Expatriation

Expatriation et célibat

Cette semaine, j’ai beaucoup pensé à ma situation alors que deux amies sur le départ ont choisi d’annuler nos rendez-vous d’au-revoirs pour passer plus de temps avec leurs petits amis.

Ça fait quatre ans que je suis célibataire, depuis un après-midi sur un banc parisien. Je savais que ce n’était pas l’homme de ma vie. On faisait tous les deux des plans pour partir, mais chacun de notre côté, pas ensemble. On avait fait une année à distance lorsque je vivais à York et on arrivait à se voir toutes les quatre ou cinq semaines. Le retour à Paris s’était mal passé. Quand il m’a quittée, ça a été l’impulsion nécessaire pour partir définitivement et c’est comme ça que j’ai atterri à Jersey et changé mes projets d’avenir.

J’ai essayé parfois de retrouver ce moule social plus normal, surtout à Jersey où la société est très normée et les gens se casent très jeunes. Toutes mes amies sauf une, celle que je vais retrouver en Hongrie, ont rencontré quelqu’un et décidé de rester. Lorsque toutes les promenades du dimanche, les thés-parts-de-gâteaux et les folles soirées en boîte se sont espacés parce que non, le copain vient d’abord, ça m’a donné envie de tester aussi. Mais j’avais une date de péremption, je savais déjà que je partais pour le Canada.

Ça n’a pas marché. Alors l’an dernier je suis passée d’aventures en aventures. Le voyage facilite les rencontres d’un soir ou d’un week-end, c’est tellement facile dans une ville où personne ne vous connaît et où vous ne restez pas. Être française dans une petite ville du Canada ou des États-Unis, c’est un avantage indéniable.

Et puis je suis arrivée en Australie et je pense que je suis la seule de toutes mes copines à ne pas en avoir profité, pour plusieurs raisons. Pas de temps, mal dans ma peau, pas de rencontres, vie sociale inexistante. J’assume en général. Jeudi on m’a demandé à deux reprises pourquoi je n’étais pas sur Tinder et ma réponse est un non massif.

En quatre ans, depuis ce mois de mars 2011, j’ai changé trois fois de pays et je vais en découvrir un quatrième en septembre prochain. Dans mes valises je n’emmène que moi-même et quelques possessions matérielles sans valeur. Mes souvenirs sont sur mon ordinateur, dans quelques bouts de papiers collés dans mes carnets et dans ma tête. Je ne les partage pas.

Je sais que l’expatriation et le couple ne sont pas incompatibles mais pour l’instant je crois que je ne m’y retrouverai pas. Devoir faire des choix à deux me paraît multiplier la difficulté quand j’ai déjà du mal à savoir à quelques mois d’intervalle ce que je vais faire de moi.

Mes parents ont arrêté de me poser la question, bien conscients de la situation. La question surgit de temps en temps : et tu vas te poser ? autant géographiquement que sentimentalement. Et pour l’instant, je n’ai pas de réponses. Oui j’arrêterai cette vie nomade un jour, tout en continuant d’être prof. Mais est-ce que je serai seule ou accompagnée, je ne sais pas.

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19 Commentaires

  • Répondre Thea

    Il y a un moment pour tout 😉

    25 mai 2015 à 11h59
  • Répondre carrie4myself

    Pose toi avant tout niveau boulot et lorsque tu seras bien, ca viendra. Courir après la rencontre ne sert a rien si la tete n’est pas « prête » 😉

    25 mai 2015 à 14h53
    • Répondre Kenza

      Oui c’est vrai. Mais une stabilité professionnelle n’est pas encore à l’ordre du jour !

      1 juin 2015 à 22h38
  • Répondre LucileMB

    Je dirai le truc cliché mais qui s’ est avéré vrai dans mon cas : si ça doit se faire ça se fera. Que tu le veuilles ou non. J’étais pas parti au Canada dans l’optique de me mettre en couple et pourtant… Continue tes pérégrinations et profite. Tout se mettra en place quand il faudra.

