10 erreurs que j’ai commises en Australie

10-erreurs-Australie


Aujourd’hui, cela fait cinq mois que j’ai débarqué en Australie avec mon Working Holiday Visa. Alors que je cherche une porte de sortie parce que cela ne me convient pas – ce qui fera l’objet d’un prochain article – j’ai pris le temps de réfléchir aux erreurs que j’ai commises et qui auraient pu être évitées pour rendre mon expérience meilleure. Conseils aux futurs backpackers.

Les 10 erreurs que j’ai commises en Australie sont…

1/ Ne pas avoir le permis de conduire.

Même si j’ai pu visiter le Canada en Greyhound, le système de transport public n’est pas aussi efficace en Australie et les distances semblent multipliées. Il y a de nombreuses choses à faire dans le Victoria autour de Melbourne – la Great Ocean Road, les Grampians, Mornington Peninsula, Wilsons Prom… mais à moins d’être dans un car avec soixante-dix-huit autres touristes et sans avoir ses week-ends ils sont difficiles d’accès.

2/ Ne pas rencontrer d’Australiens.

C’était la même chose lorsque je vivais à Jersey. Les locaux étaient plutôt difficiles à approcher, déjà installés dans leur vie et avec un cercle d’amis formé. Il n’était pas nécessaire pour eux d’accueillir des étrangers. Ma seule copine australienne m’a proposé de rencontrer ses amis, j’ai raté plusieurs fêtes… Certains cherchent un tandem linguistique – pratiquer l’anglais contre le français. Ayant déjà un anglais bilingue et un job où il faut apprendre le français aux gens je n’ai jamais considéré cette option, mais ce serait une bonne manière de rencontrer des locaux.

3/ Ne pas relancer.

En fait j’ai rencontré pas mal de personnes : amies d’amies qui se trouvent aussi en Australie, via le site CouchSurfing ou même via mon blog… On se voit une fois, on discute longuement, on boit un café ou un verre. Et c’est tout. À part deux d’entre elles, je ne les ai plus revues. Il faut relancer, qu’elles soient Françaises, Allemandes ou Australiennes. Pour certaines ça s’est tassé, pour d’autres au bout du troisième message « on fait quelque chose ? » sans réponse c’est moi qui ai abandonné.

4 / Refuser des sorties.

Collègues de travail, copines, séance shopping, dîner, barbecue… Je refuse souvent de sortir, pour des raisons plus ou moins bonnes : l’argent à mon arrivée, les transports qui s’arrêtent à minuit en semaine, et très souvent le travail. Je ne pensais pas que travailler samedi et dimanche serait aussi handicapant pour la vie sociale. Mais en sortant, on rencontre des gens, on apprend de nouvelles choses, on élargit son cercle et ses opportunités. My mistake.

5/ Mal choisir mes colocataires.

Je suis arrivée un peu plus d’une semaine avant de commencer le travail et j’ai été pressée de trouver un logement. Cela s’est révélé très difficile : trop cher, trop miteux, véritable entretien d’embauche avec des questions sur le travail, le salaire, les habitudes, les goûts… J’ai fini par prendre une chambre après une dizaine de visites infructueuses avec deux collocs asiatiques. Elles sont très amies mais ne m’adressent pas la parole, l’appartement est vite immonde parce que nous n’avons pas les mêmes normes de saleté ni de propreté. Je reste parce que le loyer est très bas et que c’est seulement temporaire mais c’était une erreur.

6/ Mal choisir mon quartier.

Mon travail se situe dans la banlieue sud de Melbourne et je voulais pouvoir y aller à pied. Mais j’habite dans un quartier un peu étrange, entre deux identités : les backpackers qui font la fête 24 heures sur 24 et les Juifs orthodoxes. Lorsque je prends le tram, presque personne ne parle anglais, les langues se superposent. J’aurais dû aller vivre au nord de la ville, quitte à prendre les transports pour aller travailler. Cela m’aurait permis de voir des choses différentes et de sortir plus. Conseil aux futurs backpackers : pour une immersion dans la vie de Melbourne, ne vivez pas à St Kilda. Allez à Carlton, Fitzroy ou Brunswick.

7 / Ne pas vivre les évènements culturels.

Tout est lié, sans amis c’est difficile de sortir. Mon tout premier jour ici on m’a proposé d’aller voir un match de footy, le football australien. J’aurais dû accepter. J’ai raté la Melbourne Cup, la course hippique du pays. En bonne compagnie j’aurais adoré mettre une jolie robe, des fleurs dans mes cheveux et mes plus hauts talons… non, je suis restée chez moi. J’ai aussi manqué la finale du footy où toute la ville vit au rythme du match. En ce moment il y a un marché asiatique nocturne et deux soirs de suite j’ai annulé pour encore une fois des bonnes ou mauvaises raisons.

