Le retour et la rentrée en demi-teinte

Je savais qu’il fallait se réhabituer. Se ré-acclimater. Se réinstaller. Et tout plein de synonymes pour parler d’un retour en France après toutes ces années d’expatriation. Même si je revenais souvent, tous les six à douze mois, le retour était toujours bref et simple. Je posais ma valise, ne la défaisais parfois pas, voyais mes copines, ne mettais pas de réveil, profitais de douces vacances.

Ces derniers temps, j’ai été refaire un pass Navigo, une carte de bibliothèque, envoyé des papiers à la sécurité sociale car je n’existe toujours pas dans les registres et signé des contrats. Des contrats bizarres, des CDD un peu bancals qui incluent des heures en face à face et des heures de préparation et des multiplications qui arrivent à une paye bien inférieure à celle promise. Il fallait que je retravaille pour rentrer dans les cases dont j’étais sortie il y a longtemps.

Je ne pensais pas que ce serait si dur. Pourtant, je ne galère pas, c’est mon pays, ma ville, je comprends ce que les gens racontent, je sais comment interagir, aucune situation de la vie quotidienne ne peut poser problème. Prendre le métro, check, acheter un truc check, demander un renseignement téléphonique, check. Pas de décalage horaire, culturel, linguistique. C’est bizarrement familier sans l’être. J’ai l’impression d’avoir fait un retour en arrière, car je travaille dans un endroit où j’ai fait un stage il y a cinq ans, avant de partir justement. Tout c’est plus fatiguant que je ne l’imaginais.

Le travail aussi. J’ai toujours préféré enchaîner les heures tant que j’étais sûre de les voir arriver pour prévoir les périodes creuses. C’est le cas actuellement : je n’ai des contrats que de six semaines, donc j’enseigne 28h par semaine. C’est tout simplement énorme : si vous êtes prof vous comprendrez, si vous ne l’êtes pas, imaginez un instant de passer tout ce temps debout devant une classe, à parler et à prêter attention au moindre truc qui se passe entre les quatre murs de la salle de classe – et même sans parler des préparations. Je passe la pause déjeuner à courir dans le métro, je finis quand la nuit est déjà tombée.

 

Rouler au pas - Grain Train

Photos prise à Grand Train qui résume bien comment je me sens !

 

Du coup j’ai craqué, mon corps plutôt je n’ai pas pu rester en classe jeudi. J’appréhende, j’ai déjà refusé des heures mais au 2 novembre, je n’ai plus rien. Parce que je comptais aller enseigner l’anglais pour l’Éducation Nationale. Certes, je suis prof de FLE, mais j’ai une licence d’anglais, un master de didactique des langues, cinq ans de vie en pays anglophones et six ans de classe comme bagages. Cela ne suffit pas, j’ai été refusée. On verra ce que je trouverai, je peux aussi normalement enseigner les lettres.

Revenir, se réhabituer, ne plus porter ce que je veux, mettre un parapluie dans mon sac, trouver des salles des profs froides et impersonnelles remplies de gens de passage qui ne prennent pas la peine de s’échanger leurs noms, jongler entre la canicule et les gouttes, tomber malade. La rentrée m’a drainée de mon énergie et de mes envies de socialiser et explorer, j’attends vraiment que ça passe et de retrouver des horaires plus acceptables.

La routine existe ici aussi. Mon téléphone reste au fond de mon sac, il n’y a rien à photographier de toutes façons. Je n’ai pas non plus trouvé le temps de m’arrêter sur les blogs et réseaux sociaux, complètement coincée dans un rythme un peu trop soutenu. Les rendez-vous ne se prennent pas manque de temps ou s’annulent. Ça ne me convient pas, même si c’est temporaire. Mais il le fallait, j’espère que mon compte en banque sera renfloué à la hauteur de la fatigue et de l’investissement, chaque euro sera ensuite converti ensuite en dollars canadiens.

Écrire ici me sert souvent de catharsis et m’aide à y voir plus clair. À moi de mieux appréhender mon quotidien et le rendre plus agréable. Je m’excuse un peu pour cet article négatif et vous promets mieux pour le prochain !

48 Commentaires

  1. 18 septembre 2016 / 17h50

    bon courage pour la suite
    je n ai pas fait d expatriation mais j imagine dans quel état tu dois être qd les choes ne se passent pas comme espérées
    je te souhaite de rebondir d ici peu
    cette sensation de n avoir le temps de rien avec des horaires lourds je vois très bien
    malheureusement parfois on a pas le choix pour renflouer les caisses
    des postes pas à l hauteur ou de très mauvaises surprises
    comme je dis souvent le monde du travail c est la jungle malheureusement
    tu n as pas à t excuser
    c est aussi la réalité
    on ne pet pas toujours dire que tout va bien lorsque ce n est pas le cas

    • 25 septembre 2016 / 11h47

      Merci beaucoup Tania pour ton petit mot trop gentil. Ca fait longtemps que je n’ai pas travaillé en France mais c’est triste… ne même pas demander le nom de ses collègues, ne pas avoir de café à disposition, tout un tas de petites choses super négatives !

