Prof de FLE

Enseigner le français à l’étranger #5 : en Chine

La rubrique « enseigner à l’étranger » n’est pas ma plus populaire mais je crois à son intérêt et sa pertinence et vais continuer mes entretiens de prof de FLE jusqu’à ce que je ne trouve plus personne pour y répondre ! Pour ce mois-ci, je suis allée fouiller dans les commentaires et je me suis appuyée sur une lectrice, Coralie, qui se reconnaissait dans ce que je disais sur l’enseignement, sur le métier et ses conditions. Quelques échanges de mails plus tard… voici son récit : être prof de FLE en Chine, à Beijing, c’est comment ?

Enseigner le français en Chine

Une petite présentation ?

Je m’appelle Coralie, j’ai 30 ans, j’habite à Pékin depuis deux ans et demi ! Que dire de plus sans entrer dans les détails de mon CV… ahah je viens de la Drôme, ça c’est important de le dire, parce que j’adore ma région !

Pourquoi tu es devenue prof de FLE ?

Je voulais devenir professeur des écoles, et puis en licence, j’ai découvert le FLE par l’intermédiaire d’une amie et je me suis dit qu’enseigner le français, ma langue maternelle, ma culture… ce devait être super intéressant ! et ça l’est, je ne me suis pas trompée. Et puis bien sûr, pour l’envie de voir le monde… j’ai commencé à faire des échanges scolaires au collège/lycée (en Espagne mais aussi au Canada !), j’ai voyagé avec mes parents donc j’avais déjà le goût du voyage, et ça n’a fait que s’amplifier avec le temps…


Où enseignes-tu ? Pourquoi ce choix ?

J’enseigne à l’Alliance française de Pékin. J’ai simplement cherché un poste sur le site fle.fr où l’on trouve beaucoup d’annonces en Chine… Je n’avais pas de souhait particulier quant à la destination, mon mari et moi nous souhaitions une aventure à deux, une première expérience d’expatriation, un choc culturel… On était ouvert à tout ! L’Asie était assez méconnue pour moi, tellement vaste, riche culturellement, historiquement… alors pourquoi pas avoir un premier pied en Asie !

J’ai regardé l’annonce à Pékin (j’aime bien les capitales ! Et puis je me disais que c’était international, les conditions de travail étaient intéressantes…). Ensuite classique : j’ai postulé, puis j’ai eu un entretien et j’ai été acceptée ! Hop l’aventure était lancée, les papiers, les visas, le déménagement…


Comment est la vie quotidienne en Chine ? Quels en sont les aspects positifs et négatifs ?

J’ai un quotidien très agréable ! J’adore Pékin… c’est une ville incroyable ! mais je vais commencer par les points négatifs et garder le meilleur pour la fin !

Bien sûr le premier (et c’est celui qui me fera partir à la fin de cette année…), c’est la pollution. Il n’y a pas tous les jours un gros smog qui recouvre la ville comme beaucoup le pensent… Il y a de très belles journées mais malheureusement, les jours pollués nous font presque oublier les belles journées ! C’est dur à vivre et je ne pourrais pas supporter ça une 4ème année, vérifier l’AQI tous les matins, porter un masque…. Impossible d’imaginer s’installer ici, y faire des enfants… non non non !

La vie dans une grande ville comporte d’autres points négatifs assez évidents : embouteillages, rush dans le métro… même si je n’y suis pas trop confrontée grâce à mes horaires, je manque parfois de nature, de montagne…

Côté positif, c’est simple : il y a TOUT !

Des restaurants de toutes les nationalités, de l’ancien, du moderne, des musées, des évènements culturels, artistiques, sportifs, des parcs… du bon pain, du vin, du fromage, des endives au jambon, de la crème de marrons… bref, tout ! On se régale, c’est bon marché, varié… On partage vraiment ce goût de la bonne cuisine avec les Chinois, c’est important !