8 / M’enfoncer dans la routine.

J’ai toujours été très indépendante. J’ai commencé à aller au cinéma seule à quinze ans, pareil pour les musées, pour sortir, voyager… Je pars du principe que si j’attends que quelqu’un veuille faire la même chose que moi, je risque de ne trouver personne et de ne jamais voir ce film, cette expo ou visiter cette ville. Mais ici je me sens un peu bloquée et je n’arrive pas à faire seule ce qui ne me gênait pas avant. Je ne suis pas encore allée à la plage par exemple. C’est tellement plus simple de traîner à la maison, aller travailler, rentrer et regarder trop de séries ou travailler sur mon blog.

9/ Ne pas prendre de vacances.

C’est lié à mon travail. Nous avons eu une semaine où l’école a été fermée mais c’est le moment qui a été choisi pour organiser une formation de correction des examens de français (vous connaissez le TOEFL ou l’IELTS ? L’équivalent français s’appelle le DELF-DALF et pour être examinateur il faut passer une habilitation). J’avais le choix entre partir en vacances et ajouter une ligne à mon CV. J’ai choisi la seconde solution, ce qui explique pourquoi je suis partie en Tasmanie seulement trois jours. Je me voyais déjà à Uluru, sur les Whitsundays (des îles paradisiaques sur la Grande Barrière de Corail) et non, j’étais enfermée dans une salle de classe avec un carnet et un stylo ! Ne pas avoir de vacances (tout en étant prof, c’est encore plus paradoxal) me frustre énormément. Heureusement je vais partir en road-trip en janvier…

10/ Se dire que c’est temporaire et que ça ne vaut pas la peine.

Je savais que je n’allais rester que six mois à Melbourne… et je me suis fermée comme une huître. Je n’ai laissé leur chance ni à l’Australie, ni à Melbourne, ni aux gens autour de moi. Pourtant j’ai l’habitude : neuf mois à York et huit au Canada, ce sont des durées à peine plus longues. J’ai créé moi-même des barrières pour me protéger des au-revoir et des attachements trop forts. Je le regrette aujourd’hui.

J’ignore encore quelle sera la prochaine destination mais je ne regrette pas cette expérience australienne. Je sais que ce pays n’est pas pour moi, j’ai une chance incroyable de pouvoir faire ce que je fais et sans aucun doute, j’apprends de mes erreurs.  Et je ne veux rien regretter, je veux voir chaque recoin de Melbourne avant de partir. Et voyager.

Et finalement ? Je suis restée exactement 51 semaines en Australie et j’en fais le bilan ici !

19 Commentaires

  1. 27 novembre 2014 / 17h44

    Merci Pour cet article! Ce n’est pas forcément simple à ecrire puisqu’il faut deja avoir assez de recul et d’autocritique pour reconnaitre ces erreurs. Certaines sont transposables quelque soit le pays, je vais essayer de ne pas faire les meme ici… Notamment la 8… Mais c’est pas tous les jours faciles, ici aussi les gens sont durs a aborder en vrai, ils ont la discussion facile mais pof apres plus rien…

    • Kenza
      28 novembre 2014 / 22h32

      Etre deux pour vous peut vite devenir positif ou négatif 🙂 le recul est déjà là, un peu trop je pense. Les Américains sont souvent décrits comme sympathiques mais difficiles pour se lier. Mais au moins ils manifestent une curiosité à l’égard de l’autre.. que je ne retrouve pas du tout ici.

  2. 28 novembre 2014 / 0h50

    Ce n’est pas évident de se remettre en cause ainsi, bravo! J’ai hâte de savoir quel sera ta prochaine destination 🙂

    • Kenza
      28 novembre 2014 / 22h33

      Moi aussi 😀

  3. Anonyme
    28 novembre 2014 / 7h34

    Tu n’es pas encore allee a la plage ???? mais naaaan il faut que tu y ailles avant de partir !!!
    Pour le permis c’est primordial !!!! Faut absolument que tu t’organise pour le passer dans ton prochain pays d’accueil, c’est vital !!

