Entre les murs

Enfants – adolescents – adultes. On peut dire que je travaille réellement pour l’Alliance maintenant. Je regardais l’immense carte en rêvant un peu sur les destinations.

D. a 25 ans, J. 50 et on fait un mélange de français général et français professionnel. Le cours a lieu dans le sous-sol du parking municipal mais tant pis, j’ai un tableau blanc et des feutres, ça me suffit.

Entre les murs

Sur le bureau traînait un DVD : The Class, traduction d’Entre les Murs. Je me suis demandée comment ces adorables Y13 réagiraient face à tant de… France finalement. Et en cherchant dans mes archives ce que j’en avais pensé, en sortant du cinéma en septembre 2008, j’ai trouvé :

La barrière est franchie : je n’avais pas envie d’être ces élèves, mais bien celui qui leur faisait face. J’ai tout admiré, des murs peints en rouge aux clichés de la salle des profs, du CDI à leur patience. Je veux et j’ai peur à la fois.
Mais je suis moins sûre de moi. Oui, mais pas tout de suite, pas avant d’avoir un peu vécu.

Si j’avais su ! mais maintenant je n’ai plus peur, j’oublie tout et j’arrive à vivre en même temps – aller au pub, marcher sur la plage, boire des cafés sans fin en parlant de tout et rien, voir des dizaines de films, me coucher avec le sentiment d’avoir accompli quelque chose et vécu au moins une bonne chose par jour. Je fais cours avec une tasse en main, je discute avec n’importe qui dans la salle des profs, et je bois thé sur thé. Il y a mon nom sur la liste du staff de l’école, mais aussi sur la newsletter, et voilà, j’existe à Jersey tout doucement mais passionnément. Des illusions je ne suis pas sûre d’en avoir, sinon celles d’avoir réussi, et de garder cette bonne étoile encore un peu – et d’avoir toujours plus d’élèves, et de voir cette étincelle à tous les âges.

1 Commentaire

  1. 11 octobre 2011 / 70723

    j'aime, j'aime, j'aime.L'île qui devient la tienne…Quand j'ai vu entre les murs, j'étais assistante pédagogique et j'étais entre les murs. Je n'ai pas compris la réaction de certains profs dans les médias disant que ce n'était pas ça parce que pour moi, c'était ça, j'avais les mêmes problèmes, les mêmes réactions, les mêmes élèves ; je faisais les mêmes erreurs…Je suis sortie de ces murs en me disant qu'ils n'étaient pour l'instant pas adapté moi. Peut-être qu'il fallait que je grandisse… Je considérais trop ces ados à problèmes comme "mes enfants" et l'implication était trop grande…Aujourd'hui, j'envisage les murs d'ados d'un autre pays pour un jour ne plus rentrer à 22H30 et me lever le samedi matin… Mais en même temps, je suis tellement heureuse devant le tableau blanc de maintenant… (Claire qui raconte toujours sa vie en commentaires !)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *