Expatriation

Rentrer en France après 5 ans d’expatriation, c’est comment ?

C’est dur.

Tellement plus que ce qu’on pourrait imaginer. Pourtant, on se met en tête les terrasses, les croissants, on se souvient du goût des viennoiseries du dimanche, l’offre culturelle et on pense aux raclettes qui sont juste à portée d’estomac de main. On anticipe tout le fromage qu’on va manger et tous ces petits plaisirs oubliés. On se dit qu’on ne manquera plus les réunions de famille ni les mariages ou naissances. On pense qu’on va retrouver sa place.  

Bien sûr, ce on est stylistique, c’est moi en fait.

Certes, techniquement je ne suis pas rentrée en France cette année, parce que je savais que j’allais repartir, un autre pays m’attendait. Disons que j’ai fait un séjour temporaire à Paris, de neuf mois, comme une nouvelle expatriation dans mon propre pays. Parce que c’est un peu le cas : on connaît les codes mais il faut les réapprendre, les faits de société ont changé, des références culturelles se sont ajoutées, la langue aussi a évolué, et de toutes façons l’expat de retour ne parle plus très bien à force d’avoir fait du franglais tout le temps. Le processus d’adaptation au retour est un peu similaire à celui de l’expatriation.

Mais pourquoi rentrer en France ?

J’aurais pu partir en Espagne cette année scolaire, enfin parler l’espagnol pour de vrai, avoir du soleil, enseigner à un nouveau type de public linguistique et visiter plein de trucs.

Mais j’ai choisi de rester à Paris à la place. La raison pour laquelle j’ai voulu faire une pause dans toutes ces expatriations successives, cinq en cinq ans, c’est parce que je n’y arrivais plus. J’avais perdu l’excitation de la découverte, la phase de lune de miel des premiers jours, l’envie d’aller vers les gens, la curiosité d’apprendre une nouvelle langue ou ses variantes. J’étais fatiguée de faire mes valises, les déballer, tout recommencer – banque, papiers, découverte du système scolaire, relations sociales – pour devoir tout clore à peine quelques mois plus tard.

Surtout que j’avais mon visa canadien en main, et que je m’étais promis que je ne ferai plus que des expatriations « faciles » dans un contexte familier, avec un job déjà connu et des visages amis. Repartir dans un nouvel endroit n’aurait que décuplé mon impatience. Et je voulais aussi redonner une chance à la France que j’avais tant critiquée.

Et comment ?

Pourtant, quand je suis revenue à Paris, j’ai effectué pratiquement le même ballet administratif qu’en arrivant dans un nouveau pays. Pas de sécurité sociale parce que partie trop longtemps, pas de travail parce que l’expérience à l’étranger n’est pas forcément toujours reconnue. J’ai dû remplir des formulaires, envoyer des tas de photocopies et attendre. Je suis restée sans couverture santé pour la seconde année consécutive entre fin juin et mi-octobre en croisant les doigts pour que rien ne se passe. Il y a deux façons de récupérer des droits : s’inscrire à Pôle Emploi ou travailler. J’ai choisi la seconde option et j’ai travaillé pour 11 euros de l’heure. J’en parle souvent parce que ça m’énerve, mais voilà, un diplômé d’un master avec plus de cinq ans d’expérience peut gagner un salaire aussi bas à Paris sans que ça ne choque personne, ou sûrement, mais sans que la situation ne bouge.

Donc je suis rentrée et j’ai été un peu frustrée de ne pas voir mes compétences reconnues à leur juste valeur. Et j’ai essayé de pousser d’autres portes, sans forcément de succès, parce que revenir de l’étranger ça fait plus peur que ça n’encourage un employeur, en tous cas dans le domaine de l’éducation. Je ne sais pas pourquoi ce n’est pas plutôt vu comme une richesse, le signe d’une amélioration des pratiques, un plus grand recul sur son métier. Non. Vous ne faites pas l’affaire. Ma situation s’est débloquée une fois que j’ai réussi à tirer profit de la pénurie de profs d’anglais dans la banlieue parisienne mais j’aurais aimé le savoir tout de suite, ne pas perdre de temps avec mes envois inutiles de CV et toucher des salaires trop précaires pendant trois mois.

