Paris et en France

Paris, je ne t’aime plus.

Je pourrais débiter la liste des capitales que j’ai visitées. En Europe ou à l’autre bout du monde, proches ou loin géographiquement, culturellement. Et puis je pourrais faire une seconde liste d’autres grandes villes que j’ai traversées plus ou moins longtemps. J’en ai adoré certaines, détesté d’autres. Mais Paris, toi, tu me déçois. 

Je t’ai tellement aimée. Quand j’étais ado, tu étais la plus belle ville du monde et je ne voulais jamais te quitter. Je n’imaginais pas une seule seconde que j’allais autant voyager, habiter dans tous ces pays et ne plus jamais vouloir rester ici. Quand mes amis ou mes parents disaient qu’ils allaient partir et te quitter dès que possible, je ne comprenais pas comment on pouvait penser une chose pareille. J’ai changé. Mais toi aussi. 

Aujourd’hui j’avoue que j’ai encore un petit frisson quand j’aperçois la Tour Eiffel par hasard ou quand je croque dans un croisant au beurre.  Mais toi et moi c’est fini. 

Je t’ai défendue, je t’ai expliquée, j’ai accroché tes emblèmes dans mes salles de classe, je mens même pas quand on me demande si je viens de Paris-Paris. Tu es ancrée en moi, tu m’as façonnée, parce que grandir à Paris ça veut dire passer son enfance dans les bibliothèques et les musées, aller d’expos en expos, rêver de Sorbonne et de grandes écoles. J’ai eu une enfance pleine de culture et ensuite la vie cliché d’étudiante du quartier latin.

Paris je ne t'aime plus


Mais comment en 2017 tu peux avoir reculé autant ? Comment tu peux te vanter et laisser passer tous ces trucs ? 

Quand je rentre chez moi, j’évite les crackheads qui se font menaçants sur le quai du métro, je zigzague entre les prostituées et je regarde les parisiens bobos branchés profiter de ces nouveaux lieux à la mode avec une touche de secret parce que ils sont dans le mauvais côté du 18e – la Recyclerie, Grand Train – tout en fermant les yeux sur la misère autour. Je regarde l’air désemparé des touristes qui sortent de la bouche de métro, sans plan ni personne pour les aider. Parfois je le fais, je leur demande où ils vont s’ils ont une question. Mais la plupart du temps je leur jette un oeil dédaigneux sans même ralentir mon rythme déjà pressé. 

Je marche vite, je ne m’arrête pas et l’incivisme des gens m’énerve autant qu’il me dépite. Fin 2015, j’avais perçu un changement dans les attitudes meurtries par les attentats. Mais maintenant on a oublié, l’autre est redevenu l’ennemi hostile. 

Cette semaine, je suis rentrée de Roissy avec le RER en panne de 22h36, quand le dernier est à 22h50. Je ne l’avais jamais pris dans ce sens-là, j’ai dû chercher le quai et j’ai trop facilement imaginé le désarroi d’un touriste qui ne trouve pas son chemin, achète un ticket, appréhende la machine et se retrouve sans train. Première étape de son parcours, qui sera ensuite trop jalonné d’arnaques, de gens qui ne parlent pas anglais, de serveurs mal aimables, d’accordéonistes sans talent, de vendeurs à la sauvette et de pickpockets. Paris, tu ne mérites plus tes touristes. 

Tu es la plus belle pourtant. Mais je ne t’aime plus.

Je ne me sens pas en sécurité dans tes rues, la paranoïa ambiante a fini par déteindre sur moi, je change trop souvent de wagon dans le métro pour éviter les gens bizarres/saouls/drogués/louches, comme celui qui avait un cutter l’autre soir. J’en ai marre de voir des ordures partout, le jemenfoutisme des gens et des agents. Et de voir ce gris partout, dans l’air pollué, dans l’attitude générale. Il n’y a plus de couleurs.

J’appréhendais beaucoup de revenir, et finalement j’aurai passé sept mois de retour chez toi, sept mois comme une personne normale, à travailler, prendre le métro, valider son pass navigo, contacter les administrations, se faire engueuler dans les cafés, bousculer dans la rue, sans recevoir ni merci ni sourires. J’aimais revenir en vacances, sans vraiment de stress, occupée à voguer de rendez-vous en rendez-vous, sans obligations sérieuses. Le ressenti n’est plus le même. Surtout quand en plus on voudrait être ailleurs, je deviens impatiente. Et je sais que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Mais… je sais que je partirai avec un sentiment un peu étrange, entre nostalgie et… soulagement.