J’adore faire du vélo dans les hutongs, les quartiers anciens aux petites rues parallèles, où les petits vieux se retrouvent, jouent au majong, aux cartes, achètent leurs petits légumes… jusqu’aux lacs en plein centre ville, déambuler jusque vers la Cité Interdite, traverser un petit parc où des groupes dansent, font du tai chi…

Et alors de l’autre côté, on trouve aussi des centres commerciaux, les adresses branchées, modernes et très animées le weekend, les clubs de salsa, les terrasses sur les toits, les bars à bière…
En quelques minutes de vélo (facile, c’est tout plat et il y a des pistes cyclables partout), tu peux jouer au tir à l’arc dans une tour ultra moderne, croiser deux Ferrari, puis manger un plat de nouilles à 3 euros dans un bouiboui et faire un ping-pong avec un papi chinois… ces contrastes me fascinent !

Enseigner le français en Chine


Et pour la suite, quels endroits te font rêver ?

J’ai envie de grand air ! Mais d’une vie en ville en même temps… c’est paradoxal mais pour l’instant je ne me vois pas à la campagne. Tu pars au Canada, et c’est aussi une destination qui m’attire beaucoup.

J’aimerais beaucoup enseigner dans un contexte bilingue. Je crois vraiment qu’aujourd’hui, c’est essentiel et donc pourquoi ne pas commencer dès l’école à tout étudier en deux langues ? J’aimerais vraiment prendre part à ce type d’enseignement. Je suis toujours impressionnée de rencontrer des gens qui maitrisent trois voire quatre langues… en France nous sommes assez en retard sur les langues, c’est pas faute de le répéter ! Des pays comme la Belgique, le Canada, les pays scandinaves devraient être des modèles. Pourquoi pas en école internationale… Je m’intéresse aussi à la méthode Montessori, il en existe des bilingues, pourquoi pas !

Merci Coralie ! Je vous avoue que moi aussi j’ai beaucoup hésité à partir en Chine, l’eldorado des profs de FLE… mais la pollution, le choc culturel m’ont fait hésiter. Ça restera un et si ! Et vous, tentés ?!

 

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28 Commentaires

  • Répondre lauween

    Moi j’aime bien cette rubrique, ça fait voyager et je suis toujours curieuse de lire les témoignages d’autres français expatriés dans le contexte de l’enseignement FLE.
    Par contre la Chine, et l’Asie en général, ça ne m’attire absolument pas, même du temps de ma première année en Angleterre je pensais plutôt essayer le lectorat au Canada via le CIEP. Mais je reconnais que le récit de Coralie est très intéressant et donne presque envie !

    23 mars 2017 à 19h42
    • Répondre Kenza

      Oui, je suis d’accord, ça fait du bien du lire du positif 🙂

      25 mars 2017 à 14h15
    • Répondre coralie

      ah, ça me fait plaisir ! j’étais pas super attirée par l’Asie au départ, maintenant j’adore les gens et l’humanité de l’Asie du Sud est…

      27 mars 2017 à 13h10
  • Répondre Tara B.

    Pas sûre que le choc culturel soit plus fort en Chine qu’ailleurs (la Hongrie avait l’air bien cognée à quelques centaines de kilomètres de Paris), peut-être même cela facilite-t-il un peu les choses de s’attendre à ce choc, à ce dépaysement. On vient aussi pour ça, et on n’est pas déçu, voire agréablement surpris que ça ne soit pas plus dur 😉
    Bon vent à Coralie dans ses nouvelles aventures !

    24 mars 2017 à 0h37
    • Répondre Kenza

      Oui, tu as raison, le choc culturel n’est pas forcément proportionnel aux kilomètres effectués !

      25 mars 2017 à 14h17
    • Répondre coralie

      Merci 🙂
      Oui je suis d’accord, le choc culturel peut etre important aussi a qq km de la France… j’ai bossé en Macédoine, c’était déjà très différent culturellement

      27 mars 2017 à 13h12
  • Répondre Marion

    Ce n’est peut-être pas ta rubrique la plus populaire, mais pour moi c’est une de mes préférées, une super idée! 😉 C’est vrai que la Chine c’est un peu l’Eldorado des profs de FLE, ceux de ma promo qui y sont partis y sont toujours avec de bonnes conditions de travail et des salaires intéressants. Mais bon, faut avoir envie d’y vivre. Perso j’avais adoré mon trip sac a dos là bas, mais je ne me verrais pas y vivre (enfin, ne jamais dire jamais, on sait jamais ce que la vie peut nous réserver!)