Rentrer en France, c’était aussi revenir chez mes parents. Récupérer ma chambre d’ado qui n’avait presque pas bougé et retrouver le moule d’un quotidien familial que j’avais très souvent voulu fuir. Il y avait de sacrés avantages, financiers notamment (car sans vrai contrat de travail, sans sécurité sociale, sans famille pour m’accueillir, je n’aurais jamais pu me loger) et c’était aussi chouette de passer du temps avec ma famille autrement que derrière un écran. Pourtant, je l’ai aussi ressenti comme un retour en arrière, un flashback d’il y a plus de cinq ans, avant que ma vie ne change. Cela m’a cependant permis d’atteindre mon but, beaucoup économiser, à partir du moment où j’ai eu un vrai travail bien payé, tout en profitant d’un certain confort matériel (la cuisine de maman aidant beaucoup).

Et puis,

Et puis il y a les copines, mais ça demande du temps d’ajustement de passer de se voir deux heures par an à être sur la même ligne de métro. Je ne sais plus qui m’a dit, et je ne lui en veux pas, ah oui j’oublie que tu es là, je n’ai pas pensé à t’inviter. Parce que l’expat, même de retour, est celui-celle qui est parti-e, et qui va d’ailleurs sûrement repartir. Le-la perpétuel-le absent-e.

Mais c’est un luxe d’avoir la spontanéité d’aller s’asseoir en terrasse, partager un thé ou une balade. On prend vite l’habitude de ne plus se parler sur sur Whatsapp, et ça rend un peu plus difficile le retour au Canada dont les sept heures de décalage horaire  empêchent souvent d’avoir une discussion instantanée.

Il y a aussi toute cette culture, les musées et les vieux bâtiments et les voyages et les low-costs et un monde de possibilités à quelques kilomètres. Paris est la plus belle ville du monde, je n’en démordrai pas, même si je l’aime un peu plus quand je n’y suis pas. C’était terrible de devoir reprendre le métro, y reperdre les bonnes habitudes acquises ailleurs – celles de la politesse, la cordialité, du sourire – pour redevenir un zombie des transports publics. Revenir en France c’est aussi redevenir français, râler, se plaindre, soupirer, adopter les comportements des autres pour essayer de se fondre dans la foule.

Retour-expatriation

Je l’aime et je la déteste. Mais je serai toujours parisienne.


Mais on est différents. C’est difficile de retrouver une place. On n’a pas vu les émissions de télé, on ne connaît pas l’actualité musicale ou littéraire, et même en rencontrant de nouvelles personnes, ça semble tellement prétentieux de réciter sa liste de pays traversés. Mais ça fait partie de nous. Et puis quand on rencontre un autre expat, il y a cette connivence qui se crée presque immédiatement, parce qu’il est probable que lui aussi soit en galère, caresse les poteaux à la recherche du bouton pour faire passer le feu au vert, relève la tête en entendant du français parce qu’il a oublié qu’en fait, c’est la norme maintenant, continue de jongler avec les fuseaux horaires pour des skype pro ou sociaux, et surtout il est possible qu’il ne se sente pas à sa place en France non plus.

J’ai l’impression que c’est presque le lot attendu, être le-la Française à l’étranger tout en se faisait surnommer de la nationalité de son pays d’adoption de l’autre côté. Est-ce qu’on peut vraiment ressentir qu’on appartient aux deux pays ? Je ne sais pas, je n’ai pas encore passé suffisamment de temps au même endroit pour en juger. Je laisse d’autres expats plus chevronnés que moi y répondre !

