La cuisine et moi

Quand on est Française, tout le monde s’attend à ce qu’on soit un vrai cordon bleu, une Julia Child en béret et marinière. Ou Ratatouille.

Ratatouille French


Dans mon cas, c’est raté. Je suis partie de chez mes parents depuis cinq ans et mes talents culinaires sont proches de zéro. La cuisine et moi, ce n’est pas une grande histoire d’amour.

La première année, j’habitais en coloc et j’étais motivée : desserts pour les filles, gratins et des pâtes au moins deux fois par semaine. Par goût bien sûr, c’est délicieux les pâtes.

La seconde année, j’ai habité dans deux colocs différentes. La première se délectait de mes simples mets mais la seconde m’a interdit de cuisiner. Je ne pouvais pas toucher à la gazinière, je devais me contenter du micro-ondes et du four. Après avoir oublié d’enlever du polystyrène en réchauffant quelque chose, ce dernier privilège a aussi été révoqué. J’ai alors acquis un dégoût de la cuisine. La pièce n’avait même pas de table pour s’asseoir. Je chauffais quelque chose rapidement, le mettais sur un plateau, remontais manger avec ma rancoeur dans ma chambre.

La troisième année, changement de coloc et cuisine toute équipée, un bonheur. Mais j’ai dû affronter deux problèmes : finir le travail à 21h, ce qui coupe toute envie de cuisiner longuement à dîner, et des colocataires un peu trop curieux qui n’hésitaient pas à commenter tout ce que je faisais. Au bout du troisième ou quatrième “ça pue”, mes aspirations étaient retombées. À la fin, l’été a aidé, je ne préparais plus rien et vivais de crudités et de thé détox.

La quatrième année, j’habitais en résidence universitaire au Canada. Il n’y avait pas de cuisine donc tous les repas devaient se prendre à la cafétéria. Qui dit Amérique du Nord dit produits transformés, friture et gras. Frites tous les jours, pommes de terre chaque soir de la semaine. J’ai pris une dizaine de kilos mais j’ai développé une grande affection pour le grilled cheese. Et les bagels.

Cette année en Australie, j’habite de nouveau en colocation. C’est un vieil immeuble où la gazinière a besoin d’un allume-gaz. J’ai mis une semaine avant de pouvoir réussir à m’en servir. Un soir mon eau était prête (pour des pâtes évidemment !) mais je n’arrivais pas à obtenir la petite flamme. J’en ai presque pleuré. Entre la cuisine et moi, ce n’est pas toujours facile.

Mais j’ai fait un effort, cherché en vain des tutos sur Youtube (Julia Child 2014) et j’ai dompté la bête. Depuis, je cuisine. Pas grand-chose, des pâtes, des salades, des omelettes, mais ça me fait du bien. Tout à l’heure je crois que j’ai acheté mon premier poivron. J’ai 25 ans, et j’apprends à cuisiner.

Julia Child French Cooking

14 Commentaires

  1. 24 juillet 2014 / 21h20

    Oui en même temps t’as pas été aidé par tes colloc pour pouvoir te mettre a cuisiner. Commence par des trucs simple mais surtout des trucs que t’aime vraiment. Ca aide toujours, et après avoir testé et puis si c’est pas bon c’est pas grave t’auras essayer. Sinon t’as vu le film avec la fille qui refait toutes les recttes du bouquin de Julia child?

  2. 24 juillet 2014 / 21h23

    Excellent! Il n’y a que la pratique qui te permettra de progresser 😉
    Regardes des bouquins sur la cuisine des etudiants: recettes simples et bonnes.
    Tu peux cuire du riz au micro onde et faire des gateaux au micro onde aussi 😉
    Et qqchose d’absolument genial: pressure cooker, une bonne cocotte minute avec un joli livre de recettes (generalement inclus dedans) et tu verras tu vas vite devenir un vrai codon bleu 😉

  3. valisefraise
    24 juillet 2014 / 23h26

    Je me reconnais tellement, pour tant j’adore manger et mon blog parle de sans cesse de bouffe, mais je n’aime pas cuisiner!
    Alexia
    https://valisefraise.com

  4. Breakfast at losangeles
    25 juillet 2014 / 1h41

    Sans parler du fait qu’à chaque fois que tu arrives dans un nouveau pays tu mets des mois à t’habituer aux produits dans les supermarchés :/ et ça n’aide vraiment pas!

  5. Carole
    26 juillet 2014 / 22h36

    Ton article me rappelle mes premieres années loin de chez mes parents. Pas trop envie de cuisiner, pas trop facile et puis j’ai bosse dans un hotel puis a gérer des pubs en GB donc la bouffe etait faite pour moi.
    J’ai vraiment commencer a cuisiner quand je me suis mise en menage et quand les enfants sont nes. Une famille a nourrir ca encourage. J’ai appris petit a petit en faisant des erreurs. mais c’est comme cela qu’on apprend, non?

  6. 27 juillet 2014 / 20h16

    Je te comprends ca doit etre difficile detre forcé a manger dehors et en plus de la junkfood !! Jespere qu’en australie ils sont un peu plus diet qu’en amerique du nord hein !
    Pour ma part, jai commencé à cuisiner quand je suis venue au Canada, tout comme toi à part les pâtes, salades, omelettes et gratin je savais pas grand chose. Alors je m’y suis mise tout doucement Me pain d’epice m’a appris pas mal de recette et internet aussi. 2 ans après, je me considère toujours debutante c’est pourquoi jai un blog nommé le blog culinaire d’une débutante : http://www.ferdycuisine.com 🙂 si ca peut t’aider j’en serais ravie 🙂
    Allez bon courage dans ta nouvelle cuisine. Bisouuus

  7. Elé
    29 juillet 2014 / 8h21

    C’est mignon 🙂 Qui sait, l’Australie emmènera peut-être un vent nouveau dans ta cuisine !

    • 29 juillet 2014 / 15h36

      Non je ne connais pas du tout, merci !

      • 29 juillet 2014 / 15h39

        Cuisine simple, un peu comme Jamie Oliver.
        Et ses livres sont tres beaux!

  8. 3 février 2017 / 9h38

    Moi aussi je me suis mis très tard à la cuisine et ce n’est pas grave, il n’est jamais trop tard pour essayer quelque chose et le plus important et d’avoir le courage de le faire 🙂

    • 4 février 2017 / 17h35

      Exactement ! et c’est rigolo de tester des trucs aussi 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *