Expatriation

Histoires expatriées – la langue

Ce mois-ci, dans les #Histoiresexpatriées, on parle de langue, et c’est Estelle qui a choisi le sujet.

J’ai déjà un article sur mon blog qui explique comment j’ai appris l’anglais, réappris à vrai dire, à chaque fois que je changeais de pays (Angleterre, Canada, Australie). J’ai aussi un article qui parle du hongrois. Je ne me suis pas expatriée dans d’autres pays, donc ça limite un peu mon domaine d’expertise et les comparaisons possibles. Mais ça tombe bien, je suis prof de FLE, donc j’ai plein d’idées et d’opinions sur les langues étrangères.

Les Français sont très souvent nuls en langue étrangère. Vraiment très nuls… Ce n’est pas toujours de leur faute, j’ai été moi aussi victime du système éducatif pas vraiment à la pointe de la communication orale et je ne parle même pas de l’époque de nos parents. L’enseignement des langues vivantes est en train de changer, les théories modernes sont arrivées à l’Éducation Nationale et les profs sont plus dans l’actionnel que la grammaire, même si c’est un peu contradictoire tant que le format de l’examen du bac ne change pas.

Pourtant, les autres pays nous envient nos cursus avec deux, voire trois langues obligatoires. Il y a des systèmes éducatifs où il est possible d’abandonner l’apprentissage d’une langue étrangère dès la fin du collège – en Angleterre, ce n’est pas obligatoire pour le bac par exemple, puisque les étudiants ne passent que quatre ou cinq matières qu’ils ont eux-même choisies.

Mais pourtant, pour les Français même s’ils ont plein de cours de langue, ça ne marche pas toujours. Je n’ai pas travaillé ni vécu dans les pays nordiques ou en Allemagne, où l’apprentissage des langues à l’école semble avoir une longueur d’avance, mais j’aimerais bien savoir comment ils s’y prennent. Parce que trop de gens sortent du bac sans pouvoir aligner un mot, alors qu’ils sont censés avoir un niveau B1 ou B2 dans la langue en question. D’autres Européens finissent le lycée avec un niveau C et n’ont pas peur de parler. Le système français a des choses à revoir.

D’ailleurs, plus tard dans l’apprentissage et la vie, je n’ai rencontré que très peu de Français ayant réussi à perdre leur accent pour passer complètement incognito dans le pays où ils vivent. À mon avis, c’est une question d’exposition. Si on avait le choix de voir les films et séries en langue originale (surtout quand nous étions plus jeunes, quand Netflix n’existait pas et que nous étions tributaires de la télé), si on était plus exposé à l’anglais ou à l’espagnol, ce serait plus facile.

Et ce n’est pas une fois expat ou immigré que ça va miraculeusement s’arranger. Beaucoup de gens restent en vase clos franco-français… encore plus quand comme moi on travaille en français. Je n’oublierai jamais une de mes chefs après plusieurs années en Australie qui essayait d’expliquer à l’informaticien que the police was not correct dans sa signature d’adresse mail. C’est un effort à faire, presque constant, il y a toujours quelque chose à apprendre, un mot technique, une expression idiomatique, une référence culturelle.

Mais il est aussi difficile de progresser dans certains pays où les locuteurs ne corrigent pas. Les anglophones sont tellement habitués au mauvais anglais qu’ils ne diront jamais rien sur votre prononciation (sauf les enfants, qui sont de sévères juges). D’un autre côté, le problème décourageant que rencontrent mes étudiants, c’est que quand ils essayent de parler français avec un français, l’héritage de notre système scolaire pessimiste et négatif est encore là. La phrase aura beau être parfaite malgré une simple petite erreur de genre, un le au lieu d’un la ou vice versa, le français va en faire la remarque et ne laissera pas passer l’erreur.

Est-ce qu’on doit absolument apprendre la langue du pays où l’on vit ? Oui et non je crois.

