Prof de FLE

Chercher du travail comme prof de FLE

Une quinzaine de mails reçus en deux jours, que se passe-t-il ? Je croyais avoir fait de mon mieux pour lever le voile sur l’image de rêve qu’envoie le métier de prof de FLE et révéler l’envers du décor mais pourtant les paillettes et le glamour restent bien présents. C’est l’heure des décisions, des réorientations. Il devient difficile de conseiller avec optimisme sur un métier dont je vois de plus en plus les limites au quotidien… alors que je commence à ne plus y croire et ai la sensation toujours lancinante de m’être un peu fait avoir lors de cette expérience actuelle.

Comment chercher du travail comme prof de FLE ?

Ma routine est la même. Chaque jour, plusieurs fois même, j’ouvre les deux ou trois sites spécialisées. Je lis rapidement une première fois en éliminant la plupart des annonces pour l’étranger :

– destination qui ne m’intéresse pas du tout (Chine, Maghreb, Afrique)
– date de début de contrat trop proche ou trop lointaine
– statut de prof certifié demandé
– public uniquement adolescent
– offre trop exigeante (postes de direction, sous-direction, gestion d’équipe)
– ou au contraire si c’est une offre de stage déguisée.

Ensuite, je relis plus attentivement les offres qui ont passé cette première sélection mentale. Je trouve d’autres critères qui ne me plaisent pas (manque de détails, pas de soutien pour les demandes de visa) ou bien pour lesquels je ne fais pas l’affaire (niveau de langue, expérience que je n’aurais pas). Après, j’ouvre Conseils aux Voyageurs et je lis la page du pays concerné. Il y a pas mal d’offres pour l’Amérique Latine et du Sud en ce moment et j’ai envie de parler espagnol donc je me renseigne. Après une lecture fort alarmiste où tous les étrangers vont mourir kidnappés/rançonnés/découpés en petits morceaux, je ferme la page, dépitée.

Quand une offre (me) correspond, j’hésite quelques jours. Je consulte deux ou trois personnes, y compris une blogueuse ou deux qui a vécu à cet endroit et pourra m’éclairer sur le salaire. Ensuite, je me décide et envoie ma candidature. Cela varie : simple CV, ajout d’une lettre de motivation, parfois véritable dossier complet ou quelque fois simple prise de contact.

Je me vois déjà vivre à cet endroit. Je crois que contrairement à ce que je disais il y a quelques temps, je suis prête à essayer un endroit nouveau dont je ne possède pas pas de repères. J’ai laissé passer une ou deux offres intéressantes par peur du choc culturel mais je n’aurais peut-être pas dû. Après tout, un an, ça passe vite. Et même si ça fait plus ou moins deux fois que l’expérience ne ressemble pas à ce que j’attends, j’apprends de ces erreurs et sais comment ne pas les commettre à nouveau.

Chercher du travail comme prof de FLE


Nous sommes en mai, il va être temps d’y voir plus clair au niveau des plans A, B, C, D, E et d’expliquer encore un peu. La question et qu’est-ce que tu fais l’année prochaine est récurrente. Si je ne le dis pas, c’est que je n’en sais rien, mais reprenons, ma pensée a un peu évolué depuis ce que je disais au mois de février.

Alors j’en suis où ?

Le PVT Canada est une douce utopie. J’arrête d’y penser, j’arrête d’espérer. Le site de l’ambassade souffre d’un bug et les procédures sont suspendues pour une durée indéterminée (edit : ça remarche, mais je n’ai pas eu de chance). Si ça arrive tant mieux, si ça n’arrive pas je ne serai pas inconsolable – demain, ça fera deux ans que je suis partie, déjà. Je ne cherche pas de travail au Canada par d’autres moyens.

J’attends de savoir si je pars en Espagne – j’ai postulé fin janvier et la réponse devrait arriver dans le courant du mois. J’attends d’avoir toutes les informations en main avant de décider. J’ai demandé un poste pour adultes, je ne me réengagerai plus jamais dans une année uniquement à enseigner aux adolescents.