  2. 18 septembre 2016 / 18h39

    J’imagine qu’il va te falloir un peu de temps pour te réhabituer, pas évident de revenir après des années d’expatriation (quand je te lis j’angoisse sur un futur retour en France, sans parler de tout l’administratif à gérer…).
    J’espère que tu réussira à retrouver tes marques et à te faire à ton nouveau rythme, prends du temps pour toi et te reposer…faudrait pas faire un burn out quand même.
    Bon courage 🙂

    • 25 septembre 2016 / 11h48

      C’est ça, c’est se réhabituer 🙂 mais a priori, en ayant déjà eu une vie professionnelle en France avant le départ ou un statut plus clair que ‘expat jamais déclarée nulle part » ça semble plus facile, regarde Mme Ananas, ça se passe bien pour elle 🙂

  3. 18 septembre 2016 / 19h00

    Eh ben, si avec ton expérience et ton master en Anglais, ils ne veulent pas de toi, ils leur faut quoi sérieux? C’est n’importe quoi ><. Courage en tout cas, et bonne rentrée aussi :).( Soit dit en passant, cette année je commence une option FLE, donc ton blog est d'autant plus le bienvenu).

    • 25 septembre 2016 / 11h49

      J’ai pas exactement un master d’anglais, j’ai un master qui me permet d’enseigner les langues étrangères mais c’est utile quand même à l’enseignent de l’anglais ! N’hésite pas si tu as des questions sur le FLE 🙂

  4. 18 septembre 2016 / 20h12

    Courage, ce moment n’est pas facile, mais c’est pour u que tu puisses encore plus profiter a fond de ton PVT !

    • 25 septembre 2016 / 11h50

      Exactement, c’est dur mais heureusement il y a un super but derrière !

  5. 18 septembre 2016 / 22h53

    c’est des idiots, ils prennent des contractuels sans formation mais pas des gens avec de supers bagages comme toi… on marche sur la tête comme toujours.
    Je compatis, le choc culturel du retour sur les chapeaux de roues je l’ai vécu et c’est franchement pas simple… mais promis ça finit par passer..
    Courage, je t’envoie des bisous.

    • 25 septembre 2016 / 11h51

      Merci Laura, et à très bientôt !

  6. 19 septembre 2016 / 0h27

    Bon courage pour les prochaines semaines chargées !

    • 25 septembre 2016 / 11h51

      Merci ! j’espère que tu vas bien de l’autre côté là-bas 🙂

  7. 19 septembre 2016 / 4h42

    Pas facile le retour. Surtout avec toute cette pression du travail.
    Prends des photos… Prends les poubelles, les boites aux lettres, les bancs publics… Ca fait si longtemps que c’est un peu un nouveau pays pour toi… Pourquoi ne pas le reapprivoiser petit a petit, et partager tes « retrouvailles »?
    Plein de courage et de belles re-decouvertes 🙂

    • 25 septembre 2016 / 11h52

      Merci pour ton très gentil petit mot ! Ca va un peu mieux depuis l’écriture de cet article qui m’a permis de vider mon sac et repartir d’un meilleur pied.

  8. 19 septembre 2016 / 9h10

    Pas facile.. Je comprends que cela ne soit pas simple, je t’envoie plein de courage !!

    • 25 septembre 2016 / 11h52

      Et puis j’aime bien me plaindre ! plus qu’une semaine et ça ira un peu mieux 🙂 merci pour le courage je le prends avec plaisir 😀

  9. 19 septembre 2016 / 9h20

    Arff il manque de prof d’anglais et on te refuse?! Grrrrr
    Je suis dans le meme cas que toi ou presque: 14 ans en Gb ca ne « prouve » rien….. :/
    Courage Miss ce n’est qu’une mauvaise passe 😉

    • 25 septembre 2016 / 11h56

      C’est triste quand même. D’un côté on nous assène « langues étrangères, mobilité, valeur ajoutée sur le marché du travail, harmonie européenne » et de l’autre, finalement ce n’est qu’une bonne hypocrisie, même avec ces compétences acquises ailleurs, c’est toujours quelqu’un avec un CV franco-français qui ne possède pas ces atouts (notamment linguistiques) qui aura le job. Je suis désolée de ta situation Carrie 🙁

  10. Julie (Lines)
    19 septembre 2016 / 9h23

    Courage ! Je comprends ce que tu veux, c’est étrange quand on revient et effectivement, on a l’impression de régresser, de revenir en arrière. Mais quand je suis revenue en France, j’ai tout fait pour y voir une période de transition, une période qui me permettait de mieux préparer la suite et de mieux aller de l’avant. Le plus dur, c’est d’être patient.