    25 mai 2015 à 17h30
    • Répondre Kenza

      Oui ! Et c’est la première fois que tu commentes je crois, <3

      1 juin 2015 à 22h39
  • Répondre Lapiskotée

    I feel you!!!
    Je n’ai pas de réponse à part qu’il faut vivre pour toi et à ton rythme, le reste viendra quand ça viendra.
    bisous bisous bisous

    25 mai 2015 à 17h41
  • Répondre Marie

    Et puis il faut tomber sur le bon pour avoir envie de se poser ou de faire des projets ensemble 😉

    26 mai 2015 à 0h35
  • Répondre Carole en Australie

    Comme dirait Zézette… Chaque pot a son couvercle! Profite de ta vie et de tes découvertes. Mieux vaut être seule que mal accompagnée. PS: deux mois avant de rencontrer Bruno, j’avais dit à mes parents que je finirais certainement célibataire. Ca ne me dérangeais pas du tout. Je n’ai jamais couru après les relations.

    26 mai 2015 à 14h47
    • Répondre Kenza

      Peut-être que tu vas me porter chance en disant ça ! 🙂

      1 juin 2015 à 22h48
  • Répondre Charly

    C’est sur que l’expatriation et la vie de couple peut tout à fait être compatible. Du moment qu’on trouve la bonne personne, on serait capable de partir n’importe ou avec elle. Et créer un projet commun devient quelque chose de fort au sein d’un couple.

    27 mai 2015 à 0h58
    • Répondre Kenza

      J’aime bien l’idée du projet commun ! même si c’est totalement incompatible avec mon mode de vie actuel qui consiste à déménager tous les huit/dix mois…

      1 juin 2015 à 22h49
  • Répondre Mika

    C’est une question que je me pose régulièrement… En dehors des « besoins » qui peuvent être satisfaits par un mec d’un soir, je ne ressens pas particulièrement le besoin de me trouver en couple. En plus comme toi je suis une voyageuse, je n’ai pas envie de tomber amoureuse de quelqu’un, ce qui m’obligerait à ensuite faire un choix : une relation à distance ? Rester dans le pays du mec ? Lui demander de me suivre ? Rompre ? Tout est trop compliqué et je n’ai pas envie que quelqu’un se mette en travers de mon plan de route ou d’obliger quelqu’un à tout quitter pour me suivre…

    Parfois la présence de quelqu’un à mes côtés me manque, mais je n’ai pas besoin de tout le stress qu’apporte une relation pour le moment et je préfère garder le temps libre que j’ai pour moi au lieu de m’occuper de quelqu’un d’autre.

    Et surtout, à long terme, d’ici 5/6 ans, j’aimerais bien quitter l’Europe, aller vivre au Japon, rentrer à Tahiti, aller vivre en Nouvelle Zélande, les choix sont multiples et je n’ai pas envie de me traîner un bagage émotionnel derrière.

    Donc je comprends tout à fait ton choix. J’ai été un moment sur Tinder et franchement, tu ne rates rien. Il vaut mieux s’occuper de soi même pour l’instant, quitte à passer comme une égoïste asociale aux yeux des autres 🙂

    27 mai 2015 à 19h56
    • Répondre Kenza

      Bienvenue par ici Mika, merci pour ton commentaire ! Je suis contente de voir quelqu’un qui me comprend complètement 🙂

      1 juin 2015 à 22h50
  • Répondre Ophélie G.

    Personnellement, je suis de ton avis sur cet article. Pour le moment, je n’ai aucune envie de me poser, de trouver quelqu’un avec qui m’expatrier parce que je préfère être égoïste, et apprécier cette vie toute seule, ailleurs. En plus, je trouve qu’avoir quelqu’un avec soi, c’est tricher un peu, ne pas se débrouiller et évoluer seul(e), et c’est dommage. Bref, encore un superbe article !

    1 juillet 2015 à 2h36
    • Répondre Kenza

      Je suis contente de voir quelqu’un avec le même point de vue que moi 🙂

      9 juillet 2015 à 4h59
  • Répondre Tugdual - Visa Pour

    Très intéressant cet article et je m’y suis retrouvé dans certains passages. Mais je raisonne quand même de façon différente. Pour moi le pire, ça a été de commencer des relations sérieuses alors que je savais que j’allais quitter le pays… et ça je l’ai fais à plusieurs reprises. Je m’entête car j’ai un gros problème : je ne peux pas rester seul, du moins pas longtemps. Du coup je me fais du mal et aussi aux autres car évidemment je ne leur dis pas que c’est plus ou moins temporaire … Même aujourd’hui je suis en couple et je me sens bien, mais au fond de moi je suis presque sûr qu’il y ai peu de chance de réellement faire ma vie aux USA … donc ça va finir comme d’habitude. Quand, comment ? Aujourd’hui j’en profite, ensuite on verra.

    11 novembre 2015 à 19h07
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