Humeurs

J’ai déménagé

Cela fait pratiquement un mois que je n’ai rien posté ni que j’ai ouvert WordPress. Grosse baisse de motivation, manque de temps, angoisse de la page blanche et plusieurs autres choses. La raison principale de ce silence, c’est un déménagement. Oui, encore un.

En envoyant son dossier de résidence permanente au gouvernement du Canada, il faut lister ses adresses et ses voyages des dix dernières années. Entre 2009 et 2018, j’ai déménagé 19 fois, entre Paris, la Hongrie, l’Australie, le Royaume-Uni et le Canada. Autant de valises faites et défaites, de décorations accrochées et décrochées, de vêtements et d’objets abandonnés sur trois continents.

Je suis venue à Winnipeg dans l’idée de me poser. Et d’une certaine façon, le plan s’est réalisé. J’ai maintenant un mec, un chat, des meubles, une assurance habitation, une mutuelle et le statut de résidente permanente. Je peux rester vivre ici pour toujours et dans un an, je demande la nationalité canadienne (cumulable avec la française !). Et pourtant, ma recherche de stabilité s’est encore une fois retrouvée ébranlée cet été.

La situation locative à Winnipeg

Trouver un appart à Winnipeg peut être difficile, surtout pour un nouvel arrivant. Une fois que vous avez vécu ici c’est très facile comparé à la France mais au début, c’est plus compliqué puisque vous n’avez pas d’historique de crédit. Une autre particularité aussi (et je pense que c’est seulement au Manitoba ?) c’est qu’en postulant pour un appart, vous devez fournir en même temps le montant de la caution – un demi-loyer. Si l’agence ou le proprio refuse votre dossier, l’argent vous est remboursé. Si vous changez d’avis par contre, ce n’est pas remboursable. Donc les gens ne peuvent financièrement pas postuler sur plein d’apparts. Dernier défi aussi : il faut déclarer ses animaux de compagnie et beaucoup de logements ne sont pas pet-friendly.

Il y a seulement 3% d’appartements vacants à louer et ici, ce n’est pas la faute de Airbnb. Winnipeg est une ville de propriétaires plus que de locataires.

Notre appart était chouette. J’étais à 20 mn à pied de l’Alliance quand j’y travaillais encore, dans un block avec un cabinet médical, un cabinet dentaire, un petit supermarché, une bibliothèque, un café, des restaurants et plein d’arrêts de bus pour aller vers tous les points cardinaux, avec le bus pour l’aéroport juste en bas de la maison. On était à 15-20 mn à pied du centre-ville, même si finalement, on est en Amérique du Nord et on n’a pas besoin d’aller en centre-ville. Et on payait un loyer dérisoire car les augmentations sont strictement régulées par le gouvernement provincial.

Et pourtant… la pandémie est passée par là. Le proprio n’est pas proprio de métier, il est dans la construction. Donc s’occuper de notre maison ne faisait pas forcément partie de ses priorités. Et son choix de locataires a été pour le moins douteux. En avril, deux appartements dans la rangée de maisons se sont retrouvés vacants en même temps. Un dealer de drogue a occupé l’un et des cambrioleurs l’autre.

Si j’avais été au bureau, je n’aurais pas remarqué les gens bizarres, les allées et venues et les voitures de police. Mais en travaillant de la maison et sans sortir… cela se voyait. Les criminels sont partis, mais mon sentiment de sécurité est un peu ébranlé. Le quartier s’est aussi détérioré, à cause de la crise et de l’absence de politiques sociales de la mairie et du gouvernement conservateur, qui se renvoient la balle pour financer des solutions aux problèmes d’addiction, d’itinérance et de pauvreté.

Déménager

Trouver un nouvel appart a été bizarrement simple. On regardait un peu comme ça car c’est très difficile de casser un bail annuel au Manitoba. Et puis un logement était vacant dans l’immeuble d’amis, on est allés le visiter, coup de coeur mais qui nous a échappé. Tant pis, on attendra. Et coup de théâtre, coup de fil de la concierge, les gens qui avaient pris l’appart se sont désistés. On retourne le visiter, remplit le dossier, et on l’a. Tout ça s’est fait en moins d’un mois avec le stress que cela a engendré (à cause du risque potentiel de devoir payer deux loyers pendant neuf mois).

Mais tout s’est arrangé. J’ai donc déménagé, dans un autre quartier. Et je suis triste d’avoir encore changé, moi qui voulais cette stabilité. J’espère que ce nouvel appartement m’en apportera. Il est au 5e étage (enfin presque… au 4e. Au Canada, on compte le rez-de-chaussée comme le premier étage), comme l’appartement parisien où j’ai grandi. Le balcon est gigantesque (mais il fait entre 0 et 10 degrés en ce moment donc en profiter sera pour 2021 haha), j’ai un lave-vaisselle et la climatisation, j’ai fait un grand pas vers l’âge adulte !

Je peux donc reprendre ma vie et tous les projets que j’avais mis en pause. Et je compte bien aller racheter des plantes à la jardinerie qui se trouve à exactement 12 minutes à pied. Je suis dans ma 26e semaine de télétravail, j’ai encore dit au revoir à des amis qui sont partis, donc avoir un endroit où on se sent bien dedans à défaut de sortir était primordial. C’est plutôt bien parti.

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