Le Royaume-Uni ne fait plus partie de mes plans. Je n’ai même pas réussi à décrocher un entretien pour une université, leur système de recrutement favorisant trop les professeurs britanniques ou ayant effectué leurs études dans des universités britanniques. L’harmonisation des diplômes européens n’est parfois qu’un concept, pour de nombreux pays (dont la Hongrie) le master de français langue étrangère ne vaut pas grand-chose.

Mon CV est aussi parti à Hong Kong mais en vain et va circuler du nord au sud du continent américain. On va voir ce que ça donne. Je sélectionne plus attentivement, ne m’engage pas dans n’importe quoi. Je recherche un lieu sûr, un salaire correct, un public motivé. Je ne veux pas me retrouver comme ici avec un salaire insuffisant, dans un système scolaire plein d’aberrations où je n’ai aucune responsabilité pédagogique.

Cet été, j’aimerais travailler en France mais cela s’annonce très compliqué. À cause des attentats, les inscriptions des touristes venant prendre des cours de français sont en chute libre. Je ne veux pas travailler à n’importe quel prix ni à n’importe quelle condition, j’ai trop d’expérience pour ça. Ce n’est pas normal d’être payé 15 euros de l’heure pour un cours où vous devez tout créer vous-même (donc divisez ces 15 euros par l’heure enseignée ajoutée au nombre d’heures de préparation) sans primes ni congés payés. On m’a refusé un entretien car je n’étais pas sur place – je croyais pourtant que la flexibilité était inhérente au métier. Tant pis.

Rien n’est encore sûr. Je porte en moi questions, espoirs et regrets et j’ai acheté un billet d’avion pour le 22 juin, retour à Paris pour une durée encore indéterminée.

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29 Commentaires

  • Répondre Alexandra

    FLE ou autre il n’est jamais facile de trouver du travail…
    Bon courage en tout cas.
    Tiens nous au courant 🙂

    4 mai 2016 à 17h09
    • Répondre Kenza

      Je t’avoue que je n’ai jamais cherché autre chose, et mes expériences de jobs d’été étudiants étaient presque tous déjà dans l’enseignement. Je ne manquerai pas de venir annoncer les évolutions 😀

      8 mai 2016 à 19h30
  • Répondre sophie

    Courage 🙂
    Le futur est incertain mais aussi plein de promesses, non ?
    Comme toi, j’attends des reponses mais j’ai toujours envie d’y croire.
    #positiveattitude :p

    4 mai 2016 à 17h10
    • Répondre Kenza

      Oui, beaucoup de promesses. Le risque aussi c’est de trop compter les jours et ne pas profiter du moment présent… Vous ne restez pas sur votre île ?

      8 mai 2016 à 19h31
  • Répondre Eleanor

    Je croise les doigts pour toi alors <3 j'espère que tu trouveras ce que tu recherches et que ta prochaine expérience sera plus positive que ton année en Hongrie. En tout cas, je te trouve très courageuse, vraiment. Tout recommencer, comme ça, presque chaque année. Même si c'est enrichissant, je pense que ce n'est pas toujours facile non plus. Alors, bravo, vraiment 😉
    Bises <3

    4 mai 2016 à 17h33
    • Répondre Kenza

      Tu sais, je n’y pensais même pas de devoir tout recommencer (pour une fois) en écrivant cet article. Je ne pense pas que ce soit du courage, l’habitude vient vite mais en tous cas merci ♥︎

      8 mai 2016 à 19h32
  • Répondre Élé

    Ils t’ont refusé un entretien de prof de FLE parce que tu étais pas sur place… et sinon, ils marchent sur la tête, ou ça se passe comment ?

    4 mai 2016 à 17h38
    • Répondre Kenza

      Du coup je n’ose pas imaginer les équipes… enfin bon. J’ai un entretien demain, dans tous les cas je serai dans les parages cet été ! 🙂

      8 mai 2016 à 19h33
  • Répondre Frenchie in Canada

    Bon courage alors, j’espère que tu trouveras quelque chose de satisfaisant pour l’année prochaine…
    Et c’est vrai que ça doit être difficile de tout refaire chaque année!