    24 mars 2017 à 1h46
    • Répondre Kenza

      T’as trop voyagé toi en fait 😀 (et j’ai vu que vous aviez un projet top secret… ?)

      30 mars 2017 à 9h42
      • Répondre Marion

        Héhé j’ai commencé à voyager y a 10 ans presque tout pile, bien avant de me lancer dans le FLE en fait!
        Concernant le projet secret… oui effectivement il existe! il y a une partie du projet c’est clair et net ca va arriver cet été, la suite du projet est en rapport avec beaucoup de voyages mais par contre ça c’est en suspens et ce n’est pas sur que ca arrive (ça dépendra du boulot de mon homme)

        31 mars 2017 à 8h53
  • Répondre Clarisse

    Article intéressant ; les annonces pour les postes FLE en Chine font toujours un peu rêver, les conditions sont souvent idéales (bons salaires et logement prit en charge !). C’est une des raisons pour lesquelles j’ai commencé à m’intéresser à l’Asie. La Chine ne m’attire pas particulièrement mais après avoir côtoyer des élèves chinois en France et ici en Corée je me dis que ça serait une bonne expérience, sur le plan perso et pro (et financier, soyons honnête).
    La pollution est évidemment un aspect négatif, avant même d’y avoir mis les pieds … espérons que la situation change, pour la Chine mais aussi ailleurs ; Séoul n’en est pas encore au point de Pékin mais il semblerait que ça s’en approche …

    24 mars 2017 à 3h11
    • Répondre coralie

      Je crois que la Chine est en partie responsable de la pollution de Seoul… J’y suis allée en vacances, c’est une ville sympa! tu travailles ou ?

      27 mars 2017 à 13h18
      • Répondre clarisse

        Salut. Je ne suis pas à Séoul, mais plus au centre de la Corée, « à la campagne » comme ils disent. Je viens d’arriver à Cheongju.
        Oui j’ai cru voir que la Chine est en partie responsable mais il semblerait que Séoul ait aussi des usines polluantes et beaucoup de circulation. Mais oui, le vent amène une partie de ce qui est à Pékin.

        27 mars 2017 à 16h13
  • Répondre Claire

    Retour d’expérience intéressante, moi, j’aimerais bien savoir comment ça s’est passé pour les visa, si j’ai bien compris, Coralie, vous êtes partis à deux ?

    25 mars 2017 à 13h51
    • Répondre Tara B.

      Concernant les visa il faut un visa Z pour pouvoir travailler en Chine (lequel sera ensuite transformé en working permit et residence permit), il doit être demandé au départ de la France et pour cela l’employeur doit avoir préalablement effectué un certain nombre de démarches et envoyé les papiers nécessaires à adjoindre à la demande de visa Z. Quant au conjoint, s’il a un travail lui aussi, il fait ses démarches en parallèle avec son propre employeur, si ce n’est pas le cas il demande un visa S1 (de conjoint résident). Pour obtenir le S1 il est infiniment plus facile d’être marié, les concubins (et même les PACSés) peuvent se voir refuser leur visa par l’administration (auquel cas il reste la possibilité d’un visa touriste, ou étudiant, ou toute autre solution de contournement pour partir quand même).
      La démarche est un peu lourde mais faisable au final (à condition de s’y prendre à l’avance, impossible d’improviser au dernier moment).

      26 mars 2017 à 3h11
    • Répondre coralie

      Oui on est parti à deux, mon mari a eu un visa accompagnant (possible seulement si il y a mariage)
      L’AF a tout pris en charge pour le visa, il faut un Master 2 et deux ans d’expérience. Les démarches sont assez longues mais l’AF s’en occupe alors c’est facile
      n’hésite pas si tu as d’autres questions 🙂

      27 mars 2017 à 13h14
      • Répondre Claire

        C’est purement de la curiosité, ayant créé mon école aux Pays-Bas, je crois que je ne suis pas prête de bouger mais c’est bien de voir que l’on peut encore le faire à deux 🙂

        27 mars 2017 à 14h45
  • Répondre Audrey

    Je suis en Chine depuis un peu plus d’un an et demie maintenant. La Chine ne m’attirait vraiment pas mais après avoir beaucoup discuter avec une lectrice comme moi qui exerçait en même temps que moi en Hongrie, j’ai commencé à changer un peu d’avis. Et je me suis qu’en voyant les annonces pour la Chine fleurir pourquoi pas essayer. Et voilà ! Honnêtement le choc culturel est pas si énorme que ça et à l’heure actuelle je regrette pas du tout mon choix et j’aime beaucoup mz vie ici.