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25 Commentaires

  • Répondre Estelle

    J’ai pensé la même chose quand j’ai passé une semaine à Paris pour un déplacement l’année dernière. J’ai pensé au désarroi que devait ressentir le pauvre touriste étranger qui arrivait à CDG, sa première vision de la France, voir comme c’est sale, ça pue, les gens pas aimables, des transports en commun où règne insécurité, personne pour t’aider. Quelle mauvaise première impression. Un peu comme ce que j’ai ressenti à Delhi, sauf que là c’est Paris, la plus belle ville du monde. C’est honteux.

    19 février 2017 à 18h53
  • Répondre J'ai écrit

    C’est drôle, j’ai repris les rues de Paris aujourd’hui avec mon appareil photo alors que ça faisait quelques temps que je l’avais délaissé, l’appareil photo et la ville. Il faisait froid, il pleuvait, j’avais pris ce rythme de parisien, ce rythme qu’on se jure tous de ne pas prendre, « non je ne courrai pas après mon métro, je peux bien attendre deux minutes », « non je ne descendrai pas les escaliers à toute vitesse », « non je ne me battrai pas pour une place dans le métro » et j’en passe. Et pourtant la semaine, je deviens cette parisienne, parce que comme tous ces gens dont je croise la route matin et soir, j’ai des horaires à respecter, j’ai envie de rentrer chez moi le plus tôt possible, j’ai pas envie de me faire balloter par le métro alors je veux m’asseoir, comme tous ces gens je vis à Paris, une des plus belles et je l’oublie, mais pas encore pas assez, pas encore totalement. Quand pour la première fois, cette semaine je prends le bus de nuit pour rentrer et que j’ai la tour eiffel à ma droite et Montmartre à ma gauche alors je savoure ma chance. Mais comme toi, tu penses aux touristes, moi je pense aux gens dont je m’occupe au travail, je les vois dans ce métro, avec toutes ces odeurs, ces gens qui bousculent, cette langue qu’ils ne lisent et ne comprennent pas forcement, et je ralentis. Je souris d’une petite fille qui chante à tue tête à 8h30 du matin, je souris d’un monsieur qui prend la barre du métro pour une barre de pole dance pour faire rire sa famille, je souris de ces amoureux qui ne peuvent s’empêcher de se bécoter alors qu’ils viennent de sortir de chez eux. Et quand j’ai la chance d’être dans la ligne 6, je me penche un peu plus pour apercevoir la dame de fer, comme la plupart des gens dans cette ligne. Je ne crois pas que Paris ait changé, je crois juste qu’on la regarde differement. Je crois aussi que les gens qui y habitent ont changé, que notre société change et que dans une ville comme la notre, qui brasse autant de monde, alors le changement est frappant, parce qu’on croise des SDF qu’on ne regarde plus, parce qu’on augmente le son de notre musique quand quelqu’un vient faire la manche dans le métro, parce qu’on baisse tous la tête sur nos smartphone, parce qu’on ne sait plus se dire pardon, excusez-moi, bonjour. Parce qu’on ne fait plus tout ça, c’est dérisoire, il y a trop de monde, je n’ai pas le temps de m’excuser, je suis déjà en retard et puis je la veux cette place, pourquoi elle l’aurait elle. Parce qu’on est dans un monde individualiste de plus en plus et que Paris en est l’archétype, parce qu’on se veut tous être unique mais qu’on est pris pas l’effet de masse.