    4 mai 2016 à 18h05
    • Répondre Kenza

      Comme je disais plus haut, je n’y pense même plus 🙂 hop valises, banque, démarches, hop nouvelles habitudes !

      8 mai 2016 à 19h33
  • Répondre Pomdepin

    Je croise les doigts. Ça ne te tente vraiement pas en 6th form ici? xx

    4 mai 2016 à 18h29
    • Répondre Kenza

      Pourquoi pas. Mais insiste sur le « pas » haha, en tous cas pour l’instant. Je suis vaccinée des adolescents pour un bon moment. Le 6th form est cool mais souffre aussi de l’hypocrisie du système où on leur fait apprendre des trucs pré-mâchés par coeur en GSCE et s’attend à ce qu’ils deviennent presque bilingues à la rentrée suivante…

      8 mai 2016 à 19h35
  • Répondre Elanorlabelle

    Je suis sûre que tu vas finir par trouver quelque chose qui te conviennes. Surtout, ne pas se mettre la pression, tu joues tes cartes, si ça marche tant mieux, si ça ne marche pas, tu en joueras d’autres! Courage ♥

    4 mai 2016 à 19h16
    • Répondre Kenza

      Exactement, tu as très bien résumé !

      8 mai 2016 à 19h35
  • Répondre tania

    bon j’espère de tout coeur que cela va s’arranger et qu’une piste va s’ouvrir. Ces ados hongrois t ont marque!! Ah ces employeurs et leurs raisons à 2 balles. 1 jour j’écrirai un article humeur la dessus. Tellement à dire. Le gap entre la théorie et la réalité ne m’en parle pas, cela ne m’étonne pas que l’harmoonisation des diplômes cela ne soit pas encore ça

    4 mai 2016 à 19h30
    • Répondre Kenza

      Ah mais les ados tout court… les hongrois sont gentils heureusement, plutôt polis et disciplinés, même si cela ne les intéresse pas ils jouent calmement sur leurs téléphones plutôt que de lancer des chaises mais c’est dur de travailler avec des gens qu’on force à être là, le manque de motivation est contagieux !

      8 mai 2016 à 19h36
  • Répondre jaiecrit

    Chaque fois que je te lis, j’ai envie de repartir, et ensuite, je remets tout en question, je me pose les bonnes questions, les doutes et les interrogations reviennent. Je ne reçois pas des tonnes de mails (mon blog est moins connu)(ma profession fait peur, pas de poste aux Etats Unis, Angleterre ou Canada en jeu, mais plutôt en Afrique ou en zone de conflit) mais j’ai la même démarche dans ma recherche d’emploi, d’abord sélectionner le domaine et ensuite les zones, les memes interrogations, quelque part la même lassitude aussi de me dire que je vais devoir tout recommencer à zero à chaque fois (le cercle d’amis, les collègues, les activités sociales, la langue des fois aussi, prendre mes repères dans une nouvelle ville, le travail aussi: les projets sont différents, etc.), le meme éternel recommencement finalement; et il y a en même temps, le meme excitement, la meme curiosité. Je me projette après avoir envoyé mon CV, je me dis que même si ça se passe pas trop bien, un an ça passe vite et en même temps, un an encore loin des siens, un an à faire des projets/à avoir une vie sur place à durée déterminée, tout ce qu’on manque et tout ce qu’on découvre. Trouver l’équilibre, le bon milieu pour nous. Et des fois, on me dit, mais avec ton choix de carrière, à quoi tu t’attendais?

