Europe

Belgrade, ancienne, moderne, surprenante.

Belgrade n’était pas un voyage prévu. J’étais pleine de préjugés, parce que dans le 18e arrondissement de Paris, juste à côté de chez moi, il y a la rue de la Serbie. Magasins, église, habitants, épiceries, restaurants, c’est changer de pays pendant 500 mètres. Et je n’avais jamais été vraiment attirée par ce que je voyais. Les Serbes ont la réputation d’être durs et fermés, peu accueillants.

Mais j’ai voulu vérifier. De Budapest, Belgrade n’est pas si loin, 8h de train pour 26 euros.

Jeudi, Budapest, 22h30.

Le train part. Je n’ai jamais pris de train-couchettes, c’est tellement exigu que ça devient drôle. J’ai l’impression que je vais tomber du deuxième étage, je me force à me coller au mur sous mon drap trop petit. La nuit va être longue. J’oublie d’en faire des photos.

1h20 : le contrôleur frappe à toutes les portes, premier passage de frontière, la police hongroise souhaite joyeusement une bonne matinée à tous les passagers.

1h50 : c’est la police serbe qui arrive, tamponne les passeports en dévisageant tous les passagers.

Vendredi, Serbie, 5h50

Le contrôleur nous réveille pour nous rendre nos billets et nous arrivons une petite heure plus tard. Le spectacle est surréaliste : c’est ça la gare de la capitale du pays ?

Gare de Belgrade

Nos premiers pas sont mêlés de oh et de ah, regarde ci, regarde ça. Ca a l’air très pauvre, bien plus que la Hongrie subventionnée par l’Union Européenne. Les trottoirs sont inégaux, les transports vieillots, les bâtiments vétustes.

On se perd un peu en se dirigeant vers notre auberge de jeunesse. Ça monte, ça descend, certains noms de rue ne sont qu’en cyrillique, la ville nous fait nous perdre. La même chose se reproduira tout le séjour, nous faisons de longs détours pour finalement rejoindre un endroit qui n’était qu’à quelques mètres.

Vendredi, Belgrade, 8h30

Douche, petit déj, il est tôt et on repart avec dans l’idée de faire un free walking tour. On cherche à changer de l’argent aussi. Les bureaux de change sont à tous les coins de rue et parfois dans des échoppes improbables, au kebab, magasin de cravates, magasin de chaussures. Mais nous n’avons que des forints hongrois et personne n’en veut. Après comparaison, on se décide et on récupère des jolis billets de Monopoly. 1 euro = 122 dinars.

Monnaie serbie

Belgrade architecture

La rue principale, Kneza Mihaila, a les boutiques habituelles et quelques fantaisies architecturales. Il y a du street art partout et des cafés design. On tombe sur une fanfare, parce que c’est la fête de la ville, il y a un grand soleil, on a l’impression d’être en vacances. Il y a deux walking tours, un part à 10h30 et l’autre à 11h. On profite trop de notre café et on manque le premier.

Parapluies Belgrade

Le rendez-vous est place de la République. Mais la carte que vous voyez ci-dessus n’est pas du tout à l’échelle. On se perd et on manque l’heure de peu. Plutôt que de se greffer à groupe déjà imposant, on préfère aller déjeuner et rejoindre l’un des tours de l’après-midi.

Journaux Belgrade

Hotel Moscow Belgrade

Coquelicots

Place à Belgrade

On finit dans la rue Skadarlija, le Montmartre serbe. Comprenez : il y a de vieux immeubles, des restaurants et des pavés. On se décide au hasard pour le restaurant Zlatni Bokal et on mange des plats du coin : le pljeskavica, une sorte de steak haché mais avec au moins trois viandes dedans et les ćevapi, de petites saucisses. Comme la Hongrie, la Serbie n’est pas un pays pour les végétariens et les portions sont énormes.

Zlatni Bokal Belgrade
Vendredi, 14h30, Place de la République

C’est parti pour 2h et quelques de free walking tour. La guide a un bon anglais, le groupe est petit, on avance vite et elle explique pas mal de choses. Le sujet qui est sur toutes les lèvres, c’est le communisme et les bombardements de 1999. Les réponses sont feutrées, comme elles le seront le lendemain, c’est un peu tabou je crois.

Entre corruption – le musée national est en travaux depuis douze ans – et modernité, la capitale serbe est étonnante. On retourne dans le quartier de Skardalija, elle nous parle des Kafana, ces coffee houses où les poètes et révolutionnaires venaient changer le monde, inspirés par la rakija, la liqueur locale aromatisée aux fruits. On passe par la mosquée puisque la moitié ouest de Belgrade a été dans l’empire ottoman pendant plusieurs siècles – alors que de l’autre côté du Danube, Zemun (où nous irons le lendemain) était sous domination austro-hongroise.

Place de la République Belgrade

Skadarlija Belgrade

On se dirige ensuite vers Kalemegdan et la forteresse. On s’arrête en chemin discuter de cyrillique et d’alphabet latin mais aussi de la Silicon Valley serbe (ce n’est pas une histoire de technologie mais une de prothèses). J’aime bien les free walking tours qui parlent du quotidien et racontent des anecdotes drôles. Ça me fait me demander si je ferai une bonne guide sur mes pavés parisiens.

Forteresse Belgrade

C’est de l’ancienne forteresse romaine que Belgrade tire son nom : la ville blanche. Ce point stratégique de la ville porte les couches successives des envahisseurs. Nous n’avons pas eu le temps d’y retourner, j’aurais bien aimé. Le coucher de soleil depuis les hauteurs doit être magnifique. Les pierres sont différentes, dues aux réparations successives hâtives. Et la statue… du Victor, du Vainqueur, symbole de liberté. Je trouve que c’est le cousin éloigné de celle de Budapest !