Oui, si c’est pour une démarche à long terme, si c’est nécessaire au travail, si cela permet d’éviter de se faire arnaquer, si l’on veut tout simplement manifester un minimum d’intérêt pour la culture de ce pays qui nous accueille. Non, pas forcément, si c’est pour un stage de quelques mois, si la vie au quotidien ne le nécessite pas (Erasmus sur un campus par exemple), si la langue est notoirement difficile (qui a dit hongrois ? mais je pense aussi aux langues d’Asie du Sud-Est).

Quand je suis arrivée à Budapest, j’ai appris un peu de hongrois. J’ai déjà énormément souffert de la barrière de la langue, je n’ose même pas imaginer comment je me serais sentie si je n’avais absolument rien pu faire seule, qu’il se soit agi de commander un café, d’acheter quelque chose, de pouvoir dire que je ne comprends pas, tout simplement. Ne pas parler la langue et devoir être accompagné-e d’un interprète en permanence, collègue ou voisin, est un peu infantilisant pour moi.

Mais alors comment apprendre la langue… ? Un mélange de cours, de tutorat, d’auto-apprentissage et d’exposition je pense. J’ai appris le hongrois avec des cours au début, mais c’est d’en entendre non stop 4 heures par jour qui m’a permis de progresser. Je déteste les échanges linguistiques, parce que c’est mon métier en fait et je n’en ai jamais fait mais cela fonctionne très bien pour d’autres. Les livres n’ont pas du tout marché pour le hongrois pour moi alors qu’ils m’ont été assez utiles pour l’espagnol. Tout dépend !

Dante, le seul, l’unique, dont l’oeuvre qui a d’ailleurs permis de fédérer la langue italienne.


Il y a des pays quintessentiellement monolingues et les différentes réformes éducatives successives n’y changeront rien. C’est le cas du Royaume-Uni, de la Hongrie aussi. Les langues étrangères sont obligatoires en primaire, puis supprimées par manque de formation des enseignants ou de temps pour finir les autres matières qui sont quant à elles essentielles. Puis on les remet. La Hongrie a instauré un système pas trop mal : en entrant au lycée les jeunes peuvent choisir de faire une année linguistique intensive, avec 20h ou 25h d’anglais par semaine – parfois en combinaison avec une autre langue.

Quant au Canada… C’est un pays officiellement bilingue mais dans les faits, la réalité est différente de province en province, de ville en ville. Et il ne faut absolument pas sous-estimer ni se moquer de la francophonie locale. D’abord, il n’y a pas que le québécois… il y a différentes variétés de français, chacune avec son histoire et ses particularités. Il y a même un village au Manitoba où on parle le français de France sans accent, mais le français manitobain a des similitudes avec l’anglais en vocabulaire, intonations et syntaxe. Et c’est pas grave. Et c’est pas grave non plus qu’en français de France on utilise parking et week-end. Je pense qu’il y a d’autres problèmes plus importants pour la sauvegarde du français en milieu minoritaire que la traduction ou non de certains termes anglais. Les Français qui arrivent au Canada ont tendance à arriver avec leurs gros sabots et l’impression que leur français est meilleur. Non, il ne l’est pas, il est différent, c’est tout.

La vidéo ci-dessous fait parler des franco-manitobains sur leur français et la façon dont on a les accueillis partout au Canada. C’est pas très long (2 mn38) et ça vous donnera une meilleure idée de ce qu’on entend ici au quotidien !

Et pour s’adapter… il faut trouver un juste milieu. Je prends des inflexions franco-canadiennes quand je parle, c’est à cause de mon travail, de parler toute la journée à des étudiants non-francophones. Quand je reviens ensuite dans ma vie hors travail, je ne récupère pas mon débit habituel tout de suite, il faut un temps d’adaptation. J’essaye d’adopter les termes qui sont utilisés ici et dont l’équivalent français ne sera pas compris du tout (bâtiment, immeuble par exemple n’existent pas, on utilise édifice). C’est une question de dosage. Mais je ne tombe pas non plus dans l’extrême inverse, comme ces Français qui parlent plus québécois que les Québécois. C’est artificiel.