Bref c’est un peu décousu, et si vous aussi vous vous posez la question de rentrer en France (c’est Lucie qui a déclenché ma réflexion sur le sujet) je ne saurai pas vraiment vous conseiller. Sinon de prévoir un plan B. Je ne regrette pas ma parenthèse française, elle m’a permis de remplir mes objectifs et surtout de préparer mon départ pour le Canada plus sereinement. Mais je suis contente qu’elle soit terminée, car ma place, elle est à l’étranger, dans un parfait compromis entre l’anglais et le français.

Ma vie n’est plus en France, testé… et approuvé.

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37 Commentaires

  • Répondre Tara B.

    On le sait (en tout cas sur le papier) que c’est dur de rentrer en France après une expatriation, mais décrit comme ça a l’air de l’être vraiment vraiment…
    Petit truc drôle : toi tu as trouvé que les français étaient mal embouchés après avoir vécu ailleurs, moi je peux te dire que quand je rentre de Chine je trouve tout le monde d’une politesse exquise et je n’en finis pas de m’extasier sur les bonnes manières des français 🙂 Tout est vraiment question de point de référence 😉

    15 juin 2017 à 0h55
    • Répondre Mikaella C.

      Complètement d’accord avec toi !! Quand j’arrive du Canada, après quelques semaines de vacances chez mon fils, j’hallucine en mettant un pied à Roissy …. je dis toujours que je quitte le pays des « bisousnours », pour arriver dans une jungle hostile !!
      Ah Roissy …. des gens mal embouchès partout, déjà surexcités à 8h00 du matin !
      Bonjour l’image de la France … je n’ose imaginer la première impression des touristes étrangers qui posent un pied sur notre territoire !!
      Bref, moi aussi je pense aller voir ailleurs pour ma retraite.
      Bon séjour au Canada Kenya !!

      15 juin 2017 à 10h41
    • Répondre Kenza

      Tara, Je pense que pourtant le tableau négatif aurait pu être pire ! Si ça avait une décision forcée sans autre départ prévu, je n’ose même pas imaginer comment je me serais sentie. Les Hongrois sont assez malpolis aussi mais la ville est rutilante ! Mais j’avoue, ça dépend du point de comparaison !

      Et Mikaella, oui, je me suis déjà fait la réflexion à propos de Roissy et l’ai aussi beaucoup entendu de la part de touristes / étudiants visitant Paris… j’ai un peu honte même ! Valérie Pécresse avait pour projet de poster cet été un millier d’étudiants en jobs d’été dans les points touristiques pour renseigner les touristes, j’espère que ça se fera !

      16 juin 2017 à 18h12
  • Répondre Lydia

    courage à toi !!

    15 juin 2017 à 2h02
    • Répondre Kenza

      Merci ! Mais ça va mieux, je suis repartie à l’étranger, je suis au Canada depuis deux mois 🙂

      16 juin 2017 à 18h20
  • Répondre Aurore

    Bon retour à Paris quand même parce que malgré ses défauts, la France, et Paris bien sur, sont belles ! Bon courage, c’était un joli texte 🙂

    15 juin 2017 à 8h08
    • Répondre Kenza

      Merci Aurore ! Je suis déjà repartie en fait, j’ai pris l’avion pour le Canada début avril, mais effectivement, en tant que professeur de français pour les étrangers, je sais aussi reconnaître les avantages de la France dont je parle au quotidien 🙂

      16 juin 2017 à 18h21
  • Répondre eden haini

    Haha je plussoie Tara B concernant la politesse des français quand on rentre de Chine XD. Je me reconnais dans ce que tu dis, même si je n’ai passé qu’un an à l’étranger, en revenant j’étais paumée : je ne connaissais aucune des nouvelles chansons à la mode, tiens la mode aussi xD, les émissions TV, et les sujets de discussions « en vogue ». Je n’arrêtais pas de dire « Xie Xie » comme une idiote pour dire merci. Et ce choc de se rendre compte que tout devient tellement plus facile quand tu n’as pas la moindre appréhension à l’idée de comprendre ou de parler à quelqu’un en langue étrangère haha.