Kalemegdan Belgrade
La fin du tour nous ramène devant notre auberge, au restaurant ? – oui c’est bizarre comme nom. Situé à côté de l’église, ses appellations successives n’étaient jamais du goût de la religion. Les gérants ont donc décidé de ne plus nommer l’établissement.

restaurant Belgrade

Vendredi soir, Belgrade

On se promène un peu au hasard, on cherche le marché de Skadarlija mais il est en train de fermer ses portes. On redescend vers la place Tasmajdan où se trouve la grande église St Marc qu’on voit à plusieurs rues de distance, le Parlement et la Poste Centrale (j’y reviendrai). Le coucher de soleil est sublime.

Belgrade

Belgrade

Belgrade

Le soir, nous dînons à côté de l’auberge, au restaurant ? Le service est nul, la nourriture fade, ce n’est vraiment pas un succès. Nous rentrons nous coucher. L’hostel Che est super bien situé mais un peu étrange. Installé dans un appartement privé, il n’y a que trois chambres, un salon, une cuisine et une salle de bains. L’alcool local y est gratuit donc lorsque nous rentrons vers 21h, les mecs déjà bien joyeux préparent leur soirée. Nous, nous n’avons qu’une envie, celle de dormir. Heureusement, ils partiront assez rapidement.


Samedi matin, centre-ville de Belgrade

Nous avons un planning bien chargé : aller voir la cathédrale St Sava, la plus grande église orthodoxe d’Europe, puis manger dans un restaurant bien précis pour lequel nous avions obtenu une réduction lors du free walking tour et enfin faire un second walking tour qui cette fois-ci nous emmènera de l’autre côté du Danube dans la partie austro-hongroise de la ville.

Mais nous ne savions pas que c’était le marathon. La ville est coupée, les transports ne circulent plus. Nous galérons pas mal mais à chaque fois que nous sortons notre carte, quelqu’un vient nous demander en anglais s’il peut nous aider et ce que nous cherchons. Ça fait bizarre.

La promenade était cool, un peu surréaliste dans une ville fantôme. Au gré de nos pas, nous sommes aussi tombées sur des bâtiments bombardés en 1999 et laissés tels quels. Certains se trouvent dans la rue des ministères, le calme, l’absence de trafic, la sensation était étrange.

Belgrade

Belgrade

Belgrade

St Sava Belgrade

Belgrade

La cathédrale était fermée au public ce week-là. Sa construction est très récent et elle n’est même pas terminée. Regret numéro 2 après ne pas avoir vu le coucher de soleil de la veille depuis la colline de la forteresse. Mais la déception a vite été oubliée en passant devant les boulangeries et en retournant manger. Le plat ci-dessous c’est une sorte de ratatouille dont je n’arrive pas à retrouver le nom. Mais c’était bon.

Belgrade


Samedi, 15h, Place de la République pour le Zemun Tour

C’est l’heure du walking tour, qui commence normalement par un trajet en bus. Mais ils ne circuleront pas avant une bonne heure – donc le guide propose qu’on y aille à pied. Il estime la balade à cinquante minutes, on mettra près de deux heures. Mais c’était agréable quand même.

On traverse le Danube, on tombe sur un certain nombre de mémoriaux de plus ou moins bons goûts, d’architecture communiste, et on aperçoit les péniches qui se transforment en night club une fois les longues soirées d’été arrivées. Il faisait près de 30 degrés.

Belgrade

Belgrade

Belgrade

Belgrade

Péniche Belgrade
Je n’ai pas pris trop de photos une fois arrivés. L’attraction principale, c’est une tour qui permet d’avoir une magnifique vue sur la ville. Après quatre heures de marche, le guide a eu la bonne idée de nous offrir un shot de rakija, c’est le premier walking tour que je fais où ça arrive ! C’est aussi le premier où il portait un costume traditionnel complet, chaussures-chaussons compris et vêtements en laine…

printemps

Zemun Belgrade

Zemun Belgrade

Après… nous sommes revenues en bus, sommes repassées à l’auberge, avons fait quelques courses et sommes allées à la Poste centrale, ouverte 24h sur 24. Un samedi soir, à 21h, et avec un guichetier qui parlait anglais et a même collé les timbres lui-même. Impressionnant. Pour le dîner, nous sommes allées manger dans le restaurant Zavicaj, classé numéro 7 à Belgrade sur Trip Advisor. C’était vraiment nul, il faut que j’aille laisser un commentaire. Finalement, c’est la rue touristique qui comportait les meilleurs endroits où manger, contrairement à de nombreuses autres villes où ce serait l’inverse.

Retour à l’auberge, courte nuit car lever à 6h pour attraper le train de 7h20 pour rentrer à Budapest. Dix heures de train plus tard, entre 1h30 de passage de frontières (et ce moment sitôt la frontière passée où un passager a un problème avec son billet et où la contrôleuse hongroise s’exclame à travers le wagon – je ne parle pas anglais, qui peut traduire du hongrois à l’anglais ?) et 1h30 de câble sectionné juste à l’entrée de Budapest. En rentrant, j’ai dormi de 18h à 7h le lendemain matin mais ça valait le coup !

J’espère vous avoir donné envie de visiter la ville, comme elle est avec ses contrastes et imperfections. C’est surprenant, positif, mais Belgrade donne le sourire.

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