Humeurs

La petite grosse qu’on choisit en dernier en sport

Hier, à la zumba, j’observais les gens. Ma petite activité secrète. Je me demande d’où ils viennent, ce qu’ils font, comment ils s’appellent… Et à cette classe, il y a une fille un peu « forte », en long pantalon noir, qui ne quitte jamais sa veste, noire également. Le reste du groupe, elles sont très minces et en mini-short. Moi, pour une fois, j’avais gardé mon survêtement (futures expatriées au Canada, ne vous dites pas que vos appareils vont supporter le 110 volt. Ca fait marcher l’épilateur électrique au ralenti) et j’ai eu l’impression de revenir en arrière, comme un flash, trop couverte parmi toutes ces jambes nues. Mais pourtant, je ne suis plus la petite grosse qu’on choisit en dernier pour faire les équipes en sport. Ni à la salle de gym ni dans la vie.

Le collège, le lycée, c’est fini.
Et la petite grosse s’est transformée.

NY campaign I am a girl

Ceux qui me rencontrent aujourd’hui auraient peut-être du mal à croire que nous sommes la même personne. A la fois la petite grosse du cours de sport, l’intello du premier rang et la timide dans le fond de la cour. Celle qui se cache derrière des pulls trop grands (post-période tee-shirts à motifs de Jennyfer) et qui, dès la porte refermée, défait la tresse soigneuse pour laisser ses cheveux ébourriffés.

Parcourir les vieux dossiers de photos permet de ressusciter un peu les souvenirs et de voir le chemin parcouru, trois douzaines de robes dans mon armoire, la découverte de Séphora et l’addiction au vernis à ongles, les accessoires, apprendre quoi faire de mes cheveux et entendre « oh j’aime beaucoup ton/ta/tes… » et leurs variantes presque chaque jour. Il paraît que c’est l’élégance à la française, sachant que tous mes vêtements viennent de marques anglaises ça me fait sourire.

Mais sans avoir été la petite grosse du cours de gym je n’en serais pas là aujourd’hui, avec toutes les moqueries et critiques qu’elle a pu encaisser. Merci à toi. Et pour toutes les autres filles, dans ce cas ou non, allez jeter un oeil à  la campagne I am a girl and I am beautiful the way I am de la mairie de New York. J’aurais aimé voir ces affiches pendant mon adolescence.

Partager sur...
Article précédent Article suivant

D'autres articles

8 Commentaires

  • Répondre Vylenefermiere

    Je n’étais pas la petite grosse mais la petite maigre qu’on choisit en dernier en sport. Parce que je ne savais (et ne sais toujours) rien faire de mes dix doigts. Alors taper dans un ballon n’en parlons pas. Je n’étais pas vraiment moche ou «  » »différente » » » physiquement mais j’étais ensuquée et sans amies! Pas de copines.
    Alors je me retrouve un peu à travers ton texte.

    20 novembre 2013 à 11h16
    • Répondre Proserpinne

      Oui c’est vrai, l’inverse marche aussi… et pareil, j’ai passé de nombreuses années seule, ça se voit aujourd’hui encore je crois ! Merci d’avoir commenté en tout cas, on s’en sortira 🙂

      20 novembre 2013 à 18h41
  • Répondre Elé

    Bonjour, ma c’est la grande perche toute mince, et on me choisissait souvent dans les derniers, mais parce que j’étais nulle en sport tout bêtement ! Ah la primaire et le collège… Sympa cette campagne. A une époque où on prend de plus en plus les enfants pour des adultes, il y en a bien besoin.

    20 novembre 2013 à 14h40
  • Répondre l.a.u.r.i.n.e

    Idem pas besoin d’être un peu enrobée ou pas reconnue comme attirante, moi j’étais « normale », ni intello ni cancre, mignonne mais sans formes, timide et trop gentille et au collège j’ai attendu la 3e pour rencontrer une amie sincère, autrement les élèves -surtout les filles- me détestaient. En sport en 6e, j’étais choisie en dernier et on ne me passait pas la balle, et j’ai le souvenir d’en avoir pleuré devant tout le monde… Bref moi aussi j’ai grandi, pris de l’assurance et je n’en serais pas là sans ce mal-être d’enfance ! Vive nous !

    20 novembre 2013 à 18h11
    • Répondre Proserpinne

      Oui ! Je réponds à ton mail bientôt 🙂 et c’est mardi aujourd’hui je croise les doigts (enfin avec le décalage horaire)

      20 novembre 2013 à 18h43
  • Répondre unefilleafrange

    Je me retrouve dans ce titre, la petite grosse choisie en dernier en sport, j’y repense encore aujourd’hui mais il est vrai que cela forme notre personnalité et nous fait devenir qui on est aujourd’hui, et je n’en suis pas si mécontente 🙂
    Merci donc pour ce bel article qui nous fait voir qu’il y en a d’autres qui on été les dernières choisies.

    22 novembre 2013 à 14h05
  • Répondre Gaou

    Je me retrouve trop dans ce titre! J’ai été pendant toutes mes années collège /lycée la petite grosse qu’on choisi en dernier au sport! Et des années après (a la fac) quand j’ai commence a maigrir (un peu) toute la famille m’a demandé si jetais malade! Faut savoir hein LOL ! Franchement très bel article, j’adore 🙂 !

    26 janvier 2014 à 14h36
  • Un petit mot ?

    Close