    19 février 2017 à 18h57
  • Répondre Un couple en vadrouille

    On rentre à l’instant d’une petite escapade sur Paris et on se disait la même chose…

    Nous étions vers les Champs Elysées et le Trocadéro et nous avions le même sentiment.
    La saleté est ambulante, les vendeurs à la sauvette tous les 1m dénaturent complètement les lieux, aucun flic pour leur dire quoi que ce soit, les monuments ou endroits sont de moins en moins entretenus, beaucoup de gens sont bizarres et nous aussi on a du changer de trottoirs plusieurs fois… etc.
    C’est dommage car Paris est et était une si jolie ville mais peut être que ça c’était avant…

    19 février 2017 à 18h59
  • Répondre Johanna

    C’est tellement ça… Avant j’adorais Paris quand j’avais 15/16 ans. Je venais tous les weekends pendant 4/5 ans et puis j’ai connu Londres et Paris m’est devenu si fade, si sale, si malveillant. Je ne me sens pas du tout en sécurité. Et j’ai une amie qui s’est faite agressée plusieurs fois dans le RER. J’appréhende à chaque fois que je dois venir à Paris mais il y a les amis et je viens seulement pour eux. Je n’apprécie juste plus flaner dans les rues et c’est bien dommage…

    19 février 2017 à 19h12
  • Répondre Lucie

    C’est intéressant de lire ton point de vue sur Paris, toi qui y a grandit et vécu. L’angle sous lequel tu vois Paris aujourd’hui correspond à celui que j’ai de Paris depuis mon premier séjour là-bas étant gamine. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir grandit en province mais quand je pense Paris, je pense: sale, pas safe, gens de mauvais poils & agressifs..mais il faut bien l’admettre, il y a aussi de très belles choses à voir. Maintenant, je passe juste à Paris pour changer de train: gare du Nord –> gare Montparnasse et encore, dès que je peux avoir une correspondance à Lille pour éviter de passer à Paris, je le fais. C’est dommage. Après c’est peut-être juste un sentiment d’insécurité plus que la réalité, je ne sais pas…

    19 février 2017 à 19h41
  • Répondre Djamil B

    Le pire dans tout ça, c’est que la vie est chère sans que ce soit réellement justifié, tu payes tout plus cher pour un cadre de vie qui ne mérite pas ! Je suis étudiant étranger, de mon premier jour ici jusqu’au jour d’aujourd’hui j’attend toujours de savoir ce qui a de bien exceptionnel dans cette ville et qui attire tant de touristes… C’est ce que j’appelle plutôt la meilleure arnaque touristique du monde.
    Au fait, ce qui manque à Paris, ce sont des gens tranquilles, souriants et qui ne se prennent pas la tête.
    Il règne un état de stress généralisé et une compétitivité maladive et contaminante.

    Aussi, l’industrie a tout transformé, le naturel fut chassé et s’emparer désormais des coeurs et des esprits.

    Tu reçois des ondes négatives à longueur de journée et tu fais des insomnies chaque nuit. Voilà le quotidien d’un lambda parisien.

    19 février 2017 à 20h07
    • Répondre Ines

      Je suis parfaitement d’accord. J’ai fait une partie de mes etudes a Paris et je suis bien contente d’avoir quitter cette ville. Je vis maintenant a Berlin, et je vois vraiment la difference. On nous vend la magie parisienne alors qu’il fait mieux vivre ailleurs. Paris, la cherté de ses loyers, ses transports degueulasses, incivilités en tout genre, les gens qui font la gueule dans les cafes, ca me rappelle un livre que j’ai lut il y a quelques années d’un anglais qui a vécu a Paris et qui raconte ses mésaventures au pays des suppositoires et des crottes de chien partout sur les trottoirs. ( « God Save la France » de Stephen Clarke). A Berlin je me sent mieux, la propreté, le respect des gens, moins de stress, ils sont un peu froids les berlinois mais je préfère cette froideur aux râleries parisiennes, et surtout le sentiment de sécurité ici n’est pas un mythe. Jamais je n’ai eu peur dans le Ubahn equivalent du metro ou dans le Sbahn equivalent du RER. Jamais je n’ai eu de problème a retrouver mon chemin dans cette immense capitale meme quand mon allemand n’était pas au top, il y a toujours quelqu’un pour vous aider ou vous expliquer en anglais et sans ca, les bornes de tickets sont traduites dans toutes les langues y compris Turc et francais donc pour acheter des titres de transports et comprendre le plan de la ville il n’y a aucun soucis. Tout est penser pour le touriste ainsi que pour le local. Paris n’est plus qu’un mirage ou le nom d’un trouble psychologique de personnes qui ont toute leur vie rêver de visiter la ville de l’amour, mais qui une fois a Paris sont tellement déçues qu’elles ont ce que l’on appelle le Syndrome de Paris. Qui devant la réalité de cette capitale et sa dame de fer voient leur vision idealisee s’évanouir.

