Humeurs

Deux mille quinze

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Ce bilan est une tradition. J’ai failli y déroger mais c’est le cinquième que j’écris ici (2011201220132014) et je sais que j’aurai plaisir à le relire plus tard pour voir l’évolution et je suis curieuse de connaître vos retours aussi !

2015

En Australie

L’année a commencé à Melbourne, sur la plage de St Kilda avec mes copains, après une journée barbecue – piscine – cidre sucré.

Mes valises étaient faites, car le lendemain je partais pour un voyage de six semaines qui allait m’emmener tout le long de l’Australie et me faire changer de continent. J’ai à peine commencé à raconter le Cambodge sur le blog et la Malaisie attend son tour. Après en février, je suis rentrée fauchée, avec 150 dollars pour vivre deux mois. Je suis allée habiter dans une coloc horrible, une vraie arnaque aux backpackers avec des vols et des souris, et j’ai commencé mon nouveau travail, prof à la fac. Pas une fois je n’ai pas eu envie de me lever, j’entrais en classe avec un sourire gigantesque.

J’ai déménagé en mai, enchaîné les cours particuliers et passé des heures dans les transports. Grâce à ça, j’ai recommencé à lire. Uluru en avril, et Melbourne, Melbourne, Melbourne. La ville me manque un peu, tout y était si facile.

En juin, j’ai quitté l’Australie, après y avoir passé 51 semaines. Je ne pensais pas que je tiendrais, mais je l’ai fait.

Puis en France

2015, c’est l’année où j’ai fait la paix avec la France. C’est la première fois où rentrer ne me fait pas peur, où j’envisage même d’y rester un peu. 2015, ou comme vous tous je me suis sentie plus française que jamais, Charlie et Paris, penser aux victimes encore aujourd’hui. Où j’ai redécouvert un peu ce pourquoi je faisais ce métier, pour la langue oui mais aussi pour défendre les valeurs imbriquées derrière. J’aimerais montrer aux élèves que ce n’est pas qu’une histoire d’élégance ou de gastronomie, ni de râleurs en grève, qu’il y a plus que ça.

L’été à Paris a été doux. J’ai revu de vieux amis, pris soin des nouveaux, visité des trucs, zappé d’autres, passé beaucoup de temps avec ma famille. On a fait un tour en Espagne, j’ai révisé toutes mes bases et je pense qu’avec un peu de travail je pourrais atteindre le B1, c’est assez motivant et ça me donnerait presque envie de vivre dans un pays hispanophone (très sérieusement, mes parents seraient ravis si j’allais vivre en Espagne, ça fait partie du top trois des pays dont ils ne critiqueraient pas le choix).

Et enfin en Hongrie

Je vais être honnête avec vous, les premières semaines, je me suis vraiment demandé ce qui m’avait pris. Mais la routine s’est installée, et maintenant j’apprécie Budapest. Tout est loin d’y être rose, il y a la barrière de la langue, l’école sans moyens, le salaire déplorable, une vie sociale presque inexistante, un appart post-communiste où l’électroménager fuit ou prend feu, mais j’arrive à prendre ça avec le sourire. Ça fait des choses à raconter…

Et la situation géographique de la ville me permet de me rapprocher d’une amie très chère qui habite à l’est du pays et de visiter les alentours : Cracovie en octobre, Vienne en décembre, des villes hongroises, la Slovaquie et Berlin bientôt avec plein d’autres idées. J’attends impatiemment des visites pour faire découvrir mon environnement. J’ai fini l’année à Paris, avec des nouvelles copines, à manger du fromage, ça aurait pu être pire.

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Robert Delaunay, musée Albertina, Vienne


Et sinon…

Professionnellement, ce n’est pas terrible. J’ai l’impression que le marché du FLE est en crise, il y a de moins en moins d’offres d’emploi ou qui sont toujours plus exigeantes (heureusement, j’ai tous mes diplômes et certifications et je dépasse cinq ans d’expérience). Mais je ne me vois pas faire autre chose que d’aller en classe chaque jour, raconter et plus souvent radoter. Le job à la fac m’a énormément plu, celui avec les ados beaucoup moins mais c’est une concession que j’ai faite pour être sûre d’avoir un emploi dans une zone géographique qui me convenait. J’en ai déjà parlé sur le blog, c’est difficile de concilier public idéal + salaire + lieu sur un même poste.

Cet été, j’ai envisagé de travailler car les écoles pullulent à Paris pour les touristes. Mais les conditions de travail n’étaient pas intéressantes : les contrats sont des CDD d’usage – donc sans indemnité de transport ni prime de fin de contrat. Il y avait deux heures de transport par jour, pour 15 euros brut de l’heure. Ça peut sembler beaucoup mais c’est le taux auquel j’étais payée il y a cinq ans quand je n’avais ni diplôme ni expérience et pour une heure enseignée, combien de temps a été passé à préparer en amont ? On retombe donc sur 7 euros de l’heure, au mieux. Revenue avec un peu d’argent d’Australie et d’une année où j’ai travaillé six jours sur sept, je me suis permise d’être exigeante. Je changerai peut-être de discours cet été et je reparlerai de mes projets d’avenir dans un article deux mille seize !

En termes de relations, des hauts et des bas. Des amitiés qui se sont terminées mais d’autres qui ont commencé. Des histoires un peu étranges et des disputes assez sérieuses. Pas un seul garçon à l’horizon.

Enfin, sur le blog, ça a été une très belle année. De jolies surprises et découvertes, pas mal d’exposition grâce à Marie-France et au Petit Journal, des rencontres aussi, les statistiques qui augmentent (123 000 pages vues !) et une envie de toujours mieux faire, vous montrer les voyages, les expatriations et les paillettes qu’apportent le métier de prof à l’étranger, mais les coulisses aussi. Vos commentaires, même si j’y réponds en retard ou pas toujours, me mettent toujours le sourire aux lèvres. Merci ❤️

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