    15 juin 2017 à 9h22
    • Répondre Kenza

      C’est vrai pour la langue 🙂 mais je ressens moins ce décalage, parce que je travaille tout le temps en français, avec des francophones natifs ou non, et je n’ai pas de difficultés en anglais. Par contre oui en revenant de Hongrie c’est vrai que tout était plus simple !

      16 juin 2017 à 18h22
  • Répondre lolli15

    ton article est très touchant 🙂

    15 juin 2017 à 12h08
  • Répondre Jaqueline

    Je me reconnais beaucoup dans ce que tu dis… Je suis une brésilienne arrivée en France à l’âge de 15 ans – ça va faire donc 12 ans que je vis à Paris, et à chaque fois que je rentre au Brésil je ressens un peu de ce que tu dis: le fait de ne plus se sentir à sa place, de n’être plus adaptée à la vie du pays… Ma famille là bas me manque énormément, et j’aime toujours les retrouver, j’aimerais pouvoir y aller plus souvent, mais à chaque fois c’est quand même assez étrange de devoir me remettre à parler portugais et de reprendre les habitudes là bas, même si ce n’est que pour 1 ou 2 mois en général…
    Et puis, il y a deux ans je suis partie en Erasmus à Londres, et en revenant à Paris c’était encore la même chose: impossible de me réadapter à la vie parisienne… je ne rêve que d’une chose c’est d’y retourner (et si je suis prise pour un PGCE j’y retourne l’année prochaine, croisons les doigts^^)
    Mais du coup voilà, tout ça pour dire que c’est tout à fait possible de se sentir partagé entre plusieurs pays (Brésil/France/UK pour moi) – je porte en moi un peu des trois, même si en ce moment je ne me vois plus tellement vivre en France non plus…

    15 juin 2017 à 12h28
    • Répondre Kenza

      Merci pour ton petit mot super intéressant ! Je croise aussi les doigts pour ton PGCE ! Je suis d’accord avec l’idée de porter un peu chaque pays en nous, ils nous façonnent, c’est normal je pense.

      16 juin 2017 à 18h26
  • Répondre Zhu

    Des fois, je me demande comment ça se passerait si je revenais en France. Dans ce « et si », pour simplifier les choses, je suis seule (sans Mark et Feng). Je ne vois pas du tout le scénario. Tout un CV à l’étranger, peu de diplômes français (Bac + 3)… je ne sais même pas si je pourrais trouver un job. Je suis partie à 18 ans. Je me reconnais dans la France de 2001, pas celle d’aujourd’hui. J’ai plus trop de points de repères…

    15 juin 2017 à 18h21
    • Répondre Kenza

      Je pensais à toi en écrivant la phrase sur l’adaptation 🙂 et tu serais un peu un OVNI en effet…

      16 juin 2017 à 18h27
      • Répondre Zhu

        No shit! 😆

        C’est vraiment drôle, j’ai un paquet de références françaises qui date de mon vécu en France (notamment le système éducatif, la culture des années 1980 et 1990, l’éducation des enfants, etc.) Par contre, faut pas me demander les jours fériés, les us et coutumes au travail, les aides sociales (j’y comprends rien, vu que j’ai jamais rien demandé!), les impôts, etc.

        17 juin 2017 à 1h02
  • Répondre Laura de BBxMarmotte

    J’appréhende le jour (s’il arrive) où je rentrerais en France ! D’un côté j’ai tellement envie de retrouver ma famille, mais de l’autre je sais que ce sera la galère pour trouver un travail et que j’aurais du mal à me réhabituer à tout. Alors c’est vrai, les bons croissants et les biscuits ça me manque, mais je ne sais pas si j’arriverais à me refaire à la vie française.

    15 juin 2017 à 19h08
    • Répondre Kenza

      Oui, tu résumes bien la dualité de la situation 🙂 je te souhaite que ça n’arrive pas, ou alors que tu le souhaites vraiment !

