Deux mille onze

2011 a probablement été l’année la plus intéressante et la plus difficile, celle où j’ai appris, le plus souvent à mes dépends, beaucoup de choses et où les évènements façonnent toujours plus le caractère.

En positif, il faut retenir les voyages. Trois jours dans l’hiver allemand, le tour de Bonn et de Cologne. La chaleur de la petite chambre et la chaleur humaine, forcément. Un long week-end ensoleillé à Amsterdam – et les Pays-Bas me manquent, je crois. Un peu de Normandie et les falaises d’Étretat, la cathédrale de Beauvais et Jeanne Hachette. Londres aussi, et le retour à York un an après, les visages, les lieux, les sourires, et l’impression d’y être chez soi pour toujours. Enfin, le billet aller simple pour Jersey, Iles Anglo-Normandes.

Il y a aussi la réussite universitaire, la deuxième licence obtenue avec mention bien et l’inscription laborieuse dans ce master qui s’est révélé sélectif. Après, il y a surtout la découverte du métier de prof, les vraies responsabilités, les vrais étudiants, les vrais cours. Les deux mois à côté de l’Opéra et le jour où j’ai eu près de cinquante paires d’yeux, les deux mois entre Issy et Grands Boulevards à chanter et dessiner le matin, parler de gastronomie, d’intonation et de TCF l’après-midi. On m’a fait confiance, surtout début août.

J’avais monté à pied les sept étages du boulevard Raspail et j’étais sortie avec le sentiment que c’était bon, et effectivement, moins d’une semaine plus tard le mail disait votre candidature a été retenue. Toujours plus de cours (ce sont mes premières vacances sans élèves depuis six mois) et toujours plus de noms, de visages. J’ai assez expliqué, et expliquerai encore, l’assistanat, les heures adultes, les cours enfants.

Pour 2012 je voudrais réussir ce master, avoir 13/20 pour passer en deuxième année, être une meilleure prof, voir Guernesey, Gouda, et laisser le destin un peu décider et me surprendre. Après, il y a les aspects négatifs. L’année où s’est terminée une relation de plus de deux ans, et où j’ai encore une fois appris la valeur de l’amitié – et en fin de compte, je m’en fiche complètement. Je sais maintenant ne pas rester avec des gens que je n’apprécie pas, ne plus faire semblant. Quand je m’ennuie au pub, je pars, tout simplement. Être seule ne me dérange pas, je m’y suis vite habituée. Le test des cartes de Noël s’avère extrêmement concluant. Les gens qui ne comptent pas disparaîtront, les autres seront davantage soignés, avec du courrier et des pensées plus régulières. Avoir moins d’amis, de relations, mais faire davantage attention à ceux qui sont déjà là, voici la résolution. Only connect! comme disait Forster. Ce sera ma devise.

Je retiens aussi une année d’ennui en cours, où la théorie du FLE en licence ne valait absolument mes quelques heures hebdomadaires de pratique, les profs incompétents, les dogmes et les a-priori éducatifs. Et il y a surtout eu la longue période au printemps, à rechercher d’interminables programmes. Une pré-inscription pour les États-Unis et un mail d’Irlande plus tard, je voulais partir mais j’ai su me rappeler à temps qu’il ne faut pas partir pour partir à n’importe quel prix. Et puis le français dans le monde m’a apporté le salut, l’offre à Jersey, qui fait des envieux. Je souhaite rester, car un poste en Alliance ne se lâche pas comme ça, mais j’aurai la confirmation seulement au mois de mai. Si je dois partir, je ne sais pas encore ce que je ferai, mais des portes devraient s’ouvrir avec mon expérience, si le diplôme suit.

D’un point de vue plus culturel, je souhaite me remettre à lire, et voir davantage de films. Faire attention à ce que je mange, arrêter la junk food et cuisiner plus, sucré comme salé. J’espère faire découvrir mon île, améliorer mon enseignement, trouver enfin la motivation pour le master et continuer doucement à apprendre à être heureuse. C’est en bonne voie.

4 Commentaires

  1. Anonymous
    31 décembre 2011 / 13h48

    Je ne te connais pas après tout, mais ce long texte m'a redonné courage…j'étais perdue et ces petits mails que nous nous sommes échangés m'ont redonné espoir, qu'un jour ou l'autre tout peut arriver. Merci.MVB

  2. Louis
    2 janvier 2012 / 15h02

    C'est chouette !

  3. 6 janvier 2012 / 10h27

    Je suis impressionnée d'être autant dans les voyages passés (et même dans le futur)Année difficile mais bilan positif, c'est ce qui compte 🙂 Je te souhaite tout le bonheur du monde, tu y travailles alors ça devrait aller des bises P.S: le fudge est vraiment trop bon et c'était doux de discuter encore dans une gare 🙂

  4. Anonymous
    14 janvier 2012 / 12h17

    Jolie publication, et je suis parfaitement d'accord avec ce que tu dis sur l'amitié : il faut savoir choisir, refuser de donner de son temps aux personnes qui ne t'apportent rien, qui t'utilisent égoïstement, et je dresse le même constat que toi en ce début de 2012. La solitude est préférable au fait de rester avec des gens que l'on n'apprécie pas et il vaut mieux donner davantage à un petit nombre d'amies chères plutôt que de se disperser auprès de personnes qui ne valent pas le coup. C'est étrange que nous ayons retenu la même leçon de 2011 😉 Je te souhaite une belle année 2012, sachant qu'il y aura toujours du bon comme du mauvais – la vie n'est hélas jamais simple – mais le plus important est de savoir tirer des leçons et de saisir ce qu'il y a de positif, les rencontres, les relations sincères, les attentions, les sourires, exactement comme tu le fais. Les difficultés te façonnent également, font de toi ce que tu es, une jeune femme sincère, forte et mature, promise à un bel avenir que je souhaite radieux ! Merci d'être là et merci encore pour ta jolie carte :)Dagny

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