      21 février 2017 à 10h46
  • Répondre clarisse

    Paris… Je n’y suis pas allée très souvent mais c’est souvent la grande aventure. Et j’ai souvent été jalouse de tout ce qui se passe à Paris : en 2012 j’ai enfin réussi à aller à un concert à la Cigale et ça relevait presque du miracle.
    Je suis toujours un peu jalouse des musées et événements culturels.
    Quand je suis là bas j’ai l’impression d’avoir « provincial » écrit sur le front … Alors les dernières fois j’ai décidé de jouer la carte de la grosse touriste et ça m’a moins pesé.
    Et pour le côté prof de français, je fais mon possible pour ouvrir les élèves aux autres régions de France ; ça me fait plaisir quand ils s’émerveillent d’autres choses que la Tour Eiffel (même si je suis la première à admirer ce symbole dès que j’arrive dans la capitale ahah)
    C’est intéressant d’avoir le point de vue de quelqu’un qui vit à Paris-Paris ^^

    19 février 2017 à 20h08
  • Répondre Joëlle | Elle dit 8

    Je comprends… Paris est une ville magnifique mais pas facile à vivre tous les jours pour ce que tu as cité. Chaque retour de voyage renforce notre désir d’ailleurs… Nous nous sommes renseignés ces derniers mois sur le Canada vanté par de nombreux amis installés là-bas. L’hiver long et rigoureux me freine un peu beaucoup… Rentrer en Guadeloupe me tente beaucoup pour retrouver durablement famille et amis, le climat clément. On a d’autres pistes. On verra bien ce que l’avenir nous réserve 🙂 Ravie que tu retrouves ce pays que tu aimes tant! I wish you the best 😉

    19 février 2017 à 21h43
  • Répondre Aurore

    J’ai écrit un article sur le même sujet il n’y a pas longtemps. En l’écrivant, je me suis un peu censurée pour être honnête, je n’avais pas trop envie de descendre Paris. Mais tes mots pourraient être 100% les miens, je ne sais pas où le vent me mènera en 2017, mais une chose est sur, je refuse de retourner à Paris et ton article en explique très bien les multiples raisons. Ce qui me surprend un peu c’est que tu sois née à Paris, dans ma tête de « provincial » je m’étais toujours dit il faut vraiment être née ici pour aimer mais apparemment cela ne suffit pas non plus … Bonne soirée !

    19 février 2017 à 22h25
  • Répondre Sabrina

    Kenza,
    Paris a toujours été comme tu le décris, tu la vois simplement d’un nouvel oeil, celui que tu as développé lors de tes nombreuses expatriations. C’est naturel de comparer (même dans ton inconscient) et c’est là que tu t’aperçois que la ville a un peu moins de magie et un peu plus de tous ces points négatifs que tu cites. J’ai vécu en banlieue Nord de Paris et fait mes études dans le quartier latin comme toi. Le RER et le métro, ça me parles aussi. J’ai été témoin de nombreuses incivilités de toutes sortes… Néanmoins, j’aime à croire pouvoir contrebalancer tous cela avec de la bienveillance et ça marche (je retire mes écouteurs et j’y vais!). Je me souviens des sourires de Japonaises et américaines dans le rer ou encore ce jeune malvoyant dans le métro et d’autres que j’oublie. Malgré ses défauts, j’aime Paris pour toujours!
    BTW, bonne réunion #entrepvtistes 🙂

    19 février 2017 à 23h22
  • Répondre travellingpetitpain

    Je ne suis plus non plus très à l’aise quand je descends sur Pairs…
    Il y a une maladie apparemment, je crois que cela s’appelle « le syndrome de Paris »: les japonais se font tellement une image idéale de Paris que, lorsqu’ils s’y rendent, tombent tellement de haut, qu’ils font une sorte de déprime…

    20 février 2017 à 7h04
  • Répondre Isa

    J’ai une relation ambivalente avec Paris… J’y ai beaucoup séjourné, notamment pour y travailler, et à chaque fois, la quitter était un véritable soulagement. Pour autant, je pense que c’est la plus belle ville d’Europe, et la plus riche aussi. Je ne trouve pas spécialement qu’elle ait changé, aussi bien du point de vue de sa pauvreté et de celui du comportement de ses habitants… Mais je n’y vis pas au quotidien.
    Vivre à Paris ou en région parisienne, pour moi, c’est niet, quitte à avoir refusé de belles opportunités d’emploi, c’est vraiment ma limite absolue !