      16 juin 2017 à 18h29
  • Répondre zaratine

    Merci pour l’article ! J’ai quitté la France pour le Luxembourg. Ce n’est pas très loin et pourtant, le fait de me déplacer souvent entre la Hollande et l’Allemagne m’enrichit énormément. C’est toujours un plaisir de revenir à Paris (j’y ai vécu 10 ans) mais je ressens la même frustration que toi au niveau social et relationnel (politesse, sourire, open-minded). Et dire que je pensais avant de partir que Paris était la plus ouverte du monde… Bon voyage à toi et bonne continuation 😉

    16 juin 2017 à 4h22
    • Répondre Kenza

      Partir nous ouvre l’esprit 🙂 et on a pas forcément besoin d’être loin au bout du monde pour être un expat ! il y a tous les pays frontaliers, ou même quand j’habitais à Jersey, à seulement une heure de bateau de St Malo… Mais en tous cas, bienvenue sur mon blog merci d’avoir laissé un petit mot !

      16 juin 2017 à 18h31
  • Répondre Legoutdabord

    De mon côté, ça fait 8 ans que je suis en Suisse. Je bouge régulièrement de ville au sein de ce petit pays. J’ai toujours ce sentiment de ne pas avoir de chez moi, de ne pas me sentir à ma place ni en Suisse ni en France.J’ai fini par accepter que c’était une partie de moi, que j’aime ne pas avoir d’attache.
    Je t’avoue que je ne sais si je retournerais en France un jour, peut-être, on verra ou le boulot va m’amener. Mais je pense que si je dois y retourner, j’essayerais de partir sur Lyon, Bordeaux, Nantes.. mais j’éviterais de retourner à Paris.

    16 juin 2017 à 7h58
    • Répondre Kenza

      Tu changes de ville par volonté personnelle ou obligations professionnelles ? Ca doit être un peu étrange en effet. Et je t’avoue que moi par contre, j’aurai du mal à aller en province je pense, je reste très parisienne (j’y suis née, y ai grandi) et même si habiter dans des villes moins importantes en expat ne me dérange pas (Jersey était même une petite île), en France c’est Paris ou rien ! mais j’imagine que la mentalité est un peu différente ailleurs.

      16 juin 2017 à 18h33
  • Répondre Agnès

    Ce que je trouve le plus dur c’est que personne ne veut entendre parler de nos expériences à l’étranger, pas plus la famille (t’as qu’à y retourner, si c’était si bien!) que le potentiel employeur qui, lui, a clairement peur!

    16 juin 2017 à 8h55
    • Répondre Kenza

      J’ai hésité à mentionner ce point dans mon article 🙂 mais je ne les blâme pas. Les vrais amis proches ou la famille, je les tiens au courant assez régulièrement, et les autres, tant pis!

      16 juin 2017 à 18h34
  • Répondre Léonor

    Très chouette article, t’as réussi à bien mettre les mots sur toute cette expérience (que je ne peux vraiment qu’imaginer) 🙂 ! Et quand tu parles d’expatriation dans ton propre pays, je suis sûre que c’est le ressenti que j’aurais si je retournais en Belgique ! Bisous

    16 juin 2017 à 9h01
    • Répondre Kenza

      Oui je pense qu’on aurait à peu près le même point de vue 🙂 bisous !

      16 juin 2017 à 18h35
  • Répondre Clarisse

    Exactement le point qui me fait peur ! … Mon projet de base c’était de bouger régulièrement, ne restait qu’un ou deux ans dans un endroit et puis bouger, pourquoi pas retourner en France … mais ça me semble de moins en moins faisable ! La crise des 25 ans est déjà bien là, pile à l’heure … Dès mon deuxième mois en Corée je savais que je voulais rester ! Malheureusement j’ai une date claire de retour et pour une bonne raison ; il est temps de finir mon diplôme ! ^^ Je sais que ça va être compliqué de rentrer, de retomber dans la routine française qui ne me convient que moyennement. Seul point positif au tableau, je sais ce que je fais jusqu’en décembre ! Et ensuite, le néant mais l’envie de repartir.
    La France n’est bien que quand on n’y est pas il semblerait ^^ en tout cas, mentalement, ça fait du bien de s’éloigner !