    4 mai 2016 à 22h12
    • Répondre Kenza

      Mais c’est marrant que vous me fassiez la remarque, je ne pensais pas du tout au côté « recommencement » et « démarches » en écrivant cet article, et pas en négatif contrairement à d’autres fois, ça fait partie du jeu ! On va récupérer le positif c’est tout <3

      8 mai 2016 à 19h38
  • Répondre carrie4myself

    As tu tente la belgique? , le luxembourg? les pays nordiques?
    Pas marrant du tout tout ca. Bon courage

    5 mai 2016 à 8h48
    • Répondre Kenza

      La Belgique ça recrute mais il faut déjà y être installé. Le Luxembourg protège ses emplois, les gens parlant déjà tant de langues (j’avais des copines luxembourgeoises à la Sorbonne car il n’y avait pas encore d’université dans leurs pays) et les pays nordiques pareil. Pas de travail qui nécessite de faire venir les gens. Il doit y en avoir sur place mais je lisais l’autre fois des chiffres incroyables sur la Suède je crois, en allant s’y installer sans offre d’emploi il faut présenter un compte en banque avec des dizaines de milliers d’euros, même pour un européen !

      8 mai 2016 à 19h40
  • Répondre lolli15

    Je suis sûre que tu vas trouver un plan et que tu vas rebondir, même si ce n’est pas là où tu aurais voulu être. On y croit et je croise les doigts pour toi 🙂

    5 mai 2016 à 10h55
  • Répondre sabine

    Pas facile de ne pas savoir… être dans l’expectative, ne pas pouvoir se projeter ça peut être vraiment frustrant.. Il faut reconnaitre que tu ne manques pas de courage pour avoir la force de revivre ça tous les ans. En tout cas où que tu ailles, on sera dans tes valises 🙂 En attendant de savoir où on va atterrir, je te souhaite bon courage pour tes recherches !

    10 mai 2016 à 0h19
  • Répondre Marie

    Bonjour,

    Je lis souvent tes articles et j’avais une petite question: tu dis qu’un poste en Chine ne t’intéresse pas. Est-ce que je peux savoir pourquoi? Je suis étudiante en Master FLE et enseigner en Chine est mon rêve, je vois régulièrement des offres pour ce pays mais ne connais personne qui y a été.

    Merci

    10 mai 2016 à 9h22
  • Répondre Julie / hors du temps

    Je te souhaite beaucoup de courage, et j’espère que tu vas trouver quelque chose qui te correspond.
    En tout cas, j’admire beaucoup ta façon de vivre ! (moi qui n’ait jamais vécu ailleurs qu’en France et qui ait une scolarité très rectiligne !)

    12 mai 2016 à 0h06
  • Répondre Alexandra

    Bonjour !
    Ton article me déprime, car j’aurais pu écrire exactement le même… J’hésite beaucoup en ce moment entre rester à Paris où je peux trouver du travail facilement grâce à mon « réseau » construit cette année, ou partir à l’étranger, ce qui était mon objectif en faisant ce master… Mais je ne veux pas me brader. Je me dis que si on faisait tous ça, ils finiraient par monter les salaires, non ? Sérieusement, c’est quoi ces postes à 300 euros/mois pour 40h par semaine et « une grande disponibilité », et 5 ans d’expérience ? Je ne caricature même pas, j’en ai vraiment vu.
    Bon courage en tout cas dans ta recherche, je pense qu’on lit les mêmes annonces (sauf que moi je n’exclus rien !)

    3 juin 2016 à 20h50
    • Répondre Kenza

      Courage Alexandra, courage ! en se fixant des limites (salaires, horaires, compensations, tâches) et en étant patient je crois qu’on finit par trouver. J’ai encore vu des choses qui m’ont laissée très sceptique récemment…

      11 juin 2016 à 10h02
  • Répondre Eléonore

    Le français est en grand boom à New York, peut-être que tu devrais tenter le coup, même si ça a l’air impossible (ville tellement demandée) mais la demande est vraiment en constant essor surtout pour les classes bilingues.

    30 juin 2017 à 20h38
    • Répondre Kenza

      Depuis que j’ai écrit cet article, j’ai trouvé, je suis et je reste au Canada ! New York fait malheureusement partie de ces endroits hypocrites où malgré la demande, on embauchera un français en situation légale mais pas qualifié plutôt que de faire venir un prof.. non ?

      2 juillet 2017 à 18h51

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