    20 février 2017 à 9h44
  • Répondre Juliette

    Merci merci merci pour cet article. Je pense que je vais dès à présent le transférer à tous ceux qui me demandent: « mais pourquoi ne vas-tu plus à Paris? ».
    Comme toi, j’y suis née. Mais je l’ai quitté très jeune pour vivre dans une région proche de la mer. Jusqu’à mes 20 ans, je rêvais d’y retourner y vivre. A défaut, j’y allais très régulièrement pour le week-end, pour une semaine…
    Aujourd’hui je n’y vais plus. Ou alors, que lorsque je suis obligée. Pour la baby-shower d’une amie, ou le mariage d’une autre. Mais Paris me fait peur désormais, ou me rend triste. Triste de voir une ville si belle devenue, comme tu le décris si bien, si sale, si inhumaine. Une amie m’a dit un jour: « les gens souillent Paris car personne ne s’y sent chez soit ». Je pense que c’est un début d’explication. La notion de respect a totalement disparue de la ville. Il n’y a plus de respect pour l’environnement quand on voit quelqu’un uriner dans un couloir de métro. Il n’y a plus de respect pour le touriste qu’on laisse se débrouiller, voir qu’on bouscule pour leur faire presser le pas dans cette ville presque hostile aux novices. Plus de respect pour le client qu’on bouscule et qu’on houspille alors qu’il est venu dépenser son argent dans ce café, qu’il paiera 2 fois plus cher qu’ailleurs pour un service plus que médiocre, oubliant par là même que c’est pourtant grâce à ce client qu’on a un salaire et qu’on peut se nourrir, chaque jour. Cà me rend tellement, tellement triste.
    Moi non plus, je n’aime plus Paris.

    20 février 2017 à 9h47
  • Répondre Marie

    C’est un très bel article qui met en lumière le mal-être général que je ressens des gens autour de moi à Paris… personne n’a l’air réellement heureux de se promener dans Paris, les touristes ont le regard craintif, se font tout petit et dès que l’un d’eux te bouscule sans le faire exprès, il se répand en excuses comme si nous leur faisions peur, comme si la vie était trop dur à Paris. Est-ce dû à la mentalité française bougonne, plaintive, pessimiste ? Au fait que beaucoup de choses ne tournent pas rond en ce moment et donc faire attention à sa ville ne paraît plus si important ?
    Cela fait 1 an et demi que j’y ai emménagée et j’étais contente à l’époque ! Je me voyais vivre la grande vie à Paris ! Et je dois dire que ma vie n’est pas malheureuse à Paris mais je regrette le sourire des gens.

    20 février 2017 à 10h01
  • Répondre Léonor

    Je me reconnais tellement dans ton deuxième paragraphe. Depuis ma première expérience internationale, je ne me sens plus vraiment à ma place dans mon propre pays et personne, à part mes parents (qui disent la même chose que les tiens depuis que je suis née ahah), n’a l’air de comprendre. Ils cherchent tous à trouver une raison (celles qu’ils préfèrent c’est : t’es encore traumatisée de ta rupture avec ton copain belge mais tu vas voir ça va aller, t’as un autre copain mnt, tu peux revenir en Belgique (grr)) et je dois me réexpliquer des dizaines de fois, c’est fatigant.
    Et l’histoire de l’herbe qui n’est pas plus verte ailleurs, combien de fois je l’ai entendue. « Tu sais que c’est pas mieux ailleurs hein ? », « T’idéalises les autres pays », « Tu vas voir, ailleurs tu vas aussi avoir des problèmes »… Arg. Oui on sait que c’est pas le paradis ailleurs, mais si on s’y sent mieux ça devrait être une raison suffisante pour comprendre notre envie d’expatriation, non ?
    Quoiqu’il en soit, je comprends ce sentiment bizarre et je trouve que tu as bien réussi à mettre les mots sur le tien et ses raisons :). La vie n’est pas faite pour être nécessairement vécue à un seul endroit. On évolue et nos envies aussi ! Je te souhaite quand même de belles dernières semaines à Paris ! Bisous

