king maintenant) et la qualité est aussi fort remise en question par rapport à « avant »,,,. Cela dit, comme tu dis, on voit toujours des gobelet du Tim partout 😀
    Merci pour l’article, c’est drole de se rendre compte de tout ca !

    • Merci à toi d’avoir laissé un commentaire ! Je ne suis pas une fan de bière mais je vais voir si cela se trouve ici pour goûter. J’ai un Tims exactement en face de mon travail et il faut avouer que c’est très (trop) pratique…

  • Ces soupers d’automne ont l’air sympa !
    Le cas Tim Hortons: je suis d’accord c’est tout un langage ! Mais perso je n’y arrive pas… A chaque fois qu’une collègue ramène des timbits au travail c’est la fiesta pour les canadiens! Moi j’en prends un mais je ne suis pas si fan.

  • Je ne connais quasiment aucun des plats que tu as cités ! A part la poutine (mais jamais goûté) et le sirop d’érable, bien sûr. J’en ai même déjà mangé comme ça, sur la neige, je crois que c’était en camp de ski et ça devaient être des canadiens/québécois qui nous avaient initiés.
    En Suisse aussi, on déjeune le matin, dîne à midi et soupe le soir. C’est bien plus logique, d’ailleurs :p :p : (<– commentaire très subjectif venant d'une Suissesse 😉 Mais si jamais ça intrigue ceux qui lisent mon commentaire, il y a un super article sur la dénomination des repas ici : https://francaisdenosregions.com/2018/04/03/le-midi-vous-dejeunez-ou-vous-dinez/

  • C’est rigolo de voir les différences avec le Québec, où il y a quand même pas mal de spécialités régionales. Pour le salé par exemple, on peut trouver : le pâté chinois, qui ressemble à notre hachis parmentier mais avec du maïs (on peut d’ailleurs trouver différentes théories pour l’origine de ce nom), le cipaille et la tourtière (deux variations de tourte à la viande) et pour le sucré, on a par exemple le pouding chômeur (délicieux gâteaux trempé dans du sirop d’érable), les pets de nonne (petits beignets), la croustade (sorte de crumble) ou encore les crèmes molles enrobées de chocolat (sorte de glace à l’italienne dont on choisit l’enrobage dur qui va la recouvrir). Jai aussi goûté ici les têtes de violon (des jeunes pousses de fougère comestible) qui sont très bonnes en salade et toutes sortes de végé-pâté qu’on ne trouve pas en Europe. Bref, il y a quand même une vraie culture de la bonne bouffe au fin fond du Québec et c’est très sympa 🙂

    En tout cas, merci pour ton article! Moi qui ne connaît rien du Canada anglophone, c’était assez surprenant de découvrir ces petites différences (Il y aussi le klamato ici et vraiment, je ne peux pas haha). Et surtout j’ai découvert l’origine de la pizza hawaïenne!

    • Bienvenue sur mon blog et merci pour ton message ! Je connais le pâté chinois, mais personne n’en fait à l’ouest. La tourtière par contre oui, c’est très important pour les francophones d’ici. Les pets-de-nonne j’en ai déjà mangé, le pouding chômeur aussi (une copine qui avait vécu au Québec m’en avait fait). Et tu m’intrigues avec les fougères comestibles !

  • J’ai haussé très très haut les sourcils en lisant la recette du cocktail. Non mais vraiment ? Du jus de palourde ? La simple idée de cette chose me révulse pas mal, surtout loin de la mer, j’imagine pas ce qu’il faut faire subir à un tel produit pour le conserver ^^’
    Ton article est super intéressant 🙂

  • Ah je suis heureuse d’enfin savoir d’où vient la pizza hawaïenne, cette invention fabuleuse qui a le mérite d’embêter les italiens depuis toujours et pour toujours :D! J’ai très envie de goûter la poutine et la queue de Castor, par contre le Caesar ça a l’air vraiment… bizarre. La liste d’ingrédients me donne juste l’impression que la boisson a été inventée par un gars bourré en fin de soirée ahah.
    Pour ce qui est des habitudes alimentaires, en Belgique on mange aussi des sandwiches ou d’autres plats froids à midi. J’ai arrêté de compter le nombre de personnes qui m’ont demandé pourquoi je faisais un truc pareil, mais pour moi le sandwich à midi c’est la vie ! Ah, et à ce que je vois on appelle les repas comme au Canada 🙂 (enfin je crois, je me trompe toujours entre dîner et souper, je ne sais jamais lequel est lequel… Du coup je dis ‘repas de midi’ et ‘repas du soir’ ahahah (oui j’ai presque 30 ans, là du coup on dirait pas !)).
    C’est un très chouette article ! J’adore découvrir les habitudes alimentaires des autres pays et régions :). Bisous !

  • Je me retrouve bien dans ton article !!! Le passage sur le langage propre au Tim Hortons m’a fait sourire car c’est bien vrai ! Un jour, mon Fisherman a commandé un double double dans une toute autre enseigne, il a eu le droit a un visage décomposé du genre  » What the hell is he talking about??? »