Comment je suis devenue British

J’ai de plus en plus de lecteurs et c’est très agréable, merci !

Pour situer un peu je vis au pays de la Reine, des scones et du thé depuis trois ans – quatre mais avec une année d’interruption au milieu, pour être honnête – et c’est mon pays d’adoption, celui où je me sens chez moi. Je suis devenue un peu British. Et comme je ne reviens en France que trois fois par an (cette année est un record : deux semaines à Noël, une semaine à Pâques, deux semaines en été et ça va encore diminuer quand je serai au pays des Caribous) il y a parfois, souvent, un gros décalage. Et je ne vous parle même pas des mentalités.

Cette semaine je suis à Paris et :

– je me décale à gauche quand je manque de me cogner sur quelqu’un
– je cherche le bouton pour traverser aux passages piétons
– je regarde la route du mauvais côté
– les rond-points ne se prennent pas à gauche
– je suis montée en voiture, côté passager, à gauche
– je dis bonjour et je me retiens d’annoncer ma destination au chauffeur de bus
– j’ai cru que la vendeuse s’était trompée en me rendant une pièce de cinq centimes en cuivre
– je porte des fleurs
– et de la couleur
– et du très court
– j’ai une panoplie Cath Kidston
– c’est étrange de ne pas discuter avec les caissiers
– j’attends qu’on me propose du cashback dans les magasins
– bien sûr je bois des litres de thé

– et je parle un franglais atroce, comble pour une professeur de français.

Mais j’ai vécu vingt ans à Paris. Les mauvaises habitudes reviennent vite : ne me poussez pas dans le métro. Si je viens juste de rentrer, encore en mode “politesse exacerbée” je jouerais l’ironie et m’excuserais à votre place. Si cela fait plusieurs jours que je suis là, je retrouve mes moeurs oeil pour oeil dent pour dent. Paris c’est dangereux pour la santé.

Union Jack

2 Commentaires

  1. 9 avril 2013 / 180652

    Je me suis reconnue dans les trois quarts de ce que tu as écrit, même si je ne suis que provinciale. C'est là qu'on voit que les petites habitudes de rien du tout prennent une grande place quand on change de pays ─ et encore plus parce que c'est ton pays d'adoption, alors le risque de garder des "séquelles" est réel… mais des séquelles comme ça, moi, j'en voudrais tous les jours !

  2. 10 avril 2013 / 90939

    Ahah, (presque) tout pareil !Et moi aussi, quand je ne reste pas à Paris trop longtemps, j'agis comme une Irlandaise, mais si je reste pour une plus longue durée, les réflexes parisiens reprennent le dessus (râler parce que les gens ne marchent pas assez vite, ou se plantent au milieu des escalators, ne pas parler avec tout le monde et n'importe qui et j'en passe !)Tu vas bientôt pouvoir nous décrire les Canadiens 🙂

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