    20 février 2017 à 11h16
  • Répondre prettylittletruth

    Completement d’accord avec toi! J’adorais Paris plus jeune, mais je ne m’y sens plus bien du tout. Parfois meme, elle me fait peur! 🙂

    20 février 2017 à 11h21
  • Répondre Corinne (Couleur Café)

    Je comprends ton désarroi ! Je viens régulièrement à Paris depuis une dizaine d’années, et c’est vrai que Paris a changé de visage. Les ordures, les incivilités, le côté sombre, le « chacun pour soi », çà devient déprimant. Ce que je fais, car j’aime toujours autant cette ville, c’est de ne voir que le côté positif, les belles choses, le bon côté … Pas le choix de faire autrement !

    20 février 2017 à 11h58
  • Répondre Caroline

    J’aurais pu écrire le même article 🙂 Et ici, quand on me demande ce que je fais à Navan quand je viens de Paris (oooh Paris !!!), personne ne comprend… (mais j’ai maintenant une réponse toute faite : « j’apprécie beaucoup plus Paris maintenant que j’y reviens en touriste, que lorsque j’y habitais – Oh alright, yeah, that makes sense ». Vive le Canada en tout cas 🙂

    20 février 2017 à 12h28
  • Répondre lolli15

    Merci de faire tomber les clichés de Paris la plus belle ville du monde . Pour moi ce n’est pas le cas. Sympa pour des vacances mais pas pour y vivre car où est la douceur de vivre, la bienveillance dans cette ville grise où personne ne se respecte ni ne se calcule ? Je pense que tu seras soulagée de la quitter. Et d’y revenir pour les vacances 🙂

    20 février 2017 à 12h40
  • Répondre Stephanie

    Je ne sais pas si Paris a changé ou si c’est ton regard. Je te dis ça parce que j’ai 2 regards sur Paris, quand j’y travaille et quand je m’y balade, et ils sont bien différents… mais c’est vrai que parfois j’ai un peu de peine pour les touristes qui débarquent en RER B :-/

    21 février 2017 à 21h55
  • Répondre Mathilde

    Je n’ai jamais été une grande fan de Paris, et pour avoir toujours vécu en région parisienne et fait l’aller/retour à Paris tous les jours pendant 7 ans pour les études et le travail, je ne peux que partager ton ressenti. Même si j’ai réappris à aimer certains de ses monuments et quartiers lors de mon dernier mois en France, je reste dégoûtée de cette ville dans tous les sens du terme. Je songe sérieusement à m’installer en province à mon retour en France, dans une ville plus accueillante et où la qualité de vie est bien meilleure !
    Bises xx 🙂

    22 février 2017 à 15h07
  • Répondre Tiphanya

    Je n’ai jamais voulu habiter à Paris. Tout le temps où j’y étais je voulais en partir. Mais j’ai profité de mon temps en région parisienne pour les théâtres, les musées, l’accès à une culture internationale. Maintenant je ne retourne à Paris que pour ce qui me plaît dans cette ville et du coup, c’est pour moi beaucoup plus facile. j’évite les heures de pointes par exemple.
    Pour la mauvaise humeur et la morosité, c’est pareil, il suffit de choisir ce que l’on regarde, les touristes aux yeux qui brillent ou les parisiens.

    22 février 2017 à 20h35
  • Répondre Claire

    Coucou Kenza,
    Je n’ai pas eu l’occasion d’aller à Paris.
    Je transitais quand je revenais voir mes parents dans le Nord par le train.
    C’était toujours la grande aventure et j’étais toujours sur mes gardes.
    Bisous

    27 février 2017 à 19h29
  • Répondre Zhu

    Je suis toujours choquée, année après année, de la saleté de Paris. Franchement, je connais peu de villes aussi crade. Entre les poubelles qui débordent (quand il y en a, avec Vigipirate…), les caniveaux, les merdes de chien etc. j’ai honte. Çä, et le manque de toilettes publiques. Les touristes, ils pissent pas?? Elle voit ça comment, la ville? J’adore le fait qu’au Canada il y ait des toilettes propres et gratuites partout (mall, fast food, etc.)

    7 mars 2017 à 7h36
  • Un petit mot ?

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