    De mon petit Cambodge, je pense fort à toi. Courage pour le boulot.

    • 25 septembre 2016 / 11h57

      Faut que je t’envoie un mail Juliiiiie. Tu as raison, la mentalité c’est ça, une simple transition (mais c’est dur de travailler après cet été, équipe + conditions + salaire au top, le choc est dur ensuite !)

      • Julie (Lines)
        26 septembre 2016 / 16h04

        J’attends de tes nouvelles avec impatience 🙂

  11. 19 septembre 2016 / 9h44

    Ouf 28 heures d’enseignement par semaine… je te comprends tu dois être épuisée ! Bon courage pour la suite, tu passes par des moments difficiles mais tu sais pourquoi tu le fais !

    • 25 septembre 2016 / 11h58

      Heureusement, plus qu’une semaine à 28 (et on m’a proposé plus ! j’ai refusé) et après je redescends à 13 🙂

  12. 19 septembre 2016 / 11h12

    Courage ! J’imagine que ce n’est pas évident de se réhabituer à cet environnement familier mais qui a pourtant changé. Alors haut les cœurs ! Repose toi, prends le temps de remettre dans le bain… Bon courage !

    • 25 septembre 2016 / 12h01

      Merci Tamia ! Etre malade a bien augmenté ma négativité, je vois les choses de façon un peu plus positive et la fin approche, plus qu’une semaine avec ce rythme de fou !

  13. 19 septembre 2016 / 12h11

    Courage pour ces semaines difficiles et chargées, et garde le cap = le Canada ! Grosses bises 🙂

    • 25 septembre 2016 / 12h18

      Oui, c’est un vrai moteur ! Vous êtes rentrés ?!

  14. 19 septembre 2016 / 12h23

    Bon courage, n’oublie pas de prendre soin de toi quand même !

    • 25 septembre 2016 / 12h18

      J’essaye 🙂 heureusement, bientôt la fin de ce rythme de folie, plus qu’une semaine !

  15. 19 septembre 2016 / 12h36

    Je te souhaite bon courage ! J’ai l’impression que ce mois de septembre est bien difficile pour plusieurs personnes (dont moi y compris). J’espère que les choses vont s’arranger 🙂

    • 25 septembre 2016 / 12h19

      J’espère que tu vas mieux aussi !

  16. 19 septembre 2016 / 15h09

    Courage Kenza <3 <3 Tu peux le faire! Je t'envoie des bisous!

  17. 19 septembre 2016 / 15h29

    Ce n’est pas le moment le plus agréable mais il faut se dire que c’est temporaire et penser à ce qui suivra. Tu repars quand au Canada?
    Et à propos du nombre d’heures, j’en profite pour te demander ton avis (quand tu auras le temps, bien sûr): je vois beaucoup d’offres (Alliances ou Insituts Français) à 40h par semaine et ça me paraît énorme. Ils précisent parfois qu’il s’agit de 25h de cours et 15h de réunions, tâches administratives etc mais quand même, ça n’inclut pas la préparation des cours.
    Personnellement je me sens incapable de tenir un rythme pareil et je me retrouverais tôt ou tard devant une classe épuisée et sans avoir préparé mes cours par manque de temps.
    Ca t’est déjà arrivé d’avoir d’avoir des horaires pareils à l’étranger?
    Merci pour ta réponse et bon courage pour cette parenthèse parisienne!

    • 25 septembre 2016 / 12h25

      En fait, tout dépend 🙂
      40h c’est effectivement énorme, il faut voir en effet le détail précis. Il n’y a pas de réunions toutes les semaines, les tâches peuvent être les tests de placement par exemple, ce qui fluctue pas mal aussi, des cours de rattrapage ? Il faut aussi se demander si les cours sont sur manuel (donc « moins » de travail) ou s’il faut les créer. Je dirais que c’est faisable à court terme… mais pour un salaire horaire, afin d’avoir une forte motivation financière. Pour un salaire fixe, c’est trop, ça ne laisse aucune marge de manoeuvre.
      En AF la première année j’étais à 17h dans les écoles + environ 10h de cours et la seconde année 18h d’école et environ 15h de cours. J’avais pas mal de cours enfants et je préparais ma progression par tranches de six semaines, ce qui me faisait gagner beaucoup de temps (ça me prenait une après-midi avec la création de matériel, mais que tous les six semaines). En Australie j’étais uniquement payée à l’heure et tous les profs étaient plafonnés à 20h. Je faisais 18h je crois à la première session et 12-14 + une matinée d’administratif à la seconde session. Et ça suffisait (avec deux jours de congés à chaque fois)
      40h, c’est trop. Mais on n’est pas toujours en position de négocier…