Au fait, depuis quelques temps, j’ai très envie de me remettre à l’allemand et/ou d’apprendre le russe. Parce que les langues sont trop importantes… et ça me manque ! Et d’un point de vue anglais… En revenant au Canada, je n’avais pas été exposée à l’anglais depuis deux ans (un an à Budapest et un à Paris) alors mon cerveau a utilisé ce qu’il connaissait le mieux : l’accent britannique. Mais depuis, j’ai fait le caméléon et l’éponge à la fois, j’ai absorbé tout ce qui était autour de moi et j’ai à peu près un accent canadien quand je parle anglais… Et quand j’ai des eh qui sortent tout seuls à la fin de mes phrases, je sens que j’ai réussi mon intégration linguistique !

Cet article participe au rendez-vous des #Histoires expatriées, organisé par L’Occhio di Lucie

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22 Commentaires

  • Estelle

    Ton point de vue en tant que prof de FLE dans divers pays est super intéressant. C’est clair qu’en France nous n’avons absolument pas les bonnes méthodes d’apprentissage des langues. Je suis encore traumatisée de ma prof de lycée d’espagnol qui se moquait de ma prononciation (bonjour self-estime). Depuis je fais un blocage sur l’espagnol, je n’ose pas le parler car je ne le maîtrise pas aussi bien que l’anglais.
    J’imagine bien que les serial expats comme toi sont de vraies éponges et savent assimiler les accents de chaque pays d’accueil. Une vraie citoyenne du monde. Tu n’es pas que française mais aussi plein d’autres citoyennetés.

    15 juin 2018 at 90902 Reply
    • Kenza

      Oui, j’aime ta conclusion, c’est ce que je pense aussi ! J’ai piqué du vocabulaire, des accents mais des valeurs aussi un peu partout.

      20 juin 2018 at 90906 Reply
  • Elanorlabelle

    Même après un erasmus au Royaume-Uni, puis en Hongrie, où je n’avais pas l’occasion de parler français, je n’ai jamais réussi à vraiment progresser ni à avoir un accent qui ne sonne pas français. Pourtant j’ai bénéficié du système d’immersion pour mon apprentissage dans le secondaire et je regarde quasiment toujours la VO en séries et films, pourtant, rien n’y fait. Je pense que dans cette histoire d’accent, il y a aussi une histoire de langue d’origine. Je suis persuadée que certaines langues sont plus facilement “compatibles” au niveau des accents. (mais on est d’accord, certaines personnes ne font AUCUN efforts)
    Quant à la question de reprendre une personne étrangère qui parle français, je n’ai pas la même expérience et même plutôt l’inverse: combien de fois il m’est arrivée (ou à des amis) d’aller dans un pays anglophone de poser une question simple du genre “three tickets please” et la personne en face te regarder, perplexe, puis répéter au bout d’un loooooonnng moment “ah! three tickets!”. Ici, je vois plus de gens qui sont contents qu’on parle français avec eux plutôt qu’anglais et qui ne se formalise pas du tout de quelques erreurs.

    15 juin 2018 at 90915 Reply
    • Kenza

      Je pense qu’il y a une différence entre reprendre dans une interaction sociale marchande et dans une relation amicale ! Mais oui les anglophones peuvent être un peu relou s’ils ne comprennent pas (surtout les Britanniques)

      20 juin 2018 at 90908 Reply
  • Madame Givrée

    Haha ! J’aime bien la conclusion. Moi c’est quand je me suis mise à dire “innit” à tout bout de champs que je me suis rendu compte que, ça y est, j’étais devenue un produit des Midlands :D.
    Plus sérieusement, je fais partie de ces gens qui ont gommé totalement leur accent dans la seconde langue, et je te rejoins sur un point : l’exposition est essentielle. Mais je pense qu’elle ne fait pas tout, qu’il y a des questions de sensibilité linguistique, d’exigence, d’oreille musicale et d’adaptabilité qui rentrent en ligne de compte.
    Et sinon, la prof d’anglais qui est en moi ne peut que te rejoindre sur tout le reste.