    17 juin 2017 à 1h36
  • Répondre Charlène Jiho Travel Blog

    Lorsque j’ai lu le titre de l’article je me suis dit  » Ça doit être tellement dur !  » et tes premières phrases on malheureusement confirmées ma pensée. Je cherche moi même à avoir une expérience à l’étranger sans trop prendre d’initiatives pour le moment d’abord par peur et aussi parce que j’ai un CDI en France et quand je lis ces quelques phrases sur le métro, les plaintes, les soupirs j’ai encore plus envie de m’éloigner de ce pays même si je me demande si cette manière d’être n’est pas typique de Paris.

    17 juin 2017 à 3h38
  • Répondre Stephanie

    Je me retrouve dans pas mal de points : le retour chez les parents, dans un lieu familier mais pas familier, sursauter quand on entend du français (« Whoua des français ! Ah bah oui ») et le fameux « Ah mince j’ai oublié de t’inviter l’autre jour j’avais oublié que t’étais là, la prochaine fois ? » « Bah nan je repars » « Ah mince ». Bah oui mince 😀

    17 juin 2017 à 8h11
  • Répondre Lucie

    Bien contente que tu aies développé un peu plus dans un article 🙂 Je me rends tout à fait compte de la difficulté du retour: l’administration, pas de SECU, pas sûre que mon expérience à l’étranger sera appréciée, salaire pas top (attends en Angleterre on nous propose des jobs super intéressant et bien payé et en France dans le même domaine sur LinkedIn je ne vois que des stages !) et au final, je ne suis pas sûre de me réadapter non plus. Et surtout, je crois qu’en rentrant en France quelques jours quelques fois par an fait qu’on a une vision biaisée de la vie sur place, un peu comme quelqu’un qui part en vacances quelque part. A ta question, ‘est-ce qu’on peut sentir qu’on appartient à deux pays’, je dirais oui dans mon cas: la France c’est le pays où j’ai grandit, j’ai fait mes études et j’y ai encore toute ma famille mais l’Angleterre c’est le pays qui m’a donné ma chance professionnellement et où j’ai eu l’occasion de faire des expériences très intéressantes que je n’aurais pas fait en France (ou peut-être plus tard). Merci pour la mention sinon 🙂 (Gabrielle de l’Allée du Monde aura déclenché une sacré réflexion !)

    17 juin 2017 à 9h18
    • Répondre Gabrielle

      Hello à vous deux, Lucie et Kenza. Et bien, quel article ! Kenza, je suis ravie de découvrir ton blog, comme l’a dit Lucie l’expatriation et la vie à l’étranger en général est un sujet qui me passionne. Je trouve ton article très touchant et très vrai, je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis. Je crois que le passage de ton article qui me parle le plus est celui ci : « La raison pour laquelle j’ai voulu faire une pause dans toutes ces expatriations successives, c’est parce que je n’y arrivais plus. J’avais perdu l’excitation de la découverte, la phase de lune de miel des premiers jours, l’envie d’aller vers les gens, la curiosité d’apprendre une nouvelle langue ». J’ai vécu exactement ça après mon déménagement de l’Angleterre au Portugal. J’ai voulu arrêter de repartir dans des endroits que je ne connaissais pas du tout, et ralentir le rythme des changements de ville ou de pays. Comme si mon corps et mon esprit ne pouvaient plus « encaisser » de nouveaux changements culturels trop importants ! Mais tout comme toi, je sais que ma vie n’est pas en France. Pour le moment, elle est en Angleterre, pays que j’adore, bien que cela puisse changer, par exemple à cause du Brexit. Je suis très heureuse que tu sois comme un poisson dans l’eau au Canada, qui est un pays magnifique, et dans lequel j’aimerais beaucoup tenter l’aventure. Un jour j’espère ! Gabrielle de l’Allée du monde.