      • 29 septembre 2016 / 19h36

        Merci Kenza pour ce retour d’expérience. J’ai préféré passer mon tour pour ces offres là 😉

  18. 19 septembre 2016 / 18h45

    Tu n’as pas à t’excuser je sais ce que c’est ce rythme de dingue avec les gosses, le bruit c’est pas toujours facile. Courage ma belle ! 🙂

    • 25 septembre 2016 / 12h26

      J’ai plus des gosses, je travaille avec des adultes en ce moment mais le bruit est bien là aussi 😀

  19. 20 septembre 2016 / 0h22

    J’ai l’impression de me lire avant de partir. Ca ne m’encourage pas à envisager un retour.

    C’est dur, mais le point positif c’est que ce n’est que temporaire. J’espère que le départ au Canada arrivera vite 🙂

    • 25 septembre 2016 / 12h28

      Bienvenue ici ! Tu habites au Japon depuis longtemps ?!
      Le retour a ses avantages et ses inconvénients. C’est cool aussi de pouvoir se projeter, passer du temps avec ses proches sans que ce soit minuté à une heure tous les six – douze mois. Mais heureusement que je repars aussi 😀

      • 25 septembre 2016 / 13h13

        Aha, ça fait un moment que je lis sans commenter (désolée ^^)
        A peu près un an et demi. Le souci c’est que le Japon est plutôt strict avec les visas et que du coup ça me fait stresser. Mais bon je m’en remettrais, pour le moment ça va.
        Je gère plutôt bien le manque des proches, faut dire aussi que c’est justement pour mettre de la distance entre ma famille et moi que je suis partie. Pour les amis, bof, je suis revenue une fois en France et j’ai été pas mal déçue, du coup maintenant ça me pause de moins en moins de problèmes.

  20. Lea
    20 septembre 2016 / 7h53

    Hey sympa cet article je trouve. Enfin îl me rassure. Comme toî je suis en train de faire un choix. Celui d’arrêter de bosser 67h par semaine pour survivre. Je plaque tout pour 🙁 rentrer chez maman et il faut que je l’accepte, cest pour renflouer mon compte et repartir. Je dépéris en france. C’est magnifique mais je n’y est jamais ete chez moi. Alors j’essaie d’encaisser les doutes et l’arrêt d’un super job mal payé pour avoir de quoi vivre et repartir mieux je l’espère.

    Courage à toi. Je sais comme c’est dur. Mon corps a lâché aussi. Tellement fort.

    • 25 septembre 2016 / 12h30

      67h ? c’est fou ! J’espère que cette solution te conviendra, et que tu arriveras vite à repartir. Courage !

  21. 25 septembre 2016 / 6h27

    Coucou,

    Je crois qu’on s’est déjà croisées sur la toile, puis là j’ai re-retrouvé ton blog… qui me parle toujours autant!

    Tu fais un boulot très prenant (j’ai été prof de FLE avec des adultes et j’étais HS après une journée de 6 h!) dans une ville pas facile, chère et prenante.

    Ça va aller. Faut s’ajuster. Prend des moments pour toi… la santé mentale et physique, c’est primordial! Fais-toi des petits plaisirs 🙂

    • 25 septembre 2016 / 12h31

      Oui ! je sus une fidèle, je te lis tout le temps (mais commente peu)
      Ca va aller… c’est temporaire, juste histoire de rentrer dans les cases (la sécurité sociale, tout ça) et avant de repartir au Canada !

      • 26 septembre 2016 / 1h18

        Ah, ça fait plaisir d’être lue par quelqu’un dont on apprécie le blog 🙂 Pareil, je commente peu… juste quand j’ai quelque chose d’intelligent à dire!

        La France n’est pas un pays tendre avec celles et ceux qui ne rentrent pas dans les cases, justement. Je me sens aussi souvent en décalage quand je rentre… alors je compatis.

  22. 1 octobre 2016 / 17h57

    Oh 🙁 je comprends sans comprendre, car toutes les expériences sont différentes, mais à chaque fois que je suis rentrée et que j’ai dû retravailler en France, j’étais un peu pareil : perdue sans être perdue, en terrain connu mais inconnu, bref c’était chiant. (pardon)
    Nulle part ailleurs je n’ai eu cette impression de ne pas être dans la bonne case. A chaque fois y’a un truc qui va pas ici, et c’est comme si ce truc c’était moi 😀 j’essaie d’en rire !
    Je sais qu’on ne se connait pas mais bon si un jour tu veux rencontrer une blogueuse qui a la bougeotte et qui se considère assez sympa (alias moi) autour d’un petit café, fais-moi signe ce sera avec plaisir! J’ai une bonne oreille (pas musicale malheureusement, même si j’adore les concerts de rock)
    Bises !

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