    15 juin 2018 at 90937 Reply
    • Kenza

      On est d’accord 🙂 et bienvenue ici, merci pour tes commentaires ! 🙂

      20 juin 2018 at 90910 Reply
  • La Gauffre

    Hey bonjour 🙂 J’ai trouvé ton article super intéressant. C’est génial d’avoir l’avis d’une personne qui travaille comme prof FLE. Pour ma part, j’ai toujours suivi un cursus de linguiste, collège, lycée, université … Je te rejoins dans le fait que l’école ne nous apporte pas grand chose, même dans ce type de parcours. J’ai appris l’anglais, l’allemand ainsi que le russe. L’allemand, je ne préfère même pas en parler. En presque dix ans d’apprentissage, je me fais tout juste comprendre dans une conversation simple. L’anglais, je l’ai beaucoup pratiqué en perso (lecture de livres à voix haute, voisins anglophones …). Le russe c’est encore plus compliqué. Je suis sortie du lycée avec un meilleur niveau de russe que d’allemand (c’est pour dire). J’ai même passé le russe en LVB à l’université. C’est très compliqué de pratiquer le russe en perso et ça l’est de plus-en-plus. Avec les divergences politiques on a de moins en moins accès à la TV russe sur le web avec de jolis messages pour dire: cette vidéo n’est pas disponible dans votre pays. C’est une langue merveilleuse mais assez compliquer car ayant beaucoup de déclinaisons. Franchement, si c’est une langue qui te plaît n’hésite pas à te lancer 🙂 Par contre, pour bosser la langue en dehors des cours c’est très dur. Je te rejoins aussi sur le fait qu’en France on reprend beaucoup les gens, pire même, certains ne se gènes pas pour se moquer ouvertement. Ce que j’adore à l’étranger, c’est qu’ils ne connaissent pas forcément beaucoup le français, parfois ce n’est que deux ou trois mots, mais ils ne débrouillent toujours pour les caser pour nous faire “plaisir”. Enfin j’arrête mon pavé de commentaire ^^ Il y a tellement à dire sur le sujet ! Bonne soirée à toi et au plaisir de lire tes prochains articles 🙂

    15 juin 2018 at 101042 Reply
    • Kenza

      Merci pour ton (premier !) message, c’est super intéressant ! Je ne savais pas du tout pour l’accès aux médias russes… est-ce que tu as essayé de trouver un tandem linguistique ?

      20 juin 2018 at 90911 Reply
      • La Gauffre

        Bonjour Kenza, je n’ai pas repris le russe pour le moment même si j’ai dans mes contacts sur Facebook une association de partage franco-russe dans ma ville qui se nomme la lettre et le son. Du coup, j’ai cette asso dans mes contacts. A Angers, on a une communauté russe assez importante donc ça aide un peu. Ca peut être intéressant si tu veux apprendre le russe de passer par ce biais 🙂

        20 juin 2018 at 90935 Reply
        • Kenza

          Oui, il y a une énorme communauté russe et ukrainienne ici aussi 🙂 mais avec mes horaires de travail (9-9h tous les jours) j’avoue que je ne suis pas encore ultra motivée pour commencer ! J’avais trouvé une méthode ludique pour l’alphabet dans une brocante, elle est chez mes parents, je leur demanderai de me l’apporter quand ils viendront me voir ce sera un bon début 🙂

          20 juin 2018 at 90938 Reply
  • Marie

    Je me suis pris la nullité de notre apprentissage des langues en pleine figure il y a quelques semaines quand j’ai commencé à échanger régulièrement avec une Autrichienne qui parle un français presque impeccable sans accent, en ayant certainement passé moins d’années à l’apprendre que moi l’allemand ! Quant à mon bon niveau d’anglais, je le dois à des heures de visionnages de séries, des lectures en VO et certainement pas aux heures de cours, c’est vraiment terrible… J’aimerais avoir ce même déclic en allemand mais il tarde à venir !
    Bon tout n’est peut-être pas perdu car aujourd’hui on m’a demandé sérieusement si j’étais bilingue allemand à cause de mon supposé accent (ou de son absence)… Fake it till you make it!