    25 mars 2017 à 14h42
    • Répondre coralie

      on est un peu ds le meme cas alors ! tu es où ?

      27 mars 2017 à 13h15
    • Répondre Kenza

      Audrey ! Tu es là ! J’ai honte de tout le mal que j’ai dit sur la Hongrie maintenant !

      30 mars 2017 à 9h44
  • Répondre Nath

    Comme les autres commentateurs, j’aime beaucoup cette rubrique ; pourtant je ne suis même pas prof de FLE ! Lire les expériences des autres, c’est toujours ajouter des pierres à ses propres rêves je trouve.

    26 mars 2017 à 12h37
  • Répondre Lison

    Hello Clarisse, je n’avais pas vu le commentaire que tu m’as laissé début mars à propos du master FLE. Merci pour ces informations, effectivement j’ai vu qu’il existait un DU FLE. En tout cas je me renseignerai auprès de mon université, comme tu dis c’est surement le meilleur moyen.

    Sinon, encore un article fort intéressant qui donne envie!! Sympa de lire tous ces témoignages 🙂

    Bonne fin de week-end à toi,

    Lison

    26 mars 2017 à 17h46
  • Répondre Céline

    Je te suis depuis longtemps en silence mais là, me sentant concernée je me devais de réagir. 🙂 J’ai enseigné le FLE en Chine pendant 10 ans. Je suis venue en Chine par amour pour le pays. Puis j’ai eu l’opportunité d’enseigner …et je suis tombée amoureuse de ce métier. Je suis donc une de ces profs de FLE sans diplôme de FLE mais avec maintenant 10 ans d expérience. Je sais que tu as hésité à venir en Chine par peur du choc culturel et par peur de te retrouver isolée du fait de la méconnaissance de la langue locale. Mais en fait, ce qu’il y a de chouette en Chine, c’est que les gens sont 1. hyper curieux des étrangers et veulent tous être pote avec toi 2. Les gens qui ont appris l’anglais te sautent dessus pour pratiquer leur anglais. 3. La claque culturelle fait que les étrangers sont plus solidaires, et se regroupent pas mal autour d’activités diverses. J’ai adoré mes 10 années en Chine du Sud. Suivant les villes, il y a de belles opportunités professionnelles qui sont rarement publiées sur les sites FLE francophones. Là où je vivais, avec plusieurs profs de FLE, ( une dizaine) on s’est créé un groupe Wechat ( équivalent chinois de WhatsApp) pour s’échanger les opportunités pro , les cours particuliers et discuter autour du FLE. Depuis un an, je vis et bosse à Hong Kong, l’environnement culturel et professionnel est complètement différent et je ne saurai dire lequel je préfère… Enfin bref…c est un autre sujet.

    29 mars 2017 à 2h17
    • Répondre Audrey

      Parcours intéressant Céline. Tu étais où en Chine?

      29 mars 2017 à 17h02
      • Répondre Céline

        Shenzhen! J’ai vu plus haut que tu étais à Wuhan? 🙂 Ma première ville en Chine! J’y ai passé pas mal de temps y a trèees longtemps! J’ai fait un semestre de chinois à Wuda et J’ai enseigné quelques mois dans un petit centre… De bons souvenirs.

        30 mars 2017 à 4h03
        • Répondre Audrey

          oui je suis à Wuhan depuis septembre 2015. J’enseigne au collège et au lycée WFLS et ma foi je m’y plais bien.

          30 mars 2017 à 7h06
    • Répondre Kenza

      Ah mais je suis contente que tu sois sortie du silence 😉
      C’est « rigolo » que tu n’aimes pas Hong Kong ! C’était mon rêve absolu il y a trois ans… rêve écrasé en mille morceaux par une directrice pédagogique que je n’oublierai jamais ! Tu envisages de repasser de l’autre côté ?

      30 mars 2017 à 9h45

    Un petit mot ?

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