Deux mille douze

Il est temps de parler de 2012. Et de 2013.

C’est la première année où je vis complètement ailleurs. Même si je n’ai cessé de revenir, en avril, en mai, en juillet, en décembre, je mélange un peu les mots quand je parle de chez moi. Toute la semaine dernière, chaque personne avec qui j’ai discuté m’a demandé where’s home? La réponse, bien sûr, c’est where the heart is. Et mon coeur, il y en a un peu à Paris, mais c’est trop douloureux et un peu vide ici. Il est à Jersey.

Je n’ai pas l’impression que ça ait été une année révolutionnaire. Pas de grands changements, pas de moments à briser le coeur, pas d’éclosions de bonheur. C’est juste une marche progressive, mais je ne suis pas encore trop sûre vers quoi.

En 2012 j’ai voyagé. Je suis allée à Bruxelles une journée, et je n’ai pas tellement aimé. J’ai fait un tour aux Pays-Bas, que j’aime toujours autant. Je suis retournée après une longue pause de trois ans en Espagne, et j’ai eu un coup de coeur, pour le soleil, la chaleur, les gens, la couleur du ciel et toutes celles de la vie. J’avais passé mon adolescence à critiquer, à tort. Il y a aussi eu Londres, comme une routine rassurante, une fois par an depuis 2007, depuis la première fois où j’ai marché là-bas de l’autre côté de la Manche et où je me suis dit que ce pays me rendait heureuse.

Ce n’est pas trop exotique, ce n’est pas trop original, mais c’est mon pays. Celui dont j’adopte les coutumes, où je m’intègre tant bien que mal. Le samedi soir il y a les continentaux et il y a les autres, mon accent ne me trahit pas, ça fait partie de moi. Parler français toute la journée est devenu étrange, mais l’enseigner reste un bonheur constant.

En 2012 j’ai eu des centaines d’élèves, des filles en jupe plissée en passant par les racailles en sweat à capuche, les pêcheurs, les bilingues de huit ans, les petits de cinq ans, les adultes du jeudi soir, la parenthèse de l’été aussi. J’ai fait des sorties scolaires, des photocopies, des tasses de thé, des cours à n’en plus finir, des dessins, des bricolages, des coloriages, des assemblages. J’ai enseigné.

Cette année, j’ai eu la vie sociale la plus équilibrée du monde, sans conflits, sans disputes. Je sais qui est là, quand, pourquoi, comment. Et ça me suffit. Il y a celles ici, et celles là-bas, la douceur des tasses de thé, et le contraste des soirées animées, les heures à discuter.

En 2012 il y a eu un garçon fugace, retrouvés, réchauffés, séparés. Et je sais que ce n’est que le début, parce que les choses changent doucement. Et vont changer encore plus.

Je viens de me rendre compte que je n’ai pas parlé de mes études, c’est dire qu’elles ne comptent pas… Les copies lignées, les pages de dossiers. Bientôt tout cela sera terminé.

Bring it on, 2013!

4 Commentaires

  1. Marie-Pauline
    1 janvier 2013 / 9h20

    Bonne année!

  2. 4 janvier 2013 / 21h18

    oh quel joli article, j'en ai les larmes aux yeux…Tu seras toujours la bienvenue chez nous, je pense souvent à toi et je te dois des mails… Et une jolie carte aussi pour répondre à celle de Noël qui m'a faite sourire…Je suis contente que tu ailles bien et ça m'a manqué de ne passer Paris pour te voir mais vraiment ce serait bien que 2013 soit l'année où on vient te voir à Jersey…Bonne année 🙂

  3. 7 janvier 2013 / 21h56

    Ca augure plutôt du bon ? Un bon mélange, en tout cas 🙂

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