    15 juin 2018 at 160418 Reply
    • Kenza

      But you will make it!

      20 juin 2018 at 90912 Reply
  • Marie-Aude

    Salut Kenza !
    Je suis vraiment d’accord avec toi, sur le fait que les français ont une fâcheuse tendance à juger le niveau de français des autres francophones. Les langues françaises (j’utilise le pluriel volontairement) ont juste évolué différemment ! Ce qui à Montréal ce remarque surtout au niveau du vocabulaire, beaucoup de mot sont de la traduction littérale de l’anglais, ce qui paraît plutôt normal quand on considère l’histoire du Québec.
    Pour ce qui est de l’apprentissage de l’anglais, je l’ai appris jusqu’en BTS, mais j’ai vraiment commencé à le parler en partant à Dublin quelques mois, puis en Nouvelle-Zélande pendant un an. Et je continue d’en apprendre tous les jours en regardant beaucoup de films et séries en VO et en lisant (je viens de me mettre à Jane Austen, j’adore !). C’est donc vrai que l’exposition à la langue est indispensable pour s’en imprégner. Par contre au niveau de l’accent, ça dépend des jours ! Parfois je le trouve vraiment bon, et d’autres fois j’ai l’impression de baragouiner un truc incompréhensible 🙂 Je sais aussi que j’ai une tendance au mimétisme, à prendre l’accent des gens que j’ai en face de moi (accent ou tic de langage) mais ce n’est vraiment pas par moquerie.
    Encore une note très intéressante et qui stimule le débat, en somme. Merci !

    15 juin 2018 at 190746 Reply
    • Kenza

      Mais de rien !

      20 juin 2018 at 90914 Reply
  • Lolli

    Ton point de vue est très intéressant . 🙂 Pas facile d’apprendre une autre langue que sa langue d’origine

    16 juin 2018 at 20245 Reply
    • Kenza

      Non mais c’est important je trouve !

      20 juin 2018 at 90915 Reply
  • Carrie

    Alors la : je préfère parler correctement une langue et avoir un peu/beaucoup d’accent français que de tenter de prendre l’accent du pays car je n’y arrive tout simplement pas. Meme en France je ne pourrais, serais pas parler avec un accent marseillais, alsacien ou toulousain….

    18 juin 2018 at 40443 Reply
    • Kenza

      C’est vrai que comparé comme ça… Mais les deux vont de paire je pense, tu peux pas adopter l’accent si tu maîtrises pas les contenus !