    bisouus

    • Kenza
      28 novembre 2014 / 22h36

      Tu apparais comme anonyme mais je sais qui tu es, MERCI pour tes commentaires qui me fond chaud au coeur <3
      Pour le permis, j’ai toujours des excuses ! Flemme, pas de sous, la neige… ici c’est impossible car il y a 6 mois de carence entre les trois étapes (theory, learner, licence) et avec un visa de 12 mois ça ne colle pas…

  4. 28 novembre 2014 / 7h34

    Etrange car tu as deja voyage, ce n’est pas nouveau pour toi.
    Ou est ce un ras le bol? ou recherchais tu qqchose de connu insconsciemment?
    En tout cas bon courage pour la suite! 😉

    • Kenza
      28 novembre 2014 / 22h38

      Un peu de tout je pense… plusieurs facteurs, certains extérieurs, d’autres purement personnels… La suite arrive et je suis bien décidée à démystifier l’Eldorado australien !

  5. 28 novembre 2014 / 18h58

    Trop bizarre, aprés avoir lu ton article hier soir, j’ai rêvé que tu obtenais un job d’un an à Frankfurt! 🙂

    • Kenza
      28 novembre 2014 / 22h39

      Pourquoi pas 😀
      c’est drôle de rêver de quelqu’un qu’on ne connaît pas en vrai 🙂

  6. 28 novembre 2014 / 22h50

    Pour parler à de vrais australiens il suffit de faire des helpX dans des familles! Une super expérience!

    • Kenza
      29 novembre 2014 / 20h49

      Oui bien sûr Elodie ! Je suis venue à Melbourne avec un contrat de travail, pas dans le but d’expérimenter les auberges, le picking et le helpX, mais les rencontres doivent effectivement être bien différentes.

  7. 29 novembre 2014 / 2h20

    C’est vraiment chouette que tu puisse tirer un bilan si rapidement de ce qui ne te convient pas. Je ne passe pas souvent sur ton blog, mais j’aime découvrir à chaque fois où tu en es ! En d’autres circonstances, cette destination aurait peut-être était la tienne, c’est juste une somme d’états d’âme, de situations, contraintes, un timing, qui n’ont pas créé cette magie… Des fois il suffit d’un ami, d’un petit café QG, d’un banc public pour changer totalement notre regard, notre feeling et notre état d’esprit sur un endroit !

  8. 2 décembre 2014 / 1h06

    J’ai l’impression d’entendre tous les expats dire la même chose. C’est difficile de se fondre dans la masse en vivant une réelle immersion. Certains y arrivent, mais ça ne doit pas être donné à tous! Tu es déjà super courageuse d’être partie seule, et aussi loin! Une amie à moi a fait le même chose que toi, elle m’impressionnera toujours pour avoir vécu cette expérience!

    N’aie pas de regrets, la vie est trop courte.^^

    See you!

    • Kenza
      3 décembre 2014 / 13h28

      J’y suis arrivée une fois sur les quatre… c’est dû à la petite ville je crois. A bientôt 🙂

  9. 10 décembre 2014 / 12h52

    Finalement tu es allée au marché de nuit? On va y aller avant Noël. On peut te prendre au passage. Les enfants demandent après toi!

  10. 13 décembre 2014 / 20h28

    Salut Kenza, j’adore ton prenom. J’ai rencontré un Kenza (un gars) à la gym l’autre jour, mais vous deux sont les seules Kenza que je connais. Mais à propos de ton blog. Je pense que tous les expatriés ont le même problème pour rencontrer les gens. Mêmes dans leurs propres pays quand ils démanagent dans une nouvelle ville. Les gens restest assez fermés et c’est difficile d’entrer dans leurs cercles. Tout le monde est occupé avec leurs routines et leurs amis. Mais ça dépend de la personne. Tu n’es pas toute seule dans cette situation. Même si tu es en Australie, je peux m’identifier. Mais je pense que avec le temps, tout s’améliore…

  11. 25 septembre 2016 / 7h29

    C’est marrant, Melbourne c’est l’une des villes dans le monde avec laquelle j’ai le moins accroché. Sydney, super, Perth idem… même Alice Spring a son charme (je parle en tant que backpacker, j’y vivrais pas…). Mais Melbourne, j’ai bloqué.

    Bref, dans ton constat, je me revois un peu paumée dans cete ville 🙂

  12. 15 avril 2017 / 0h32

    Hello Kenza ^^ J’aime bien ton article. Ca fait un peu écho à ce qu’il pourrait se passer pour mois une fois que je serais au Canada. Je prends note et surtout je tâcherai d’appliquer. A défaut, j’écrirais peut-être moi aussi un article là dessus. Mais bon je n’espère pas hein ^^

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *