Une histoire de décollage

Affiche Auberge EspagnoleHier, j’ai regardé l’Auberge Espagnole, parce qu’au moment d’un départ, c’est un peu le film security blanket. Même sans avoir fait Erasmus, l’assistanat s’en rapproche énormément. Cette phrase en particulier aura toujours des échos.

« Quand on arrive dans une ville, on voit des rues en perspective. Des suites de bâtiments vides de sens. Tout est inconnu, vierge. Voilà, plus tard on aura marché dans ces rues, on aura été au bout des perspectives, on aura connu ces bâtiments, on aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue on l’aura prise dix, vingt, mille fois. Au bout d’un temps cela vous appartient parce qu’on y a vécu. »

Après l’année à York, ces phrases prennent un nouveau sens. Je ne pars pas à Jersey pour les mêmes raisons qu’il y a deux ans. J’étais fatiguée, faible aussi, après une année de double cursus éprouvante et une grève qui avait remis en cause toutes mes croyances fondamentales en l’université et l’éducation française. Je laissais des gens aimés sur le quai de l’Eurostar, j’avais un billet de retour pour début juin, j’étais prête, organisée (mais une prof encore assez amateur il faut l’avouer). Je savais qu’il y aurait ce groupe de gens, je ne savais juste pas à quel point ils seraient incroyables et changeraient ma vie. Tout comme ce départ l’a changée. Je crois qu’il ne faut pas hésiter, jamais, si une occasion se présente. Parce que partir, aussi effrayant que ce soit, reste un excellent apprentissage. La famille, le couple, les amis, si les liens sont là ils tiendront quelques mois, un an. Et si cela ne tient pas, c’est que cela ne valait pas le coup même de rester pour des gens indignes.

Je ne sais pas ce que je vais trouver à Jersey, mais le mail parlait d’enrichissement personnel et professionnel. Ça me semble un bon début. Enseigner toujours plus et toujours mieux, parler anglais, boire du cidre et être à la bonne place. Quant à croiser des gens, je ne suis pas inquiète, pour ne plus être la même, changer, avancer.

3 Commentaires

  1. Proserpine
    15 août 2011 / 12h29

    Quel beau commentaire !!

  2. 15 août 2011 / 12h09

    ah ah!!! oui je crois que l'auberge espagnole c'est juste le film des départs!!! ça fait peur, ça fait envie, c'est excitant, inquiétant et plein de mots en -tant! Mais comme tu dis c'est l'école de la vie et ça c'est la meilleure école: elle fait les meilleurs profs!!!!

  3. Anonymous
    19 août 2011 / 18h12

    J'aime cette phrase : "La famille, le couple, les amis, si les liens sont là ils tiendront quelques mois, un an. Et si cela ne tient pas, c'est que cela ne valait pas le coup même de rester pour des gens indignes.":)Oryu

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