      20 juin 2018 at 90917 Reply
  • Léonor

    Ah quel sujet intéressant ! Je pourrais en parler pendant des heures ahah !
    En tant que Belge, je pense que le bilinguisme me parait beaucoup plus normal que pour de nombreuses personnes, du moins c’est ce que je retiens de mes interactions avec les autres nationalités que je rencontre. C’est pour moi l’une des richesses de la Belgique : nous sommes presque sans cesse confrontés au fait que nous avons deux langues (bon, trois en réalité, mais l’allemand est parlé par une portion si petite de la population qu’on l’oublie tout le temps 🙂 !). Ca ne veut pas dire que nous sommes tous bilingues français – néerlandais, loin de là (et c’est dommage je trouve, mais c’est un autre débat !) mais je pense que le fait de savoir que nous devons utiliser une autre langue pour parler avec des gens de notre propre pays nous ouvre au monde des langues depuis notre enfance.
    En Belgique, c’est donc normal de parler deux langues au moins (l’anglais étant souvent la deuxième langue, honnêtement j’ai très très peu d’amis en Belgique qui ne le parlent pas). J’en parle trois (+ le néerlandais, que je comprends mais que je ne parle plus) et, bien que ça ne me paraisse pas incroyable, ça impressionne de nombreuses personnes qui ne sont pas du tout habituées au bilinguisme dans leur propre pays. Et moi, d’un autre côté, je trouve ça incroyable qu’une grande partie de notre génération, à notre époque, soit encore unilingue !
    Quant à l’accent, ton article m’a fait penser à une amie française qui m’expliquait que dans son école, les élèves se moquaient de ceux qui essayaient de parler proprement, avec le moins d’accent français possible. J’étais choquée ! C’est vrai qu’au final quand on parle une langue étrangère on a toujours (ou presque ?) un accent, aussi petit soit-il, mais personnellement je m’efforce à effacer mon accent français autant que je peux. D’abord parce qu’entendre un francophone qui parle anglais sans faire aucun effort ça m’écorche les oreilles, mais aussi parce que ça m’énerve quand quelqu’un se moque de mon accent en disant qu’il est très français ahah ! Au final, même si j’ai encore des mots qui ressortent de façon très française quand je parle anglais, quand les gens m’entendent parler ils croient plutôt que je suis italienne ou espagnole. Il parait que j’ai une pointe d’accent de par là, bien que je ne sais pas vraiment comment ça se fait ahaha !
    Cependant, accent ou pas, le principal pour moi c’est de passer outre la peur de parler dans une autre langue. Quand j’étais plus jeune j’avais peur de parler anglais (ou néerlandais) parce que j’avais peur qu’on rigole de mon accent, mais au final tout le monde s’en fout (ou presque, et ceux qui ne s’en foutent pas ils n’en valent pas la peine pour moi). L’important c’est d’arriver à communiquer :).
    Ah, et quant au fait de parler la langue du pays dans lequel on vit, pour moi il est nécessaire d’apprendre la langue si on compte s’y installer pour de bon. J’habite à Prague depuis deux ans et demi, je compte y rester encore un an et demi environ et je ne parle pas le tchèque. Je ne l’ai pas appris parce que depuis le début je sais que je ne resterais pas longtemps (bien que je pensais rester bien moins longtemps que ça) mais c’est sûr que c’est pas facile tous les jours. Google Traduction m’a été d’une aide cruciale plusieurs fois !

    19 juin 2018 at 101015 Reply
    • Kenza

      Je suis d’accord avec plein de choses dans ton long commentaire passionnant ! Sauf sur la fin, l’apprentissage me semble important même lors d’une expatriation temporaire et pas permanente.

      20 juin 2018 at 90926 Reply
  • Mon Expérience Voyage

    C’est vrai ça les anglophones nous corrigent jamais en fait ! Mais en même temps quand quelqu’un parle français avec un accent fort je ne corrige pas non plus. Du coup pourquoi à l’école on ne nous laissait jamais finir une phrase même avec des fautes de prononciation. C’est comme ça qu’on progresse. L’école m’a vraiment traumatisée ha ha.

    Très bon article, j’aimerais bien entendre ton accent canadien 🙂

    21 juin 2018 at 40417 Reply
  • Liz

    J’ai essayé d’apprendre l’arabe, alors bon maintenant je peux lire (sans comprendre) et écrire quelques mots. Le principal problème étant les différents arabes, entre celui qu’on nous enseigne et celui qu’on parle dans la rue il y a un monde… Du coup, je baragouine du Koweitien que j’écris de manière très formelle et je ponctue certaines de mes phrases avec du libanais !
    Au quotidien, je parle en anglais avec un accent français qui devient un accent arabe si je discute en anglais avec un arabophone (j’ai tendance à être une véritable éponge)
    En tous cas, ton article est très intéressant, ça me fait beaucoup réfléchir.

    9 août 2018 at 10148 Reply
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