      18 juin 2017 à 7h35
  • Répondre Croco

    Je pense que le sujet nous touche parce que ça touche directement à notre identité. Une expat avec très bien expliqué à la radio que sa nationalité était la première chose qui l’identifiait. Elle n’était pas la blonde, l’écrivaine, elle était la Canadienne (en France). C’est une expérience un peu particulière l’émigration/expatriation, on n’en revient pas sans séquelle. A un degré tout à fait différent, ça me fait penser aux soldats qui ont fait la guerre et qui ressassent cette expérience toute leur vie. Ils sont différents ensuite. Il n’y a pas besoin d’être confronté à la mort pour se sentir transformé, je pense que changer de pays fait partie de ces expériences qui affecte notre identité profonde.

    17 juin 2017 à 14h21
  • Répondre Charly

    La difficulté du retour au pays après une expatriation revient souvent sur les blog. J’ai toujours lu ses articles avec grande curiosité, en me demandant: mais comment ça peut être difficile de rentrer chez nous ?
    Pourtant ce sujet revient si souvent, que je me rends à l’évidence: le retour c’est dur, autant que le départ. Et ça un côté un peu effrayant…

    18 juin 2017 à 3h30
  • Répondre Maëva's Mapa Mundi

    J’aime beaucoup ton analyse! Elle est très touchante! Je vais revenir en France après seulement six mois à l’étranger et j’ai peur de ne pas me ré-adapter. Je ne pense qu’à une chose : partir de nouveau à la rentrée!

    18 juin 2017 à 5h06
  • Répondre Marion

    Article vraiment intéressant! Tu évoques tous les facteurs qui vont rendre un retour d’expatriation facile ou difficile, avec le travail, le type de logement, l’administratif, les habitudes des français, les amis… et il suffit qu’un de ces détails change pour que l’expérience du retour soit complètement différente! Lorsque je suis revenue en France pour 6 mois en 2014, j’ai retrouvé un travail immédiatement et à Toulouse, j’ai adoré mon taf, et j’ai pu avoir mon propre appart à une heure de route de chez mes parents, rien que ces deux détails avaient rendu le retour beaucoup plus facile pour moi!
    Et dans un mois, rebelotte!!! Retour en France pour probablement 5 mois, toujours dans le sud ouest et avec déjà un point de chute à moi autre que chez mes parents. Mais je serai dans une nouvelle ville, et je ne sais pas trop encore comment ca va se passer professionnellement parlant. Je rédigerai probablement un article sur le sujet quand je serai sur place, et on pourra comparer 😉

    18 juin 2017 à 19h58
  • Répondre Angélique

    Merci à toi pour ce beau témoignage.
    J’ai eu du mal à m’adapter les trois fois où je suis partie, même si ce n’était pas de l’expat. Un an en Australie quand j’avais 17 ans… Dur retour à la réalité, surtout avec le bac à préparer à peine rentrée et en 4 mois seulement. Le suivant aura été plus court, un semestre en Hongrie, mais le choc n’en a pas été moins violent : rentrer en France à 2 jours de Noël, avec tous ses excès et ses caddies remplis, alors que là d’où je venais les hypermarchés n’existaient pas…
    C’est à la fois un vrai enrichissement de partir vivre ailleurs, mais aussi un déracinement, comme tu l’as si bien expliqué.
    Je suis bien en France, mais je rêve de pouvoir m’expatrier. Bientôt j’espère.
    En tout cas je mets ton blog en favoris.
    Bonne chance pour la suite !

    12 juillet 2017 à 3h20
    • Répondre Kenza

      Bienvenue sur mon blog Angélique ! Je suis contente de rencontrer d’autres « survivants » de Hongrie !

      13 juillet 2017 à 22h06

    Un petit mot ?

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